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55â ÉTAT AGTUElb DU COMMERCE
Nous avons laissé dans ce tableau le Sénégal et Corée, rendus depuis aux Français ; il sera aisé d'avoir Testimation du reste en déduisant les quantités relatives à ces deux possessions fran-^ çaises.
Ce dernier tableau offre quelque différence entre les données qu'il contient et celles qui précèdent ; mais ces différences sont peu importantes , et nous n'avons pas cru devoir, pour les faire concorder ensemble , altérer les autorités d'où nous les avons tirées. N'oublions pas non plus de remarquer que Colquhoun lui-même , qui a été bien servi dans ses renseignemens , prévient , d'après des rapports exacts , que l'estimation qu'il donne de la population du Cap n'est plus aussi considérable, et qu'au moment où il éprit ( 1812 ) les diverses classes d'habitans ne s'y élèvent peut-être pas au-dessus' de quatre-vingt-dix mille '.
Passons maintenant aux possessions anglaises dans l'Inde.
Colonies des Anglais dans l'Amérique.
Nous commencerons par celles qui sont le plus au nord et en plus grande partie sur le continent américain , c'est-à-dire le haut et le bas Canada; le Nouveau-Brunswick ; la Nouvelle-Ecosse ; le cap
' Depuis cette époque, de nombrcusct colonies ont été tbrœées au Cap , et la population s'y accroît chaque ^our.
Breton ; Saint-Jean , ou l'ile du prince Edouard ; Terre-Neuve; la Baie-d'Hudson.
Il serait inutile de faire la description topographique de chacune de ces possessions ; on la trouve partout : mais nous ferons connaître leur 1 état statistique et leur richesse commerciale.
Suivant les résultats présentés par M. Colquhoun , on ne comptait pas moins de deux cent mille habitans dans le haut Canada , et pas moins de cent mille dans le bas en 181 â y presque tou9 Européens ou descendans d'Européens. Il y avait un peu avant la même époque , c'est-à-dire en 1 808 ( et les améliorations y ont été nombreuses depuis ) 9 trois millions huit cent tnille acres de terre cultivée dans l'un et l'autrcu Canada ; ce qui donne un peu plus de dix acres par habitant. Quant à la partie non cultivée , elle est immense; on la porte vaguement à cent millions d'acres.
La navigation tant intérieure que maritime emploie six cent soixante-un bâtimens ( non compris les barques ), jaugeant cent quarante -trois mille huit cent quatre-vingt-treize tonneaux , et occupant six mille six cent dix hommes de mer.
Le Canada est fertile en presque toutes les productions qui n'exigent pas une ^grande chaleur. On y recueille des gr^ains, des fruits. De belles forêts y fournissent des bois de charpente. Les habitans élèvent beaucoup de bétail , de moutons , de potes , de volaille , et en général tout ce qui est nécessaire à la vie et à l'économie domestique.
554 l^TÂT ACTUEL DU GOMMERGÏ
C€6 différens produits peuTent être évalués, dans la consommation, à une somme de do livres sterling par individu annuellement ; ce qui fait une somme , pour trois cent mille habitans , de 6,000,000 de liv. sterl. , auxquels il faut ajouter, pour l'exportation des mêmes produits, 1,302,837 liv, ster. : ainsi le revenu brut dés productions du sol irait à 7,302,82^7 Hv. sterl.
L'évaluation des propriétés publiques aux deux Canada offre le résultat suivant :
ILy a des fortifications à Québec qui exigent une garnison de cinq mille hommes , des barraques pour deux mille hommes , un corps d'artillerie , des maisons pour le gouvernement, et des forts sur la rivière de Saint-Laurent ; tous ces objets réunis offrent une valeur de 1^000,000 de livres sterling en propriétés publiques.
Quant à la propriété particulière, pour l'évaluer, il faut remarquer que l'acre des bonnes terres arables est vendu 5 liv. sterl. ; que celui des terres médiocres vadt 5 à 6 dollars ( aS à 3o francs ) ; les terres à bois 2 dollars : ainsi deux livres sterling peuvent être le prix moyen des terres.
On n'estime guère qu'à 3oo,ooo liv. sterl. le montant de l'argent en circulation, à quoi ajoutant 20,000 livres sterling employées dans les constructions maritimes à Montréal et à Québec, cela ne fait que 320,ooo liv. sterl. d'espèces en circulation.
Les cultures du Canada sont en général fort
DES DSUX INDES. 555
belles , quoique lliiver j soit rigoureux. Le Jong du fleuve Saint'^Laurent surtout, daus le haut Canada ^ la terre cultivée se couvre de fertiles moissons; toutes nos céréales s'y plaisent. Cependant , quoique les forêts soient immenses et bien garnies , les arbres n'y atteignent ni la même hau* teur ai le même volume que dans les pays plus méridionaux.
Les Anglais viennent de jeter sur la rive septentrionale du fleuve les fondemens d'une ville qui s'accroît de jour en jour; presque contiguë à Montréal , elle devra nécessairement la faire souffrir de ce voisinage.
Outre que l'Angleterre verse une énorme quantité de ses produits industriels dans le Canada , elle partage, grâce à la cession de cette coptrée que la France Jui fit en 1 765 , le riche commerce des fourrures. Diminué de ce qu'il a long-temps été, ce commerce alimente encore une de ses plus im-> portantes branches d'exportation à la Chine et en Europe. Deux compagnies, celle d'Hudwn et celle du nardHmeêt, en ont le privilège exclusifs Elles envoient dans les forêts dés troupes de chasseurs ,
' On peut eomoHer, sur le eomnerce des pelleteries dens le Gamda, le Toyage d'Alexandre Mackenaie, fait en 1793 daas eett* contrée. M. Gastera nous en a donné une bonne traduction en trois ▼olumes in -80, avec des cartes.
Une remarque de Tautcur de cet ouvrage , remarque qui! a ëtë à méme*de vérifier par ce qu'il a vu au Ganada, prouve (}ue les hommes passent plus volontierK et plus promptement de la vie civilisée à l'élit lauvage que de l'état sauvage à l'état de dvilisation.
qu'elles rëcompenfi(ent en raison des résultats obtenus. Comme les forêts limitrophes se dépeuplent d'animaux^ il a fallu en chercher plus loin. Aujoùr^ dliui on y emploie de grands voyages qui durent plus de six mois '.
La compagnie d'Hudson , qui compte cent quarante-huit ans d'existence , fait beaucoup moins de bénéfices depuis l'installation de celle du nordouest. Celle-ci , plus active , envoie des chasseurs jusque dans le voisinage de l'Océan glacial et dé la mer Pacifique. Les rivalités de commerce font naître mille débats entre ces deux sociétés. Elles s'accusent réciproquement d'empiètemens sur leurs territoires réciproques : car chacune a le sien, où elle peut seule faire la chasse au^ castors* et aux animaux à pelleterie.
La. société du nord-ouest , par des traités avec les peuplades sauvages de cette contrée, s'est approprié la plus grande partie du commerce lucratif dont la Russie semble vouloir aujourd'hui partager les avantage». C'est par l'intermédiaire de la même association que les Indiens nommés Misiaga ont récemment vendu à l'Angleterre deux
' Ces excursions lointaioes ont offert aux chasseura dans les Rockimountins deux ou trois animaux d'une grandeur si démesurée j qu'on les suppose de l'espèce des mammouths^
* Tout le monde connaît la description intéressante que l'auteur de VHtstoire des dtwxi Indes a faite des mœurs et~de l'état de société de ce paisible animal, que nous youoni à l'extecmination pour satisfaire notre luxe et notre cupidité.
millions sept cent quatre-vingt mille acres de terrain , vente dont les Etats-Unis paraîtraient vouloir contester la régularité , mais que le cabinet de Londres soutiendrait au besoin à coups de canon.
Nous ignorons le montant actuel des chasses pour les pelleteries dans le Canada. Voici en quoi il consistait en 1 8oo.
Pour cette année les chassés avaient donné cent six mille peaux de castor, deux mille cent peaux d'ours, quinze cents dé renard, quatre mille de renardeau , quatre mille six cents de loutre , dix-sept mille de ràt musqué, trente-deux mille de martre , dix-huit mille d'hermine , cinq cents cuirs de buffle , six mille peaux de lynx , six cents de louveteau, seize cent cinquante de pêcheur, cent peaux de lapin des Indes, trois mille huit cents peaux de loup , sept cents d'élan , sept cent cinquante de daim.
La plus grande partie de ces pelleteries a été envoyée en Angleterre; le reste a passé à la Chine par la voie dés États-Unis, savoir : treize mille trois cent soixante-quatre peaux de castor, pesant dix-neuf mille deux cent quatre-vingt-trois livres ; mille deux cent cinquante peaux de loutre ; mille sept cent vingt^quatre de renard d'eau.
Différentes raisons avaient déterminé la compagnie du nord -ouest à employer l'intermédiaire des États-Unis pour la vente de ces pelleteries. Mais la principale de ces raisons était la difficulté qu'on éprouvait à faire venir par les vaisseaux de
la compagnie des Indes , qui seule a?ftit alors h privilège du commerce de la Chine , les produits des ventes des pelleteries ^ et l'obligation de payer les droits à cette compagnie ; au lieu que les Américains n'éprouvent aucune gène dans les expéditions qu'ils font pour la Chine ; ils vendent leurs marchandises en y arrivant , et le produit des re-** tours est réalisé dans les douze mois , à compter du premier jour de l'armement.
Ces avantages, et dieux qui résultent de leur position ont fait passer une grande pa^rtie du commerce des pe;lleteries avec la Chine entre les mains des Américains^ : les Anglais font tout ce qu'ib peuvent pour le retenir; mais, quelque soin qu'ils y mettent , il estt à craindre pour eux qu'ils n'eu retiennent que la plus faible partie ; les Américains ne lâcheront pas ce qu'ils en ont '•
Les articles nécessaires pour la traite des pelleteries avec les sauvages et le& peuplades du Canada sont, les grosses étoffes de laine de toute espèce, que les Français nommaient cardiUats, lorsqu'ils faisaient cette traite, avant la cession du Canada; les couvertures de diverses grandeurs , les grosses toiles à draps , le fil à coudre , les cordages , la quincaillerie , la ferraille , les petites chaudières
' La Russie, dans l'extension qu'elle prend à la côte nord -ouest, où elle a formé des étàblissemens, menace également rAèglvtenre dans cet intérêt commemai , et ce a'est pas le seul où cette puissance colossaleet envahissante inspire des inquiétudes à la Grande-Bretagne: résultat du système adopté par \t cabinet de Londres dans «es grandes querelles contre la France.
DES DEUX INDES. Sbg
ût cuitrè, Ik tdle^ les mouch<ri» de «oie, les mouchoirs de coton $ les toiles pdntes qu'on tire d'Angleterre , les liqueurs s{riritueuses et les comestibles qu'on ne tire pas d'Europe, mais du Canada. Tout ce commerce est très •- arantageux aux négocians. qui ht font et aux agens employés par ces négociaUs«
Le Nouveau - Brunswick est une autre colonie anglaise qui prend chaque jour de l'accroissement ^ Sa population n'est pas de moins de soixante mille habitans , qui cultivent cent mille acres de terre ^ dont ils retirent pour près de â, 000,000 sterling de production , y compris la pêche et la chasse. On y trouve de belles forêts qui fournissent des bois de construction pour les maisons , et don^ on envoie de grandes quantités aux Antilles. La chasse et la pêche offrent encore d'autres ressources avantageuses aux colons ; ils exportent pour d<^ sommes considérables de pel^ leteries et de poisson salé. La terre de cette pro^^ vince cet asseï fertile sur le bord de la rivière poi&sonneuse de Saint^ean, qui est sujette i deè débordeàiens fâcheux; beaucoup d'émigrans an^ glai6 s'y «sont rendus dans ces derniers t^mps ; ils y ont formé des établissemens. La capitale de ce pays se nomme Ptéiéric ; et , malgré la rigueur du climat , la population y prend de jour en jour de nouveaux acieroissemens.
ï^a Nouveile-Écosse , ou Acadie, autre posses-
* Vtyeiz^ la CAtte (your »a «Ituatiùtt et âOtt itetiâue.
560 ÉTAT AGJUEJ., Dt, COMMERCE
sioD anglaise du, nord derAmérique, n'est plus ce qu'elle était sous le gou?ernement français, qui Tavait négligée et cédée ensuite à TAngleterre par. différens traités. Elle offre aujourd'hui une population de cent mille habitans, qui retirent de leurs productions etdejeurs pêches une valeur de 2,670,330 liv. sterling, et occupent pour leur comiiierGe une marine de trois cent tingt* huit bâtimens jaugeait quarante-deux mille deux cent vingt - deux tonneaux, et employant trois mille deux cent quatre-vingts hommes de mer.
L'Angleterre a si hien encouragé dans ce pays les espèces de cultures appropriéès.à son. climat, qu'aujourd'hui tout y abonde, seigle, froment, maïs , haricots , pois , chanvre , lin , fruits , etc. On trouve dans les forêts d'excellent bois de construction qui alimente les chantiers d'Halifax , capitale de la Nouvelle-Ecosse , qui a un beau port., communiquant facilement avec le reste de la presqu'île. Le hareng et la morue abondent sur les côtes et enrichissent les pêcheurs ; on y trouve des ports, des havres, des anses favorables à la pêche et à la navigation marchande.
Halifax a été extraordinairement fortifié par les Anglais ; c'est le Gibraltar du nord ; position aussi favorable au commerce de la Grande -Bretagne que gênante pour les États-Unis.
On connaît Terre-Neuve , et sa topographie ne doit point nous occuper. Cette espèce d'archipel n'a de prix aux yeux des Anglais que pour la
DES DEUX INDES. 56l
pêche de la morue. L'île du cap Breton a peu de ressources intérieures ; elle a cependant de belles forêtSjT et est riche en gibier. L'île d'Antîcosti est de peu d'intérêt , et ne fournit que du bois ; mais l'île Saint- Jean, appelée aussi l'île du prince Edouard^ est la plus agréable et la plus fertile dé l'archipel; grains, gibier, volaille, tout y abonde. Ses rivières sont peuplées d'excellens poissons d'eau douce ; et celui que la mer apporte sur les côtes forme l'objet d'un bon commerce pour les habitans.
L'île de Terre-Neuve est célèbre par les facilités que donpe pour la pêche de la morue le grand banc du même nom. Elle n'a pas moins de cent dix- sept lieues de long sur soixante -six de large.
Par le traité de Paris du 3o mai 18149 article i3, il est dit : « Quant au droit de pêche des Français sur le grand banc de Terre-Neuve, sûr les côtes de l'île de ce nom, et les îles adjacentes, et dans le golfe de Saint-Laurent , tout est remis sur]e même pied qu'en 1792. »
A cette dernière époque, les choses étaient réglées d'après le traité de Versailles du mois de janvier 1783. Voici les dispositions de ce traité relatives à Terre-Neuve et aux pêcheries sur le grand banc.
« Le roi de la Grande-Bretagne conservera la propriété de l'île de Terre-Neuve et des îles adjacentes, ainsi que tout ce qui lui a été cédé par le traité
56a ÉTAT AGTU£L DU COMMERCE
4'Utreebt s 99^^( les exceptions stipulées ci-^aporès :
« Sa mfijesté le roi de France , pour prérentr les querelles qui ont eu lieu entre les deux na«* tiops française et anglaise , renonce au droit de pêclia qui lui appartient en vertu du traité d'Utjeclit, depuis Bonavista jusqu'au cap Saint-Jean, situé sur )a côte orientale de Terrci-NeuTe par les 5o degrés de latitude nord, au moyen de quoi la pleine fraqçaise oommencera audit cap Saint-Jean, passara par le nord , en descendant par la côte occidentale de Tile de Terre - Neuve , aura pour limite Teadroit appelé Cap-Ray e^ situé au 47'' degré 5o minutes de latitude.
« I^es pêcheurs français jouiiH»nt de la pèche qui l^ur est assignée par l'article précédent, comme ils ont droit d'en jouir en vertu du traité d'Utrecht.
« Sa Qiafesté britannique cède en toute propriété à sa majesté très - chrétienne les îles de Saint-^^ierre , de Miquelon.
% A l'égard du droit de pêche dans le golfe S^pt -* J^aupent , les Français continiieront à en
' articles |.a et |3 du traite d'UtcecM* u avril 1713.
« Les Français ne pourront pécheur qu*à trente lieues des côtes de PAetdîe, depuis iHUe de 5aé/0 inclusivement , jusqu'aux endroits qui tQf F^ent ^^ sud- pvie^ Il leur est défendu de s'étaiilir daas l'ile de Terre-Neuve et dans les terres adjacentes qui 9pnt eëdées à l'Angleterre. II ne leur sera libre que d*y aborder dans le temps de U pêche, et ils n'y construiront que les cabanes ou échopes nécessaires peut préparer leur poisson et le st^cher. Ils ne descendront alors que dans l'ile de Terre-Neuve ^ et seulement dans retendue du pays compri» efktre le cap de Bonavista jusqu'à la pointe septentrionale de l'île, et 4tf li^tiraiit ^Tocoîdeitt, jusqu'au lieu^appelé Pointe-Riche»»
ttS DEUX INI)ES. 563
jouir , conformément à Tarticle 5 du traité de Paris de 1763. »
L'Angleterre fiÈiet toot en usage |)our 's'approprier par le fait la pêche à Terre-Neurve. Dans cette vue , elle s'est hâtée de coloniser toutes les terres Toîsînes des bancs, pour priver dcce refuge les pêcheurs non nationaux, ©le a fàît aussi explorer l'île de Terre-Neuve; c'est ia ;^lus importante par son étendue, et surtout par sa position. On y a trouvé des forêts immenses remplies de ^bier et d'animaux à fourrures. Des montagnes de l'intérieur , escarpées pour fe plupart, coulent plusieurs rivières très-poislsonneuées, et dont les bords offrent ^e bons pâturages, et même éés terres propres à la culture des grains: Le gouvernement anglais a fait de grands sacrifices pour y attirer des colons et pout y èndôurîàger leur établissement.
Terre ^ Neuve se peuple tous les jôiirs d'émigrans * anglais cjui, dans le commerce du bois et des fourrures, dans la vente de leurs produits agricoles , et surtout dans les bénéfices d'une pêche abondante et facile, trouvent un aliment inépuisable à leur ambition.
Les Anglais, ou plutôt la compagnie d'Hudson , ont encore quelques établissemens.sur la bxiie de
> Il ne faut pas confondre hnigrans et émigrés. Les premiers qurCtent leur pays pour aller établir des cultures ou former des établissemcns utiles à la mère-patrie ; trop souvent (es derniers, chassés par des événemcns politiques, ne s'occupent au-dehors que de représailléi et de projets hostiles.
564 ÉTAT ACTUEt DU COMMERCE
ce nom; maïs on n'y comptait eu 1812 qu'environ cent quarante -six personnes , toutes attachées au service de cette compagnie. Ces établissemens, après avoir joui d'une grande prospérité, sont déchus considérablement , surtout par les progrès de la compagnie du nord - ouest , dont nous avons parlé. Elle a quatre forts qui servent à protéger ses agens contre les attaques des sauvages.
La dissolution de cette compagnie, ne peut manquer d'avoir lieu ; alors le commerce libre , s'emparant de ces établissemens , pourrait les relever de l'état où ils sont.
Nous ne ferons aucune remarque ici sur la -situation pplitique des Anglaisdans cette partie du monde vis t à - vis des Américains ; il n'est personne qui ne soit persuadé qu'un jour la république ne finisse par ajouter le nord du continent à son immense territoire : la force des choses, autant que l'ambition du congrès, pourra y contribuer '.
La mariné anglaise stationnée dans les baies pour en imposer à la population du pays et aux États-Unis, se compose habituellement d'un vaisseau de ligne de quatre-vingt-quatorze canons,
1 II nous paratt démontré que les États-Unis ont un grand intërât à ne point accroître leurs possessions par des conquêtes. L'immense étendue de leur territoire ne peut qu'affaiblir la force de Tunion et préparer Tinévitable partage de la république en deux portions » celle du nord, et celle du midi, si différentes Tune de l'autre à plusieum égards , de mœurs , de goûts , d'habitudes.
d'uQ de cinquante^ six, de quatre de trente-six, d'un de vingt , de deux de douze , outre cinq goélettes. De nouvelles constructions de bâtimens et de vaisseaux ont été ordonnées ; et lawnarine, comme les forces anglaises, s'accroît journellement dans ces importantes possessions.
L'estimation des valeurs que la Grande - Bretagne y a exportées à trois différentes années , et leur état statistique pour 1812, montreront la prospérité toujours croissante de <res possessions , et l'importance que doit y mettre la mère-patrie.
Exporté de.la Grande-Bretagne , Au Canada ,
en i8io,. ... 977,4^1 Kv: sterl.
A la Npuvelle-Ecossse,
en 1810. ,.. . 35o,6i 1 liv. sterl.
Au Nouveau-Bruns\^ick ,
en 1810 274,052 liv. sterl.
A l'île du prince Edouard,
en 1810 20,634 liv. sterl.
566 ÉTAT ACTUEL DU C0H1k[£RG£
Aju cap Breton ,
en 1810 536 Un. sterl.
A Terre-Neuve ,
en 1810 377,753 liv. sterl.
Valeur totale en 1814. 4,^80,987 liv. stert.
On Toit ,, par ce relevé , qu'en 1817 le» colonies anglaises d'Amérique ont dû . rembourser à la mère-patrie, en mar<;handises ou euinuméraire, rénorme capital de 5,o3]i,i73, livres sterling ( 120,748,152 francs), dont elles avaient reçu la valeur en objets fabriqués ou en denrées coloniales importéeé par bâtimens anglais.
Le nombre de vaiss^eaux expédiés par l'Angleterre à ses colonies du nord de TAmérique montré à quel point elles squit utjleis à sa marine, et les progrès qu'a faits cette navigation»
Il a été envoyé aii Canada ,
en iStOi 661 vaisseaux.
Au NQuveau^Brunawick ,
eji/ L&io. • ... .4^P^^^3fciçseaux.
DBS DEUX INDES. 5^
A la Nouvelle-Ecosse ,
en 1810 3â8 vaisseaBx.
A l'île du cap Breton ,
en 1810.. ••• 7 vaisseaux.
A l'île du prince Edouard ,
en iSio. . . é . 32 vaisseaux* 1817- 55
A Terré-Neu^e,
en iSio. . . . . 4^5 vàisjieaux.
Total en 1810. . 1,933 vaisseaux.
À<!:\î;roiâ6eû[ient en 1817, . 479 vaisseaux.
En ï8iâ, les mêmes potse^ions offraient les résultats suivans , savoii^ :
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