‹ État des colonies et du commerce des Européens dans les deux Indes (volume 4)Chapitre 24 sur 34 · Il · texte numérisé non relu

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Ce tableau n'offre aucune des nooTclles conquêtes des Anglais. Nous les avons fait connaître précédemment : il nous reste seulement à rendre compte de Ceylan, une des plus importantes , et celle qui semble placée exprès pour faciliter le commerce de l'Angleterre et assurer sa puissance sur les deux côtes de la presqu'île et dans les mers qui l'euTironnent.

Cette ile passe pour une des plus riches du monde. Non-seulement elle produit d'excellens fruits de toute espèce , du poivre long , du coton fin , de l'ivoire , de la soie , du tabac , de l'ébène , du musc, du cristal, du salpêtre, du fer, du plomb, de l'acier, du cuivre; mais encore elle abonde en volaille, en bestiaux, et nourrit un grand nombre de chevaux et d'éléphanspropres à supporter la fatigue, et supérieurs à ceux de l'Inde. Ses côtes fournissent d'excellent poisson. On y trouve de l'or , de l'argent , et diverses sortes de pierres précieuses.

On cultive à Ceylan l'arbre à pain, le cafier. comparable à celui de Moka , le poivrier , la canne à sucre, le riz et le coton, et surtout la cannelle, qui passe pour ta meilleure du globe.

Il s'y fabrique parmi les naturels des étoffes de coton d'un très-beau rouge. On sait au surplus que la pêche des perles se fait sur ses côtes. L'historien des deux Iodes est entré sur cet article dans des détails auxquels nous renvoyons le lecteur.

Od compte à Ceylan , d'après les calculs doonés par M. Cotqahouo , huit cent soixaote mille habitaos répandus daos les parties de l'île occupées par Içs Anglais , savoir six mille Européens , et le reste en hommes libres de diverses nations et en gens de couleur.

Il j avait en iSia, dans les mêmes parties , cinq cent mille acres de terre cultivés, et quinic cent mille acres non cultivés. Ou estimait la valeur des productions récoltées chaque année , y concis les comestibles et les fruits , 3,3o6,ooo livres sierl. CeUe des exportations se montait à i,5oo,ooo livrés sterl. , et les importations dans l'ile à 1 ,000,000 livres sterling '.

Les principales villes sont Trinquemale, Colombo et Jaffna. La richesse particulière des Anglais daiu ces trois places est de a,45o,o6o livres sterl. , et les propriétés appartenant au gouvernement, de a, 000,000. Le gouvernement portait à 100,000 livres sterl. seulement les espèces en circulation.

Il s'exporte de CejUo, année moyenne sur dix ans, les quantités suivantes de denrées coloniales, savoir :

Café, six mille balles pesantchacUQc cent livres.

Indigo , trois cent mille livres pesant

Coton , deux mille balles de deux cent cinquante livres pesant.

' 11 n'jr II ni eicine* acilr* ni autrei dam Ici potnmiana iDgIiùe* à CejUn ; la cultme l'j &ît par dei bommci lîbm cl ulxri^-

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Sucre, vingt millions de livres pesant.

Clous de girofle , vingt mille livres pesant.

Les Anglais portent à Ceylau des toiles de lin , de coton , des étoffes diverses de la côte de Coromaodel et du Bengale, des marchandises et de la soie de la Chine. Il s'y importe aussi du blé de l'ile Bourbon , du m de Madagascar et de - différentes parties de llnde.

Le revenu que la Grande-Bretagne retire de Ceyian ne s'élève pas encore au-dessus de aoo è sSojOOo liv. st., suivant quelques écrivains, parmi lesquels nous comptons M.Beaumont de Brivasac ; encore faudrait-il comprendre dans cette somme 60,000 liv. sterl. que la compagnie des Indes paie au gouvernement pour faire seule à Ceylan le commerce de la cannelle ; et 4o,ooo liv. sterl. pour les pêcheries des perle§ dans le détroit de Manat '. Ce relevé se rapporte à i8i3 : à cette époque il s'en fallait de beaucoup que toute l'île fût soumise aux Anglais comme elle l'est aujourd'hui. Voici comment ils y sont parvenus.

Au mois de mars i8i4) le gouverneur d'une

' Colquhoun Dc doDoe point diqi khi oumge 1b icicdu pubkio de l'Ile: il eitime »ailcineot, ciimine on ■ tu, lei propriété! pohUqiiei ' 3,i>iMi,<xx> de lÎT. it. , cl let piopricléa pirlicutièm 8,4)o,ooo li>. it. ; ■atoir , CB olear d« lerrci cuhîtéa, 5,oM>,(ioo de tir. ittei4. ; R> *■leur do i*n«i ooa cnltttiM, jSo.ooo thnt «terliog ; en Taleiw de Diiguini, mirelundiMi, baroitam d*ni Ici TÎUei, ai45i>iOOO li'- **• > eDTilenrdeUuurine ooloowle ( ealtiuat thaffiits ), 1*0,00011*. «r.; ea Tilror d'npècM circolMla, ioo,oOa 11'- iterl. Total da pr»pnkti pobHqnn Bl piitîcidiéRi , 10,410,000 linci iteiling.

684 iTiT ACTUEL DC COMMEICE

des prOTÏDces du rui de Candy'se révolta contre son maître , c'est-à-dire De voulut pas lui obéir : certain de périr sans pouvoir se justifier , il offrit aux Anglais de leur faciliter les moyens de s'emparer de sa province , s'ils voulaient lui donner protection ; mais les Anglais se bornèrent à envoyer uo détacbement sur la frontière pour la protéger contre les deux partis. Le rebelle fut battu, et la guerre paraissant finie, les Anglais rappelèrent leur détacbement à Colombo. Sur ces entrefaites, dix Anglais, ou sujets des Anglais dans l'île, furent surpris sur la frontière et conduits devant le roi. Ce tyran , après avoir fait couper par morceaux sept de cesinfortunés', renvoya les autres à Colombo, sans nez, sans oreilles et sans bras. On résolut d'avoirraison de cette barbarie. Lord Moira, marquis d'Bastings, alors gouverneur des établîssemens anglais dans l'Inde, était en guerre avec le napoul ; >1 ne put envoyer de secours k la colonie. Cette circonstance enbardit le tyran de Candy. 11 se rappelait tes avantages qu'il avait eus en 1 8o3 sur les Anglais , qui avaient vu périr par ses ordres une de leurs garnisous composée de six cents hommes. Il fit donc avancer son armée sur les établissemens britanniques: heureusement elle fut battue; les Anglais, poursuivant les fuyards presque dans la capitale du royaume, trouvèrent

' On u!l que rinlérieiir de l'tie eit portai entre pluitcuru chefs on MiDTrraiiii. Le roi de Candj' «I le plui pniouit , et un de* plus rarouchrg deipotci que l'Aiie ail pntduiti, ca qu! c*t beaucoup dire.

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le roi dans son palais , livré plus que jamais à sa férocité naturelle , faisant empaler ceux qui venaient lui annoncer l'approche de l'ennemi. 11 ne prit la fuite qu'à la ?ue de l'avant-garde anglaise entrant dans la ville; mais il tomba bientôt après dans un parti de ses sujets qui s'étaient ré?olté8 sous les ordres d'un de ses anciens ministres , et il fut livré aux Anglais au mois de février i8t5. On le conduisit avec ses femmes à Colombo. Le gouverneur lui ayant demandé la permission de saluer ces princesses , il lui fit cette misérable réponse : ■ Je le veux bien ; vous pouvez même leur baiser les mains ou le visage, comme il vousplaira ; je voiis préviens seulement qu'elles 80 ntun peu sales; leurs habillemens ne sont pas eocore venus de Candj. >

On ne fut pas long-temps sans être obligé d'embarquer pour Madras cet ex^souverain, qui mettait tout en combustion à Colombo ; mais , quelque surveillé que fût un pareil homme dans une ville conune Madras, le marquis d'Hastings ne crut pas sûr de l'y laisser ; et , oubliant la promesse qu'on avait faite ù ce prince de ne le pas conduire ailleurs, il le fit transférer dans le fort de Vellore , devenu fameux parla détention des enfans de Tipoo-Saîb'.

La conquête de l'ile fut consommée en mars t8i5, Traisemblablement à la satisfaction des ba-

' Ce (bt le J mi 179g que l'ccronU l'empire de Tipoo-SiCb pir la prue àe S^rioglupatlMn , m cipiule; Ira AngUii f'eo rendirent nuttn> aprts ud li^e opiailtre. Tipoo-S*Ib fut trouva mori dam Ma peliii. Celte conqnSie fit pauer le Ujiore mim U domînatioii angltiM 1 c'«M un d«* pliH gnndi ivénemen* de l'faialom dei Indei-

€86 JSTÀT ACTUEL DD CQJIHBRCE

bitans ( non-seulemeot parce que les Anglais les délifrèreot y nous ne diroDS pas d'un despote , qu'on peut quelquefois supporter, mais d'un tyran qui foulait aux pieds les lois , Iti'umaDitê et l'îanocence. Les conquéraus joignirent à ce bienfait celui d'avoir donné auxCandiens une sorte de constitution où les droits des peuples étaient à l'abri des fantaisies et des rexations d'une cour dont les moyens de corruption auraient suffi pour assurer le triomphe du pouvoir sur les libertés publiques. Mais telle est la force de l'habitude et de l'indifférence pour ces libertés chet des peuples façonnés it une longue servitude , qu'à peine un prétendant à la couronne, Tenu de Halabar, se fut-il montré , que tout Candj se souleva en sa foreur ; il fallut recommencer la guerre : on se battit avec acharnement de part et d'autre; et ce ne fut pas sans beaucoup de sang versé que la Grande- Bretagne triompha dans cette lutte. Le prétendant et son premier ministre tombèrent au pouvoir des Anglais , qui leur Arent trancher la tête : l'ile fut ainsi pacifiée et soumise en octobre 1817. Depuis ce temps , le gouvernement anglais surveille avec la plus grande attention les mouvemeng ou les intrigues de quelques chefs de parti qui , sous le prétexte respectable des droits do monarque détrôné, cherchent à armer les peuples contre les maîtres de l'île.

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