‹ État des colonies et du commerce des Européens dans les deux Indes (volume 2)Chapitre 8 sur 11 · ETABLISSEMENT MILITAIRE · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT MILITAIRE

Sur (e pied de guerre au complet *,

Compagnies européennes ^ par mois. par an.

d'infanterie avec 1 lieu- pag. f. p. pag. f. p. tenant-colonel et 1 major. 5,o56 18 60 60,677 i5 »

1 ditto, ditto 9 artillerie. .. 1,546 1460 i8,556 9»

Un bataillon de 10 compagnies infanterie des /naturels, avec 1 lieutenantcolonel et 1 major 5,407 39 v 64^895 6 >

1 capitaine et 2 sous-ingénieurs. . 265 5i 4^ 3>i^9 '* *

2 compagnies de pionniers, et en conséquence 2 officiers 856 4^ 40 10,282 18 >

* La pagode contient 168 /anum, le fanum 4 pioes, La pagode ▼aut 8 J sheUings ( 10 francs J.

DBS DEUX INDES. 253

1 quartier-mattre et 1 commissaire des vivres 95 5i 4o I9I25 1 »

1 comiais 9 ditto y ditto. , , 56 ro 40 ^7 5 11

2 adjudans i... 11721 t I9410 * *

1 maître de baraque, .... g5 5i 40 1^125 t »

1 inspecteur et 2 commissaires des munitions. . . 56 10 4o 675 » >

1 maître des munitions. . . 4^ 5 20 517 21 1

2 sergens>majors 8 »> 96»»

2 quartiers - maîtres - ser-

gens 8 f »' 96 >>

6 sergens surnuméraires. . 5o b b 56o' > »

2 chirurgiens 1

4 aides chirurgiens > 55o 21 1 6,606 t »

4 sous-aides j

Total... li^igo 19 60— 0,285 27 »

Sommes payées a,ux naturels pour leurs épices.

liv. 8t.

6009OO0 Ib. de clous à 6 d. par Ib. . . 1 5,000 » »

200)000 Ib. de muscades à 7 ^ par Ib. 6,250 t >

5o,ooo Ib. de macis à i5d. par Ib. . 3, i25 11

Total payé pour les épices. . . . 24)575 » »

Estimation de la vente des épices ci-dessus, déduction faite des dépenses de fret et autres charges.

liY. st.

60O9OOO Ib. de clous à 8 s. pour Ib. 4 . 240,000 > > 25o,ooo Ib. de muscades et macis à

20 s. pour Ib a5o,ooo > »

Dépense' totale des établissëmens civils f militaires et de marine , frais extraordinaires et sommes payées pour les épices. i25,ooo • »

Il existe 5 après toutes charges possibles 5 une balance annuelle en faveur de l'état en livres sterling SâS^ooo » »

« Dans rétat que i>ous venons de donner, les charges ont été portées au taux le plus haut , tandis que le produit des épices et le prix qu'on les peut vendre ont été évalués au plus bas. A Tégard du girofle, sî Ton observait qu'il y a des demandes pour une plus grande quantité que celle qu'on a énoncée, on pourrait assurer, sans le moindre doute , qu'il ne faudrait pas trois ans aux plantations bien ménagées pour produire le triple de cette quantité, et environ 600,000 Ib. par an de muscades et dé macis. C'est le nombre de livres que Banda produisait avant l'ouragan de 1778.

« Tout examiné , en considérant les profits qu'on doit attendre du commerce des épices , et les avantages que promet la vente des produits^ des manufactures d'Angleterre et des colonies indiennes $ auxquelles ce commerce ouvrira sans contredit un débouché aussi étendu que facile, nous nous croyons fondés à conclure que ces îles peuvent produire tous les ans à la Grande- Bretagne un revenu clair d'afi demi -million sterling. »

Ces considérations npus ont paru de la plus haute importance pour faire connaître les îles des Epices possédées par le royaume des Pays-Bas ; elles font sa plus grande richesse colonialcv dans l'Inde. Ce royaume jouit encore de quatre autres possessions aux Indes occidentales , dont une surtout, Surinam, mérite une attention particulière.

DES DEUX INDES. â55

C'est le principal établissement formé par les Hollandais dans la Guyane , et celui où se fait tout leur commerce dans cette vaste contrée.

11 serait superflu d'en- donner ici la description ; on la trouve dans VHistoire philosophique.

La culture a fait des progrès à Surinam , et tout annonce que le nouveau royaume des Pays-Bas mettra plus de soin à l'étendre et à en multiplier les productions que n'a fait l'ancien gouvernement.

Les Anglais s'étaient emparés de l'établissement de Siirinam pendant la guerre ; mais ils l'ont rendu à la paix d'Amiens , et depuis cette époque il est resté à ses anciens possesseurs , à l'exception des colonies de Demerari, Berbice et Essequeby ou Essequibo, que les Anglais ont gardées.

Les rivières qui arrosent la colonie de Surinam sont aujourd'hui bordées de belles plantations de sucre et de café : on y récolte cette dernière production deux fois par an , en juillet et en décembre.

Un état authentique du comtmerce qui s'y fait en exportation et importation avec la n^étropole porte qu'en 1818 il est parti de Surinam pour la Hollande quatre -vingt deux vaisseaux ayant à bord dix -huit millions huit cçnt mille livres de sucre , quatre millions quatre cent mille livres^ de café , un million trois cent mille livres de coton , quatre-vingt seize mille livres de cacao , et trentetrois mille livres de tabac. L'année suivante il

2^6 ÉTAJ ACTOEL DU COMMERCE

n'en est sorti que soixante-huit bâtimens chargés de quinze millions quatre cent mille livres de sucre , cinq millions six cent mille livres de café, un million deux cent soixante-quinze mille livres de coton , trente-quatre mille livres de cacao , et deux mille quatre cent vingt livres de tabac.

Cette «numération montre en quoi consiste principalement ce conamerce, et de quelle importance il «st pour les denrées coloniales.

' Au reste , cette colonie n'est aujourd'hui que précaire entre les mains des Hollandais. Les Anglais , maître d'Essequibo , de Demerari et de Berbice, s'empareront facilement <ie Surinam, du moment que la guerre les y autorisera.

Curaçao , Saint-Eustache et Sainrt-Martin , îles des Antilles , sont pour les Hollandais d'utiles établissemens soumis à la même chance que les précédens.^ .

Curaçao, la principale de ces trois îles , a cjependant résisté à l'attaque qu'en firent les Anglais en i8o4, quoiqu'ils l'eussent prise en 1800; ils l'avaient rendue par la paix d'Amiens , et voulaient la reprendre après là ruptiïre.

Cette île est une preuve de l'ancienne industrie hollandaise à vaincre les difficultés de la nature ; elle est aride, et n'a pour toute eau que de l'eau de pluie. Les HoUiandais ont pourvu à cette disette par l'art avçc lequel ils recueillent l'eau.' Ils ont élevé sur le port de Curaçao une des plus belles et des plus fortes villes des Indes occidentales.

DES DEUX INDES. ûS'j

La plupart des travaux 8*y font au moyen de machines si bien imaginées, qu'elles transportent tout à coup les vaisseaux dans le chantier.

On en exporte beaucoup de tabac et de sucre i il y a de bonnes salines , d où les îles anglaises et les autres colonies du continent tirent le sel pour leur consommation.

Curaçao approvisionnait autrefois Saint-Domingue, et la traite était une des branches les plus importantes du commerce qu'il faisait : cet état de choses n'existe plus aujourd'hui.

Nous n'ajouterons sur Saint-Eustache et Saint^ Martin aucun détail à ceux qu'on trouve dans VHistotre philosophique.

Tout le commerce maritime du Royaume-uni des Pays-Bas est concentré en Hollande; il se fait peu de grandes expéditions dans les ports de la Belgique.

« Indépendamment du commerce très^étendu que fait le Hollandais avec les productions de son sol et de ses colonies , dit M. le comte Ghaptal ' , il s'est coristitué le principal courtier de l'Europe. Ses ports sont toujours l'entrepôt général de marchandises de toute espèce. La modicité des dloits qu'on y perçoit , l'absence de toute formalité vexatoire , leur donnent par le fait le privilège de la franchise, et toutes les nations y déposent leurs richesses avec une entière confiance. '

*■ De l'Industrie française , tome i , page Si.

258 ÉTAT AÇJVEh pp GQjIfMERGE

f On pe\x\ dope xegarde^r Ip n^vigatçyr l^ollai^dais cpmpie un agent intermédiaire çntre le çpnsommateur et le producteur ; et sous ce rapport son commerce fornje le çomplénqent des relations de chaque pays avec les aiutrep nation^. »

Peut-être est-ce à ca\isç de ce génie ps^rfiçulier qui le porte à être facteur et eptrei^^^tteur , qi^f le Hollandais sem))le avoir bien moins connu que TAnglâis le grand art de la colonisation, et que ses posassions d'o^tre-m(er sont restées inrférieures à ce qu elles auraient pu êtr^ et è^ ce qu'elles sont , quoique depuis peu d'apnées f^ntre les mains des Anglais. Nous en verrons la preuve, surtout au Cap de Bonne-iISspérauce , dont TAn^ gleterre ^ déjà fait la plus belle colonie du contiaent africain.

a Au reste, quand la Hollande serait réduite au seul commerce des productions de son §ol , dit le mênie auteur, et de c(s)|çs 4^ i^on industrie manufacturière , elle tjepdrait encore un raftg distingué paroii les nations commerçantes : on peut en juger par le çoncimerce qu'elle faisait qn France au commencement de la révolution.

« A cette époque nous tirions de la Hollande pour deux à trois millions de froptiages , xm million de laine , cipq cent mille francs de lin , deux millions de tabac , huit cent miilç francs de céruse , douze à quinM cent jpiUe francs dç toiles , six cent mille francs de dentelles de fil , et pour trois à quatre cent mille francs de produits chî-

DES PEpX IJf^lL^. 3%

nn'queç,tçl3que suiWiu^é^me^rctirç-daiwip, cîu^il^Ç?^ tourn^SQl , ptc. IjÇ sieul article des éplceti^^ pçqyenartf de ses colonies formait une ^onoiaie dq troij^ millions de France* La tptalité dea ii^parts^iqns de la HoU^ndts e^ Firqiace s'élevait^^ av^nt 1^ ye^olutipp, c'esjt-à-dire pii 1789, à vne valjgp]: d^ 36,779,000 frapc^. Ce$ importatioii^s cQnsiSitai^^ït en graiq^, en pqt^^se, pp boi$ , ep ^léta^?;, eq fromages ^ etc. l^pus soldioni^ çç^ i^n^po^tatipi^ avec quatre à six millions dfi ^'m^ 1 eau¥^4ftTvie et comestibles ; vingt à trente millions de sucre et café , et huit à dix millions des produits de nos fabriques. Lé montant de ces diverses exportations de France en Hollande s'est élevé en 1789 à 43,167,000 livres. »

Ce commerce est bien diminué aujourd'hui, tant à cause des progrès de quelques branches d'industrie en Hollande , qui y rendent inutiles certaines importations , que parce que , n'ayant plus l'étendue de colonies que nous possédions , loin de pouvoir fournir du sucre et du café à l'étranger , nous en recevons soit en commission , soit pour la consommation.

c Cependant, comme dit le savant auteur du Traité de l'industrie française^ nos relations avec la Hollande auront toujours une très-grande importance. Les Hollandais trouvent chez nous une énorme consommation de tous les objets de leur commerce, et prennent en retour une quantité proportionnelle de nos produits agricoles et in-

dustriels , les plus riches et les plus recherchés . dans leur genre , de ceux de même espèce que fournit l'Europe. » ^ •

Voyons quelle est notre position vis-à-vis de TEspagne. Les grands événemens qui se passent dans ce pays doivent opérer de nombreux changemens sans doute dans ses immenses et riches colonies ; mais ils n'en diminueront en rien l'importance et l'étendue des produits. C'est surtout à les faire connaître que nous nous attacherons.

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