ÉCRITE SOIS FORME DE NOTES DANS US REGISTRES DE UAPTE.MKS
.MARIAGES ET SÉlHLTURES DE l/ÉGLISE NOTRE-DAME
En i63i, M. Julien Pasquicr, lils aine, étoit curé.
En 1662, mourut Léonard Pasquier. Il est dit dans l'acte d'inhumation, qui est écrit et non signé par M. Julien Pasquier, qu'il dit la messe de l'enterrement de son père.
Le samedi 4 juillet 1 671, a été inhumé iMessire Julien Pasquier dit La Grande Barbe, curé d'Alençon, qui avait succédé en i6:|6 à Messire Julien Pasquier, son oncle.
Le 19 octobre 1C73, décéda dans la maison des R. P. Jésuites, rue du Château, illustrissime et reverendissime Messire François Foucquet, archevesque et primat de Narbonne, etc., etc. Il fut inhumé dans le chœur de l'église des religieuses Sainte-Claire, par iM. Julien Pasquier, curé d'Alençon.
Le !•" décembre 1O73, fut inhumé dans l'église, Michel Pasquier, Agé de 68 ans, présent Julien Pasquier, curé et Julien Pasquier, marchand, fils du défunt.
En Juin 1678, ALJullien Pasquier, prebstrc, docteur es droits et curé d'Alençon, fut exilé par ordre du Roy, à Gerseaux proche Orléans, où il mourut six mois après.
A M. Pasquior succéda Mcssire Enguerrand Chcvalliery presbtrc, grand vicaire de Sées, supérieur du Séminaire de Secs, lequel ne consena le bénéfice que pendant une année ; il aima mieux conduire le Diocèse à son Séminaire, comme il Tavoit fait auparavant.
L'église de Notre-Dame d'Alençon a obligation audit maître Jullien Pasquicr, mort en exil. Il avoit longtemps travaillé à Paris, paroisse de Saint-Cosme, où il avoit été vicaire (i) ; et par rexpéricncc qu'il avoit acquise à Paris, pendant les huit années qu'il fui curé, il mit la paroisse dans un meilleur ordre qu'elle avoit clé auparavant; il s'appliqua à reformer les cérémomes de roflice divin et à la décoration de l'église, et repara ce que la simplicité ou l'ignorance des temps passés avoit introduit ou toléré de défauts et d'abus, sous les deux MM. Jullien Pasquior, ses oncles et ses prédécesseurs immédiats.
C'est lui qui, par l'autorité de Son A. R. Madame de Guise, duchesse d'Alençon, fil transporter le mausolée des ducs au coin de l'autel où il est à présent, cl qui occupoit auparavant la plus belle partie du chœur; qui a fait faire les chaises et la clôture du chœur qui ne passoit pas les piliers auparavant* et qui a fait construire le tabernacle et le marchepied de Tautcl à la place duquel il y avoit deux petites montées de pierre des deux côtés du mausolée qui s'étendoit jusqu'au sanctuaire. C'est lui qui a fait croiser la fenêtre du chœur, du cote de
(I) Le 4 juillet 1671, Marj^ucrite. duchesse d'Orléans et d*Alenv<>n, avait pourvu Julien Pasquier, vicaire de la paroisse Saint-C6nicctSaint-Daiiiien à Paris, du titre de chaplain de la chapelle de la ( 'onceptit >n, fondée en POgiise Notre-Dame dWIençon, vacante par la démission de Julien Pasquicr, son oncle, cure de Notre-Dame (Série H.. baillia«;:e dWlen^on, année 1671).
répiire, et a fait faire la contretablc et le tableau du Bon Pasteur de la chapelle Sainte-Cécile; il a fait aussi boiser la chambre du presbytère dont M. Chevallier lit faire depuis Tescalier.
11 aimoit Tordre et la discipline, mais il étoit trop rempli de sa place ; il soutenoit ses droits avec trop de chaleur et d autorité, ce qui lui attira plusieurs affaires et procès, en particulier avec monseigneur révesque de Sées, en plusieurs occasions et surtout en appelant comme d'abus de ses statuts synodaux.
Ce fut sous lui qu'illustrissime et reverendissime Monseigneur François Foucquet, archevesque de Narbonne, vint à Alençon où il avait été relégué par Sa Majesté, et où après.... ans, il mourut et fut enterré, par lui curé, dans le monastère de Sainte- Claire, le 19 octobre 1673. Ce fut encore sous lui que Son A. R. madame de Guise, duchesse d'Alençon, commença à demeurer la moitié de Tannée avec madame la grande duchesse de Toscane, sa sœur.
Il ne ménagea pas assez les uns et les autres ; il eut en particulier des contestations avec Monseigneur de Narbonne, pour des droits; cela lit obstacle au secours qu'il auroit pu tirer, pour sa paroisse, d'un grand archevesque, fort pieux et fort charitable ; et tout cela joint au procès qu'il avoit eu avec son évesque, lui attira son exil à Gerseaux, proche Orléans, où il mourut six mois après, ayant perdu la vue.
A M. Chevallier succéda M. Pierre Chenard.
En cette année (1694) mourut M» Pierre Chenard, bachelier en théologie de lafacultédeParisetcuréd'Alençonpendantquatorze ans. Il étoit originaire de Paris, où il avait fait ses études et étant prôtre, il avoit demeuré en la communauté des prêtres deSaint-Sulpice; il fut pourvu d'abord de la curcd'Ambrières, diocèse du Mans, et de là transféré à celle d'Alençon, par la
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démission de M. Le Chevallier, alors curé d'Alençon et grand vicaire du diocèse de Sées et supérieur du Séminaire et qui ne fut curé que fort peu de temps, aimant mieux garder son Séminaire que sa cure, ne pouvant conduire Tun et Tautre en môme temps. Ce fut à la sollicitation et à la réquisition de Son A. R. madame de Guise que le sieur Chevallier donna son bénéfice au sieur Chenard.
Son A. R. madame de Guise, duchesse d'Alençon, euttoujours beaucoup de considération pour le sieur Chenard; elle lui donnoit pendant sa vie Ooo livres de pension, en outre plusieurs présents et giatilications, comme le chauffage, une maison au lieu de son presbytère, le tout estimable à pareille somme de 600 livres. II s'étoit attiré la bienveillance de la princesse par ses belles qualités ; il étoit parfaitement bien fait, une belle voix, un port majestueux et vénérable, particulièrement sous les habits sacerdotaux et dans les cérémonies de TEglise, un entretien aj,aéable, une énonciation aisée, un cœur fort droit, une religion pure et des mœurs très innocentes ; de sorte que quoi qu1l ait eu diflcrents adversaires, aucun ne Ta jamais accusé d'aucune faute, et on ne lui a jamais reproché que trop de fierté, ce qui étoit plutôt le défaut apparent de son visage et de son port, grave et majestueux, qu'une imperfection volontaire. Aussi étoit-il dans le particulier très affaire, quoique
son abord fût difficile Il aimoit Tordre et la discipline, il
conduisoit les ûmes à une piété solide, exempte de la bagatelle et de dévotions nouvelles ; il possédoit parfaitement les épitres de saint Paul, dont il faisoit le fonds de tous ses [prônes qui étoient ordinairement bons en soi et bien prononcés, mais trop diffus, parce qu'il rebatoit souvent les mêmes choses, ce qui le rendoit long et ennuyeux.
L'église d'Alcnçon lui a obligation des cérémonies qu'il a mis particulièrement en usage, étant beaucoup plus négligées avant lui, des beaux ornements qu'il a fait donner par la princesse et des cinq messes qu'il a fait fonder à perpétuité, d'une manière fort avantageuse à lui et à ses successeurs; aussi son but étoit de rendre son bénéfice tel qu'il doit ôtre en état de faire le bien, en maintenant la subordination nécessaire entre les ecclésiastiques et leur pasteur. Il fuyoit les procès et l'ombre de l'exploit lui faisoit peur, mais il ne cessoit pas de former des prétentions et de les pousser, à la faveur de l'autorité deSonA.R.;d'oùvientqueMonseigneurdeHarlay,archevesque de Paris, dit un jour de lui, qu'il vouloit tout avoir sans plaider; on l'accusoit même de se servir trop légèrement de l'autorité et du nom de Madame de Guise, ce qui le rendit insuportable à bien des gens et ce qui faisoit qu'il comprometloit trop l'autorité de cette princesse.
Son esprit ne pouvôit s'occuper de petites choses, et toutes ses idées étoient vastes et ses desseins nobles et grands. Il avoil dessein d'engager la princesse à faire détruire le donjon d'Alençon pour faire faire une tour à l'église Notre-Dame. Il vouloit détruire la succursale de Saint-Léonard, à ce qu'on dit, parce qu'elle étoit pour lui une source de demesiés. Il voulut aussi abattre la confrairie de la Charité, parce qu'il ne pouvoit souffrir une certaine indépendance et autorité que les frères affectoient; il forma pour cela plusieurs consistoires particuliers qui n'eurent pas tout l'effet qu'il en allendoit, parce que les plus notables s'intéressant à cette confrairie, il fut enfin obligé d'en venir à un accommodement à l'amiable, comme on peut le voir dans les papiers de la cure, du chapitre et de la confrairie de la Charité.
Le chanjfement des districts de Notre-Dame et de Saint- Léonard, qu'il fit faire par monseigneur de Forcoal, alorsevcsque de Sées, lui attira beaucoup de chagrin. Ce qui l'y engagea est qu'il ne pouvoit souffrir qu'une église succursale eût autant de terrein et d'habitants que l'église matrice, et il ne pouvoit établir l'église de Notre-Dame que sur les débris de Tautre, y appelant plus d'ecclésiastiques et plus de peuples. Ce changement excita de grands troubles dans la ville, que Son A. R. appaisa par son autorité, personne n'osant s'opposer autrement à ses volontés, quoiqu'on ne laissa pas d'inlerjetter un appel au parlement de Rouen qu'on n'osa poursuivre. Les habitants du côté de Saint-Léonard n'ont pu lui pardonner ce changement; ils en ont toujours conservé de la peine, comme ils conser\'ent toujours l'envie de rétablir leur premier districq. On peut voir toutes les pièces sur ce changement et sur l'établissement de la succursale de Courtcillc dans les papiers des bénéfices.
Le sieur Chenard eut un autre demeslé avec Monseigneur Savary, évcsque de Sées, à l'occasion de l'autorité qu'il s'attribuoit dans le vicariat de Saint-Léonard et dans sa nomination. Il est vrai que le sieur Chenard profita du temps de la vacance du siège épiscopal et de la disposition des grands vicaires, dévoués aux volontés de Son A. R., pour faire ce qui lui plaisoit dans TélcnJuc de sa paroisse; et quoiqu'il ne se servit que de son droit en nommant des vicaires à Saint- Léonard, ainsi que ses prédécesseurs en avoient agi, il leur fit donner une commission différente de celle qu'il avoit coutume de recevoir de Monseigneur de Sées, faisant mettre le sieur vicaire de Saint-Léonard entièrement revocable à sa volonté. ("est ce qui obligea le seigneur évesque, étant sacré, de donner une autre commission au vicaire, et par un autre arrôt de
contester au sieur curé la nommination du vicaire qu'on ne lui avoit jamais contestée, lui donnant une commission toute différente de celles que ses prédécesseurs avoient donnée, ce qui attira de grandes contestations, où Son A. R. s'intéressa en faveur du sieur curé. Elle en porta ses plaintes jusqu'au Roy, qui fit venir Monseigneur de Sées de son diocèse à Paris, où jMonseigneur de Harlay, archevesquc de Paris, accommoda la contestation par un accord que Monseigneur de Sées signa de sa main, où il reconnoit que la présentation du vicaire de Saint Léonard se fera par le sieur curé qui le proposera au sieur évesque (on en peut voir les papiers dans le chartrier de la cure). Cette contestation donna occasion au dit seigneur évesque d'humilier le sieur curé, dans toutes les occasions, et de soutenir le parti de tout le clergé contre lui, jusqu'à lui ôter toutes sortes de secours pour desservir sa paroisse à son gré, son vicaire défendant à tous prêtres de l'aider dans l'administration des sacrements, voulant par là l'engager à lui présenter des requêtes pour lui demander du secours afin de statuer sur ces requêtes des choses que le sieur curé prevoyoit ne lui devoir pas être avanla^-cuscs.
L'accommodement que fit Monseigneur Tarchevesque de Paris avoit semblé mettre fin à toutes choses et devoir être le commencement d'une union solide, longue. Dans les fièvres contagieuses de la présente année le sieur curé mourut, généralement regretté de tout le monde et pleuré même de la princesse, qui étoit alors à Alençon, et on lui rendit plus de justice après sa mort que pendant sa vie et particulièrement les pauvres qu'il assistoit considérablement.
L'abhcde Lonlay, présentateur de lacurcd'Alcnçon, présenta successivement différentes personnes, et Son A.R. n'en voulant
nommer aucune sans son agrément, elle ne voulut en agréer aucune de celles qui lui furent présentées, et elle souhaita qu'on lui donnent une présentation en blanc qu'elle feroit remplir à son choix; ce qui étant fait, cllela remplit de AI. Pierre Belard, originaire de Rouen, docteur en théologie de la faculté de Paris, qu*el!c demanda au supérieur de Saint-Sulpice où il demeuroit, employé dans les fonctions de la paroisse et qui a pris possession dudit bénéfice le jour Saint-Pierre, môme année, ûgé de trente ans.
Son A. R. lui continua la pension et les autres gratifications qu'ellefaisoit à son prédécesseur, jusqu'àla mort de la princesse, qui arriva le 17 mars iO<)'i suivant.
Ar(;Mi:NTATI()N 1)1' PRIX DES MKSSKS
Par le dernier synode tenu ii Sées, MM. les curés ont prié monseigneur Savary, évesque de Sées, d'augmenter la rétribution des messes basses de fondation, attendu qu'ils ne pouvoient trouver de prestres pour les acquitter, à cause de la modicité de la rétribution, qui n'étoit que de cinq sols pour chaque messe basse, depuis Tannée i65o, qu'elles avoient été réglées à ce prix par Monseigneur Le Camus, dans son dernier synode. La chose mise en délibération. Monseigneur Sîavary, après avoir écouté toutes les remontrances qui lui furent faites, a augmenté la rétribution des messes de fondation à 8 sols, tant pour la sacristie que pour les prestres; les messes de dévotion ont été laissées à la discrétion des personnes qui les feront célébrer. 11 est défendu aux curés de recevoir des fondations à moins de prix qu'à 8 sols par chaque messe, dont il y aura i sol pour la sacristie.
J'ai remontre cette rédaction à Son A. R. .Madame de Guise, qui a fondé cinq messes par jour dans cette église, pour savoir les intentions de Son A. R. pour la célébration de ses messes; elle m'a marqué qu'elle preféroit de réduire le nombre des messes plutôt que de diminuer les gages qu'elle a aumônes à chaque chapelain, pour aider le curé dans ses fonctions, et pour l'administration des sacrements, mais à condition que les chapelains feront la prière du malin avant la première messe, qui ne sera dite qu'à 5 heures 1/2, au lieu de 4 heures 1/2, pendant la semaine, la prière du soir à la fin du travail des ouvriers. Son A. R. a diminué a chaque chapelain deux messespar semaine, une messe de i5 en i5 jours, et a ordonné que les messes seront desservies à proportion du prix que les prcstres recevront dans le diocèse. Son A. R. a promis d'envoyer ses lettres patentes pour ce changement, dès qu'elle sera arrivée à Paris, parce que son intendant n'est point ici.
Le 19 mars i6g6 de cette année mourut à Versailles S. A. R. madame Elisabeth d'Orléans, duchesse de Guise, d'Alençon etc. petite fille de Henri iv, Roy de F'rance, nièce de Louis xiii et cousine germaine de Louis xiv, à qui la ville d'Alençon doit avoir des obligations éternelles pour tout le bien qu'elle lui a fait.
MORT DE SON A. K. MADAME DE GUISE, DICIIESSE d'aLEXÇON
Elle commença à y venir en 1678, où elle acheta la maison qui est dans le faubourg Saint-Biaise qu'elle fit augmenter et embellir, elle y revenoit tous les ans régulièrement, entre Pasques et la Pentecoste, et relournoit à Paris au temps de la Saint-Martin.
KWq entruit gcnéraicment dans tout le bien qu'elle pouvoit faire par ses richesses ou par son autorité.
Elle enrichit les églises d'ornements qu'elle travailloit ellemême, conjointement avec ses domestiques, et Téglise de Notre- Dame en a ressenti la libéralité plus que les autres; elle lui a donné le bel ornement en broderie, avec les trois chappes, l'ornement blanc commun, le beau rouge, le violet et le vert.
Elle donnoit chaque jour de Dimanche et de fôte, à celui qui quctoit pour la paroisse un écu, pour la fabrique, soit qu'elle vînt à la paroisse ou qu'elle n'y vînt pas.
Elle se trouva, dans les premières années, fort assidueraentà la paroisse, assistant à tous les offices, et en faisant le lieu ordinaire de ses prières ; mais ses incommodités cachées qui lui firent dans la suite éviter le grand monde, l'en éloignèrent depuis beaucoup contre son inclination, n'y venant plus qu*aux prosncs et aux offices des jours ouvrables, et faisant ses prières ordinaires dans une chapelle des Capucins, où elle entendoit tous les jours la messe et où elle recitoit matines tous les soirs, car elle disait régulièrement tous les jours le grand office, aux mêmes heures. Pour les jours de fêtes, elle assistoit aux vespres dans rintérieur du monastère des filles Sainte-Claire, où elle entroit.
Elle donnoit une partie considérable de son revenu aux pauvres, suppléant généralement à tous les besoins et ne refusant aucune (cuvre de charité, jusqu'à se mettre en état de n'avoir plus rien à donner; elle entretenoit la marmite pour les pauvres (i) malades, et outre les questes ordinaires de
(I) I.a Marmite des pauvres subsista jusquala Révolution. J'ai consacre à celle fondation philanthropique un article publié dans VAvenir de fOme (17 février lîMtf)), sous le titre g"énéra! de Curiosités normandes.
la ville, elle y donnoit du sien ordinairement i.5oo livres par année. Elle faisoil distribuer six vingt miches de pain pendant six mois de chaque année, et quarante pendant les autres six mois.
L'Hospital luy est redevable de ses bâtiments et d'une partie de ses revenus; elle lui donnoit par année, en différents biens faits, environ 4000 livres; elle y alloit souvent servir les pauvres de ses mains, et avant que ses incommodités Tobligèrent de se ménager, elle y dinoit les festes et Dimanches et faisoit distribuer aux pauvres le reste de sa table.
Elle a donné de son vivant 1000 livres de revenu à IHospital sur son domaine.
Elle a fondé les cinq messes de Téglise Notre-Dame qui se disent par chacun jour; elle a donné 1000 livres aux chapelains encore sur son domaine. Par une autre donation entre vifs, Tan 1680, elle donnoit au sieur curé d'Alençon 600 livres de pension, outre plusieurs gratifications, offrandes etc. estimable à pareille somme de 6(X) livres.
Elle rendoit le pain bénit à toutes les églises paroissiales dWlençon: à Notre-Dame le jour de tous les saints, à Monsort le jour Saint-Pierre, à Courteille le jour Saint-Roch et à Saint- Léonard le jour du patron.
Elle se plaçoit à Téglise dans le chœur, du côté de l'évangile on lui portoit Tévangile à baiser; on lui donnoit de l'encens avant d'en donner aux chantres, et le célébrant l'encensoit à vespres.
Elle faisoit de grosses libéralités aux monastères des Capucins et de Sainte-Claire.
Elle retenoit le désordre par son autorité, voulant que tout se fit avec beaucoup de retenue et de modération; elle veilloit
également sur la conduite de tout le monde, et retenoit un chacun dans son devoir, ne refusant d*écouter les plaintes de personne: elle étoit surtout l'ennemie déclarée des mauvais près très.
Elle établit une maison de correction pour enfermer les filles prostituées, qu'elle faisoit nourrir.
Elle portoit depuis longtemps une maladie secrette au sein qu'on croyoit ôtre un cancer et qu'elle ne decouvroit presque à personne, excepté à celles à qui elle ne la pouvoit pas cacher; on croit que cette maladie contribua à sa mort, ayant été attaquée d'une fausse pleurésie dont elle mourut en trois jours, âgée de quarante-neuf ans. Toutes les églises d'Alençon lui firent faire des services, et la ville et l'Hôpital lui firent prononcer des oraisons funèbres.
Kllc légua par son testament, pour Alençon, 3.ooo livres constituablcs pour le soulagement des pauvres malades et looo livres pour les pauvres honteux, par les mains du sieur curé; sa maison d'Alençon, avec ses meubles, à l'IIospital, ce qui vaut plus de 2c).(K)o deux, et 4.(xx^ livres pour l'entretien de deux sœurs hospitalières.
Celui qui a écrit ces choses en a été le témoin.
SliUVICH POIR SON A. R. MADAME DE Gl'lSE
Après la mort de S. A. R. madame de Guise, duchesse d'Alençon, toutes les cloches de la ville sonnèrent cxtraordinairemenl sitost qu'on en eut apris la nouvelle. Le corps de ville lui lit faire un service solemnel dans TEglise paroisse Notre-Dame, et l'oraison funèbre fut prononcée par le R.-P. Piquefeu, jésuite, que M. le curé avoit choisi. .Monseigneur de
Savary, évesque de Sées, fil la cérémonie et dit la messe, le corps du Présidial s y trouva, et le clergé des trois églises d'Alençon, avec celui de Monsort et les PP. Capucins.
8 JUILLET 1699, VISITE DE MONSEIGNEUR l'ÉVÈQUE DE SÉES
Le lundi 8 juillet 1699, messire Louis d'Aquin, évesque de Sées, arriva à Alençon pour la première fois. Comme on ne Tattendoit pas, on ne lui fit aucune réception ; il se logea au presbytère, et le lendemain on lui apporta les présents de ville et il fut harangué par la pluspart des corps qui vinrent le saluer; MiM. les échevins le conduisirent sous un dais jusqu*à la porte de l'église, précédé par le clergé en corps, avec la croix, et le curé en étoile ; à la porte de Téglise, les ecclésiastiques portèrent le dais en la place des échevins; là le curé lui fit une harangue latine, lui donna de l'encens et de Teau bénite, et par après lui présenta son étoile, mais Tévesque la lui rendit incontinent après ; le curé la porta jusqu'à la fin de la cérémonie.