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553 ÉTAT ACTDEL DD COHUERC£
Nous avoDs laissé dans ce tableau le Sénégal et Gorée, rendus depuis aux Français ; il sera aisé d'avoir l'estimation du reste en déduisant les quantités relatives à ces deux possessions françaises.
Ce dernier tableau offre quelque différence entre les données qu'il contient et celles qui précèdent i mais ces différences sont peu importantes , et nous n'avons pas cru devoir, pour les faire concorder ensemble , altérer les autorités d'où nous les avons tirées. N'oublions pas non plus de remarquer que Colquboun lui-même , qui a été bien servi dans ses renseignemens , prévient , d'après des rapports exacts , que l'estimation qu'il donne' de la population du Cap n'est plus aussi considérable , et qu'au moment où il écrit ( iSia ) les diverses classes d'habitans ne s'y élèvent peut-être pas au-dessus de quatre-vingt-dix nâille '.
Passons maintenant aux possessions anglaises dans llnde.
Colonies des Anglais dans l'Amérique.
Nous commencerons par celles qui sont le plus au nord et en plus grande partie sur le continent américain , c'est-à-dife le haut et le bas Canada ; te Nouveau'BruDSwick ; la Nouvelle-Ecosse ; le cap
' Depoii cetir époque, de rtombreiMei rolouict ont itè ronnéei au Cip I «t la popnbtioo t'y accroît cbkqnc jour.
DES DEDX INDES. 553
Breton ; Saint-Jean , ou l'île du priuce Edouard ; Terre-Neuve ; la Baie-d'Budeon.
Il serait inutile de faire la description topographique de chacune de ces possessions ; on la trouve partout : mais nous ferons connaître leur l'état statistique et leur richesse commerciale.
Suivant les.-résultats présentés par M. ColquhouQ , on ne comptait pas moins de deux cent mille habîtans dans le haut Canada , et pas moins de cent mille dans le bas en iSia , presque tous Européens ou descendans d'Européens. It y avait un peu avant la même époque , c'est-à-dire en 1 808 ( et les améliorations 7 ont été nombreuses depuis ) , trois millions huit cent mille acres de terre cultivée dans l'un et l'autre. Canada; ce qui donne un peu plus de dix acres par habitant. Quant à la partie non cultivéevelle est immense; on la porte vaguement à cent millions d'acres.
La navigation tant intérieure que maritime emploie six cent soixante-un bàtimens ( non compris les barques ), jaugeant cent quarante-trois mille huit cent quatre-vingt-treize tonneaux, et occupant six mille six cent-dix hommes de mer.
Le Canada est fertile en presque toutes les productions qui n'exigent pas une grande chaleur. On y recueille des grains, des fruits. De belles forêts y fournissent des bois de charpente. Les habita ns élèvent beaucoup de bétail , de moutons , de porcs , de volaille , et en général tout ce qui est nécessaire à la vie et à l'économie domestique.
554 £tAT iCTDEL DU COHMEKCE
Ces difféieas produits peuveot 4tre évalués , daDS la coDBommatioD, Ji uoe Bomme de ao livres sterling par individu aanuellemeat ; ce qui feit uoe somme , pour trois cent mille habitaos , de 6,000,000 de liv. sterl., auxquels il faut ajouter, pour l'exportation des mêmes produits, t, 509,837 liv. Bter. : ainsi le revenu brut des productions du sol irait à 7,303,837 liv. sterl.
L'évaluatioQ des propriétés publiques aux deux Canada offre te résultat suivant :
Il y a des fortifications k Queheo qui exigent une garnison de cinq mille hommes , des barraqws pour deux mille bommes , un coips d'artillerie , des maisons pour le gouvernement , et des forts sur la rivière de 8aint-Laurent; tous ces objets réunis offrent une valeur de t,ooo,ooQ de li^es iterling en propriétés publiques.
Quant à la propriété particulière, pour) évaluer, il but remarquer que l'acre des bonnes terres arables est vendu 5 liv. steri. ; que celui des terres médiocres vaut 5 à 6 dollars ( a5 à 3o francs ) t les terres Ji bois a dollars : ainsi deux livres ster^ ting peuvent être le prix moyen des terres.
On n'estime guère qu'à 3oo,ooo liv. sterl. le montant de l'argent en circulation, i quoi ajoutant ao,ooo livres sterling employées dans Ifls eenstmctions maritime^ à Montréal et i Québec, eela ne &it que 3ao,ooo lir. sterl. d'espèces eu circulation.
Les cultures du Canada sont en général fort
DBS DtVX INDES. S55
belles , quoique Hiirer y soit rigoureux. l<e long du fleure Saiot-Laureot surtout, daos k haut Canada , |a terre cultirée se couvre de fertiles ' moissons ; toutes nos céréales s'; plaisent. Cependant, quoique les forêts soient immenses et bien garnies , les arbres n'y atteignent ni la mém« hauteur ni le même rolume que dans les pays plus méridionaux.
Les Anglais viennent de jeter sur la rire septentrionale du fleuve tes fondemens d'une ville qui s'accroît de jour en jqur ; presque cpntiguë à Mqntréal * elle devra nécessairement la &iie souffrir de ce voisinage.
Outre que l'Angleterre verse une éi)Qria|ie quantité de ses produits industriels daps le Canada , elle partage, grâce i la cession d9 cette pontrée que la France lui fit en i -jG^ , le riche commerce des fourrures. Diminué decequ'ilalong-temps été, ce commerce alimente encore une de ses plu's împortaptei branches d'exportation k la Chine et en furupe. Deux compagnies, celle ^'fludten et celle du nçr4~ou*$t , en ont le privilège exclusif '■ Elles envoient daus les forêts des troupes de chasseurs ,
■ On peut cobibIui, inr k «aaNBWGc dw ptll«ttriM dam le C»nadsi 1« TOjMg* d'AWusdM Maakïoaia, bit tn ij^ àtm celte contiie. H. Cislc» doui en ■ donari vu boop* IraduatiM en ln>û ▼olome* in-B*, itcc de* orlei.
Une remarque it ftawar de cri oairage , reminjoe qu'il ■ iti k Bfémc'de TériRrr pir ce qo'ii ■ >n au Canidi, pNHiTo que \tt faonmea paMcnt plu Tolontierii et plu* pramptcncDl dt la tîe cifilûéc à l'état •autage qne del'état aanage>i VHit da emlÏMlioD-
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556 ÉTAT ACTOEL DC COHHEKCE
qu'elles récompensent en raison des résaltits obtenus. Comme les fûrêts limitrophes se dépeuplent d'animaux, il a fallu en chercher plus loin. Aujourd'hui on y emploie de grands voyages qui durent plus de six mois '.
La compagnie d'Hudson , qui compte cent quarante-huit ans d'existence , fait beaucoup moins de bénéfices depuis l'iostallatioa de celle du nordouest. Celle-ci , plus active , envoie des chasseurs jusque dans le voisinage de l'Océan glacial et de la mer Pacifique. Les rivalités de commerce font naitrc mille débats entre ces deux sociétés. Elles s'accusent réciproquement d'empiètemens sur leurs territoires réciproques : car chacune a le sien, où elle peut seule faire la chasse aux castors* et aux animaux à pelleterie.
La société du nord-ouest , par des traités avec les peuplades sauvages de cette contrée , s'est approprié la plus grande partie du commerce lucratif dont la Russie semble vouloir aujourd'hui partager les avantages. C'est par l'intermédiaire de la même association que les Indiens nommés Mitiaga ont récemment vendu à l'Angleterre deux
' Cet (launiaiu lointùon oDt oHM ini chment» dan* le> BocUinoaDtiat deoioutroii uiiraAux d'oDc gnndeiuii déniwtuiic, «jo'oa let lappoM de i'upèce de* mimogoullu.
' Tout le monde coniutl li de l'H ûtoin dtâ dntat Ittdét ■
de ce paaible aDim*!, que nont Touona à reitetmÏMtîan p Taire notre luie et tKttrC cupidiM.
millions sept cent quatre-vingt mille acres de terrain , vente dont les États-llûîs paraîtraient vouloir contester la régularité , mais que le cabinet de Londres soutiendrait au besoin à coups de canon.
Nous ignorons le montant actuel des chasses pour les pelleteries dans le Canada. Voici en quoi il consistait en 1800.
Pour cette année les chasses avaient donné cent six mille peaux de castor, deux mille cent peaux d'ours, quinze cents de renard, quatre mille de renardeau , quatre mille six cents de loutre , dix-sept mille de rat musqué , trente-deux mille de martre , dix-huit mille d'hermine , cinq cents cuirs de buffle , six mille peaux de lynx , six cents de louveteau , seize cent cinquante de pêcheur , cent peaux .de lapin des Indes , trois mille huit ceuts peaux de loup , sept cents d'élan , sept cent cinquante de daim.
La plus grande partie de ces pelleteries a été envoyée en Angleterre; le reste a passé à la Chine par la voie des États-Unis , savoir : treize mille trois cent soixante-quatre peaux de castor, pesant dix-neuf mille deux cent quatre-vingt-trois livres ; mille deux cent cinquante peaux de loutre ; mille sept cent vingt-quatre de renard d'eau.
Différentes raisons avaient déterminé la compagnie du nord -ouest à employer l'intermédiaire des États -Unis -pour la vente de ces pelleteries. Mais la principale de ces raisons était la difficulté qu'on éprouvait à faire venir par les vaisseaux de
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558 iTAT ACTDBL DO COMMERCE
h compagoie des Iodes , qui seule avait alon te priTÏlége du commerce de la Chine , les produits des ventes des pelleteries , et l'obligation de payer les droits à cette compagnie; au lieu que les Américains n'éprouvent aucune gCne dans les expéditions qu'ils font pour la Chine ; ils vendent leurs marchandises en y arrivant , et le produit des retours est réalisé dans les douxe mois , à cmmpter du premier jour de l'armemeut.
Ces avantages, et ceux qui résultent de leur poflitioD ont fait passer une glande partie du commerce des pelletcrieB avec k Chine entre les mains des Américains : les Anglais font tout ce qu'ils peuvent pour le retenir; mais, quelque soin qu'ils y mettent , il est à craindre pour eux qu'ils n'en retieniftnt que la plus faible partie ; les Américains ne lâcheront pas ce qu'ils en ont ^
Les articles nécessaires pour la traite des pelleteries avec les sauvages et les peuplades du Canada sont , les gfosses étoffes de laine de tonte espèce , que les Frabçais nommaient eordiilattj lorsqu'ils faisaient cette trftîte , avant la cession du Canada ; les couvétturefl de divertp^ grandeurs , les grosses toi)es à draps, le fil i coudre, les cordages, la quincaillerie, la ferraille, les petites chaudite^s
' La BaMÎe, daai reitention qn'tlle prend à II cdti nord-oneal, o& die ■ tairai Av* tlibtiaKtaieni, mcoace égilcmeut l'Anglenna ika» cet taWitt oonmBTcisI, et ce n'ait ^m k md oi e<4fe pnMiwct c(4nMle«t anttbiiHatciDtpire dn ÎDqaièludci à li Gnnde-Btetape : ié«all>l du ijifème adopté pK te obiact de Loadra dioi «et gnndit ^liei^BH contre !■ FWrtÀ.
DES DBCX ISDKS. 5Sq
de cu!vr6 , là tdie , les moUchoirs de soie » les )noucb<>{r3 de 'coton, les toiles .peiates qu'on tire d'Angleterre , tes liqueurs spiritueuses et les comestibles qu'on ne tiré pas d'Europe, mais du Canada. Tout ce commerce est très - avantageux aux négdcians qui te font et aux agens employée par ces loégocians.
Le Nouveau -BrunBirii^ est une autre colonie anglaise qdi pretid chaque jour de l'accroissement *. Sa population n'est pas de moins de soixante mille habilans, qui cultivent cent mille atres de terre, dont ils retirent pour près de a, 000,000 sterling de production , y compris la pécbe et la chasse. On y trouve de belles forêts qui fournissent des bois de construction pour lés maisons , et dont on lenvoie de grandes quantités aux &nUB<es. La chasse et la pèche offrent encore d'autres ressources avantageuses aux colons ; ils exportent pour des sommes considérables de pelleteries et de poisson salé. La terte de cette province est assez fertile sur le bord de la rivière poissooneus'e de Saitit-Jean, qui est sujette i des débordemens fiicheux ; beaucoup d'émigrans anglais s'y sont rendus dans ces dernîeï'â temps ; ils y oat twtaé des établlssemèns. La capitale de ce pays se nomme Frédéric ; et , malgré la rigueur du climat , la population y prend de jour en jo^r de nouveaux accroissemehs.
La NouTelle-Êc'osse , ou Acadie, autre pesses-
' /'«ya !■ MTIB pour m niuation cl laii éleQdue.
' 56o iTAT ACTOBL DU COMHEICS
sion anglaise du nord de l'Amérique , n'est plus ce qu'elle était sous le gouTernement français, qui l'avait négligée et cédée ensuite à l'Angleterre par différeoB traités. Elle offre aujourd'hui une population de cent mille habitans, qui retirent de leurs productions et de leurs pèches une Taleurde 3,670,330 lir. sterling, et occu[^nt pour leur commerce une marine de trois cent vingthuit bâtimens jaugeant quarante-deux mille deux cent vingt - deux tonneaux , et employant trois mille deux cent quatre-vingts hommes de mer.
L'Angleterre a si bien encouragé dans ce pays les espèces de cultures appropriées à son climat, qu'aujourd'hui tout y abonde, seigle, froment maïs, haricots, pois, chanvre, lin, fruits, etc On trouve dans les forêts d'excellent bois de construction qui alimente les chantiers d'Halifax , capitale de la Nouvelle-Ecosse , qui a un beau port communiquant facilement avec le reâte de la presqu'île. Le hareng et la morue abondent sur les côtes et enrichissent les pêcheurs ; on y trouve des ports, des havres, des anses favorables à la pèche et à la navigation marchande.
Halifax a été extraordinairemcnt fortifié par les Anglais ; c'est le Gibraltar du nord ; position aussi favorable au commerce de la Grande - Bretagne que gênante pour les États-Unis.
On connaît Terre-Neuve , et sa topographie ne doit point nous occuper. Cette espèce d'archipel D'à de prix aux yeux des Anglais que pour la
DES-DEt3X INDES. 50l
pèche de la morue. L^le du cap Bretoû a peu de ressources intérieures ; elle a cependant de belles forêts, et est riche en gibier. L'île d'Anticosti est de peu d'intérêt , et ne fournit que du bois ; mais l'ile Saint- Jean, appelée aussi l'ile du prince Edouard t est la plus agréable et la plus fertile de l'archipel ; grains, gibier, volaille, tout y abonde. Ses rivières sont peuplées d'cxcellens poissons d'eau douce ; et celui que la mer apporte sur les cdtee forme l'objet d'un boa commerce pour les habitans.
■ L'île de Terre-Neuve est célèbre par les facilités que donne pour la pèche de la morue le grand banc du même nom. Elle n'a pas moins de cent dix-sq>t lieues de long sur soixante- six de large.
Par le traité de Paris du 3o mai iSi4> article 1 3, il est dit : ■ Quant au droit de pèche des Français sur le grand banc de Terre-Neuve, sur les cAtes de l'ile de ce nom, et les îles adjacentes , «t dans le golfe de Saint-Laurent , tout est remis sur le même pied qu'en 179a. >
A cette dernière époque, les choses étaient réglées d'après le traité de Yersailles du mois de janvier 1785. Voici les dispositions de ce traité relatives à Terre-Neuve et aux pêcheries sur le grand banc.
■ Le roi de la Grande-Bretagne conservera la propriété de nie de Terre-Neuve et des îles adjacentes, ainsi que tout ce qui lui a été cédé par le traité
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563 iT&T àCTQEL DU COHHEKCE
d'Utfecbf S «atff kes-eKceptiona stipulées oi-apEès :
■t Sa majesté <le <roi 'de France , pour piéTeoIr les queralke qui ont eu lien entre les deux 'Ihtioos fntaçaise et angltise, reiumee au 'dm! de 'pèehe qui'lui appartieot «a vertu'dii traitë d'U- 4reaht, d^uis 'Boaayista jusqu'au cap Saiot-Jean, situé sur la eâte drientale de Terr&-Meave par les 60 deigtés 4e iJathude nord, au moyen de quoi h •|>êQbe franfaisecommeseera audit cap Saint-Jean, -paasefa par le oord, <eD descendant >par la odte occidentale de l'île de Terre - Neuve , aura ^dr Utnile l'endroit appelé C^Rayet situé-Bu 47* de- ^é'So'Uiinlittis de latitude.
< Les pêcheurs 'fraDfaÎB'joaiTODt'de la ipêcbe 'qui)eurestassignéepairanielepiéoédent,coiniDe ilB oDt droit d'en jouir en vertu du traité dIJtrecht.
• Sa 'tnajeaté britannique cède <n toute pioiptiété Â «a imaiestéitrès --chrétienne les Sles At -Saint-Pietre, de'Hiquelou.
l'A regard du droit àe>pêche dans le golfe Saint -Lauréat, les Français 'ooiltiiiucront -à «n
■ AtiîcIm >*«l i3duiniicd'DlniGb(,'ii-nril 171S. I L«i Pnoçati ne pourioat pâchi'r qu'à tnnte lieuM de* odia de l'A'càdie , depnia ftU Us 'SaUt îadu-iTemnlt , fuiqifHai cbdnnti tjtû MviMolau «d'OuMI. -UIdut ttt iiH*àu du .l'tttbfa> dau l'Ile iâe Terre- HeDV« et dioi lei terrei idJtceDtefqui lODtcMiei « l'&i^leterre. II ne leur >crt' libre que d'y ibordcr dioi le temp* de !■ pèdc, et ili n'j canilruiraa t que In cihunei ou ii-bope* o^eewricr» p<mr prtparei leur poluon vt le iBcbcr. Il* Bo datftadioDt iloni qac dm* l'fle de Tcne-niuTe , et wulcment dan> l'étendue du paj* iio^pn> éotrelecap de'fi(>ba*wta]u>i)u'l la poiate •«plealiiôDtle de l'Ile , «t - Jelà, titwt à l'oeddent, )w^'*tt lieu ■!■
DES DECX INDES. 563
jouir, ooDfonnémeDt à l'article 5 du traité de Paris de 1763-. »
'L'Angleterre oietitout ^ouaagepour s'approprier par le fait la péobc ,à Ïerre-Neuve. Daae cette .Tue , elle s'est ^Mtée de coloniser toutes JeS'tenes. voisines d^ li^ties, pour priTer .de .ce r«luge les pêcheurs non nationaux. .Elle a fait .^ussi exploi«r llJe de Terrc-NeuTes-c'est la plus importante par son étendue , et surtout par .sa position. On .y a trouvé des forêts injmeoses remplies de ^iec et d'animaux à fourrures. Des montafiiiHS de l'intérieur , escarpées pour la ,plu- ' part, coulent plusieurs rivières très-poiaspnneuses. et dont les bords tarent de bons pâtura^ies , et mtoie des tezrcK ipr<^>res à la culture des grâina- Xe.gouTfirneuMot angtais a fait de grands aacci- .fices pour y attirer des coWiu st pour j encourager leiur établisseawnt.
Terie-SieuTense peuple tous les }0un d'émi- -grans ' aiigl4is qui,.daD<s,le commescedu bois.et des fourrures, dans la vente de leurs - produits ^^gricoUs t et surtout dans les bénéficfls d'une pêcbe abondante et facile, trouvent un alimeqt inépuisable à leur ambition.
Les Anglais, ou-plutdtla compagnie d'Hudson, ont encore quelques établissemens sur la baie de
'Une Jhnt.pw camtMtife.,iimifmml t% inigrit. Lti prenim ^vUcBt.lanipsji.peuraUeCièuUirdc* DuliurM.oo rofiiier.dnéUblw- MaieMulilc* t ta loére-pAhM I Hep louTent 1» dctoieni cUMuiaptr rirr érfawwnt pntilJTMfi j-iw t'nmiiriiil sii-ilnt<>T* i^ir it^ T'* ■ ■ illf* et do ptojcU hovlile*.
564 tTAT ACTUEL DU COMMERCE
ce nom; mais on c'y comptait eu 181 a qu'environ cent quarante-six personnes, toutes attachées au service de celte compagnie. Ces établissemens, après avoir joui d'une grande prospérité, sont déchus considérablement, surtout par les progrès de la compagnie du nord - ouest , dont nous avons parlé. Elle a quatre forts qui servent à protéger ses agens contre les attaques des sauvages.
La dissolution de cette compagnie ne peut manquer d'avoir lieu ; alors le commerce libre, «'emparant de ces établissemens, pourrait les relever de l'état oà ils sont.
Nous ne ferons aucune remarque ici sur la situation politique des Anglais dans cette partie du monde vis-à-vis des Américains; il n'est per^ sonne qui ne soit persuadé qu'un jour la république ne finisse par ajouter le nord du contiDcnt à' son immense territoire : la force des choses, autant que l'ambition du congrès, pourra y contribuer *.
La marine anglaise stationnée dans les baies 'pour en imposer à la population du pa;fs «t aux États-Unis, se compose habituellement d'un vaisseau de ligne de quatre-vingt-quatorze canons,
< Il Doui panll dicDODlM que In ÉUIi-Unà dot uD grand îptértt k ne point icciottre lean poMeuioni ptr de* coaqnUsi. L'immeoM éleaduc de leur terriloîrt De peut i;u'*Bhiblir la force de l'union el pr^pmr l'iDéTîlabk parta^ de la république en deux partiou, cdlr (h) nord et wlle da midi, d diffirenlei I'um de l'autre à ploMnira égard* , de mtaim , 4e (oAli , d'habitude*.
d'un de ciaqiiaate-six, de quatre de trente-six, d'un de vingt , de deux de douze , outre cinq goélettes. De nouvelles constructiona de Mtïmens et de vaisseaux ont été ordonnées ; et la marine, comme les forces anglaises, s'accroît journellement dans ces importantes possessions.
L'estimation des valeurs que la Grande - Bretagne 7 a exportées à trois différentes années , et leur état statistique pour 1813, montreront la prospérité toujours croissante de ces possessions , et llmportance que doit j mettre la mère-patrie.
Exporté de la Grande-Bretagne, Au Canada,
en 1810 977,431 lir. sterl.
A la Nouvelle-Écossse,
en 1810 35o,6i i Hr. sterl.
Au Nouveau-BruDswick ,
en 1810 274)05a Ut. sterl.
1814 ^6o,Qa^
A 111e du prince Edouard,
en 1810 20,634 tiv. sterl.
Au cap Breton ,
en 1810 556 Ht. stèrl.
A Terre-Neuve ,
en 1810 377.733 Ut. sterl.
Valeur totale en i8i4- 4>''8o,987 Uy. sterK 1817. 5,o3i,!73
On voit , par ce relevé , qu'en 1 8 1 7 leB colonie» anglaises d'Amérique ont dû rembourser à la mère-patrie, en marchandises' ou en numéraire, l'énorme capital de 5,o3i,i75 livres sterling ( 120,748,153 francs), dont elles avaient reçu la valeur en objets fabriqués ou en denrées coloniales importées par bdtimens anglais.
Le nombre de vaisseaux expédiés par l'Angleterre à ses colonies du nord de l'Amérique montre à quel point elles sont utiles à sa mâiiae, et les pagres qu'a faits cette navigation.
Il a été envoyé aU Canada ,
en i&io 66 r Vaisseaux.
Au Nouveau-Brunswick ,
en 1810 ^lo-v^eseAux.
D18 DECI IirDBS. 5^7
A la NoaTelle-Éco««e ,
eD iSio 3a8 Taisseaux.
A l'tle du cap Breton ,
en 1810 7 Taiaseam.
A 111e du prince Edouard »
ea 1810...... 32 Taissçaux.
A Terre-NeuTc ,
en 1810 49^ v^ÏB^ti^"^-
Total en 1 8 1 o. . 1 ,g35 vaisseaux.
AccToissemeot en 1817. . 479 ruisseaux.
En 181a, les mêmes possessions offr^eot lea xéwltats suiyaas , savoir : ' r
iXAT ACTUEL hV COHHERCE
Il I
Ifji
DES DEUX INDES. 56q
■ L'aDg;leterre possède eocore les étabUssemens de Hooduras, et ses Douvelles acquisitions dans la Guyane hollaDdaise, Démérarit Essequibo et Berbice, dont il faut que nous présentions l'aperçu à nos lecteurs avant de passer à ceux qu'elle a formés dans l'Océan atlantique.
■ h'Hisioire philosophique des deux Indes a donné une idée suffisante de la richesse des colonies hollandaises dans la Guyane. C'était surtout à Surinam que ces hommes industrieux avaient concentré toutes leurs ressources et fait les plus grands travaux ; les autres portions de la colonie étaient cultivées avec moins de soin et d'attention. Les Anglais , qui savent féconder les terres les plus ingrates, ne pouvaient manquer d'appliquer avec succès leurs procédés aux fertiles provinces d'Ëssequibo, de Berbice et de Démérari. Elles produisent sous leur administration d'énormes quantités d'indigo , de sucre, de coton, de rocou. Le café ,de la Guyane est de la plus parfaite qualité. Nulle part le giroflier et le caonelier de l'Inde n'ont donné d'aussi bons produits.
Essequibo, sur le confluent de la rivière de ce nom et du Courna , n'est qu'un bourg mal peuplé; mais les environs ofb^nt de belles plantations, et les cultures s'y étendent avec rapidité.
Il en est de même des bords de Démérari , où d'ailleurs le luxe des habitations annonce assez l'état prospère de la. colonie et les richesses d'une population industrieuse.
570 ÂTAT ACTUEL DD COimKCl
La Berbive , rivière défendue du c6té de It mer par le fort Naseau , que les Aaglais oot néporé , arrose de belles plaines courertes de cotonniers et d'autres arbivs utiles. L'industrie a'étsnd' daas. cette partie de la Guyane, et les progrès d'uaebclle colonisation s'y font aperceroir chaque jour.
D'après les taWés statistiques- die Cei^iiboun , ce» établissemeaa of^ateut es tS 1 3' les icsaltats suirane; ils oDt fait de grands progrès- dopuis.
Diémérari et' Esseqxnbo. réuni», avaàenfe qnalK naine Euiopéebs, deux mille eùq cents individiK: de couleur Sbre», 70,000 noirs cidlînttUES-; oir 7 comptait huit cent mille acres de terne cultivés , à peu près la même quantité de terre noar cultirée. La colonie avait 5,o4o tonneaMK en bàtimens- de mer ; on estimait Is ralear de» pnoduotions aunuellee, y compris le bétail, les ssbstanceff alimentatses et les firuits, a,si5&^a^ lu. «teoLï et les exportations en An^tene . 1 ,343,44^ l>r* aterl ; les exportation» faites dans, les aotresi parties du monde 89,083 Ut. steri. ; lefriraportatiooa de l'Angleterre , 3i l ,671 lir. stCrl , et ceUes de» autres parties da menée, 104.673 lin. sterl.
La colonie de Berbiee offrait i l« mteie épe^ que une population européetme de mille iadivi-' du»; six cents hommes de coukur libres; vHlgtctDqmille nègres cHkÎTate«rs ; cUrarait trois cent mille acres de terres en cuttim , à peu prés antadt de terres dod cultirées ; «d fonds de seiu cent quatre-vingts tonneaux pour 8a navigation. Se*
DES DEDX INDES. 671
pntductEoDB anouetles étaient estimées 639,461 lÎT. steri. ;-ses ex^ortatiods en Angleterre 306,490 lîr. steri. ; celles- qu'elle faisait-dana les autres parties du moode , 28,971 ''^- ^^■'' ^^ importations d'Angleterre, 93,468 Ht. steri; celles des autres parties du monde 35,i45 Ut. steri.
Ces richesses ne sont pas* le depnier terme d« la prospérité des colonies de Démérari', de Berbice et d'Essequibo ;- elles doirent d'autant plus faire de progrès qu'elles ne sont sous le régime d'aucune compagnie, privfliégiée ,. comme presqpe toutes celles de 11>nde et de 1^ Afrique.
Les établisBemens de Honduras ^ situés au fond du golfe de ee aota sur Frâtbme die Vanama , offirentde nombreux avan^ges à' leurs posBesseucB? mais ce n'a été qu'avec de grandes difficultés de la part de FEspagne que l'ingletêrK «st paprenue à lisB IsTiAer et H leur doneeV l^axtension qu'ils ont aujourd'hui. IVs soDt' cooceattés dans une presqulle- qui s'étend de la proTÏnce de Honduras rets la m«r en nord , fonnant k haie de Cax^êche ii Yomsi i et \at baie de Honduras i l'est > , sui une étaodae de pïns de cent lieues de edtes^
Le pi4neipal étabtissemeot esiB^Fise^TilteéliDi'' gnée d'enTiroB trois lieues et demie de Saint- Georges y piiocipal point de défense de la coienie. X.e climart de cette partn de FAmériqiM esA plvra sain que celui die presque toutes les autres régions
37a ETAT &CTDEL DC COKHEKCE
du continent méridional ; il est préférable , sous le même rapport, à celui des ties, puisque les personnes valétudinaires se rendent à Honduras pour j recouvrer la santé.
La ville de Balise est placée à l'embouchure de la rivière de même nom ; c'est le seul établissement régulier qu'on ait formé sur cette cdle , quoiqu'elle soit située dans un lieu bas et qu'elle soit ouverte du c6té de la mer. L'aspect du pays est agréable, et boisé de manière à diminuer les chaleurs de la région du tropique. On y compte environ deux cents maisons régulières , dont plusieurs, appartenant à de riches habitans, sont spacieuses, commodes et bien meublées : elles sont en général construites en bois de Mahogany ,' qui est la plus belle espèce de bois appelé acajou. Plusieurs des petites !les contiguës à la cdte de Honduras sont d'une assez grande surface ; elles sont cultivées par les habitans, occupés de la pêche de la tortue et du poisson.
LeSaint-Geoi^sKey (rocher de Saint-Georges), est un agréable établissement. Il était, avant que Balise fut construite, le point le plus important de la colonie, et celui où les marchands résidaient et déchargeaient leurs marchandises.
Le Key ou rocher d'Ambergréase , au nord de Balise , est une autre île d'une assez grande étendue , renfermant plusieurs lacs d'eau douce , toujours garnie de pêcheurs : les bois de Campêche et du Brésil y prospèrent.
La câte e8t eo général garnie d'une grand nombre d'ilotfi de la même espèce. Ils furent longtemps le refuge des Flibustiers qui infestaient les mers Toisines. '
L'établissement de Honduras peut derenir trèsimportant par la suite , à cause de ses relations avec la province de Guatimala et d'ïucatan , et surtout à la faveur d'un port franc, dont tout concourt à faToriser l'établissement.
Honduras reçoit des marchandises de la Grande- Bretagne , ou de ses ilee , plus que la population du pays ne semblerait l'exiger : on attribue cette circonstance à ce que les propriétaires de nègres y sont en général riches , à ce que les nègres eux-mêmes y sont traités avec plus d'égards , mieux nourris , et mieux soignés que partout ailleurs ; les gêna de couleur et les noirs libres y ont de petites propriétés ; quelques-uns d'entre eux sont riches, et tous ont un goût particulier pour la parure.
Les États-Unis font un commerce lucratif avec Honduras ; ils y portent de la farine , du poisson salé , des patates, du bœuf , du porc, et des meubles de toute espèce. Du i" janvieT 1806 jusqu'au 3i décembre i8o7,quarante-neufbâtiaiens, jaugeant cinq mille nenf cent soixante-sixtooueaux, ont porté des cargaisons de ces marchandises à Honduras , et s'en sont retournés chargés de cent quarante mille pieds de bois de Hahogany , et d'autres espèces provenant des établissemens anglais.
ji-vGooglc
574 iTAT ACTUEL DD COXHDIICB
'Les babitaos font au^si.uu bon commerse de bestiaux avec les Espagnols de )& Ttrre-Femu. Ce commerce se fait luitout par édlianges : les Espagnols reçoivent en retour de leur bétail des marchandises anglaises , du sucre , du rum , etc.
'La culture du sol ne fait pas le princ^>al objet du commerce des babitanade Honduras ; c'est surtout delà coupe de»bois-deMahogauy et de Campêche qu'ils sont occupés : qiielque»-uns de ceux qui s'y lÎTrent se sont'établis à plus de trente-cinq lieues w-^essus de l'embouchure de la mière de Balise , qui e«t nAvigable dans cette étendue pour le transport des bois.
Plueieui» des rivières comprises dans les limites anglaises où se trouvaient beaucoup: de hois de Mahogany et de Campêcbe vivaient , été abamdonsées dans le oommencement des. hostilités çfitre l^Ë^agne et;les'Àj»glais ; mais, le danger ayantoessé, ile'y'OSt établi'de uouvcUes caupes '.
L'établissement de Honduras s'est formé de luitaème et saus le conoourB de'lamétrff oie.
On estimait que 'la population «tait autSia de ceut soixaote-dix blancs , de mille noirs libres et' hommes de conleqr , et d'enrironi trois mille noirs cultivateurs.
' Le gouvernement «Btietieitt des i forces ^neepec'tables pour la protection de cet étidilissemcnt} piaû les'habitans ont aussi un corps de milice fiMiné
I Pour le commerce et II coupe dei boù de Hoodatati lOjtt Colqubonii , Rtttowea afgrtM BrtUiin , pige aSB-Sfi^.
DES DEUX INDBS. 5^5
d'boDunej de couleur et de noiia libres. L'attaque par mer contre Honduras est impossible.
Far l'état qu'en présentent les tables statistiques on voit que les exportations de cet établisaemBDtdauB la Grande-Bretagne étaient, en 1813, de 5o^oo Ut. sterling; et les itqportatioos de la Grande^Bretagneà Honduras, de 96,7oo.liv. sterl.
Q-uittoDs le continent américain, et portons nos .n^gards-maintenant mut les possessions iosulairefi des Anglais dans lamëme.partie du globe.
Nous n'eajbrasserons dans ce tableau que les résultats de ces riches colonies ; leur topographie -lie peut faire partie de notre plan ; elle se trouve d'ailleurs présentée aiecsesdétails et son ensemble dans l'histoire philosophique , et peu de cho^e serait à ajouter aujourd'hui. à la brillante description qu'en a donnée le savant auteur.
Nous placerons ces établissemens dans le rang que leur assj^nent les -tables de.Colquhoun. Ils sont au nombre de quatorze , en j comprenant .ceux de Honduras , dont il a été question , et que nous avons -réunis sous le nom de l'tte prituipate , . quoique formant, plusieurs. groupes.
Les îles que nous allons décrire sont connues souB le nom d'Antilles anglaises i et sont :
La Jamaïque , la Barbade , Antigoa , Saijit- Cbrist^phe , Névis, Montserrat , les Vierges , Saint- Vincent , la Dominique , Bafaama , les Bermudes , la Trinité , Tafaago , Sainte-Lucie. Ces deux dernières ont été conquises pendant la guerre , et laia-
sées  l'Angleterre par le traité du 3o mai i8i4 *-
1* On connaît l'imporUDce et la richesse de 1» Jamaïque , qui a quarante-sept lieues de long sur vingt de large , et dont Kingtwon , la capitale , a une population d'environ douze mille habitana. L'île offrait en 1 8 1 a trente mille blancs, dix mille personnes de couleur libres , trois cent cinquante mille noirs cultivateurs. Le nombre d'acres en terres cultivées s'élevait à huit cent neuf mille quatre cent cinquante ; et les terres non cultivées à un million oeuf cent quatorze mille huit cent douie acres.
La colonie employait trois mille cinq cent trois tonneaux à son commerce des côtes et des iles voisines.
On estimait la valeur des produits de sa culture , y compris les bestiaux , les vivres et les fruits , 11,169,661 liv. Bterl. Les exportations eu Angleterre s'élevaientà 6,885,339 liv. «terl. ; et les exportations pour tous les autres ports à 334,333 ■ liv. steri. , sans y comprendre celles qui résultent du commerce entre la Jamaïque, la Trinité et les colonies espagnoles d'Amérique.
L'Angleterre envoie annuellement à la Jamaïque pour 5,685,736 livres sterling de marchandises de ses fabriques , ou provenant de son commerce dans l'Inde. L'île reçoit encore de
' HoD* reaTojoDi. pour U deicriptioa dei Aniillo ingluKi, 1 l'Hittoirt philoiojifHgiu du dewc Indtl , où tilt ni iraitce aivc lo jle ttlMtim i:t lou* le* ditaili dôinblc*.
nigti^aJi-vGoOgle
direrses autres parties pour 892,307 livres sterling , somme d»is laquelle on ne comprend pas ce qu'elle reçoit de la Trinité et des établissemens espagnols.
La Jamaïque a donné en 1813 cent trente^ cinq mille cinq cent quntre-Tingt-douze barriques de sucre (hogfi^ads) ; soixante-treize mille deux cent soixante-troifl poinçons de rum (chacun de cent dix gallons) ; vingt-oeuf mitlîons cinq cent TÎDgt-huit mille deux cent soixante-quinze livres pesant de café ; cinquante mille livres pesant de coton; deux millions six cent quatre-vingt mille six cent quatre livres de piment; cinq cent dix-huit tonneaux de mélasse ( chacun de quatre-vingts gallons).
11 faut remarquer qu'on importe de la Jamaïque eu Angleterre une plus grande quantité de coton que celle qui est indiquée ; mai» qu'une grande partie de ce coton est apportée dans les ports francs de l'ile, des colonies étrangères et anglaises.
La Jamaïque n'est pas tout-à-fait aussi fertile que Saint-Domingue ; mais l'industrie l 'a élevée au premier rang des colonies de l'Angleterre. Les produits de sa culture, dont nous venons de donner ' l'évaluation , ont peu varié depuis tSi3;lesex' portations en 1818 se sont élevées à cent vingt-un mille barriques de sucre ; soixante-une barriques de rum ; vingt-sept millions cinq cent cinquantehuit mille livres pesant de café : cette dernière culture a pris à la Jamaïque beaucoup de faveur
aux dépens de l'indigo et d'tutret prodnctions aujourd'hui négligées par les habitaos.
La prospérité de la Jamaïque est due surtout au régime d'une bonne administration ; le gouvernement politique de l'île est confié i une chambre composée de quarante-trois représeatans ou doutés, que nomme la colonie: un gouverneur représente le roi dans les opérations et les actes de l'assemblée. Un grand coDseil de douze membres à la nomination du roi , a les attributions de la chambre des pairs. Cette assemblée discute et décide à peu près dans les mêmes formes que le parlement d'Angleterre , et prononce sur tous les intérêts intérieurs de la colonie. Depuis l'époque de cette sorte d'innovation , la prospérité de la Jamaïque s'y est accrue arec l'esprit publie, sans lequel les grandes choses dépérissent , et les petites ne peuvent s'élever.
3' La Barbadc , découverte par les Anglais sous Jacques i", rapporte du sucre, du gingembre, de l'indigo, et d'autres productions recher~ chées.
On y comptait en 1813 quinxe mille blancs; trois mille hommes de couleur libres; cinquanteneuf mille nègres cultivuteurs ; cent un mille quatre cent soixante-dix acres de terres en culture, et cinq mille non cultivés.
Ltle employait sept cents tonneaux dé mer à sa navigation.
On estimait 1,370,863 livres sterling la valeur
DIS DKUX IITDB9. 579
des prodttctiona qu'elle donoart , y com{>ri9 les Tivres, le bétail et les fruits; 498)34o Ht. steri. celle de M8 exportations en ADgleterre ; 5o,563 liv. sterliog celle des expoftatioDS à tous autres ports. Elle recevait de la métropole pour 434)555 liv. sterl. de marchandises ; et de tout autre endroit pour 165.186 Ut. sterl.
Les cultures de la Barbade sont déchues de leur première prospérité ; et cette ile n'a plus la même importance depuis que l'Angleterre possède la TriDÎté.
3'ADtigoa n'a guère que ringt lieues de circuit, et produit des bois de construction, du tnbac, de l'anis , du sucre ; elle fut long-temps dédai- ^ée; mais la culture j ayant fait des progrès, on en a retiré, dans les bonnes années, jusqu'à ringt mille barriques de sucre.
L'tle oE&ait en iSia une population de trois mille deux cents blancs ; quatorze cents hommes de couleur libres ; trente-six mille nègres culti- Tateurs; quatorxc mille huit cent trente-huit acres de terre en culture j et quinze mille non cultivés. Elle employait une naTigation de deux mille tonneaux de mer.
La Taleur des productions d'Antigoa , y compris les Tivres et le bétail , montait à 898,320 liv. sterl. ; cette colonie exportait en Angleterre pour456,733 lit. sterling de ses productions; et dans tous autres ports pour 35,487 Ht. sterl. Elle recevait de la métropole , en marchandises . une valeur de
58a iTAT ACTUEL DO COlfMEKCE
391,837 lirres sterling, et de tous les autiesune TsJeur de 93,881 livres sterling.
4° Saint-Christophe , qui doit son nom à l'immortel Colomb , a près de vingt-six lieues de circuit.
Cette ile possède une belle saline , et tous les fruits des tropiciues j abondent ; mais c'est surtout à la culture du coton et à la canne à sucre que les colons doivent l'aisance dont ils jouissent.
Le dénombrement de ses babitans en 1812 présentait douze cents blancs ; cinq cents hommes ' de couleur libres ; trente mille nègres cultivateurs.
On y comptait trente mille cent vingt-six acres de terre cultivés, et treize mille six cents incultes.
Le tonnage de sa navigation allait à six cents tonneaux.
Ses productions , y compris les vivres et le bétail offraient une valeur de 753,538 liv. sterl.
Elle en exportait dans la Grande-Bretagne pour une valeur de 405,778 liv. sterling ; et dans tous autres ports pour 3,760 liv. sterl.
L'Angleterrelui envoyait pour 142,976 liv.sterl. de marchandises , et Saint-Christophe en tirait de différens autres endroits pour 73,530 liv. sterl.
5°. Névis , petite île qui produit du sucre , du café , du coton , comptait à la même époque cinq cents blancs ; deux cent cinquante hommes libres de couleur; quinze mille nègres cultivateurs. Elle avait quinze mille acres de terre en culture.
ji-vGooglc
DES DEUX INDES.' 58l
et six mille qui étaient iocultes : elle avait un tonnage de trois cents tonneaux pour sa navigation.
La valeur de ses productions , fixées comme cidevant, était de 375,183 tiv. sterl. Elle en exportait dans la Grande-Bretagne pour 303,309 ''^* steil. ; et dans loua autres lieux pour 1 5,3^3 livres sterling.
Elle recevait de la métropole pour 58,83» liv. sterl. dé marchandises , et de tous autres endroits pour 35,471 '>'■ sterl.
L'année moyenne des productions de Névis consistait en sucre de quatre mille cinq cent treize barriques, chacune de quinze cents livres pesant ; en dix-sept cent cinquante-cinq poinçons de rum, chacuD de cent dix gallons ' ; en treize mille livres de café, et onze mille cent soixante livres de coton.
6* Hontserrat, autre petite île peu éloignée de la Guadeloupe , ainsi que la précédente , donne du sucre et du coton , et quelques nutres articles moins importans.
La population de cette tle se Composait en 181 s de quatre cent quarante-quatre blancs; de deux cents hommes de couleur libres , et de dix mille nègres cultivateurs.
Elle avait douze mille acres de terre en culture, et neuf mille incultes.
Le tonnage de sa navigation était de cent vingt tonneaux.
' Va gillon ot ëplâqnitra pÏDlcidePviikpcnprti; il coaiient huit pinte* de Loadret , toiSt m «4l«at Tarie «lîf mt Ici lOrtet de liquide* k mcMinr.
&Sa ÉTAT ACTUBL DU COMMERCK
Uo estimait la valeur des produclionit de Montsenrat , y compris les vivres et les fruits, ai 1,160 liv. Bterl. ; la colonie eu exportait eu Angleterre, surtout eu sucre et coton , pour une valeur de 99,939 liv. sterl. ; et daos tous les autres ports pour 4>7Si !■'- Bterl.
L'Angleterre lui envoyait une valeur de 469906 liv. sterl. en marchandises , et l'île en tirait d'ailleurs pour a4,35o liv. sterl.
7* Les Vierges , petit groupe prés de Porto-Rico, dont les Anglais possèdent les principales , qui soDtVergin-Gorda,ouSpanîech-Town, etTortola; les deux autres , savoir Saint-Jean et Saint-Thomas , appartiennent aux Danois.
Les Vierges anglaises donnent du sucre , du café ) du coloD , et peu d'autres productions.
Leur population était en 181 a de trois cents blancs ; quatre cents hommes de couleur libres ; dix mille nègres cultivateurs: on ycomptaitdouze mille acres de terre en culture, et neuf mille non cultivés ; elle avait un tonnage de deux cents tonneaux pour sa navigation.
On estimait ses productions , j compris les rivres et fruits», 201,132 liv. sterl.
Elle en exportait en Angleterre pour 89,763 liv.
I, d'aprè* *«■ eftuulioa*, peita i ma TiWr au^nne <]« 10 Inrat tttrliag par an la conaoïnmalioD en bit, fruiti, bilail, moutona, porci, etc. , de chaque habitant de* colooiei. Bii ijiratBot eetu valeur A celle de* Mpwtation* , va • n^petnbemaat le pndoit tlnitorul d* cha^ de.
DBS DinX IMDES. 583
Bteri. ; et dans tous les autres ports pour 4<357 livres sterling : elle recevait de la métropole pour 50,579 libres sterling! et d'ailleurs pour 26,537 livres sterling.
8* La Grenade, que nous avions reprise aux Anglais en 1 779 , et qui leur fut rendue par le traité de paix de 1783 , n'a que neuf lieues de long sur six de large. Elle produit une grande quantité de sucre , de café et de coton.
Elle récolte, année moyenne, seize mille sept cent cinquante-trois barriques de sucre , cent quarante-trois mille cioq cent soixante -seize livres pesant de café , huit cent trente-deux mille cinq cent dix-huit de coton.
Elle avait en i8ia une population de huit cents blancs, de seize cents hommes de couleur libres, et de trente-deux mille six cent trois nègres cultivateurs.
It y avait cinquante mille acres de terre en culture , trente mille non cultivés. La navigation de Grenade était de deux mille six cents tonneaux.
Elle récoltait en productions , y compris les vivres et les fruits ■ , pour 935,78a liv. sterl.
Ses exportations en Angleterre étaient de 5a5,935 liv. sterl., et pour tous les autres ports de 4> )857 liv. sterl. Elle recevait de la métropole pour S77.586 liv. sterl. de marchandises, et de tous autres endroits pour 98,371 liv. sterl.
* On j bhrique, iqit^ mojmne, pool' ii,8)S Iît. itcrl. dViMt* leni rniii, qiù cit prciqac (ont «parti i rilnopr.
9* Saiot-Viaceiit est fertile en sucre, en café, en cotoii. Cette île récolte, année mojeDne, dixsept mille quatre cent quatre-riogt-onze barriques de sucre, huit mille sept cent quarante livres pesant de café, et deux cent huit mille six cent quatre-vLog:t-dix livres pesant de coton.
-En i8i3 la population de Saint -Vincent était de douze cent quatre-vingts blancs, de onze cent soixante-douze hommes de couleur libres, et de vingt-sept mille cent cinquaute-^six nègres cultivateurs.
On y comptait cinquante mille acres de terre en culture ', et cinquante-quatre mille deux cent quatre-vingt-six non cultivés.
Le tonnage de sa navigation était de deux mille neuf cents tonneaux.
Elle récoltait en sucre , café et coton , pour 8 1 3 ,08 1 lÎT. sterl. , dont elle exportait en Angleterre pour 473,81 5 liv. st., et dans tous les autres ports pour 43,186 liv. sterl. Elle recevait de la métropole pour 155,995 liv. sterl. de marchandises, et de tous autres endroits pour 43,093 1. sterl. *.
' Houi ÉToni it]k remarqn^ que l'kciw iDgliù nt d'an ranquième moini graod qus f irpcal de Pnacs ; ùiaii cinq icrei anglùi fiun qvatrc irpco) tnoçiât.
En pntiiDl IliecUce poar iteui ii^di, il al ailé d'éUbtit b proportion aicc kl nouTrlli* icnuret ■graire*.
' Stint-ViDccDl n'eit pu cDlièremeot ta pouvoir dei Anglii*; h piilie orlcaUle de cette Ile e>t eocore occnpée pat une pcupUde da Cwalbe*. On tik que le tih*c de Sunt-Vincenl eil trèi-recbcrcU pont «on parfont. Le* Anglaii potaédenl encore i{uel(}iici lloli (oï- ■iu de Saint-Vincent : iU WDt Mumia au mtmc gonnineur.
10* La DomÎDÎque, d'environ vingl-quatre lieues de tour, a des moolagiiee couvertes de bois de coostructioD et dominaDt des vallées d'une fertilité remarquable. Cette île est Houmise à ud gouverneur particulier. Les Anglais s'y sont fortiiîés dans l'intention sans doute de conserver cette possessioD , d'où ils sont à portée, en temps de guerre , de ruiner le commerce de la Guadeloupe et de la Martinique.
La Dominique produit du sucre, et surtout du café et du cotou.
Elle récolte, année moyenne, trois mille huit cent neuf barriques de sucre, trois millions deux cent quatre-vingt-cinq mille cent cinquante livres pesant de café , et neuf cent soixante - dix mille huit cent seize livres pesant de coton.
Sa population était, à la même époque que ci - dessus , de huit cents blancs , de quinze cents hommes de couleur libres, et de vingt -quatre mille nègres cultivateurs.
Sa culture s'étendait sur quatre-vingt-six mille quatre cent trente-six acres de terre ; et cent mille acres restaient incultes ; elle avait une marine jaugeant cinq cents tonneaux.
La valeur de ses productions , y compris les Tivres et fruits, s'élevait à 56i,8S8 liv. sterl.
Elle en exportait en Angleterre pour i^^ySS-j liv. sterling , et pour 15,391 '■'■ **"'■ "i*"* ***"8 les autres ports. Elle recevait de l'Angleterre pour
63498 iivivs Sterling de marchandises , et de tous autres endroits pour 33,94 Ht. sterl.
11* La Trinité, nouvelle acquisition des Anglais , est pour eux de la plus haute importance, soit par sa position , soit par ses produits. Ils la prirent sur les Espagnols en 1 797. Elle leur a été cédée par )e traité d'Amiens du 35 man 180s '.
Mous ferons qudques remarques sur cette colonie , parce que c'est une des conquêtes de l'Angleterre qui avait été mal connue jusqu'à présent.
L'année qui précéda celle de la prise qu'en fit sir Ralph Abercrombie ( février 1 797 ) on y conaptait cent trente-neuf sucreries, qui avaient dooné sept mille huit cents boucauds de sucre , chacun de douie cents livres pesant; cent trente cafeteries , qui avaient donné trois cent trente mille livres pesant de café ; soixante cacaoyères, qui rendirent quatre-vingt-seize mille livres pesant de
' Od D'ouUioti juuU U fiute qoe fil 1* rafe ur Ralpb Ab«rrraaabie d'iToir codSiS le gou*eriicmeiii de celte tk 1 nù bouuae (cl ^uF Ficlon I militaire obicur , bomme féroce cl fanatique , qui eicrpa tut lea malfanimii babiiani de la Trioiti la plui eiirafagaoïe eamme la pli» coupable tjraDDJe. C'eit en dire utei que d'apprendre qu'il Ct mellre * la torrure une {euae Elle de 'louie ana, Jeanne Calderoa, pour dépoter Cootrc bb bomme qoe cet odieui gonvernetiT toulail perdre. Il dfleitail Iti •cicnceii, et fl[ cbaiaer en quelque •orte le capitaine Baudin , qui Tojigeait corome nstunliale par ordre de notre pmeraenienl. Ce bideui penonnagea été 11 peine puni de Kl mpsticc* pi de *e> eruiatéi. Lord HeUille ne ron^t poini de le protéfci oonm lea dénoDciationa qni furent portfen contre Ini an parleoienl ; et det ^crinini iiBnf aii ant oti en parier arec queJqne oooiid^ratioo , parce qu'il ■ éli nn dei boute-feni emplojja pu le niaàlèr* BogMi contra la liberté c) l'indripcndaace de la France. Vofa le Vojiag* à <• TrimMdaM. DauiioD Larajtie , iTol. Id-S*. Paria, i8iS.
cacao ; enfÏQ cent trois cotonneries, doonant deux ceot TiDgHjuatre mille livres pesant de coton.
Depuis la conquête de l'île , la population , qui était alors de dix - huit mille six cent vingt - sept habitans', s'étaitélevéel vingt-quatre mille deux cent trente- neuf. On y comptait cent quatre- TiDgt-douxesucrerie8,doDnantquinze mille quatre cent soixante- un boucaude de sucre; cent vingthuit cafeteries , donnant trois cent cinquante-huit mille six cent soixante livres pesant de café ; cinquante-septcacaoyères, donnantquatre-vingt-dixaept mille livres pesant de cacao ; cent une cotonneries, donnant deux cent soixante-trois mille livres pesant de coton.
L'émigration qui se fit de Saint- Domîngue et des colonies anglaises à la Trinité , après la rupture du traité d'Amiens •, avait élevé la population de cette île au point qu'en 1807 elle était de trente-un mille habitans, parmi lesquels on comptait vingt-un mille esclaves. Il j avait alors deux ceotquatorse sucreries, dont prés de la moitié faisait à peine cinquante milliers de livres pesant de sucre par sucrerie, à cause du manque debras; mais 11 j en avait beaucoup qui en faisaient de deux à
■ En 17S3 la popnlatîoodeU Trjnîti, ouTriDlttd.D'étiilqueda dtnii mille tcpt ccni «Miante-iroii ioilifidiu, htoîii aeat Tingt-tii bUnci, dent cent •oîuntc-qninie Ikommci de oontcnr libm. tnm cent in Cfclavei. dcni miUe Irentc-deui Indîeni.
Lca Unablca luneaiu d>u aat roionit» l'ëlaTèieai, da 1790k 17971 k dU-buit mille liz cent fiB8t.Kpt htbitaD*.
588 iTAT ACTUEL OV COHMEICE
trois cent mille lirres pesant chacune. Le total du sucre exporté cette année de la colonie pour l'Angleterre, la Nouvelle -Ecosse, te Canada et les États-Unis, s'élera à dîx-buit mille deux cent trente-cinq boucauds, ou vingt-un millions deux cent trente-quatre mille six cents livres pesant'.
On fit en outre, cette même année 1807, quatre cent soixante mille gallons ou environ , un million cinq cent mille litres de rum , quatre cent mille litres de sirop *, cinq cent mille livres pesant de café , trois cent cinquante - cinq mille livres pesant de cacao, et huit cent mille livres pesant de coton. Avant la rupture du traité d'Amiens , on faisait , année commune , à la Trinité , de quinze à seize mille livres pesant de coton. Mais la détresse des maDuTactures anglaises, par suite du blocus continental , ayant fait baisser des deux tiers le prix de cette production , un grand □ombre de colons en abandonnèrent la culture , au point qu'en iS 10 on ne récolta guère que six cent quarante mille livres pesant de coton. Cette même année la récolte du sucre n'alla qu'i quatre millions cinq cent quatre vingt-dix mille livres pesant.
Quelques améliorations et quelques extensions
■ li«* bouModi d'alon iuieol ploi p«MiM qoe ceut doot ob m MTtait en 1801 ; cbiqoe bouoaud penit et pèic moote de quitone à qnÎDic Ceotii lirret.
■ Od uil que le litre nt une metare de cnpKltl ; il ctt plai grmd d'un tnnième qn* l« piate de Pirii ; en M>Tte que dôme litru font ireiu pinie*.
ji-vGooglc
DES OEUX INDES. 589
dsDS la culture et les travaux des sucreries ont eu lieu à la Trinité depuis cette époque. Les machines iyapeur de MM. Boltou et Walts de Birmingham j «Talent, dès iSo^t remplacé le travail des bœufs dans plusieurs habitations. Mais le gouvernement atroce de Piclon a, dès l'origine de l'entrée des Anglais dans l'île , porté un coup fatal à cette' belle possession; digne fruit d'un choix imprudent, et preuve, entre mille, des maux qu'engendre la tyrannie, dans quelque rang qu'elle vienne se placer.
Colquhoun nous donne l'état suivant des productions de la colonie à l'époque de iSia :
Sucre, onze mille huit cent barriques; rum, trois mille huit cent soixante-dix-neuf poinçons ; café, deux cent soixante -seize mille deux cent quarante - trois livres pesant ; coton , cent cinquante-neuf mille cent trente-six livres pesant.
On comptait à ta même époque , dans l'ile de la Trinité, deux mille sept cents blancs, huit mille cinq cent cinquante-neuf hommes libres de couleur, vingt-un mille huit cent trente- un nègres cultivateurs.
Elle avait vingt-sept mille deux cent soixantequinze acres de terre en culture , et un million cinq cent mille non cultivés '.
La navigation de llle employait un tonnage de mille tonneaux.
' Su mic qoÉDlilé H m. été donni cent quinnle-icpt mille cinq oeal qoÉnal^liaii mtci I da Mlaa» qui 1m odI mil en raleut depub
590 ÉTAT ACTUEL OU COHMBItCE
Les pioducUoDS de toute espèce, Tivre» et fruits compris , étaient évaluées à 735,017 1. st., dont jt était exporté eu Angleterre pour 36 1 ,5^8 !• st. , et dans tous autres ports pour 33,5i9lir. steri. '.
La Trinité recevait de l'Angleteire pour 67 1 ,3 1 7 livres sterling de marchandises, et de tous autres lieux , non comprii! la Jamaïque et les colonies espagnoles d'Amérique , pour 75.701 lir. sterl.
1 3* Babama et iles Lucanes. Ces dernières , excessivement nombreuses , sont presque toutes des rocbersinhabitables; une douzaine seulement sont d'une grande fertilité, et les Anglais ont eu soin de s'en rendre maîtres. Les fruits des tropiques, l'ambre gris et des bois précieux composent la principale richesse des habitans de ces iles ; mais la piraterie, en temps de guerre, est une grande source de fortune pour eux : leur situation les favorise.
Cependant Babama , la priocipale ou plutôt la seule de ces iles qui tienne un rang dans les colonies anglaises d'Amérique , offire uti autre genre d'intérêt. On j cultive différentes productions , mais surtout le cotun , dont la récolte . eu 1819 , alla à un million trois cent quarante - huit mille huit cent vingt-huit livres pesant, qui furent exportées en Angleterre *.
On comptait  la même époque, tant à Bahama
■ n'i'il point cxnnpriie dan* celtr dcraiÈre exponalîoD cdie qui m litu ■ Il Ixmalque i-l dto, Ivi colonie* tipagwie*.
' Dm* cellB (giunlili tu Iroaïe comptûc ocUc qoc l'oa iJtoJni 4iD>' qiiclqDn.ua*> dei LucajM, oii la cohure e*i 4mU>c.
DES DEOX INDES. Sgi
qu« dans les tles Lucajes hibitées, trois mille six cents habitaos blancs, trois mille trois cents de couleur libres , dix mille nègres cultivateurs , cinquante mille acres de terre en culture, et cent cin^ quante mille acres stériles.
Les Lucayes employaient trois mille tonneaux à leur navigation; le montant des productions « y compris les vivres, les fruits, la pêche, allaita a6g,8o6 liv. sterl. ; les exportations pour l'Angleterre à 73,576 liv. sterl. , et pour tous autres ports à a7,a3o liv. sterl. Elles reçoivent de la métropole pour 117,395 liv. sterl. de marcbandises , et de tous autres endroits pour 56,663 liv. sterl.
■ 3* Les Bermudes sont un amas d'ilôts entourés de rescifs et peuplés originairement de dix mille habitans. Cet archipel est peu fertile , et les insulaires tirent des États-Unis une grande partie de leur subsistance. Mais, s'il ne présente que peu d'avantagessouslerapportdu commerce, il estd'un grand prix pour l'Angleterre, qui y trouve pour ses flottes un bon nombre de ports et de havres. La station d'Halifax y passe une partie- de l'année, et il ne se fait aucun armement dans les ports continentaux de l'Union que le commandant des Bermudes n'en soit instruit par ses croiseurs; de ce point, l'escadrille est à même de se porter, si le cas l'exige, au secours du Canada ou de l'archipel américain.
On comptait aux Bermudes en 181a cinq mille blancs, deux cents hommes de couleur libres.
593 iTAT ACTUEL DO COIfttfiltCE
cinq mille nègres cultivateuis ; douze mille cinq cents acres de terre non cultivés ; une navigation de trois mille tonneaux; pour 175,660 liv. sterl. de productions , y compris vivres et fruits ; pour a3,56o liv. sterl. d'exportations en Angleterre ; pour 60,000 Hv. sterl. à tous autres ports. Les Bermudes recevaient de la métropole pour 58,58i liv. storl.de marchandises, et de tous autres endroits pour s3,355 livres sterl. '.
i4' Honduras, que nous avons fait connaître, et dont nous résumons ici la statistique, offrait en i8ia une population de cent soixante-dix blancs , mille hommes de couleur libres, et de trois mille nègres cultivateurs. Elle avait quatre cent quatrevingts tonneaux de navigation; 146,700 liv. sterl. de productions, 5,ooo liv. sterl. d'exportations en Angleterre, 76,000 liv. sterl. dans les autres ports. Honduras recevait de l'Angleterre pour 26,375 liv. sterl. de marcbandises , et pour 9,539'liv. sterl. des autres pays.
Telles sont les colonies d'Amérique qui formaient le domaine de l'Angleterre avant le traité du3o mai 1814. Parcetraité.si avantageux à celte puissance (article S), la Grande-Bretagne a acquis ou plutôt s'est vue confirmée dans la possession de , Tabago et de Sainte-Lucie , dont elle s'était emparée pendant la guerre.
Nous ferons connaître ces deux tles après que
■ Ln Bermude* iTaitot récollé ta iSli prit dt dix mille Iîttm pciant de cotoa.
DES DIDX IKOES. 5g$
nous aurons donné an aperçu, d'après Colquhoun, de la richesse qu'offrent à la Grande-Bretagne les Sles d'Amérique dont nous venons de parler, et qui , comme on l'a dit , composent les Antilles anglaises , saroîr : )a Jamaïque , la Barbade , Antigoa, Saint-Christophe, Néris , Hontserrat » la Grenade , Saint-Tincent, la Dominique , la Trinité, les Lucayes ( Bahama } , les Bermudes et Honduras.
Ces iles (celles que nous Tenons d'énumérer) donnaient i l'époque de 1813, savoir : en sucre, une quantité de deux cent trente-trois mille deux cent trente barriques pesant chacune quatorze cents lirres ;
En rum , cent dix-huit mille trois cent vingtcinq poinçons de cent dix gallons ;
En mélasse , neuf mille six cent vingt tonneaux de quatre-vingts gallons , ou pesant chacun douze cents ;
En café, trente-trois millions trois cent soixanteonze mille cent quatre-vingt-douze. livres pesant;
En coton , cinq millions deux cent douze mille deux cent quatre-vingt-sept livres pesant ;
En piment , deux millions six cent quatre-vingt mille six cent quatre livres pesant ;
Les exportations des mêmes colonies pour la Grande-Bretagne et l'Irlande ont été , saroîr :
lir. ((cri.
En sucre , pour une valeur de 5, agi ,644
En rum « pour •j^5,856
En café 939,569
594 ^TJ^T ACTCEI. DO COKMEBCE
lir. iml.
Eo cotOD 195,4^
Articles divers des tles autres que ceux ci-dessus 3,336,595
TOTAI 10,387,144
Les exportatioos pour tous autres lieux que le Royaume-UDi ou ses posBessions, en faisant eDtier dans cette évaluation la consomnutîon' des colonies ont été >
Ut. *(cri.
En sucre 25g,33o
En rum 759,193
En café 43,73;
En articles divers 7,067,257
ToTU 8,139,396
Ces évaluations résultent de la quantité et des prix des denrées ; ainsi l<e sucre, à 34 schellîngs le quintal, a donné, tant
pQur l'exportation en Angleterre Ui.mcti.
que dans les ports étrangers 6,560,875
Le rum, à s schell. 6 deniers, celui
de la Jamaïque , et a schellings les
autres , a donné ' 1 ,5o3,o48
Les mélasses, i ao schell. le quintal. 1 i5,44o
Le café à 7 deniers la livre 975,326
Coton , 9 deniers la livre 195,461
■ Le ickeHiBs Ttal d« if i iS mi» lounx», et le deoiet aa^aia-
DBS IIBDZ IHDBS. ^gS
li*. itcfl.
Piment 6 dcDiers la livre 67,015
Articles divers tels que bois de Mahogaoy, Je Campêche, fustic, gayac , gingembre , bétail , moutons, porcs, TolaiHe, fruits, blé d'Inde, herbe de Guinée, etc. . ,. 10,111,376
Total de la valeur des exportations des Antilles , j compris Honduras et la consommatioD des habitans des iles en fruits , légumes et subsistances i8,5i6,54o
On Toit encore, par les états qui nous fournissent ces reDseignemeas , qu'à la même époque les mêmes établissemens offraient une population généralede soixante-quatre mille neuf cent quatrevingt-quatorze blancs ; trente-trois mille quatre- TÎngt-UD individus de couleur libres; siit cent trente-quatre mille quatre-vingt-seize nègres cultivateurs. Total des individus , sept ceiif trentedeux mille cent soixante-onze ;
Qu'il y avait un million trois cent un ttaîlle qâa-' tre-vingt-dix-sept acres de terre en culture ; ttoif millions huit cent six mille six cent quati'e-Tingtdix-huit acres incultes-; une navigation coloniale de vingt mille trois cents tonneaux ; Que la valeur des ptwluctions en Uf. «nn.
total était de i8,5i6,54«>
59S i-tkl ACTDEL DO COKIIIKCE
Les exportations dans le royaume- lir-ittiL
uni de 10,387,144
Dans tous autres ports de 800,716
Total de l'expoitatioD 11,1 87,860
Que la Grande-Bretagne importait
dans ces mêmes étabiisscmens
pour une valeur eo marchandises
de ses fabriques de l'Inde ^,979,940
Et que tous les autres ports étrangers
ou autres y portaient pour. 1 ,630,796
Total des importations dans
ces étabJissemens 7,610,736
Nous ne pousserons pas plus loin ces détails statistiques, ils suffisent à notre objet; passou aux dernières acquisitions des Anglais.
Tabago, qui a donne son nom au tabac, fut occupée par les Hollandais dès i63a ; les Français s'en emparèrent depuis, et c'était la plus ancienne colonie qu'ils eussent en Amérique. Lea Anglais, qui en avaient déjà été maîtres , la reprirent sur les Français en 1 736 ; ils l'obtinreot à demeure par le traité de 1763. Nous la leur reprimes dans le cours de la guerre d'Amérique septentrionale, en 1781; ils s'en sont remis en possession dans la guerre de la liberté en 1793. Far le traité d'Amiens , ils nous Taraient rendue ; mais ils la reprirent , et elle leur est restée.
DBS DEUX IMDSS. 697
L'air ]r est salubre, les oura^ns n'y sont pas commuDS , le sot est bon, le paya boisé et bien UToeé.
Deux rades sous le vent peuvent receroir des Taisseaux de toute grandeur : des embarcadaiies commodes eùtoureot toute l'île. On peut de là se porter promptement dans toutes tes échelles des ~ Antilles : il n'en serait pas de même du retour, toujours cODirarJé par les vents. Tabago , par son Toisinage de la Trinité, peut en receroir des animaux pour sa subsistance. C'est aussi une e^cellenle station pourla contrebande du continent '.
Quelques écrivains assurent que , malgré les soins que nous nous étions donnés pour franciser cette colonie, entièrement peuplée d'anciens su jeta de la Grande-Bretagne, nous n'avions jamais pu détacher ses babitans, ni de cœur, ni de rapporta commerciaux , de leur ancienne métropole. On en conclut que lesacrifice n'a pas dû être grand de laisser à Tabago ses anciens maîtres. Puissent les Anglais en agir de même à l'égard du Canada , dont les habitans sont, au dire de tous les voyageurs , restés attachés de cœur à la mère-patrie I
Tabago offrait  peu prés , & l'époque où les Anglais s'en emparèrent en 1 793 , une population de quatre centsblanvs, et debuitmillenègres esclaves.
Ils exportaient vingt mille deux cent cinquante
' r»ftt pour fbâtoire de llte de Tibv>- ^' *'<V!>' ' '' Tri,tiU, M 180;, de H. DiutîoD Utitm, loue i; at i'BUIfin pUéo».
59$ iTAT ACTUEL DU COMMERCE
quÎDtaux de sucre brut, valaot 750,000 fr. '; cent cinquante -oeuf quintaux de café; douze mille trois cent dix-huit quintaux de coton ; quarante-cinq quintaux d'indigo ; et pour 5o,ooo fr. i peu çïét d'autres objets.
On coQfptait dans l'ile , en iâo3, d'après H. Dauxion Lavaysse, quatre cents blancs, six cents individus de couleur libres ; dix-eept mille cinq cents nègres cultivateurs. Total, dix-huit mille cinq cents babitans.
Terres cultivées, trente-quatre mille quatre cents acres ;
Terres abandonnées ou incultes , vingt-quatre ipille trois cent soixante-treize acres ;
Terres en réserve , deux mille cinq cents aères.
Total général de l'ile, soixante-un mille deux cent Boîxante-treiie acres de terres.
On récoltait deux cent soixante-quatre mille quintaux de sucre à 65 francs le quintal ; c'était 17^160,000 fr. ; le mm fabriqué s'élevait à onze mille poinçons de chacun cent dix gallons, valeur 4)4oo,ooo fr. ; le coton et le café n'offraient guère qu'une valeur de i4o.ooo fr.
Sainte T Lucie , autre possession nouvellement acquise à l'Angleterre, a aussi l'avantage d'une position au vent de la Martinique et de la Guade-
■ C« «ont Ua prîi de l'inÎT^* éam l« fott, noo oompr» pw «in- •iqnent Ici drait) d'entria.
On doit fiire U infime icmarque poui les Tileim des prodoîti mglùidontil tHi quertion plua haut, eieng^oinl poutleitaleDa da toulei kl impwtatîoat de déniée*.
DES DEUX IMDBS. Sgg
loupe , et de plus celui d'un excellent port appelé le Carénage joint aux fortificatioas imposantes du morne Fortuné , qui le domine. Elle a quarante lieues de circuit , et est en général fertile.
Les Français et les Anglais s'étaient alternati- Tement chasGés de cette île, qui resta décidément àlaFranceparles traités de 1763 et de 1783) mais les Anglais la reprirent en i8o3. Elleleur est restée par le traité de i8i4>
On avait tenté d'j faire d'abord t'entrepdt des fournitures étrangères , ensuite d'y établir des cultures coloniales, mais avec peu de succès; sans contredit, par la faute du gouTemement, puisque depuis , et sous la domination anglaise , des cultirateur» des îles voisines ; ont transporté arec avantage et succès leurs c^itaux et leurs ateliers.
Sainte-Lucie exportait en 1 789 pour 6,000,000 de denrées en sucre , en indigo , en coton. La population ^it alors de deux mille cent claquanteneuf blancs, de quinie cent quatre-vingt-huit individus de couleur libres , et de dix-sept mille deux cent vingt-un esclaves noire.
A la mteie époque , cinquante sucreries occupaient seiie Cent trente carreaux ou carrés de terre , cinq millions deux cent quarante mille pieds de café, deux millions cinq cent douze mille pieds de cacaoyers , et six cent cinquante carrés de coton '. Toutes ces productions rapportaient près de
> Le carma ttt nue mcnrc ignirc de* coloaici fnpçiim > nm ■ IKMI cent da^niDlt pieda (or chaotia da mi cdiéi ; ce qui fiiil lnn>
600 iTAT ACTDBI. DD cnVVEftCB
4tOOO,ooo deliv.toumois de revenu à ses babitans.
Saiate-Lucie a fait de nouveaux progrès depuis que l'Angleterre en est en possession. Eiî 1 8 1 3 , on j comptait cinq cents blancs , trois cent cinquante gène de couleur libres , Tingt-quatre mille nègres cultivateurs. Elle avait quarante mille acres de terre en culture > une navigation de deux mille tonneaux. On évaluait ses produits à cinq cent quatre- Tingt-quinie mille six cent dix liv. steri. Ses exjwrtatioDS allaient à trois cent trente-cinq mille quatre cents liv.sterl. ; ses importations , Â cent mille neuf cent quatre liv. sterling.
L'estimable auteur des Hamumiei maritimes et eoUmiaU$dit, en parlant de cette ile : ■ Il est pour la France du plus grand intérêt de se faire rendre cette colonie , tout à la fois agricole et militaire. > Nous ne voyons qu'une difficulté à l'exécution de ce vœu , c'est d'y contraindre l'ÀDgleterre ; car, à moinsd'un échange de même valeur, elle ne cède jamais ses possessions, et tâche de ne point se mettre dans le cas d'y être contrainte.
Occupons-nous maintenant des éUbllssemeDS qu'elle possède aux Indes orientales et dans les mers adjacentes. Nous parlerons d'abord de Hle Maurice , des Séchelles , et de quelques autres îles situées dans le golfe Persïque, la mer Rouge et l'Océan atlantique.
mille qu>lrc cmt cinq loisc* canici pour U lorfacc d'aa cnrcMi.
OaMtimrqoeleprodait d'un cirmude booat lerre, bieacalti*^,
pUnlH «n MDDCi, c*t de tnm mille qiwlrc cent quatra-Tingt-nenrii-
TrM pnanX 4e lUcre bnit.C'éUîtMa produit à Swat-OomioSuc «m i jt$t
DBS DKDX IHDES. 6oi
Sans la liberté du golfe Persique, te commerce anglais serait privé des débouchés que présentent les contrées méridionales de la Perse. Sous ce prétexte donc de détruire les corsaires qui infestaient ce golfe, et de trouver un point de relAche pour ses vaisseaux dans l'Océan indien , la compagnie des Indes a fait explorer le golfe ; et ce n'a pas été sans succès.
Au mois de iuillet 1816, le capitaine Ashlej Haude , commandant du vaisseau le Favori^ en- Tojépar le gouverneur de Bombay, a découvert dans le golfe Persique un groupe de sept lies qui ne se trouve sur aucune carte hydrographique, mais que les Portugais ont fréquenté autrefois. Le capitaine en prit possession au nom de sa nation. Ces îles sont réunies autour d'un banc d'huîtres à peries qui peut avoir soixante-deux lieues de long «ur vingt-cinq de la^e du nord au sud.
Un pareU résultat n'a pu qu'encourager la compagnie à faire de nouveaux efforts pour s'assurer le domaine de cette mer; aussi est-elle déjà en quelque sorte maltresse de la mer Rouge.
La conquête de l'Egypte par la république française , sous le commandement du général Bonaparte , avait montré aux Anglais que leurs possessions de l'Inde et leur commerce dans l'Océan qui «n baigiie les eûtes pouvaient être compromis par la puissance qui serait maltresse de cette belle portion de l'Afrique '. Dès-lors ils ont dû chercher
- ' 11 twl «m iTragU pM h pBMiB, pai le dégoAt de mm fj*^
603 ^TAT ÂCTDBI. DU COHMEUCB
dans la mer Rouge, ou sur les cAtee oiieDtales de rAfrique* uo appui dans quelques possessions isolées , mais sûres.
La mer Rouge a donc été explorée comme l'avait été le golfe Fersique : l'île de Socotora a paru aux Anglais propre à remplir leur objet ; et si l'on s'en rapporte à quelques relations réceotes, la compagnie anglaise s'est rendue maîtresse de cette île, qui lui donne la clef de la mer Rouge , du commerce de l'Arabie heureuse et de la côte orientale d'Afrique.
La mer Rouge méritait l'attention que lui donnent les Aurais, non- seulement par les motifs politiques que nous tcdods d'indiquer, mais encore à cause de son importance commerciale. Elle est le centre d'un commerce trés-étendu , indépendamment des perles qu'où y pèche. C'est li que Tiennent aboutir la myrrhe et les autres parfums de l'Arabie dans les ports de Djedda , d'Adeo et de Moka , son ambre gris » ses chevaux * jugés les plus parfaits qu'il j ait au monde , et surtout le café de ITemen, si recherché sous le nom de moka. L'Ahyssinie orientale dirige vers la même
pir le méprii de ■■ glmre , pour DC pai «ppricier toat ce que ti con< qinlie de Vliffptt pi^waiiil de gnsdi léMilUti pou la Fnnce et !• ciiilintioD d'une dea fdi» bcUei moitiéa du monde. L« bûoe, l'eipril de p«ti DDt ]ttl de II dëfiTCur mr celte grtode eipédiliOD, doat le* AngUii ftn-mSnei pouniant drorde aonilKeiii inatagei en l'aoïi- MDt i [i ripubliijue dam le parii|;e de* réaultati qu'elle allendaii : la leœpi appreadri aai Auglii* l'ili le hniI trompai, et «i une nionirchie turque établie en Ëgfpte penl, i l'igal d'ans pnitMttce européenne , combatlrc leur redonlable rif'al an Leranl.
DSS DEUX INDSS. 6o5
mer et les ports de Souakem et de U uuah ses cotoos , soD ivoire , des coirs , des graÎDS , des bestiaux , de l'or eo poodre.
Lord Valentia' fut donc chargé par la compare des Indes de reconaaitre cette mer. Il a étendu ses recherches sur la cdte d'Abjssînie , et y a fait la découverte dlles nommées, l'une Holae, et l'autre FaUtUia, ainsi qne de quelques autres îles moins considérables, mais où le commerce fait abonder tout ce qui est nécessaire  la vie.
Ce voyageur a vérifié que rancienne aversion des Abyssins pour les nations de l'Europe n'exis> tait plus '. Les Anglais ont en conséquence établi des relations utiles avec l'Abyssinie. Ils fournissent à la cdte de Maenah , pour la côte d'Habesch et les provinces intérieures , des draps d'Angleterre , des armes, des munitions, et des produits des manufac-' tures de llnde ; ils prennent en retour des cuirs , de l'ivoire , de la civette, des moutons , du beurre fondu, de la poudre d'or , etc. Passons à Madagascar.
L'Angleterre n'a fait jusqu'à présent aucune tentative sérieuse pour sV établir. Cependant les
' LeviconileGeoiftiTiIrBiiifat cturgtpaclegourcrDnir ^ntnl 4« riade df pircoarîr U um Boaga. Il * readi) compte de mw txfédilîaa dsM un *a;ige ti*dait cnfnpçiU, «t imprirad eDi8i3.
* Cette parlii de l'A&iquc lemblp le préieDIer aux npédilïODa de DO* ■nutenn. ■!» rccherehn de dm Tojigeun, et m «pJcuUlionj a-tent» éa cunaierM. lUIgr^ )• mpAriorité •aghÎM . Im Fnnçui ne pcminivnl-iif pu enccrc j troBTcr plue i qoclijnei étibUwcmeni on entreprUa de eaattatttxt PuiMiODi-iioiit être enteodo de Doa compatriotM, n pea attentif* i lenn ioldiéti , ou ri UcHt* * a'en biner dÎBbain par de mUnUe* difaptîmM I
6o4 iTlT ACTCEL DO COKMZItCI
baldniers anglais, qui viennent préparer dans cette grande Ile les produits de leur pêche de l'océan du nord , se disposaient il y a deux ans à demander que leur gouvernement y form&t sur ta côte méridionale un élablissement où ils pussent se livrer sans crainte k leurs utiles opérations.
Nous ignorons s'ils ont. réussi dans leur demande ; mais il est difficile de croire que le gou- Temcment anglais n'y ait point fait altenlion. On doit présumer qu'il en preodra occasion d'établir UD fort et des magasins sur ce point de. l'île; et peut-être ce fort et ces magasins seront-ils formés avant qu'on en ait connaissance en Europe.
II en a été à peu près ainsi des iles <lc Tristand'Acunha, situées dans l'Océan atlantique méridional, ausud-oucst du Cap de Bonne-Espérance. Elles forment un arcbipcl de quatre !les. susceptïbles de bonne culture , et dont nous devons une description intéressante à M. Du Petit Thouars. Les Français pouvaient s'y établir , d'après la relation qu'en a donnée ce savant navigatear. Un Américain de l'Union en avait eu l'idée : mais les Anglais, qui craignaient que ces lies ne leur échappassent, prétextèrent (ils n'avaient pas be* soin de prétexte ; qui leur aurait résisté? ) que la sûreté du prisonnier de Sainte- Hélène exigeait qu'ils y eussent des forces. En conséquence , ils en prirent possession en 1 8 1 7. Au moment oit nous écrivons , Tristan-d'Acunha * est une colonie an-
'Ccit U plw gnDde qoi donne ton nom an groupe ; elle • eanran
DKS DBQX IHDKS. 6o5
glaise , protégée par un détachement de troupes, par des forts et par des batteries.
Sainte-Hélëue , dans le même océan , a aujourd'hui une tout autre importance pour l'Angleterre quecelledesoDcommerce:c'étaJtauparaTant)elieu de retâche desraisseaux allant de ITnde eu Europe,, ou d'Europe dans l'Inde. L'Ascension ) dont nous allons parler , l'a remplacée pour la relâche.
Les tables statistiques de Golquhoun donnent à Sainte-Hélène , potft l'époque de 1812, une popuIatioD de dix-huit cent quaraiite-six Européens, sur quoi , trois cent quarante-six , tant de troupes royales que de personnes au service de la compagnie des Indes ; deux millç neuf cent soixante-dix naturels de l'île , dont neuf cent soixante-dix au •errice de la compagnie. Total général des habîtans de Itle , quatre mille huit cent seize '.
Ces forces, disproportionnées avec le peu d'étea-
. due de cette possession, devenue si célèbre depuis,
annoncent que, dans tous les temps, l'Angleterre y a
înislaplus haute importance. L'ile est imprenable.
Sainte-Hélène, située à i5 degrés 55 minutes de latitude sud , et à 5 degrés 49 minutes de longitude ouest de Greeowich , est à trois cent qua-
' QaHcenwineiiiraîlrD iSoi donniJtpoarli popaUtioa deSaîaU- B^DB cÎDi] ccDt qiulrc hUatt , qniiiu cent Mante ntgrtt, dont tTOÛMDt rbgi-neur librei, ealout deux niIl]uMÎMate-<|tiatrc, noft ceoiptii U prnûoii m In cmplojii de U compagnie.
6o6 iTAT ACTDBI DB COHMEBCE
rante Keues marioee du cap Négro «d Afiriqoe, et à eix centB de celui de Bonne-Espéiance.
L'ile a, dans sa plus grande loi^eur , environ dix milles anglais , et six milles et demi de large'. Sa circonférence est de ringt-huît milles , et ss surface de vingt-quatre mille arpens.
L'endroit où l'on débarque est une petite baie en forme de demi -lune, et ayant tout au plus cinq cents pas d'ouverture. Bile mène i un chemin bordé d'un côté *de canons de gros calibre , et de l'autre de deux rangées d'arbres. Pour entrer dans la ville, nommée JameUtron, on passe sous une porte construite dans une espèce de rempart , qui forme un des cOtés d'une place d'armes d'environ cent pieds en carré. On y voit sur la gauche l'hôtel du gouvernement et un corps-de-garde. L'église, située en face de la porte, est d'une architecture simple, mais élégante. Les maisons delà grande rue, quivientaboutir àcette place , sont propres et bien bftties. Deux autres mes la traversent , où l'on voit pluneurs boutiques et plusieurs magasina bien foumia en manhandises de llnde et de l'Europe. Cette ville est placée entre deux très-hautes montagnes qui la dominent. Les routes par où l'on se rend dans l'intérieur de i'île sont tracées le long de ces montagnes , et sont commodes et sûres. L'ile est partagée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes. Le
' Le mille «nglûi tn 1« tien de 1* lieue de deux mille deux cent quMre-iiogli toiaci.
DBS DBUX INDES. 607
pic deHùmey qui se trouve à l'extcémité d'une 4e ces chaînes , est le p(»at te plus élevé de l'tle ; il a deux mille six cent quatre-TiDgt-douze pieds audessus du DJTeau de la mer. Il 7 a un assez grand nombre de sources d'eaux vives et limpides qui coulent de ces montagnes; mais elles ne forment que de faibles ruisseaux par leur exiguïté.
A environ une lieue de la ville est la maison du gouverneur ' ; elle est agréable , et entourée de riantes et belles plantations. L'air de 1*06 est en général bon , et rarement te thermomètre s'élève à Jamestown au-dessus de a 1 degrés ; mais ta chaleur, réfléchie parles coteaux , s'élève, à certaines expositions, au degré de celle de la presqu'île dellnde.
On croit que Itle recèle des mines de fer. On j trouve une pierre susceptible d'un beau poli , et qui pourrait être employée à la lithographie *. Le sol de l'ile de Sainte-Hélène est en général gras et argileux ; sa qualité , ioiote à la température du climat , le rend également propre aux productions de l'Europe et de llnde. On y trouve plusieurs espèces, de bois et d'arbres précieux transportés d« llnde. Le beau gommier surtout, qui est toujours vert, et d'où découle une gomme aromati-
' Hndw») Lane, goufemcor de celte 11e, aW reDdn célèbre par •a dnrelj, m inneill*Dce iaquûitoiule et mùoliBiue, qui éloigne do SBinle-HéttneleiDiTiraRagliîf *eDantd'Ajic,cllcifotceàiKrendf«i rile de Vjiittiuiim, dit U. BeaumoDl de Britukc. Da t'EumjKttde tM eoltmiM, tome i ■ page lig.
' On anare que de* penoDUCi atticbéet à U luile de Bonepute ■'occupenl en effet «oui lei jeui de lilbogtaplùe. et qu'elle* j eoiploient eetle pîene.
6o8 ÂTAT ACTUEL DU COIIIIBBCB
que , est uQ des plus beaux orDemens de l'île. On j cultÎTe arec succès le taisio , les figues et les oranges dans les rallées près de la mer. C'est là aussi que croisseut les banaues et d'autres productioDS des climats chauds. Les boeufe et les moutODS d'ori^ne anglaise y ont bien réussi; mais on n'en élèfe pas assez pour que la viande soit abondante daos l'ile ; elle y est fort chère , ainsi que la volaille, et d'autres provisions que I'od tire du Cap de Bonne-Espérance.
L'ile de Sainte-Hélène ne forme qu'une paroisse. Elle est divisée en trois districts, et il ; a uae église dans la ville, et une dans la campagne. De granda travaux ont été faits pour la demeure du prisonnier et de sa. suite ; en sorte qu'on pourrait dire qu'il a une prison superbe > si jamais il pouvait j avoir une belle prison ■. L'île de Sainte-Hélène avait été donnée à perpétuité à la compagnie anglaise des Indes. Elle a été rachetée pour le temps nécessaire , a6n d'en faire l'emploi actuel. Il y a un gouverneur, un sous^ouvemeur et un conseil ; mais l'importance de cette tle aujourd'hui en a foit remettre toute la police entre les mains du gouverneur *.
< BoMparU fut oooduil i StiulcHiléne nu un vaiiMiu de ligne U N»rtlHmttirUnd , iDÏTi dea bltimcpi U VtumxÊlh, U Hmemtmk . fa Ktâftlê, <« ZéitoHe^ l'/oarwf , )oiu le commuideincDl du coolre- •■linl GecKgn CoeUum. l» Botte lortit du cceal le iiaodl iSiS, et arrin k Siiote-Hélène le i5 octobre. Bonaparte dibanjna le 18 ; l'on lin troii conpi de canon lonqu'il mit pied k terre. * Hoiu aToni ëpargni k not lectcun tout ce que te* tciitain» d*
L*ile derAsceosiou, située et comme perdue au milieu de l'OcéaD atlaotit^ue, qui était, disâît-on , dépourvue d'eau, et dont OD n'approcbait que pour y prendre des tortues , est derenue un établissement anglais important. En 1817 , des bâtimens cfaa^s de matériaux de construction sont partis des ports d'Angleterre pour Tile de l'Ascension. De l'artillerie , des soldats , quelques déportés et des femmes ont suivi ces premières expéditions. L'ile a pris depuis un accroissement considérable ; plusieurs navires venant d'Asie préfèrent cette station à celle de Sainte-Hélène , où les mouvemens du commerce sont nécessairement entravés par les dispositions qu'exige la nouvelle police de l'île.
S'il fallait en croire un écrivain que nous citons souvent , et dont l'ouvrage indique un patriotisme éclairé , quoique mêlé d'un peu de prévention contre l'Angleterre , H. Beaumont de Brivasac , les Anglais, eo s'emparant de l'Ascension comme de Tristan d'Acnnha, sous prétexte de veiller à la sûreté de Napoléon, n'auraient eu d'autres vues que de prévenir les Américains , qui avaient témoigné l'intention de s'j établir. Loin de s'en inquiéter, le monde commerçant , préoccupé d'une autre crainte , en a été satisfait. ■ Le véritable objet du cabinet britannique , ajoute l'auteur, n'a été départi , on plutôt de meuoDge , m iobI prrmu en parlant de SÛBle- Hilcn». Oa lrouT« natenoici dini celle Knicnoe : DUaitëJmMtfam tmmitt, toide* Ici riflaaiotu que poumîi fure Daltrè k ciptiriii
6lO ÉTAT ACTUEL DU COHHEICI
TÏQé que par quelques hommes iotelligens ; mais ils se Bout tus. >
L'ile Rodrigue, les Séchelles et llle-de- France, aujourd'hui Ele Maurice , que les Anglais ont acquises daos la mer des Indes , sont d'une plus grande importance '.
L'ile Rodrigue est à cent lieues i l'est de l'Ilede-France ; son étendue est de sept lieues sur deux de large. Elle est enviroonée d'un banc fort poissonneux , mais où se trouvent deux chéneaux qui permettent aux petits hâtimens de s'approcher de la cAte ; le fond du sol n'est qu'un rocher de pierre calcaire couvert d'une coucheplua oumoins épaisse de terre fertile : les tortues y sont en grande abondance.
Les Français y tenaient un poste militaire pour la garde de l'ile. D^uîs que le» Anglais en sont maîtres, ils y ont établi des cultures ; mais le priocipalobjetqu'ilsonteuenvueens'en emparant aété de se fortifier dans cette partie de l'Océan indien pour j protéger leur navigation. Les Séchelles ont une plus graude valeur territoriale, etcontiihuent au même but. Comme elles sont peu connues , nous en donnerons une idée plus détaillée.
L'archipel qui les compose a pris son nom de Horcau de Séchelles , officier supérieur au service de la compagnie des Indes de France , à l'époque où l'on en fît la découverte. La principale se
' ti'irtick 8 da tniti du So mû iHti lenr coofiime ti de CCI tlei , doa> ili l'itiicnl cmpirii pcndiat U guerre.
DIS DBOX IRDIS. 6l 1
Homme Mahé^ parce que de petits bltimens en- Toyés par M. Mahé de La Bourdoonaie, gouverneur de lUe - de - France , y abordèrent pour la prcaiière fois en 174a '•
L'archipel réunit une douzaine de petites ties, et UD plus grand nombre d'îlots et de rochers, éparpillés sur un banc de corail et de sable qui s'étend du sud - est au nord - ouest , sur un espace de solxaute-dix Ueuei.
Trois iles de celles qui composent l'archipel des Séchelles sont seules habitées , Mahé * Prasiin et Ladigue.
Le hAne de Mahé est excellent, et l'on y est parfaitement & l'abri du veut. Cette tle est la plus peuplée et la mieux. cultivée; elle a cinq à six lieues de longueur sur une largeur d'une lieue et demie. Elle n'a qu'un seul rillage , qui est la résidence du commandant. On y compte deux
' H«M de la BouTdoDui», dodt m àtvxaàtat tiigc ■DJoard'hiii auodié diohd* ti cbambrcdei dépaiM, iuîtaià SnetHsl*, en 1699 , d'uM famiHe de aégonhoê, 11 fai ab—fé d« bonoe beure d** ■lEiita de U cofnpagaie dei ladci, qu'il MrTÏl urîlemenl ra *agtDcalanl.M Ibrluae. Le rui l« nonmt en i74> gouremcar dei llea <fe Fraocc et de BoutboD. Lei ADj;Ui« doroioaieol dani llndr. La BoardiMiDaîi arme ane Uotle, ici atlaque, lea bat, met Je ùégc dctaot Hadru, qui w reod en leptemlire 1746. Lea laiocui ir rarhetèreDt nKijetmaDl 9,000,000. Lri riehene* que La BoardoiiDaii aTail Uquun lui firent dei ennemii p[u> que n gloire. Od peignit le *aitquruT de Hadrat comme ud priiaricaleur qui aitil exigé une rançon Ir0|) Tiiible, el l'clait Uiia^ corrompre. En arriTaDl ru Fnnce, La Boordounaii ftal mit li la Bailille. Son proc«* dura troii ai» el demi. Une commûiion du coo-eil fui chargée de le jugert elle l'acquitta ;Û fut mil CD liberté et rëUbli dsna ic* honneun, dont, it joait peu. Il Boorut en 17SJ , Ifi d« daquanle-cinq an*.
6l3 iTAT ICTOEt 00 COVHEICE
mille six cent quarante-huit âmes, y compris la garoîson.
FrasIiD tire fon nom du ministre qui le portah ■ : elle est la seconde du groupe en grandeur et en population. Elle a deux cent soUante-un habilans, y compris le militaire.
Ladigue a reçu «on nom du premier Taisseau qui j aborda i elle n'a- que soixante-ouie habitaos *.
Les habitans de cet archipel possédaient à la même époque six bfttimens pontés, le plus considérable de quatre-vingts tonneaux , le plus petit de Tingt : ils serrent à échanger leurs productions avec les Ile-de-France et de Bourbon, à entretenir quelques relations commerciales avec Madagascar et la cdte deMosambique.
Aujourd'hui Mabé et Praslin founiissent annuellement au commerce trois cent cinquante à quatre cents balles de coton , du poids de trois cents livres chacune. Les habitans ont commencé i planter le café, et ils en récoltent asseï pour leur consommation pendant dix-huit mois. Le sol est favorable à la culture du girofle et du cinnamome.
Les fruits et les légumes j sont rares, parla négligence des habitans à se livrer à cette culture. Les bois y sont exccUens pour la charpente et les
' U ('agit ici de ClHr Gabriel de Cboiienl, duc de Pmlin, qvi entra en 1761 lu minutera den ■Siirci ilnogirei ; il «'ea r«lin «■ 1^66 faut p«w« 1 celai de I* maiine, et monniteii 17SS.
• C«à Mt rapporte i l'inoie 181g.
DES DEUX IMDE6. 6l3
bordages de aaTires ; od y troure des tortues de mer d'une grosseur prodigiease , quelques-unes pesant jusqu'à cioq cents lÎTres. Quant aux tortues de terre, très -abondantes dans ctê ites autrefois, elles y sont deTeoues rares par la destruction.
Terminons ces détails par un tableau statistique des Sécfaelles, que nous tirons, ainsi que les précédens détails , d'une relation imprimée en Angleterre en 1830.
PapuUaion, en iSig, d€$ tUs Hlakéi Prattin et Ladigue.-
Bboci. Becoulnir, fibrei. Eh1»m.
Hommes, ... 97 18 3,533
Femmes .... 59 Sg 3,533
Garçons .... 107 54
Filles. 77 3o
Totaux. . 34o i4» 6,066
Total général de la population, 6,547 indÎTidus.
Culture$.
Acres cultivés en TÎTres a^Sa
en coton •.■ • ^.730
en canne à sucre aso
Total. , ., 5,373
6i4 Atat actuel do COKMERCB
Troupeaux.
Bêtas à coroei ' 3oo
Brebis ^ soo
Chèvres 1 5o
Porcs 8oft
ToTii. I »45o
Cet état fait assez connaître riafériorité det cultures dans les Séchelles; aussi n'est-ce pas par ce c6té qu'elles intéressent l'Angleterre. L'auteur anglais a soin de nous «n instruire. ■ On ne peut douter, dit-il, que ces ilcs ne fussent très-importantes pour la France. A l'époque où cette puissance possédait celles de France et de Bourbon , elle y trouvait des facilités pour nuire à notre
commerce de l'Inde Quant aux avantages que
l'Angleterre oii Ille-de-France peuvent ïetirer aujourd'hui des Séchelles, ils consistent à tenir uoa.eimemiB éloignas de cette deruiére possession. I
Les lies de l'Amirauté ou de l'Amirante , qu'on trouve au sud -ouest des Séchelles entre Madagascar et la côte d'Afrique , au nord du canal de Mosambique, et dontles principales sont ConuTO, Johanna , Moyettt^ Jlbnda , n'ont pas été négligées par Its Anglais ; ils en tirent diverses subsistances. A s'en rapporter à l'écrivain anglais qui a décrit les Séchelles, les groupes des Iles de l'A-
DES DEUX IRDES. 6l5
mirauté Dourrissent babituellement deux cents bœufs et une centaine de moutons. Les habitans peuvent fournir aux vaisseaux en proportion de cette quantité. Ces îlots ne produisent d'ailleurs aucun graminée ou cérëal pour la subsistance , si l'on en excepte le blé d'Inde et le rix , qui suffi- . sent à la consommation des habitans et de leurs esclaves.
La mer, dans ces parages , renferme beaucoup de poissons ; mais la rareté du sel ne permet pas que l'on fasse de'salaisons : les habitans n'en pèchent donc que la quantité nécessaire i leurs besoins.
Le groupe de ces îles est au reste si mal indiqué sur les cartes, quel'on ne peuisaos danger navigunalentour. On croit que le gouvernement anglais s'est occupé d'en ûiîre foire le relevé : il ne man- . quera pas, dans ce cas, de les classer tout-i-fait au nombre des possessions britanniques ; et qui osera lui en disputer la jouissance?
IVouB pourrions * en suivant la direction tracée sur la carte , passer aux possessions anglaises du continent indien, après ce que nous venons de rapporter de celles qui en forment en quelque sorte les avant- postes ; mais nous préférons de continuer l'analyse des établissemens insulaires de l'Angleterre dans les deux océans, avant de nous arrêter à ceux de l'Iode, par où nous terminerons le vaste et riche tableau de son empire dans les deux hémisphères.
6l6 ETAT ACTCEl DU COHHERCK
Sumatra »'oBn d'abord : les Hollandais y ont quelques établissemens ; mais les Anglais y ont jeté les-fondemeDsd'une domination qui doit finir par «nvahir toute l'ile.
Sumatra , dont l'étendue est de trois cent soixante-seize lieues de long sur une largeur variable depuis trente jusqu'à quatre-vingt-cinq lieues, n'était connue que sur ses cdtes; aucun Européen n'avait osé s'enfoncer dans riotérieur* qu'on supposait habité par des nations féroces. Cependant les naturels, qui, depuis untemps immémorial, viennent vendre sur les bords de la mer l'or, le camphre , la casse et d'autres productions du pajs, ne justifiaient pas le préjugé qui s'était accrédité contre eux.
Sir Thomas Ra£fle8 , gouverneur de Bencoleen , établissement anglais dans Vile , et un de ces Anglais qu'anime un grand zèle pour leur patrie , tira parti de cette observation : il conçut et exécuta le projet d'explorer Sumatra. Il y pénétra jusqu'au centre, et traversa trtûs fois sous différentes directions les provinces intérieures. Quelle a été sa surprise ! des terres riches , un sol fertile et aussi productif que Java ; presque partout de belles cultures , un air sain , aromatique , vivifiant , de belles montagnes couvertes de forêts et recelant des trésors dans leur sein; une population nombreuse, sociable, active; des homme* plus forts, plus courageux , mieux faits que ceux des côtes; des mœurs douces, hospitalières, sans
DIS DBUX IMRBS. 6)^
doute eotretCQues par U paix et l'abondance dont ilB jouissent dans leur heureuse iodépeDdance.
Sir Raffles s'a pas manqué dans sa traversée de se faire aimer de cespeuplee. Il a conclu des traités avec les souTerains ou chefe qui les gouvmicnt ; et depuis ce moment l'Angleterre ne négl^^e rien pour concentrer, s'il estpossible, à Sumatra le commerce de l'archipel indien , dont Jara jusqu'à présent avait été presque seule en possession. Les Anglais y multiplient les plantations, y introdursent de nourcUes cultures. Bencoleen et le fort Martborough '. en sont entourés, et les voient s'étendre chaque jour. Un nouvel étabtiHemeat formé au nord dellleen )8i8 fait de rapides progrès,, et voit s'élever de belles plantations d'arbres à épices et d'autres végétaux précieux.
Les Hollandais, qui out leur établissement à Padang^avec un territoire assez étendu, ne voient qu'avec une extrême jalousie ces entreprises des Anglais : mais le temps n'est plus ou les premiers dominaient dans ces mers; leurs rivaux s'y sont fait aimer par plus d'adresse et d-intdligencedans l'art de gouverner; la marine britannique d'ailleurs a pris possession de tous les ports occidentaux de l'île , et ne craint point d'en être dépossédée par celle du roi des Pays-Bas. On ne peut donc réroquer en doute que l'Aogleteire comptera sous peu une belle colonie de plus à Sumatra.
' liC IbrI Hariborangli doonûl k b compagnie Att Inde* , eo iSis , un KTCaa de i3,75S 1. il., et [«b dfpcniM allûcnl h 75,734 Ut. iteri.
6l8 iTkT ACTUEL bO .CUlflIERCE
Cette colonie ««t déjà digne de tous lea 101x11 qu'y apporte le gouverDement '.
Ce o'a pM été aisez pour let Anglais d'aroiraccni leura domaines et leur puissance à Sumatra, ils ont acquis alentour d'autres possessions.
C'est ainsi qu'en 1819 ils ont acheté l'île de Sincapore , que le lultan de Johore * leur a rendue. <Cette fie, outre sa position farorable pour la défense des établtaaemens de Sumatra , réunit des avaDtages qui doirent la rendre précieuse. Les Anglais y ont formé une colonie qui prospère. Voici comme en parlait un ofBcier de la marine anglaise dans une lettre datée de Madras, a3 août
t Les nouTeanx colons de Sincapore s'y trouvent bien, etsemblentderoir prospérer. Toutaononceque la colonie deviendra florissante. Le barre est sûr, accessible à volonté , et situé près de l'île Saint-Jean , de maaière i commander le passage du détroit comme Poulo-Pinang en commande l'entrée. L'eau de cette île est excellente. Od y respire un air par, et les indigènes ne connaissent aucune des maladies qui s'attachent aux climats chauds. Le long de la rade s'étend une plaine superbe, dans laquelle nos colons vont donner ud libre essor à leur industrie. Lorsque je visitai cette
■ h'Bilotrt ^MUfawcfMUfue hit coneallre itm détail la lopograpfaie de crite tk et l'ori|pae d« e* dscoux'rir' Moui j rcorajoai uo» le«-
OSS DBIIX IUDSS. 6l^
île eD 181-6, ou y vojkit à peine trente muMMU': maintenaDt on en bâtit de tous câté«* etc. 1
Les An^tÏB STuent d^à acquis eo 178a la poMesflÎQD de PouJo-Pinaog à l'entrée (hk détroit de Malacca.
Cette île , située en facedu royaume de Qucda, et qui foime ajte la terre larme une baie assez vaste et à l'abri des vents . fut donnée au capitaine anglais Ligbt, par le souveraiD de ce petit état : i) en avait reçu des services dans des trou*< bl«8 élevés chez lui. Le roi de Queda, pourtéinoi-> '' gner sa reconnaissance bu capitaine , lui donna sa fille , et pour dot l'île de Foulo-Pinang. Vraisemblablement le prince malais n'avait en vue dans cette alliance que de s'attacher l'Anglais. Mais le eapitsine Light , officier au service de la compagnie des Indes , aima mieux céder sa souveraineté et en faire hommage à ses maitres que de jouer le rôle de vassal du roi de Queda. L'offre du capitaine fut acceptée par eua ; ils- prirent posseasiob de l'Ile, qui estay^é^ anjourd'hui tle du Prince de GaUit.
Ce poste «st devenu d'autant ptiis précieiut pour les Anglaii,'qu'i) assure à leurs flottes, pour y étra réparées  la suite d'une bataille , ou pour se maliiteoir, dans toutes les saisons, à une petite distance de la etMe de Coromandel et du Bengale, un port sur et commode.
L'île de Poulo-PinaDf; ou do Prince de Galles a presdedouae lieues de tQur.EI leestarrosée parplu-
6aO ÉTAT ICTttBL DD COKHEKCX
sieurs petites riTÎéres qui donaeHt de l'eau en abondance. Ses montages sout oourertes de bois propres à la construction, et même pour les mâtures. Elle prodiut du sucre , du riz , des fruits , des végétaux de toutes espèces y des bestiaux , de la volaille , qui s'y vendent à prix modéré.
Le plus grand avantage de cette possession pour
les Aai^is , c'est de les reodre maîtres du détroit
de Halacca, et de protéger leurs projets sur Su-
, matra, i quoi nedoit pas peu contribuer aussi
'' l'acquîfritioQ de Sincapore.
Suivant les tables deColquhoun,nieduPriDce de Gallespréaentait eo 1 8 1 a une population de cent soixaote-quinse Européens', et de dix-huit mille huit cent deux indigènes ; savoir : cent dix-neuf Européens au service de la compagnie , j compris . lestroupes royales ; cinquante-six Européens, non au service de la compagnie ; six cent vingt-6q>t indigènes à ce service, et dix-huit mille jndigënes qui n'y sont pas^
Les revenus que la compagnie retirait de cette possession s'élevaient seulement à 75,406 1. sterl. et les dépenses de toute espèce i 166,084 l-Bterl.; résultat qui prouve que c'est bien plus pour l'avantage de ses autres établîssemens que pour ceux qu'elle présente, que Poulo-Pinang est précieuse aux Anglais , et surtout à la compagnie des Indes.
Ces nouveaux domaines de l'Angleterre lui sont d'une plus grande importance que l'île Maurice, dont ils nous ont fort mal àpn^os dépossédés. Ëux-
DIB DKDX IHDE8. 631
mêmes avouent que, sans la possessioD de l'ile Bourbon > l'ile Maurice ne pourra jamais prospérer comme au temps où elles étaient sous une même administnitioD.
' On connaît trop cette tle par ce que l'auteur de YHittoire piUbtûphique en a dit pour que nous U0U8 attachions à la décrire. Son état de culture et de population se trouve dans les tables de Colquhoun ; nous nous bornerons à Ifl dire connaître. EUe est située » ainsi que ses dépendances , et 111e de Souibon, à la cdte orientale de Hada- ' gascar , et plus prés de l'Afrique que de llnde ; mais, comme elle était le premier échelon de nos étahlissemens aux Indes orientales , on la rangeaitdans la classe des possessions dépendantes de ces étahlissemeos.
L'Ile-de-France a en. étendue une surface de quatre cent mille aipeos. La température y est saine, et la chaleur modérée ; mais cette Ile est sujette aux- ouragans. Les terres j sont en général peu profondes et pierreuses.
Op y cultive le blé, le rit, le maïs, le sucre, le café , le coton > les épices. Mais « après la consommation de l'intérieur prélevée , il reste peu de chose pour l'exportation.
Originairement découverte par les Portugais , occupée 'ensuite par les Hollandais , qui lui donnèrent le nom de Maurice^, elle ne reçut
' ManricedeHauni, prince d'Orange, dît (c ToMMinM, toadalmw de la libetlé balave. Il muUdI 1ï* cfltirt* de U nipubliqiM de fld-
'6S3 iTAT-ACTUEl bO COKHBKCB
qu'en 1730 les premiers habitsns frmçais venus de l'ite Bourbon. Quinie aos après, la compagDie des Indes char^ M. de La Boardoonaù d'y faire un établissement solide.
Elle est susceptible de grands accroiasemens de cultnre. Les lecensemens de 1789 annonçaient Boiitnte -mille noirs cnltîTateurs.
On y remarque un établissement appdé Jardin det pUitaet, qui réunit les productions régétales de tons les climats. L'origine en est due à H. Poivre, intendant des ties de Prtnce et de Bourbon, i qui ces deux colonies doirent la prospérité à laquelle elles s'étaient élevées ', et qu'il admiaiatn depuis 1763 fusqu'à 1775) qu'il les quitta.
Le» Anglais s'etftient emparés de ces deux tles : par le traité de Paris du 3o mai 1814* ils n'ont gardé que celle de France , et bous ont renda l'Ue Bourbon.
On comptait dans la première , eu 1 8 1 s, dix-sept mille blancs, quatre mille habitansde direrses couleurs libres, soixante-dix mille nègres cultivatears.
bndc t n DiiMMce codik touta lei Ibrev* de l'Eipagoe, klon mbmite t Philippe u , tppeU i» Dimit dit ntUi. IliariGe de Hmmb wniil pu «eVandiir l« HoUindc * mm pivSt : il iw k tenu mèt>im pa , e( l'ulfnDcbit lu profit de li liberté, qui , pendint piè» d'un ««de, El de ce coia de l'Europe une dei premières puiuuicei eonlioeatalM. Site n'ctl ph» qn'uDe proiiaoe du royiume éei Faji-Bai.
* Ud doit t H. Foiire d'aicel tente* ob<er<>ti(HU air l'eut lie la culture en ATrique, dinf lu iD'Iei, i U Chine et 1 U CocIiiocbiM. Bllr* KDttxi imprimiei wm le titre de Voyage ^^n jihiùaop». tlltt ■elrouvenl d»nt le recueil de Ma nufre*, imprimé en 17971 <--t précédé d'oor notice bîogîraphique râdigée pu KMI «■> Doponl de Henoan . qui épouM u Teuve , encore tiraine.
Dia DBHX IHDBfl. <ia3
L'étkt dé« terres cultivées les'poriait à quatre-
nugi mille acres, et celui des terres incultes i
cent cinquante-deux mille six cent quatre-vingts
acres.
Sa navigation emfiloyait un tonoage de trois
. mille tonneaux.
La valeur des productions , y compris les vivres et les fruits, était estimée goS.ooo liv. sierl.; celle des exportations, 4^0,000 liv. sterl.; et la valeur des importations, a6o,ooo liv. sterl.
L'année moyenne des principales productions était ainsi qu'il suit :
Café , six mille balles , de cent livres pesant chacune ;
Indigo , trois cent mille livres pesant ; CotoQ , deux mille balles , de deux cent daquante livres pesant chacune ;
Sucre, vingt millions de livres pesant ; Cloux de girofle , vingt mille livres pesant Port-Louis, capitale de l'île, est défendu par une batterie garnie de cent quatre-vingt-dix pièces d'artillerie , soutenue par l'Ile contiguë dei Tonnetiert, qui est armée de soixante mortiers, et parle fort Blanc, garni de trente -cinq canons. Plusieurs autres ouvrages et batteries contribuent à la défense de la place.
Les propriétés publiques de l'ile sont évaluées 800,000 liv. sterl. par les Anglais; les propriétés particulières, territoriales, maisons, marchandises, etc., io,aia,34o liv. sterl. Dans cette der-
6a4 *TAT ACTDBL DO COKHStCB
DJère somme est comprise l'éraluatioD de soixaotedix mille Doirs, & &5 lir. sterl. par iadÎTidu, faisant une valeur totale de 3,85o,ooo liv. sterl.
Malgré ces arantages, les Anglais se placent de l'état de langueur de cette possession. Sans l'ile Bourbon , elle ne peut offrir aux colons des débouchés et un commerce proportionné à md importance. Une lettre insérée dans les papiers publics, et écrite par un habitant de l'tle Maurice , semblerait foire croire que cette dernière concerraït quelque jalousie contre la prospérité de l'autre ; jalousie d'autant plus injuste qu'il s'en faut de beaucoup encore que l'île Bourbon offre à ses habitaos les mêmes avantages qu'on trouve à l'Ile-de-France : mais la cupidité ne connatt point de limites, et les Anglais s'en montrent susceptibles , en matière de commerce et de domination >, autant qu'aucun autre peuple.
Passons des mers de l'Inde dans le grand Océan indien, appelé Pacifique ou Éffuitunâalt et nous y Terrons encore des preuves de l'activité de l'An- ^eterre, et des heureux résultats de son vaste sys>
• Une letlre iariu de l'Ilc-de-FtaDcc, t b date dn i4 leptembn iBiOt porlE : < Bout aToai ta désolanle peripccliTC de loir nglrc pa)n denair un d^ert. Bourbon , an conlraire , ftMègi par aoa goa- TBnieiiien,t , eit diDi un iUt Boriuiat. Se» productioiu aoot abondante! et (C rcDdcDt biea; par contequcnt l'irgeHl j e>I abondanl. Cet deai !lct n'auraient jamaii dQ £tre tkparta. Ellii ■'■idaîrot mutueltemenl, et Bourbon lurtout nom ittil d'une gTaodc utilité. La baliDCc du commerce eal mainlenanl en la TiTeur, parce qae les production! j «urpatseal la contommalion. Il n'en nt pai de mime' 1 l'Ile-de-France, où nom dëpemoni pina que roui De gif^oni. •
DES DEUX INDES. 6a5
t«me de colonisation. Ainsi Tyr autrefois étendit le sien des rives orientales de la Méditerranée aux côtes occidentales de l'Europe , aux côtes de l'Afrique, et à celles de l'ancienne Hespérie.
La NouTelle-UullaDde, Van-Diemen, les îles Sandwich, Otaîti , Norfolk , nous offrent partout l'industrie anglaise soumettant les peuples aux arts et & la civilisation-.
Presque toute la cdte occidentale de la Mouvelle - Hollande vient d'être colonisée par eux '. L'immense étendue de cette île lui a valu le nom de continent,- l'Angleterre lui a donné celui de Piomelte-Gallet du sud. «Les Anglais avaient droit, dit M. Beaumont de Brivasac *, de baptiser une région qu'ils ont conquise sur la nature agreste et sauvage au profit de l'humanité. ■
Quel est donc l'empire de la liberté et de l'esprit public sur la conduite des nations pour qu'il ait pu mettre une si grande différence entre la conduite des Anglais et ta nôtre? Nos bagnes, nos prisons offrent de tous côtés le spectacle de malheureux condamnés: les uns désirant ta mort, les autres se la donnant, et quelques-uns maudissant une législation qui sait punir et ne sait point rendre la peine profitable à la société. Avec des mœurs douces , des lumières , de l'industrie , des ressources immenses, la France n'a pas encore pu créer un lieu de déportation qui ne soit pas un
' Voifa la carte.
' De i'Eitrtft *t 4t iti eofaitwt . (on* 3 , paf ' ^'
6a6 ±TÂT ACTUEL DO COMHEtCE
t^jour de mort ou de douleurs. Pas une ile > pw UDe plage n'a pu deTenirentre-se» main» une ûsitarioD , même imparfaite, du magnifique établissement de Botauy-Bay.
Quelles peuvent donc être le» cause* d'uue si grande différence ? Une seyle opère ce contraste , non pas seulement entre Londres et Paris, mais entre l'Angleterre et les gouvememeoB les plus ci- ▼ilisés après elle.
L'Anglaisa eu mettre l'humanité au rang des devoirs publics ; l'orgueil oatioDal s'est emparé de ce noble sentiment. La liberté, qui enfante des prodiges, et sans laquelle il n'existe rien de grand, est venue à l'appui de ce mouvement des âmes; l'esprit public l'a combiné et l'a ùiit tourner avec un bonheur admirable à l'avantage de la puissance et de la prospérité de l'état. Puissions-nous suivre un pareil exemple ! Mais en prenons - nous 1« chemin P
La Nouvelle - Galles du sud , plus grande qu« l'Europe , va bientôt être le domaine excluait de la Grande-Bretagne , qui en même temps a jugé te Van-Diemen trop susceptible de prospérité poui l'abandonner à d'autres nations. La ville de Dalrymple, qui vient d'y être fondée, en est la capitale, et deviendra bientôt une place coloniale ioaportante.
La Nouvelle - Galles du sud a pour chef- lieu Sydney-Cove, siège du gouvernement de la colonie, qui y fut établi par le gouverneur Philippe.
DBS DBDX INDEfl- 637
parti d'Angleterre le iSmai 1787 avec uik escadre de sept voiles , ayant hiHt cent TÎDgt-huit condaianés à bord. Il arriva, dau le laoi» de yaDvier 1 788 , au port JacIcGOD , oîi il fonda le bel établissemeot qui s'y trouve.
Ou comptait daus la colonie de la Nouvelte- Galles, en 1 8 1 a. une population de onze mille oeuf cent cinquante personnes* savoir : deux> milledeux cent quatie-viogt-oQHe hommes de troupes , dix* sept cent onze condamnés ou prisonniers , sc^K mille neuf cent quarante-huit oolons. ( SettUf» , fondateurs d'étabUssemens. )
Il j avait cent mille acres de terre e* culture* et le pays en présentait autant qu'on en pouvait désirer pour l'extension de la colonie.
La navigation employait douze bàtîmen» htsant-denx mille tonneaux, et occupant cent quarante-quatre honunes.
La valeur des prodoctioits annuelles , y compris les fruits et la nourriture , n'allait encore qu'à 1 69,500 Ht. sterl. ; celle des exportations à 5o,ooo Ut. st. ; celle des importations à 69,750 Iît. sterl.
On portait À 100,000 lîv. sterling la râleur de propriétés publiques, telles que casernes, arsenal,, édifices, provisions ; et à 760,000 Kv. sterl. les propriétés particulières, savoir : 5oo,ooohT. sterl. pour la valeur des terres cultivées; 35o,ooo lÎTre.s sterling pour celle des maisons , des marchandises, des fournitures , etc. Total fténérahde la propriété , 860,000 livres sterling.
638 Atat ICTUEl DD COMIIBKCE
On cultivait à la Nouvelle - Galles du sud , eo 1818, quatorze mille cinq cents acres en pommes de terre ; douxe cent ciaquante acres en blés de toute espèce.
Il y a dans les forêts des chevaux et d'autres bestiaux abandonnés à eux-mêmes, et qui s'y étaient considérablement multipliés. Indépendamment de cette ressource, due à la prévoyance, on comptait en 1818, dans l'état de domesticité, deux mille buit cent cinquante chevaux , soixante-six mille sept cent moulons , trente - trois mille six cent trente bétes à cornes, et soixante mille quatre cents cochons.
Le fer est le seul métal qu'on ait découvert dans cette contrée : it y est abondant et d'une t^sgrande pureté '. On y trouve de la houille excel- . lente, du sel gemme, de l'ardoise, de la pierre à chaux, de l'argile à potier, etc.
La mer et les rivières abondent en poissons , parmi lesquels on distingue l'anguille, l'épeilan, le maquereau , et beaucoup d'autres qu'on ne trouve pas dans nos mers d'Europe.
Il y a beaucoup de quadrupèdes, tels que le chien de la petite espèce, le wombat, le kangarou, l'opossum , l'écureuil , le renard volant , etc. Mais on n'y voit ni lièvres , ni lapins , ni aucun gibier, excepté'Mes canards sauvages, des cailles, de»
Caliu ihitud, publiée [ta Angluii ; pn W. C. Weutnorlb. 1 vol. Id S*. Londie*, 1B19.
pigeoDS , des bécasses , et quelques autres oiseaux en petite quantité.
Les reptiles , les insectes , tes espèces les plus ▼eoimeuses , tels que le serpent , la tarentule , les miltepieds, le scorpioo, y soat en grand nombre, fort iocommodes , et dangereux.
Les naturels du pays semblent occuper le degré le plus bas dans l'échelle de l'espèce humaine : ils n'ont ni maison , ni vêtement ; ils ne connaissent aucun des arts de l'agriculture; les armes même dont ils se servent pour se défendre contre leurs ennemis et pour se procurer leur nourriture, soit à la chasse , soit à la pêche , sont du travail le plus imparfait et le plus grossier. Trente années de relations avec les Européens n'ont pu changer leur caractère, et uu très-petit nombre d'individus ont reçu les impressions de la civilisation. £n sont-ils plus malheureux ? et cette civilisation , que nous vantons tant, n'est - elle pas compensée par des peines, des inquiétudes inconnues dans l'état sau- . vage ? Gardons - nous de blâmer ce que nous ne connaissons pas, et de placer le bonheur dans une table bien servie , dans un appartement décoré . ou dans des habits somptueux. Le sauvage, enfant de la nature, s'accoutume à la douleur physique. la supporte comme une conséquence de son état, à peu près comme nous supportons l'insolence des grands, l'injustice des cours, les chagrins de l'état social , et les tourmeos de la propriété ,
€3o Él&r ACTUEL DU COMHEKCB
eondilions de 1» rie cirilifiée et de la «erritude qu'elle entraîne.
Sydney-Core, capitale de U ci^nie aoglaùe, est située à environ deux lieues et demie de l'eDtnie du port Jackson , sur deux parties d'un tei^ rain élevé qui forment entre elles un port appelé port intérieur ou de Sydney-Cove.
Cette ville occupe un espace considérable , et au prunier coup-d'osil on pourrait eroire qu'elle ' contient un plue grand nombre dltabitans qu'il ne s'y en trouve : elle n'en renfermait pas plus de sept mille à l'époque de idiS- Quoique les maisons soient petites pourla plupart, et sans apparence, quelques-uns des édifices publics , aussibien quti quelques maisons particulières , ne serraient point déplacés dans les grandes villes de l'Europe.
Les loyers y sont très-chers ; une petite maison, dépourvue même de presque toute espèce de commodités, s'y loue , sans meubles, jusqu'à cent gainées, et au-delà.
On a établi à Sydney-Cove un marché qui se tient trois fois la semaine, et où on trouve en abondance des grains , des légumes , de la volaille , du beurre , des œufs et des fruits ; ils y sont apportés par les colons ou par des déportés devenus cultivateurs.
On a créé à Sydney-Cove une banque en 1617; elle est d'un grand avantage à la colonie : son capital est de aOgOOoliv. stert. divisé en deux cents
DES ntVX INDCi. 63l
actions ; elle est régie par un président et six dircdeun annuellement choisis par les propriétaires d'actions.
Sydney a deux écoles publiques : dans l'une les jetmes garçons reçoivent une éducation gratuite ; l'autre est destinée aux lîltes pauvres ou oq)helines. Cette dernière contenait environ soixantedix enfans. On les marie , lorsqu'elles ont atteint l'ftge , avec une petite dot , on on les place domestiques chez des familles recommandables. Cette école fut dotée par le gouverneur King, qui iui donna quin« mille acres de terre et un cet^ tain nombre de têtes de bélitil. La dot de la jeune fille consiste en cinquante ou cent acres de terre , et du bétail pour tes faire valoir.
Ces deux écoles, qui contenaient ensemble deux cent vingt-quatre enfans en 1818, ne sont pas les seuls établissement consacrés i l'instruction ; il y en a encore d'autres également gratuits dans chacun des autres districts de la colonie. Les maîtres de ces écoles reçoivent un salaire fixe du fonds des orphelins; outre ce fonds, le huitième des revenus de h colonie, s'élevant & environ a,5oo 1. sterl. ,est appliqué à ces estimables institutions que la secte des méthodistes propage dans les possessions atiglaises avec un Eè)e qu'on ne saurait trop louer.
La charité particulière a fondé deux autres établissemens : l'un sous le nom de Société auxiliaire de ta BibI* , a pour but de coopérer av«c la société
bib1i<;ue d'Aoglelerre à U diatribuhoD et à la propagation des saintes Éciitures ; l'autre, appelé l'École du dimanche, est destiné  lire les livres sacrés  des individus de tout ftge.
Il 7 a en outre, pour l'éducation des enfans des personnes riches, des pensionnats particuliers, signe certain d'un bon gouTernement et de l'état prospère de la colonie.
Le hàrre du port Jackson est im des plus vastes et des plus sûrs du monde ; il est navigable jusqu'à huit milles au-dessus de la ville de Sydnej pour des vaisseaux du plus fort tonnage ; on ne saurait donc douter que cette ville ne devienne un jour dans cette partie du globe le centre d'un commerce immense.
Une autre ville nommée Paramata est située au fond du havre à la distance de Sydney d'environ six lieues par eau , et de cinq par terre ; elle est bâtie sur les bords d'un petit ruisseau d'eau douce qui tombe dans le havre. On n'y peut arriver qu'avec des bateaux du port de douze à quinse tonneaux, La population de Paramata, qui &e compose de marchands en détail , d'artisans et de journaliers, est d'environ douze cents âmes; on y tient deux foires , en mars et en septembre , qui sont très-fréquentées.
Paramata n'est pas dans un état de prospérité comparable à celui de Sydney ; mais sa situation centrale entre des districts florissans donne lieu de croire qu'elle y parviendra promptement.
DES DECX INDES. 635
On j TOit un hôpital , un hospice pour les filles orphelines ', et un dépôt dans lequel les femmes déportées , qui continuent à se mal conduire , et celles qui à leur arrÎTée dans la colonie ne sont pas immédiatement placées chez des particuliers, sont employées â fabriquer du drap de qualité grossière. Ces femmes sont ordinairement au nombre de ceut soixante < sous la direction d'un surveillant.
Un autre établissement remarquable dans la même ville, est une école en faveur des enfans des indigènes , foodée par le gouverneur. On y comptait une vingtaine d'enfans que leurs païens y avaient placés volontairement , et dont les progrès étaient égaux à ceux des Européens.
Windsor, autre ville située au confluent du Southcreek avec l'Hawkesbury , est sur une colline élevée d'environ cent pieds au-dessus de la rivière. Il y a une église , comme dans les précédentes , une maison pour le commandant , une prison , un hôpital , un tribunal , et des magasins publics. La population , de six cents âmes, se compose de cultivateurs qui ont leurs fermes dans les environs,
■ La pmiîiuHon »t ilimentàe m gnodt p*rt)e dini dm filin par Ici orphelinu md* mojint d'eiiitcnce, qui , liirée* din* 1« prrluîèTei naétt de U jcuncua ani tMnctioDt d«) rMiN El i U liocnM iet mîliuîm, n'ont pla* de mtource que dam ce diplocable mritiar. C'eal donc' aa mît d« aagoK da Ji part du goaieraemrol anglak de donner dea •oîni patlicnlicn aai jennea orphelioea. Cette coadaile Ml ptéCliable k noa itglcmeoa de police , à not dipôtt de Dend!ciii> i oo* diapeMairea, cl t noa oumoiu de oortectkin.
634 ilAT ACTUIL DU COHHBKCB
de quelques marchands et de quelques artisans '.
La ville de Liverpool , située sur les bords du Georges-Rirer, à eaviron six lieues de Sydnej, a été foudée il y a huit ans. Sa population est d'en- TÎron huit cents âmes ; elle se compose d'un petit détachement de soldats, de cultivateurs, de marchands, d'artisans et de journaliers.
Les routes et les ponts qui existent dans la partie habitée de la colonie sont construits arec un soin , une élégance et une solidité comparables à ceux des états de l'Europe ; les droits de barrière établis' sur les routes principales ont été affennés en 1617 pour 267 liv. sterl.
Le climat de la colonie est doux et salubre; la température j est modérée les deux tiers de l'année.
On rencontre dans le pays toutes les variétés de terrains depuis la lande sablonneuse et l'agile froide, jusqu'au terreau et â la terre végétale la plus fertile.
Au-delà de la lande qui règne le long de la côte, le terrain s'améliore tout à coup ; il offre une mince couche de terre végétale recouvrant ua banc d'argile jaune qui est posé sur un lit profond de schiste. Les arbres y deviennent plus grands; et l'extrême épaisseur des forêts ne permet qu'à
' ti'Hjnleibuij «rt n\tt i Ar-i débordencai qaî dMnMmt lie* à de neheines înonditionii. EIIm l'élèTeiit joKjTi't qintR-nagO pieds ■a-daui> dn bwK* on, er pioduUcal ilei ratiÊgtt tomi4i daiM l«t proprMUi enTÎtonninlM.
DIS DECZ IHDES. 65&
très -peu d'arbustes de croître en liberté. Cette seconde zone a environ trois lieues de largeur ; de sorte que le territoire de la colonie jusqu'à cinq i six lieues dans rîDtérieur, n'offre géoéralement qu'un soi inculte, qui , pour devenir productif , exige un travail assidu.
Plus loin le pays pr«nd une meilleure apparence ; les forêts deviennent moins épaisses ; on voit de nouvelles espèces d'arbres. Enfin, si l'on pénètre quelques lieues plus avant, on arrive dans un pays magnifique ; une longue suite de collines et de vallées tapissées dé la plus riche verdure et couvertes de troupeaux annonce que l'on y est dans des cantons susceptibles de tous hê genres de prospérité.
Tel est l'aspect de la portion du pays qui s'étend de l'extrémité de la seconde zone jusqu'à Népean- River. La plaine qui borde cette rivière est d'une fertilité plus grande encore, et s'élargit graduellement jusqu'à sa jonction avec l'Hawkesbury. Sur les bords de ce fleuve elle est communément depuis un quart jusqu'à une demi-lieue de large. La terre y peut disputer de fertilité avec les rives du Nil i un acre de terre y donne annuellement cinquante boisseaux > de froment et cent boisseaux de maïs.
■ Cul le faifM, bmHnu ingUii, dont bail TodI le y— >f«r, oa iep1»r iBgbû.
lu: faoMHMs aBglMi nwlîwit At «iof MDla-cùq k loiMwle brrtt d* blé; relui de France ■'«■ ooalicDl que «ingt; il j c» ■ donw aa
NGt;)Ogle
636 Atat actdel do comhiice
Des portions de ce terrain ont été coDcédées aux colons ; d'autres plus considérables out été affectées aux dÏTeraes communes : parmi ces dernières se trouTent les terres réserrées pour les troupeaux sauvages , qui ont presque tous disparu depuis quelque temps , soit qu'ils aient pénétré dans l'intérieur en se frayant un chemin à travers les montagnes , soit , comme il est plus probable , qu'ils aient été détruits par la guerre d'extermination que leur ont faite les colons pauvres. Ces bœufs sauvages provenaient des troupeaux du gouvernement, dont plusieurs s'égarèrent dans les forêts et qui j furent laissés.
La seconde partie des terres réservées est le district appelé U» Cinq-tle». Il commence à environ quinze lieues au sud de Sydney, et s'étend jusqu'au bord du Coal-Haven-River. Ce vaste district . qui contient pins de sept cent mille acres de terrain éminemment propre à l'agriculture , n'avait été découvert que depuis quatre ans. Il produit une grande abondance de cèdres magnifiques, et de bois excellent, qu'on recbercbe beaucoup pour les constructions navales au port Jackson.
La troisième portion de terres qui n'était pas encore concédée en 1818 , est le district de Coal- River. La ville de New-Castle , qui eo est le cheflieu , est située à l'embouchure de cette rivière . à environ vingt lieues au nord du port Jackson. Sa population n'était encore que de cinq cent qua-
OXS DEDX INDSS. 63^
raote habitans , qui , à l'exceptioD de quelques coloDS libres établis daos le haut de la rivière , et eDTÏrOQ cinquante hommes de troupes , soDt tous des malfaiteurs qu'on a reconnus incorrigibles, condamnés à une nouvelle déportation. Us sont enchainés et forcés de travailler depuis le matin jusqu'au soir. On les emploie à extraire de la houille , qui est en abondance dans ce canton , à couper du bois , k fairedela chaux pour le compte du gouvernement.
Le pays situé à l'ouest d^s montagnes bleues ' l'emporte sur le reste de la colonie, tant par son sol plus fertile que par son immense étenducet sa diversité de température. La chaîne des montagnes bleues, au point où l'on a ouvert une route pour communiquer avec Sydney, a une largeur de vingt lieues à peu près; et comme la distance de Sydney à l'endroit où cette route commence est d'environ quatorze lieues , c'est à trente-quatre lieues de distance qu'on entre dans le beau pays nouvellement découvert à l'ouest des montagnes. La route qui y conduit offre des difficultés ; on s'occupait d'en tracer une autre plus commode et plus sûre. On avait découvert aussi une belle rivière venant du sud et traversant une partie de cette contrée , dont la découverte ne remonte qu'à i8i4 *-
■ Fvjw* la o*rt«.
* Leipipieninglau oBt ripporlt du dèl*ili«urcclle colonie, inti-
ré« d«u DDe (udM da 8jdBe;-Co>e, à I* date du moi* df mira 1810.
Onjlitqae la Mii*rv , aiec ctnt •oiiaolt-diitept coodunait
638 ^TAT iCTDBL DO COMHBltCE
Il parait que, la Mourelle-Galles pourtot offrir des moyens de s'échapper auirdéportés , ou n'offrant pas auea de lieux commodes pour les placer , et peut-être aussi pour se b&ter de prendre posteuion d'une De grande et féconde, les Aaglais ont établi une seconde colonie de déportés sur la terre de Van-Diem«n.
Celte île, ^u sud de la NouTelle-Hollaade ou Nouvelle-Galles , n'était peuplée que d'uD petit nombre de naturels encore plus sauvages que ceux de la NouTcUe7Ga]les. Les Anglais en ont fait une belle colonie.
Les rives de Van-Diemen n'offrent pas l'aspect aride de la Nouvelle-Galles. Des terrains fertile» s'étendent jusqu'aux bords de la mer, et dam l'intérieur du pajs la qualité du sol est admirablement adaptée à tous les besoins d'une société
diporti» d'IrUndc , •! U.RacMtry itcc mdi i|iutTe-*iDgt-liuii déporté* d' Angleterre, tUicDt arnTiiiu port JacLioDiu OMiitde décembre iSig; que b WMimgtott, arec cent- Tin ^ Tcmmet coodimnéca rt qtunsDtc-cinq enliDii cl VÈti»» aVM cent MiiiMte hoBne* dipwifi d'Anglderre , étùenl iiriiii i Sjdae; le >g )iDïier iSw; t» Prtmf rigatt iTcc cent loliiate , et U CattU-fer^n arec cent quaraslc baume* ddportin d'IrlaDde.
Va iaii*eaa rranfaîa l'Urm^i^, capitaine FnjcîaM, qw luuit dk TOjage hjd ragrephiijue et de découTertea, aiait mouillé à Sjdoej dam le* prenieri jaun de dicarabre 1819. A UD bal donne p*r le* olBcien de i'Ummi», de jeniiM Gilet iodigèaM, Eial»e* de PanMuMa, H iiétc* dei ëcolei litabliei à Sjdoej , prirent part bue danaei et aoi récràtion* européeonei, et le &i«al remarquer par ■■■ grlce* «I Tmi- ■ance de leur* rnooremea* : ce qui proUTeque, d»oitoa«le* |mj« do uoode, le* femme* OBI pin* de di*poai>îoii qm leakonmaaaz art* de la Tolnplé , et ce qui ]MniUTe aa**i qu'elle* ODI dd|i Eail dca pi«fiê* 1 Sydoej-Cove.
ji-vGooglc
DBS DEUX IlfDBS. 65g
iiaÎ88ïate.L'}le,gén^alemeDtiDOittneu8e,aboDffe en eiux courantes. Il 7 a trois belles rivièreg nconnues , le Denrent , le Huod et le Tomar. Aucune autre île ne possède peut-être autant de beaux et bous ports : les meilleurs sont ceux de Z>ervent , de Davy , de Macquarie , de Dalrymple et d'Oyster-Bay.
Les productioDs, soit végétales, animales on minérales, de Van-Diemeu et de la Nourelle- Galles n'offirent presque point de diSérence.
BobartVTovn , capitale de l'ile, est située sur les bords de la Darwent, à trois lieues de son embouchure dans l'Océan. Cette ville , qui comptait mille babîtans en 1817 , n'est pas comparable à Sydney-CoTe pour la beauté et la régularité des édifices. Elle est bâtie sur deux collines entre lesquelles coule un beau ruisseau qui sort de la XDODtagne de la Table et tombe dans la petite ri- TÎëre de Sullivan. II fait tourner quatre moulins à farine , et peut en recevoir davantage.
L'élévation de la montagne de la Table , ainsi Dommée d'après sa ressemblance avec celle dn Cap de Bonne-Espérance , est d'une hauteur estimée de six mille pieds au-dessus du niveau de ' la mer. Pendant les trois quarts de l'année elle est couverte de neige.
Toutes les baies et les havres de l'tle sont, à certaines époques de l'année , fréquentés par les balet* Des. Ces cétacés y entrent ordinairement dans le mois de novembre. Quelques barques de la colonie
NGot^gle
64o ÉTAT ACTOIl on COHHSICE
Tiennent poursuivre i cette époque les baleines ; maïs les gros droits mis sur les huiles vendues par tout autre que par les pêchturs pourvus d'une commission anglaise empêchent que les colons n'en prennent qu'autant qu'il en faut pour la cod- Bommation de l'ile et pour ^'exportation aux Indes orientales : ce qui ne va pas au-delà de deux cent cinquante k trois cents tonneaux.
Le port Dalrymple fut découvert par le capitaine Flinders en 1 798. La ville de Launceston , situéeà dix lieues de son entrée, n'est guère qu'un médiocre village de trois à quatre cents habîtans. On a commencé une nouvelle ville nommée Georges-Town plus près de l'entrée du pojl Dalrymple. Elle est destinée à contenir les étahtissemens civils et militaires ; c'est le siège du gouvernement.
A quelques lieues de Launceston on trouve des mines de fer abondantes et riches. Le miaerai donne soixante-dix pour cent de métal pur : ces mines ne sont pas encore exploitées.
Il n'y a pour cette île qu'une cour de justice , dont la juridiction est purement civile et se borne aux affaires qui n'excèdent pas 5o livres sterl. Les autres, et les affaires criminelles, sont portées devant les tribunaux du port Jackson.
Le climat de Van-Diemen est aussi salubre et semble contenir mieux aux Européens que le port Jackson. Les étés et les hivers y sont tempérés.
DES DEUX INDES. 64l
Ltle offre relatiTcmeot à sa surface plus de boooes terres que la Nouvelle-Hollande, surtout dans 1«8 eD¥irODs du port Dalrymple.II reste encore des quantités considérables d'acres à concéder, qui peuvent être mis en culture sans retard et sans frais. Le mais n'y est pas cultivé , parce que le pays est trop froid ; mais l'orge , l'avoioe et le froment que l'on j récolte sont d'une qualité supérieure , et obtiennent la préférence dans les marchés du port Jackson. Les prairies naturelles offrent des pâturages aboodans eu toute saison. Les bœufs de trois à quatre ans j pèsent ordinairement sept cents livres , et les moulons de deux à trois ans quatre-vingts à cent livres , tandis qu'à Port- Jackson le poids' des bœufs n'excède pas cinq cents livres , et celui des moutons quarante livres. C'est sans doute à ces avantages réunis et i la plus grande facUité de surveiller les déportés qu'il faut attribuer la supériorité de la population de Van-Diemen sur celk de l'établissement de la Nouvelle-Galles. £n effet, en 1817, celle de Van-Diemen était de vingt mille trois centsoixantedix-neufhabitans, pendant que la première n'était que de dix-sept mille cent soixante-cinq <.
Le commerce de la Nouvelle-Galles et de Van- Diemen n'a eu long-temps rien à donner enéchange
1 Lr» tableau da ttitiitiqae anglaiie fiiiDl ainii le nombre dtt oODcUmnéi qui hiulint pirtM de U popnlalioa de Vm-Diemed ; quatre mille cent diportéi pour crime* ; treîie cent quanate femme! idtm : total cinq mille qaatre cent quariDle inUividua, ijaot buil cent cinqnaaie cnfiuu ealn eot looi.
6/(9 ÉTAT ACTDIL 00 COMMERCE
des marchaDdises qu'on portait dans ces contrées. Tout s'y achetait à prix d'argent. Les dioses ont bien changé rcescoloniesexportentauiourd "huiles productions du sol qui excèdent leurs besoins. Les moutons donnent des laines de qualité supérieure, et il s'en fiait des envois jusqu'à Londres , où elles se vendent bien. Plusieurs maisons de commerce, qui ont des commissions anglaises , expédient -de l'huile de baleine et d'autres produits de la pêche.
Les progrès des manufactures ont été rapides. On fabrique à Sydney et dans le» autres villes des draps communs , des chapeaux , de la poterie, des pipes, du sel, du savon, de la chandelle; il y a' des brasseries , des tanneries , des ateliers de tout genre.
On estime que le capital employé à la culture , ainsi qu'aux autres travaux et aux entrq>rises ne peut être au-dessous de 5o,ooo liv. steriing.
Les revenus de la colonie de la Nouvelle- Galles consistent, en ar^nt dépensé par le gouvernement, 80,000 liv. sterl. ; dépenses des navires étrangers, ia,ooo; divers objets recueillis par la marine de la colonie dans les mers adjacentes, tels qu'huile et baume de baleine exportés, 1 5, 000 plaines exportées, 8,000; articles divers de revenu , 30,000. Total , 1 35,ooo liv. sterl. Les taxes levées par le gouvernement s'élèvent à 21,179 liv. sterl. '.
Ces rcnseignemens montrent l'importance des
■ La comité de la cbainbn 4» ci
ji-vGooglc
DES OEDX IKDES. 64.3
beHtixét*bli88emensdelaNouvelle-GalIe8,et|li8tifient les détails dans lesquels nous sommes entrés.
En nous CDfbnvstit dafis l'Océan austral, et remontant ensuite vers le nord , nous rencontrons encore des établissemens anglais. Quoique leurs rapports commerciaux soient encore nuls, leur possession donne à la Gtaode-Bfetagne , dans ces parages éloignés, une sapériorité et des ressources qu'on ne peut lui rarir.
La nouvelle Zélande est de ce nombre. Cet archipel comprend deux grandes îles au sud-est de Van-Diemen, et plusieurs autres iles ou Ilots liès-fcrtiles. Les blés , les légumes et les plantes potagères d'Europe j ont parfaitement réussi. Les iaocs des hautes montagnes qui dominent les
nppoit «ur Niai (h l« tohane d« la HoatclIc-GaHM dm Md, dN ta
Mib*lance , 1 la •éance do lo juillet iSi i ,
Que le* diitridi le* pla* considéra blei étaieut :
Sydnef, coetcnant tu i""min iSii 6,1 18 habiltoi.
finrkenburj i|SSg
new-Cntlr loo
ToMk . .'. iM54 babHfu.
Soi ce oombre an comptait cinq mille cioq c«nt Ireiie bommei , itat miOc deai cctit ^îagt temtaet ; dcui mille le^t cent (ÎDgt-ua «nfam. Parmi eux un qturt ou an cinqnltmc de condmiuti.
Oo prul aJQUler , coatinae le comili, que loi élablÎMemeni du porÉ Dibjmple et d'HobarU - Tunn , daui l'Ile de Vaa-DIemcn, k «Éviron & def;i^ Md de Sfiatj, aoMeaaient tréiie ctnl 'iogf-un habîtani, et 1 h d^te dei denicrt'i nauiella ceol •oixanle dii-iept ■e tioaTaiecI dam l'Ile de Iforfiilt; maU dei ordre* BvaîeDt éta don* nia pour qu'on abaodoDall calte ooloaia.
NGooglç
644 iTAT ACTDIL DU COHHIICE
deu» grandes iles sont garnis d'excellens bois de construction.
C'est dans la grande !le méridionale que des colons anglais de Yan-Diemen se sont établis pour cultiver dans sa terre oatale la production la plus estimée de cet archipel , cette espèce de lin fort et durable qui unit le moelleux du coton à la finesse de la soie. Malheureusement les habitans féroces de l'île empêchent de pousser cette culture dans l'intérieur ; ils ont même fait périr en 1 8 1 S l'équipage d'un oaTire parti du port Jackson.
Malgré de pareilles difficultés, les Anghis n'ont point renoDcé à leur établissement ; ils l'ont for^ tifié , et se disposaient , au départ des dernières nouvelles de cette !le , à prendre des mesures pour se mettre à l'abri des violences des Zélandais. Ils finiront par s'y établir d'une manière durable , et par ajouter cette conquête à toutes celles qu'ils ont faites dans ces parages éloignés.
Ils comptent trois autres établissemeos , dont l'Europe ne soupçonnait presque pas l'existence , Norfolk , Otaïti , et l'archipel des Sandwich.
Norfolk , à cent trente lieues nord-ouest du détroit de Cook ' , n'a point pu tenter les Anglais par sou étendue, puisque cette Ile n'a pas six lieues de tour ; mais , outre qu'elle peut servir de relâche aifx bâtimens qui, de la Nouvelle-Galles ou
■ Cu dilroit tipnt lu deux gnndta llci de U Saniéle-ZiiMadc. Vojftt II carte.
du yaQ-Diemen,TOiit vers l'orient, elle justifie par sa beauté et la fiécoodité de ses terres l'empressement avec lequel les Anglais s'y établirent pour la première fois en 1 788. Les graines, les animaux domestiques j prospèrent. Le lin sojeux , dont nous TCDone de,parler , croît spontanément dans cette tie, où il acquiert par la culture une supériorité marquée sur celui de la NouTelle-Zélande : les Anglais le manufacturent sur les lieux. C'est un objet de commerce extrêmement important.
Norfolk est encore un point d'appui pour les établissemens coloniaux de la NouTclle-Zélande , où les Anglais peurent avoir à redouter les attaques des naturels contre leurs cultures. Malgré cette importance de l'ile Morfolk, Colquhoun assure que l'ordre fut donné en i8i3 d'évacuer cette possessioD ', qui n'avait que cent soixantedîx-sept babitans ; ordre qui vraisemblablement n'a pas été exécuté, puisqu'il contrariait les intérêts de l'Angleterre dans ces mers.
Depuis la Nouvelle-Calédonie et l'archipel du Saint-Etprit jusqu'au 35o* degré de longitude, et à la hauteur du Pérou , s'étendent des îles divisées en groupes épars dans l'Océan équinoxîal. Toutes sont favorisées de la nature , et peuplées d'habitaos qui joignent à des mœurs moins barbares que celles des autres insulaires une candeuret une confiance dontlesmiesionnairesontsu tirer le plus heureux parti pour la propagation de l'Evangile ■ F*«e4oS.
646 ÉtiT ACTCEL DD COKHEICE
Parmi ces des, où les ^nglaii oot conservé des relations et |eté les fondemens d« quelques établissemeDS , od distingue celles de ta Soeiété , dont Otaîti forme la principale.
La nommer , c'est rappeler au iecteur les descriptioDS Tutuptueuses qu'on en a faites. L'arbre i pain y abonde , ainsi que le bananier , «t d'autres arbres fruitiers inconous à nos climats. La caone à sucre d'Olaîti est ai supérieure aux autres , qu'on l'a naturalisée en Aqie , en Afrique et en Amérique. Mais Otaïti a d'autres titres à la prédilection des Anglais. La nature y a creusé deux excellens ports , l'un au nord , et l'autre au sud. L'&ngleterre a fortifié cette île de manière à ne craindre aucune attaque ; c'est Traisemblablement le résultat d'un plan général de domination dans ces mers, qui baignent d'un cdté ks cMes du Pérou , et de l'autre celles d« la Chine et du Japon ■.
Au nord des îles de la Société est le groupe des Sandwich, découvert par le capitaine Gook, et
' Lm nuian dn Olaltiema cl hui cinlÏMliMi ont f«t d<* pwgrt<, et te «001 imèlioréei. Vaici ce qu'un miiùannaire ■oglatf , métbodiilc^criTiiit de celte tle, ■ Il d*le du iSo nul ifliS.
< Llmpiwùon d« l'éiasgUe de SûdI-Luo m lan§a« «t»Iti«tta«. *D nombre de trcni mille ciempUlre* , ett ecbeTée, et le pe^ik moDtce ua lif ditir de pouéder ce livre. Beaucoup dlibïtani de* Uea PoUÙMn , et d'autret lin lito^ *en l'eM odI i|aleineBt déunit leon idcdei, el n'advrent plui qne le frai Diev. TraîacMl *■>■■* de oc* loiulairei lOnt lenui derDitrcmcDl ici pour nou* demander dn «emplaire* de la HJDle Eciitnre i et noui ■>oM ta le cbagrio de ne ptNKoir oD dooDCr qo'l nn pelii nombre. ■
DES DEUX JNDES. 64?
dans l'une desquelles ce célèbre navigateur fut assassiné par les naturels en 177g-
La principale de ces îles est nommée Owhf ée. Sa circonférence est de cent cinquante lieues. Elle compose, avec cinq autres, l'ensemble de cet archipel, qui produit abondamment des patates, des cocotiers, des arbres à pain, de ta canne i sucre, du bois de sandal, etc-
Les habitans sont déjà presque entièrement civilisés; ils se livrent avec goût à l'agriculture, i la pèche, à la navigatioa. Us possédaient à la .fin de 1S18 vingt-sept bâtimens de commerce construits par eux, et sur lesquels ils font des voyages à la côte nord-ouest d'Amérique.
Les Anglais ont d'abord eu de grands ménagemeas pour les naturels des Sandwich ; ils les ont gagnés , et en 1817 ils 7 ont établi leur domination. Le souverain ou chef d'Owhyée s'est reconnu vassal de l'Angleterre , et s'est obligé à fournir des vivres et du bois de saudal aux navires anglais qui relâcheraient dans l'île.
Elle n'a pas été moins fortifiée qu'Otaïti , et fait aujourd'hui un pdste important pour l'empire des Anglais dans ces mers.
Il parait qu'ils ont l'intention de coloniser aussi les archipels des Manfuiut,de& j4nù$ , des Navigateur» , et tant d'autres iles qui pourront , en favorisant leur commerce, tenir leurs possessions de l'Inde en garde contre les empiètemens inquiétans de la Russie , qui a étendu sa puissance colossale
648 trXT ACTVEL DU COMMBKCI
aux cdtee nord-ouest de l'Amérique , d'où elle peut se porter à l'est et au sud.
Mais nous ne suivrons pas plus loin les projets de l'Angleterre; nous n« doutons- pas qu'ils ne soient proportionnés à ses moyens , et qu'elle ne les exécute un jour.
Parreous aux extrémités de l'Océan austral et boréal , rapprochons-nous de l'Inde , et contemplons le vaste domaine des Anglais dans cette belle région de la terre.
C'est à l'influence d'une compagnie soureraine qu'est dû ce prodige de la politique et du commerce. Il est douteux en effet que , sans ce corps compacte et homogène , le gouvernement britannique eût pu jeter les fondemens d'une aussi vaste domination, et en tenir toutes les parties unies. L'intérêt particulier, soutenu et balancé par celui de l'état, pouvait seul y réussir. C'est, au reste , un des plus grands phénomènes politiques , phénomène dont nous ne chercherons pas à expliquer les causes.
Les progrèsde la puissance anglaise dans l'Inde se sont accrus pendant la dernière guerre. L'Angleterre forme aujourd'hui un empire fondé sut des possessions territoriales les plus riches du monde , sur un commerce immense , et sur la surveillance d'un gouvernement habile à profiter de toutes les conjonctures qui lui sont favorables.
On u'attend pas de nous que nous donnions ici la description géographique des contrées qu'eHe
DES DEUX mois. 649
embrasse , l'histoire philosophique cd présente le tableau tracé avec le talent du savaut auteur à qui on la doit'; mais nous entrerons dans les détails nécessaires pour faire conoattre les progrès du commerce que l'Angleterre y entretient , les revenus que la métropole en retire, et les richesses que verse ce commerce dans toutes les classes des agens qui j sont employés.
Nous tâcherons de mettre quelque ordre dans cette analyse , et surtout d'éviter les exagérations , les méprises où sont tombés la plupart des auteurs qui en ont parlé. Nous nous appuierons, pour être plus exacts de l'autorité de Cotquhoun , dont les tables officielles sont les meilleurs guides qu'on puisse suivre pour ne pas s'égarer.
L'accroissement de la puissance anglaise dans l'Inde depuis la guerre de I756jusqu'à celle de 1778 avaitàpeine été remarqué en Europe, et la France elle-même n'avait rien faitpour s'y opposer. L'Angleterre possédait en réalité ou par ses alliances un empire aussi étendu que l'Europe, et qui mettait à sa disposition 100,000,000 de revenus et trente millions d'individus. Les faibles secours que la France fît passer à Hyder-AIy la dernière année de la guerre de 1780 arrivèrent troptard.Les promptes mesures d'Hastings et les succès des troupes anglaises avaient déjà anéanti la coalition des puis-
■ Od peut *oir ,m iniplai, diiii le lixitme volume de U CJo^rvpM* de H. Hilte-Bnin ,am boone deieriplion de l'Iode brituniiiac, tWe de* loteaN angliH.
650 ÉTAT ACTUKL DO COHHEBCE
saoces iodiennes. Le cbef des Harattes était mort arant l'arriTéede M. de Bussy. Lapaîx de i783qaî . suivit doona de grands avantagea à l'ADgletene , et surtout celui de pouvoir réparer les pertes que les dévastatioDs des Marattes et les rava^s de la fçuerre leur avaient fait éprouver dans le Camate et le Bengale. Dès 1786 le niveau était rétabli entre les dépenses et les revenus de la compagnie des Indes , qui avait supporté les plus grands frais de cette guerre.
A cette dernière époque les reveousduBengale s 'élevaient, d'après les dépêches demilord Wellesley, à ioo,94o>ooo fr.,; compris les subsides du soubab d'Oude et du rajah de Benarès. Les ùais de perception et la pension de ^fOnOiOOO accordée au soubab du Bengale se montaient à 1 7,800,000 £ir., ce qui laissait un revenu net de 83,i4oiOOO fr.
Cet ordre de choses subsista jusqu'en 1803, que lord Welleeley réduisit le soubab d'Oude i une simple pension, et s'empara de tous les revenus de la soubabie, estimés -48)000,000 de francs. Sur ce revenu , le soubab payait en 1 786 un subside de 9,600,000 francs, qui sont compris dans l'état déjà indiqué des revenus du Bengale- L'augmentation du revenu , au couunencement de 1 80a , était donc de 38,4oo>ooo fr. ; somme qui, ajoutée aux revenus des autres possessions, donne celle de 180,600,000 francs pour augmentation du revenu de l'Inde britannique depuis 1786.
DES DIUX INDBS. 65l
Tel a été le résultat des opérationa politique! et militaires des ADglais sous l'administratioa de lord Welleslej, d'après les-dépêches mêmes de ce lord , auxquelles nous reuTuyoos le lecteur '■
Par les traités avec le soubab du Decan , et le rajah de Berar, les Anglais sont en posaessioD de toute la ci^te depuis les bouches du Gange jusqu'au cap Comorin; depuis ce cap jusqu'au territoire maratte de Poonah , ils possèdent toute la côte de Malabar ; et depuis le territoire des Marattes du Pocuah jusqu'au golfe de Camhaye et l'indus , aucune nation européenne ne peut former d'établissement en vertu d'autres traités.
Les Anglais seuls peuvent entrer dans les ports marattes, et par ces traités conclus avec
■ Lord W«U«ilej , Mred* lotd Wcltiagtait, nt, comne lui, Sb de lord OuTCI Collcj, comte de HonungtoD, d'une fimtllc d'IrUade irta-iacieDoe. Si en 1760, il ae diitingnt de bonae btare parw> ëludM et MM ttlent comme ont^r. d'abord dam la chambra dt* {lair», en IHande, eaïuïte dam celle dei comnaiMf, en Anglelern. En 1797 il fut noousd gouTaiocar-géa^i'*! dM poueuMni loilaùei dan* l'Inde, Emploi ijall remplit juiqa'en iSoSj époque à Imju*IU il Tut remplacé par lord Gomnallù, qai DOami tioù moia ipiii. La coodoile d< lotd Welleilrj fut ituquie daiu le parlement ; m«a il triompba de *ei ennemii, et reçut dn remerrlmeo* de la cbambra poDraon adminiilntion. C'est uo dei [dna grandi Ikommci d'itat de l'ADglelerre , qui en peut oOrir beaucoup.
Au moi* de juin i8o5, la Iraduction dei dépêche* du marqtûa da WeUeitej inicrcepièct paf le* Fraaçaii fnt iiuirée au Memittar. Cet acte dn goufememaDi franfaii fut i juale titre legaidé corauc une r«pië*aille de la publicité donaie ■ Loadrc* a la concipondaoce de l'aToate d'igjpta , lonbda «nlte le* maioi de* Anglaii. tîa corrcapou' dancc du na^luia de Welleilef coptiani beauooup de docuioew oOfïela lur te» pMaeuioDt aDglaïae* de l'Inde.
le peschem ' de Poonah , le soubab du Decan , le rajah de Berar et Sciadîa * seuls aoureraios qui conserrassent alors quelque puissance > ils sont reconnus les arbitres de tous les démêlés qui pourraient survenir entre ces princes ; c'est à l'arbitrage des Anglais qu'Us doivent s'en remettre.
Par des traités particuliers d'alliance défensÎTC conclus à la même époque avec le peschewa , le soubab du Decan , et Scindia , chef des Marattes , ces princes sont obligés d'entretenir une armée de vingt -deux mille hommes de troupes toujours prêtes à marcher, toujours pourvues de ce qui est nécessaire pour entrer en campagne.
Ces conventions ont depuis été changées, mais toujours en faveur de la domination anglaise , sous le gouvernement du marquis d'Hastîngs ', gou-
• Ce mot ugnifie chef ou commandant ntprtme. itnfmttor, dM> k lem primidr quF luidoBRÙent Ici Lcrinj. C'at de lui que dirîrc le mol paeka, qni dliignc tgaUnirnl on cbeF Duliuira.
* Le mirquii d'Eiiutiagi, dont il «il queition ici, n'cit dÏ fib •■ ncTCU du fmmeui marqui* d'Bailinf^ dont la conduite au Indes fut ■i fixement alUquèc au parlement, «I qui ne dut ton ulol qa'aui gnodei ictoe* poliliqun qni. Ion de aon jugement, inflnèreot aar l'upinrân pnbliqne.
Le mirqnii d'Hailiogi, lujourd'hai Eiourenieur de l'Inde anglaùe , (M ne in Iriiode en i^Si. Son nom eit Prançoi» Biwdon HaatiBgj, depiiù lord Hoir*, par la morl de ion oncle . dont il Uiila du non el de llmmenae Torlune. Lord Rawdon fit avec honncnr, coarage tt dittiiiction, ta guerre d'Amiriqne. Il ne ic dltlin^a pia maina dani la chambre de* pain pai leii opinion* en tiTeui de l'abolition de ta tnitt de* noin, el pour le* catfaoliquM irlindaû. Il hil moin* benreai dam le commandement det èmin^i armÉi contre la France. Il
DBS DEUX INDBS. 655
Teroeur de llude anglaise. Cet habile politique , qui avait forcé en i8i5 le rajah de Napoul à cédei à l'ADgleterre une partie de ses états, saisit, deux années après, la conjoncture d'une conspiration des chefs marattes , le peschewa de Poonah , Holcar, et Araeer-Khan , pour étendre encore le teirîtoiie britannique. Après les avoir battus et dispersés , il envahit sur leurs états les villes et les districts à la convenance des Anglais, fit déposer le peschevra , et le confina pour le reste de ses jours dans la forteresse de Benarès. Holcar n'échappa au même sortqu'en abandonnant les contrées les plus fertiles de ses domaines.
Ainsi lord Haslings , suivant les traces de son prédécesseur, a affermi dans ces derniers temps la puissance anglaise contre une des plus dangereuses tentatives qui aient été dirigées contre elle , et a même fait tournera son agrandissement un projet qui devait en opérer la ruine.
■ Dans l'espace de trois années , disait à ce sujet M. Grant, dans la chambre des communes',
j étBÎI tou|aan qnaitioa d'eicitet ti guerre dvile entre deui partit d'une natka ftnéicuie et paiuaotc. Il déwpprourut l'eipédîlioa de QoiberOB, dont il eot le CMninandcaient ; et certa lui et ceui qui la conaeillèreiil eurent à garnir de mi irole* et langUni téioltata,
Xtoid Hoir* rendit de* lerrioai à la famille rojale anglaîie en contribuant t la réconciliât ion dnroi Georgeiavec le prince deOallM. Ce Tut peut lui donner une Durqne de rtcoDeaisince que celui^ei l« fil nommer foaTcrnent^gdndraldei poetewioni anglaiaei da» l'Inde, ma moû de {anvier i8i4.
• Séance du 3 Hvrier i8ig, où l'on Tola des remETClmena k M. Butingi pour li manière dont il a*ait mnduil et termint la guerre contre lea prîncM naratte* coalitét.
le gouvernement britanuique a eu à lutter contre les puissances marattes ; iJ a glorieusement soutenu deux guerres maritimes qui nous ont acquis beaucoup de gloire et une grande extension de ■ propriétés territoriales, mais qui ont en même temps accru la dette de la compagnie des Indes de plusieurs millions sterling; et les résultats de ces gnerres désastreuses ne s'arrêteront pas là.
< Le peschewa de Poonah , n'étant plus sourerain indépendant , perdit toute influence eotcrs les états étrangers , qui méprisaient sa position dépendante de la compagnie : son gonrememeat était mal conduit, la justice mal administrée; les impAtii étaient perçus sans conscience et avec cruauté. Ce peuple, qui gémissait sous un gouvernement atroce et nous Imputaittous ses maux, prit le nom anglais en aversion.
« Une partie de l'armée du peschewa fat licenciée lorsque ee prince se mit sous la protection britannique '. Il en fut de même chez les autres princes indiens qui avaient été asset coufians ponr réclamer notre appui ; de sorte que p)u»ieun , ou la plus grande partie de ces hommes licenciés , étant militaires depuis l'enfance , par profession et par goût, et ne pouvant suivre aucune autre carrière, se sont trouvés dans la nécessité d'aller ailleurs tenter fortuye ; ils prirent du aetriee cshei
■ G'Mt-k-dire apréi Ié inerre lenfliD^e ta i8i5 ; ev, <biu cdle d« )8i7,oecbvr «« prince, ■'«■•nt de oouTein ligué conlre l'Anglttem,ntt dépota, comme aooi tcnoa* de k roir.
DES DXDX INDES. 655
les pindarées > , et ont , par ce fait , augmenté la force de ces bandes déTastatrit-es. On ne saurait nier que les chefs marattes , Holcar, Scindia, et Ameer-Khan , n'aient encouragé ces brigands, ayant envie de se serm d'une force qui , sans pa* raître agir sous leurs ordres, pôt néanmoins nuire au gouveroement delà compagnie.
t Le marquis d'Hastinga a très-bien fait d'attaquer et de battre les pindarées qui avaient envahi notre territoire *, et maltraité ses habitans ; mais l'extension de ce territoire ne doit pas nous inspirer une joie excessive, et tous ces avantages si vantés ne doivent point nous imposer silence, quand des objets d'une aussi grave importance sont soumis à notre discussion. Plusieurs des directeurs de l'honorable compagnie semblent croire que tout est terminé dans l'Inde parce que les
' Lm pia<Wée«MMt(Di ttrre oc que Ici libMtien MueDtiurintfi quand ili foiuieat tremblci toui lei piTillaaa. C'eit un b^i* de bii< gmaàê cl de déierlean de loutet Ie> nalioat de l'Aiie. Leur premier nojao hit tièi-Ikible; naii, dq>ui*, l'illnit du pillage a coadnit anprii d'eu looi let mautaH rafcii qa[ ne pearrat jitre que de brigMdage. lli «Dt dirnéf par baDda pin* ou moiiw oombreuia, mxu de* cbefi Éleclib ; ib foDI peu d'uiage dei «rmet à feu , et te •errent de tmbrtt et de pique*. Leur principale rëiidencc eit du» le Decan ; f'mt d« la qn'ib «c portent ereo la rapidité de l'écdair lur loi plaûn du Bengale, de Coromiadel et de l'IndoitaD. Lei prioce* miiTaltea Sciadiai k pcKbena de Poonah, Holcar et ÀBcr-Kbao , aVtalent lîgnia nro la* ckcb de on bfi|(*ndi pont atta(|aer tooi à la Mt 1m powHMort «DgkiK* dan* 1* coalition qne lord BMtinp ■ >■ henm* •emCBt ddtrnite en 1817.
• Tcn U Sade >8i6, le* pindirfca cnTahirenl la prMdence d« H*dra*, brAlirent ploiienn «illagc*, et dfraitireiit le paj*.
656 iTAT ACTUEL DU COHHEKCS
troubles y paraissent momentaoénicnt apaisés; ils pensent que notre pouvoir dans ces iauneoses contrées est placé sur une base solide et permanente. Je désire sincèrement qu'il en soit ainsi; mais il est bien à craindre que les peuples de llndostan ne persistent avec leurs chefs dans le système de haine , de jalousie et de déloyauté que nous avons fait naître chei eux. Les pindarées ont été battus et dispersés , j'en conviens ; mais, d'après les habitudes du peuple indien , de douveaux corps viendront prendre la place de ces brigands.
■ Nos possessions au centre de llodostan s'étendent d'un manière alarmante. D'après le marquis d'Hastings , notre pouvoir est directement ou indirectement reconnu jusqu'aux bords de 17o< dus. Yoilà des espaces effrayans sur lesquels il faut nous disséminer; et pour contenir la popul^ion de ces domaines , nous n'avons en tout que quarante mille Européens , tant négocians qu'ouvriers, employés civils et militaires , y compris les femmes et les enfans ^.
« Nous dominons à présent dans llnde sur un espace plus étendu que n'en posséda jamais aucun souveraÎQ mogol. Les gouvememens raje-
■ D'aprèa de» rclerëi digoea de cx>aG«nDe> U compagnie poaMe tnloanl'bai lea troii citiqiiKfiiicide l'Indotap. Sci refCDiu l'èlfeTenl k ptèi de 350,000,000 de fruia , dont plu fie* trou ^iuit> luttacat k peine eux fnii. Le >urplu> icijuittc Ici înlirSt* de u dette, qm groaûl toiu Ici jour*. Lei «iinuiget (qu'elle procure k l'ilat rteobeQt dti rieheMW immeatu que celle oompagoie fait cinailer par le
DBS DIDX INDES. 657
poutes ', dispersés dans le ceDtre et dans l'occident de I Iode ■ sont composésdu même peuple que les goureniemene marattes. Ils ont les mémeB défauts , et oat seulement moias de pouvoir. Lorsqu'ils seront affiraachis de la domioatioD des che&
nplojAi de le*
t da m>it go(i*eraeawat. .
1 en 18.7 i, .i34oi hauDM^
Eo Iraapc* tn^ÙM* ,
C**>lcne da toi. 4,8911 t«M—i.
labalcrie I7,85S
ArliUerie dlhnopb 4,585
Es tMwpe* iodieBDci i^licrc*,
Caf alêne de* Ditib iiiOii
lofulerie Un». iSi,8iS
ÀitUlerie Um». 8*769
En tMMpCiinignIiitcttadiaDiMi,
Carilnic dei attib. 7.6S)
tmUattmUam..... i7>«8s
hmlidetct pewiDBD<*. 5,8iS
TmàU 113^4 bMBBM-
Cet Am ed^nifert de 11,000 bommci qne celai de i8ii,doBA4 par Colqubonn , ce qui ■'eiplîqnc pac le* itëDemeni. U panlt mènM que depai* 1B17 le simivrncmeat anglaii, lut U deouode ita la compagnie , • Tail piMer deua lAgimca* ani ladei orientile*.
■ La RijepoolM n'occopaîtat origiBaùemeot qne le ptft cntta le ooid-oue*! da Gniante et la bomei ocridealala do tcmioira d'Agn, t cÏDquaote Ueun de Delhi. La Rajepoula ont toujoun été ct\ibni par leur riialance *n goaTeroemcDl du Hogo) , et par leur amour pour ItndiprDdiact:. lit tienacnl i la eau» ou au parti iodien oppoai i la domioalion larop^enoe. Le HalTa el l'Agimère •ont babitdt en partie par da Rajeponta.
658 iTAT ACTOEL DU COHHBKCE
marattes , les Ra)«poute8 se disputeront ; la compagnie devra ÎDterreDir avec une force militaire , et cette force derra être d'autant plus considérable- qu'il j aura plus de pays à mainteoir en sujétion. Si la guerre éclatait eu Europe lorsque llade sera en état de trouble , je le demande , la Grande-Bretagne pourrait>elle fournir ce contingent de troupes européennes qui doit toujours entrer dans, la composition de nos armées en Asie ' ?
• Qu'aTOns-nous gagné par ces accroissemen? de territoire ? La dette de la compagnie est encore aujourd'hui ( 1S19) telle qu'elle se trouvait en i8o5 : elle s'élève à 33,ooo,ooo sterl. ( environ Soo,ooo,ooo de francs ). Il a fallu accroître nos établissemeos dans la proportion de nos conquêtes , et les revenus sont au-dessous de la dépense,
' Celle DércMÏti de nuinteair ki poucHioat dana l'iBde explique bMUOonpdecIioanobMurcadeUcoailuitedeUOranda-BraUgnedaat lapalitiijuedii cootineot j nuLi il «tlévideol pour toute penoanc qui ibqueli{ue eip^rieDw que, rodfrà la ca)iacîtë bien iiouce de ~cbomme* d'itil, t'Angteterri! a'eipone k une ruine probaUe daaa n> piocbaia aieair au faTorigant Ici grani!» maiaea jioliliiju» en Eurapc. plulât que d'j maiotenir autjnt que poivible lei étala ircoodaim ei gouternéi avec du foime* populaire! : il d'j a riro decertuo en politique, li ce priDcipe a'etl pu cooforme aui iDtirèl4 dct AogbU. Lei pR>grè*de la démocratie chei cui, doulon les effraie, tant pcut- Clre auDÎ dangereui avec le njilime qulla ont adopté, puitqor de tout tempi les frandei puiataaces l'co ion) lerricl pour doDoer de l'embariaa au ininiitère anglaia; jaoïaia lea petîiea oe troubleal la paîi domeatîque dea aulre» ilala. Le mianlire de Louia iit , qui ■'•ptea. daît en pareille matitre, eut loujoura pour maiime de bToriaei Ici pelitea puisMacct, de le* muliiplier, d'aaiiurec leiir todépeDduicv et leur liberté politique. Vojei, liiei lliisloirc, et jngei.
0B8 DIVX INDES. - 669
même en temps de paix. Lorsque dos possessions étaient d'une moindre étendue, noua avions toujours un excédant de revenu. Jusqu'à présent nous avons eu une succession de victoires glorieuses sans éprouver aucun revers ; mais devonsnous toujours compter sur les faveurs de la fortune ? Tout doit donc nous porter  diminuer l'état gigantesque civil et militaire que le noble marquis entretient (lans l'Inde. ■
Ces débats montrent assez que l'opinioa n'est pas uniforme en Angleterre sur les opérations de la compagnie et du gouvernement dans llnde. Four mettre nos lecteurs à portée d'en juger ^t de se faire une idée juste sur cette grande question , nous allons tracer rapidement le tableau des établissemens qui sont sous la dépendance de l'Angleterre, et des résultats du commerce britannique sous le privilège de la compagnie '.
En commençant par l'estimation du revenu des propriétés territoriales, on voit, d'après les détails qui ont été soumis au parlement , que ce revenu s'élevait en 1 8 1 3 à la somme de 1 8,o5 1 ,478 livres sterl. , et les bénéfices faits dans le commerce pendant l'espace de quatre années à 1,693,739 livres sterl. ; ce qui fait un total de 19,7449310 livres sterl.
' Colqahona a, mu du piicw offldcllct, établi c» donniet pou r^poqne de 1811 ; depuît m auMocnt, l'itàt da li eompigaie a'cat ■gnndi duu l'Inde ; ouû M» ds maniai* à lendip iDutilu lea do'
66o ÉTAT ACTUEL DC COMMERCE
Hais ce ne sont pas là les seuls bénéfices lésultans de la possession des territoires de la compagnie aux Indes orientales. Il paraît que les diverses branches d'importations faites annuellement par la compagnie de l'Europe , de l'Asie , de l'Afrique et de l'Amérique, dans les contrées de l'Inde soumises i son privilège . sont éTaluées , année moyeDnesurcinq,àlasomine de 11,943*447 livres sterl., et que les exportations feites de ces contrées aux différentes parties du globe se sont élevées à 1 1 ,674t454 livres sterl. ; ce qui présente conb-e les Indes anglaises une balance de 268,993 livres sterling.
Xa portion du vaste commerce que la même compagnie est reconnue avoir fait entre ses propres possessions et l'Angleterre consiste , savoir ;
En importation de la part des Indes anglaises, pour 1,747*771 livres sterl. ;eo exportation, pour i,35i483.
Les importations, faites par la voie du commerce particulier sous son privilège ■ s'élèvent à 970,o3i livres sterl. Les exportations faites par la même voie de llnde en Angleterre s'élèvent à 1 ,370, 1 33 livres sterling ;
Les importations faites par les Indes anglaises
aux différentes contrées du continent d'Europe ,
564,3S8 liv. sterl. ; les exportations de ces mêmes
pays, 442)697 livres sterling;
' C'Mt-ri-din d'aprii U* coaditioM pmcritn du» la A^rt»
NGoogle .
DSS ItinX INDES. 661
Les iitiportatioDS faites des États-Uois d'Amérique dans l'Inde , 908,36a livres sterl. ; les exportatioDs à ces mêmes états, 846,445.
Les importations extraites de l'Asie et de l'A- ' friqtie par ce qu'on appelle le commerce du pays se sont élevées également , pendant une année moyenne sur cinq , à 7,775,899 livres sterl.
« Les ressources qu'offre à l'ADgleterre le commerce des Indes orientales et ses possessions territoriales dans ces .contrées, dit H. Colquhoua, procurent dee emplois avantageux i un grand nombre de sujets instruits, d'origine anglaise, attachés aux différens département civil, militaire et de la marine ; elles entretiennent un commerce libre, exploité par des marchands trafiquant arec licence de la compagnie; elles tiennent en activité vingt-cinq mille matins naviguant sur les vaisseaux de llnde ; elles dotent des établissemens en Angleterre qui sont soutenus par les fonds de fa compagnie : tous résultats qui tendent plus ou moins à accroître les richesses et les forces de l'état. Et si l'on ajoute à tout cela les avantages qu'ont procurés les capitaux répandus en Angleterre dans le cours de ce siècle par un grand nombre de personnes revenues de l'Iode , ou par leurs héritiers ; si l'on y comprend encore les richesses acquises par des particuliers qui reviennent chaque année dans leur pays natal pour y jouir de, leurs propriétés, on verra que les profits du commerce auquel se livre
66a iTAT ACTOBL DO COHHEICE
ta compagnie, et qui étaient, <lans l'origine, le seul objet que l'on eût en vue, ne sont aujourd'hui qu'une portion des avantages que l'on retire de ce même commerce, et des richesses qui résultent de la possession des territoires dont jouit la Grande-Bretagne dans llnde. Ce qui le conlinne, c'est que, pendant le temps assez long que la compagnie a été à lutter contre le désordre de ses finances, et avec une dette causée par des emprunts qui étaient la suite de guerres dispendieuses et presque toujours inévitables , la mère -patrie n'a point discontinué de retirer du commerce de l'Inde des avantages et des bénéfices pécuniaires, et qu'il en est résulté pour elle les élémens d'une prospérité qui n'a point cessé jusqu'ici de s'accroître.
t II parait, continue le même écrivain, d'après l'examen des papiers relatifs à la compagnie des Indes, mis sous les yeux du parlement, qu'elle considère ses possessions dans l'Inde comme susceptibles d'être distinguées par la dénomination de foTidt actif n\i propriétés fottantei, telles que créances qui peuvent être réalisées, balances de comptes courans, et marchandises qui peuvent être vendues et converties en numéraire ; et par celle de fonds mort ou propriétés qui, bien qu'ayant unevaleurintrînsèque, nedonnent aucun revenu, et ne sont pas dans le cas d'être converties en argent , telles que fortifications , comptoirs , munitions de guerre , casernes et magasins , etc. , etc.
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DES DEVX IHDEB. 663
Letotaldesdeltflideta compagnie des Indesorientalea payable* en Anfjleteire , conaistant en bons de l'Inde, en lettres do change et autres effets, en comptes ouTerta à solder, s'éièTeot *, ainii qu'il résulte des iw.itetl. documeniirendiupublitMjàlaaoniniede... iS,886,43i
Les dettes dans l'Inde, en objets semblables , et d'après ce qui est établi par les mêmes documens , montent à 39,127,869
La dette flottante s'élëre donc , en total , à 46, 1 14,095
En opposition & cette somme, on peut faire figurer les créances de la Ut. nerl. compagnie en Angleterre, pour 5,369,4'®
De plus, les marchandises non vendues , et l'argent existant dans le trésor an 1" mars i8ia, pour 5,795,535
Le résolut de la balance du fonds actif dans l'Inde, eonslituant un capital effectif d'après l'apurement des comptes arrêtés au 3o avril 1811, à 13,786,610
Les créances que la compagnie possèdedans l'Inde, et provenant d'avances faites pour des cbargemens et expéditions de sel et d'opium, montant à ' iO,i58,io5
Les cargaisons expédiées d'Angleterre qui n'étaient point encore arrivées dans l'inde ni à la Chine à l'époque ci- dessus mon-
lionnée,pour 1,876,87a
36,986,543 A reforter... 56,986,54a 46,ii4,i»9'
6fi4 ^TAT ACTIIll DU COMMEBCB
li*. »terf. K». ••"*•
J}'«utrcpart 56,966,543 4M >4.a9S
Fondt motti eo Angleterre , comprenuit lei maiions , maga< •fa», meuble*, n&wM, tloof»
et Kotres eipèoei de barqoeM, pour une velear de g;,, gtvL
ïonds morU dani l'Inde, tel* que fordficatkwftJiUimeiM, «rgeoterie, meublet, pbnUtkma ,fennei , ■naguinB, navlree, ■loopa, etc., 7 oompris In forte et b&timeni de l'tle do Prince de Gallea. . . 10,870,139
Total des ctéanoec et fonda... 4»>«<t4t6o4 49*o^>M Dette* flottante* et antres 46,114,39s
Balance en fineor de la oompagnie 3,960401
■ En eatimaDt que le capital circulant et actif de lacompagnie , qui s'élève , comme il est ébblicideasus , i 36,g86,543 Ut. sterl. , pût être conTerti en argent, et appliqué au paiement des dettes cidessus mentionnées de 46>i i4>393 livres sterl. , la dette existante serait véritablement réduite à 9,137,751 Ut. sterl. ; mais, en opposition à cette somme , on peut présenter non-seulement la valeur du fonds mort ou non productif, qui s'éière
DZa DKbX 1HDE8. 665
au moins à la somme de 13,078,153 liv. steri. , mais en outre le montant du revenu territorial , et d'autres brandies de revenu, ainsi que les bénéfices du commerce, faisant ensemble annuellement un total de i9,744,3ioliT. Bterl.tsur lequel on peut raisonnablement attendre uoe augmentation considérable, aujourd'hui que les ex- péditionscontre les puissances ennemies en Eun^ cesseront d'avoir lieu , que les forces des princes de llnde , qui jusqulci avaient montré des dispositions hostiles , sont on anéanties ou considérablement diminuées , et que l'on • l'expectative de jouir d'une longue paix dans les possessions anglaises. On peut s'attendre aussi que cet état de choses donnera la possibilité de diminuer l'immense état militaire qui existe, et de supprimer une partife des dépenses des établissemens civils actuellement en activité ; que , par suite de ce système d'économie , une portion plus considérable des profits annuels faits dans le service de la compagnie doit se fixer dans la mèrepatrie, d'autant plus que la plus grande partie de ces profits estactuellementd^ensé dans ITnde.
« En considérant les progrès successifs et la situation actuelle des affiiires de la compagnie des Indes avant le mois de décembre i&i3, on peut tirer les conclusions suivantes ;
< I* Que le commerce des Indes orientales dans la situation où' il est aujourd'hui , et de la manière dont il se trouve lié aux revenus des pos-'
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666 ir&T ACTOZL du commekcb
sessions territoriales, oe peut jamais être une source de profits pour les propriétaires d'actions, quoiqu'il puisse être extrémeoient araDtageux à la nation en générai, comme il l'est en effet.
• a* Qu'aux termes de la dernière charte ■ , on ne peut p^s compter que les revenus des possessions territoriales puissent produire aucun bénéfice i la compapiie; le gouTemement croyant être autorisé à réclamer en tout temps l'excédant , quel qu'il puisse être sur ces revenus; et cela, comme une indemnité pour les frais d'équipement des flottes envoyées dans les mers de l'Inde , pour la protection du commerce et des territoires acquis à diverses époques dans l'Inde par la compagnie , et qu'elle n'aurait jamais pu ni acquérir, ni conserver, sans l'intervention , les secours et ta protection de sa majesté britannique.
« 5' Que le commerce de l'Inde en objets manufacturés de l'Angleterre n'est pas ( ainsi que diverses recberche s l'ont démontré ) susceptible de prendre plus d'extension que n'en ont aujourd'hui les exportations de la compagnie , celles du comtnerce des particuliers et du commerce étraDger; que dès-lors ceux qui font en ce genre de vastes spéculations et comptent sur ud accroissement de consommation des marchandises manu-
' L'acle ia tj d6cembT« iSiS.
DES DtDX 1NDE3. 667
facturées de la Grande-Bretagne dans t'Inde, peuvent être induits en erreur, bien que les entreprises de quelques individus à part puissent causer avec le temps un changement heureux.
■ 4* Que, pour rendre le commerce des Indes orientilcs aussi avantageux qu'il peut i'étre , il est nécessaire que les marchandises importées par la Grande-Bretagne le soient au taux du fret le plus modique, et avec le mains de frais possible ; mais qu'il soit en outre donné toutes facilités pour que les articles ainsi importés puissent être ou vendus ou exportés dans le plus court délai aux différens marchés de l'Europe. Le système de la compagnie des Indes ne parait pas devoir donner à cet égard les facilités qui sont nécessaires pour que le commerce marche avec l'activité désirable. Il se passe beaucoup de temps avant que les marchandises puissent être mises en vente. Les négocia ns privilégiés qui font le commerce pour leur propre compte souffirent surtout de ces délais par la baisse des prix dans les marchés; ils cessent d'avoir la faculté de disposer librement de leurs marchandises ; et telle est , dit-on , le laps de temps qui s'écoule pour l'expédition des navires , le voyage de retour et l'emmagasinement des marchandises dans les magasins de la compagnie, jusqu'au moment où elles peuvent être mises en vente, qu'il est arrivé à des vaisseaux des États-Unis de foire un voyage en Amérique ,
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668 ÉTAT ACTDBL DO COKHBtCE
et d'en revenir avec des cargaisons presque entièrement composées de marchandises de llode, et de faire même une seconde fois ce voyage avant que les mêmes articles importés par la compagnie pussent être mis en vente à Londres.
■ 5* Que les productions des Indes orientalei vendues par la compagnie, aux ventes de 1809- 10, consistaient dans les articles suivans,' et ont produit les sommes ci-après :
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■ D'où il suit que, dans le produit total de ces ventes, qui est de 4i336,6o7 liv. sterl. , les marchandises de la compagnie figurent pour 56 centièmes, le commerce anglais particulier pour 3^
OIS Dinx INDES. 669
ceotiérneB, tes marchaDdises capturées pour 7 ceotièmes.
( 6* Que les productions de la Chine exposées aux Teotes de la compagnie en 1809-10 , consistaient dans les articles suivans , et ont produit les sommes ci-après :
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■ Et que dans le produit total de ces Tentes , qui s'élève à 3,9o6,44> ]>v. sterl-, le commerce de la compagnie figure pour 90 centièmes , le commerce particulier anglais pour 9 centièmes , les marchandises capturées et le commerce neutre pour un ceniième.
■7* Qu'il résulte desdocumensmis sous les yeux de la chambre des communes, et dont l'impression a été ordonnée le la avril i&is, que , dans l'espace de six années de 1 8oa-3 à 1 807-8 inclusivement , les importations et les exportations avec
6^0 iTkT AGTUEl'dQ COMHEaCE
les Indes orientales sDgUises , opérées taot par la compagnie que par le commerce particulier priTÎlégié et par les diverses autres nations, sont comme il suit:
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