‹ État des colonies et du commerce des Européens dans les deux IndesChapitre 25 sur 27 · IMPORTÉES · texte numérisé non relu

IMPORTÉES

inde-Bretagne 35,970,000

»6ie , de la Prusse et de rAIIemagne 7,094)Ooo

Uande, de la France , de TEspagne et de l'Italie. . 35,476,000

gai i,o83,ooo

ne 4*^6,000

s parties du monde 838,ooo

Somme égale 76,3 16,000

Exportations 68,461,000

Importations 75,3i6,ooo

Balance contre les États-Unis de. . . . 6,855,ooo

Il résulte de ces tableaux du- commecee des États-Unis, et en formant une année moyenne de ces mêmes trois années 1802 , i8o3 et 1804? qu'il a été avec les étrangers, en négligeant les petites sommes, de i43,ooo,ooo de dollars ^

Les exportations ont été de 68,000,000 de dollars ; savoir ,

c En productions indigènes , telles que bcBuf , porc , blé , farine , et autre nourriture animale ou végétale, de 1 73000,000 ; en cotons, de7,pop,ooo ; en tabacs , de 6,000,000 ; en bois , potasses , et autres produits des forêts , de 4?€^^>ooo ; en produits des eaux ou pêcheries, de 3, 000,000; en produits des manufactures , de 2,000,000 : en tout, de 39,000,000 ;

« Et en marchandises étrangères ou rjéexportées , telles que laineries ou étoffes de laine, toileries, sucre, café, thé, vins et autres liqueurs, de 29,000,000.

« De ces 68,000,000 de jdoHars , 24^000,000 ont été exportés à l'Angleterre ; 49000,000 à la Russie et à l'Allemagne ; 9,000,000 à la Hollande ; 12,000,000 à la France ; 7,000,000 à l'Espagne ; 2,000,000 au Portugal ; 3,ooo,ooo à l'Italie , \, 000, 000 à la Chine et au Bengale ; 6,000,000 aux autres parties du monde.

«Les importations ont été de 76,000,000 de dollars; savoir, les importations de l'Angleterre, de 36,000,000 ; celles de la Russie et de l'AUema-

* Voyez k tableau ci-après.

gne, de 7,000,000 ; de la Hollande, de 6,000,000 ; de la France , de 8,000,000 ; de l'Espagne , de 5,000,000; du Portugal, de 1,000,000; de l'Italie, de 2,000,000 ; de la Chine et du Bengale , de 6,000,000 ; des autres parties du monde , de 4,000,000.

Les importations de l'Angleterre ont principalement consisté en étoffes de laine , en toiles de coton , en quincaillerie et en poterie ; celles de la Russie , de rAUe.magne et de la Hollande , en cordages , en grosses toiles , en verreries et en genièvre ; les importations de la France , en vins , eu eaux^de-vie , en soieries et en modes ; celles de l'Espagne , du Portugal et de l'Italie , en vins , en huile d'olives et en fruits de toute espèce ; celles du Bengale , en toiles blanches de coton et de mousseline ; celles de la Chine , ea thé et en nankins ; et les importations des colonies françaises , espagnoles et anglaises , en café , en ftucre , en mélasse et en rum.

En comparant les exportations avec les importations de chaque pays, on trouve que les Etats- Unis ont eu la balance en leur laveur avec la Fsaace , la Hollande , l'Espagne et l'Italie , et qu'ils l'ont eue contre eux avec l'Angleterre , la Chine et le Bengale. Ils ont gagné avec la France une balaœe de 49000,000 de dollars, et ils en ont perdu avec l'Angleterre une de 12,000,000 qu'ils ont été obligés de solder avec l'excédant de leur baktnce avec les autres nations ; en somme , il& .

ont eu contre eux une balance générale , résultant de toutes les balances particulières d'environ 7,000,000 de dollars , qui aurait fini par leur enlever tout leur numéraire, et par les ruiner, s'ils n'avaient racheté par le bénéfice du fret la perte de cette énorme balance.

Le commerce extérieur des Etats - Unis s'est élevé , dans chacune des années i8o5 . 1806 et 1807, ^ P'"^ ^® 200,000,000 de dollars; mais, comme l'essor extraordinaire qu'il a pris pendant ces années est dû aux guerres de l'Europe , et qu'il s'est fait toujours avec les mêmes élémens , les mêmes nations, et à peu près dans des proportions égales , nous avons cru devoir l'analyser sur une moindre échelle, pour ne pas tomber dans l'exagération.

De toutes les nations étrangères qui [Prennent part à ce commerce , il parait en dernier résultat qu'il n'est avantageux qu'à l'Angleterre j parce qu'elle en pompe seule, par sa balance, tous les profits, et qu'il est désavantageux à presque toutes les autres nations , mais surtout à la France , à la Hollande, à l'Espagne et à l'Italie , qui sont obligées de solder leurs balances avec de l'argent, envoyé en espèces ou en remises à Londres pour y soudoyer l'industrie anglaise.

Notre dessein n'est pas de nous étendre sur ce point ; nous nous bornerons seulement plus bas à quelques considérations sur ce qu'il conviendrait à la France de faire à cet égard. Mais aupa-

ams En

rayant jetops encore un coup-d'œil sur les exportations à l'étranger faites par les Etats-Unis.

Celles des productions indigènes et étrangères manufacturées dans le pays ont varié depuis 1810, qu'il résulte du tableau suivant, v

dollan.

8iO l'exportation a été de. . . . . 1,917,000

811 de . 2,376,000

On prendra une idée dans l'énumération suivante des principaux objets qui composaient ces exportations.

En 1817, il a été exporté en productions du pays , des ports américaine , pour une valeur de 68,3i3,5oo doU. , et en productions étrangères fabriquées ou non fabriquées, pour 19,358,069 doll.

L'exportation des bois, mâts , merrain, etc. , a été , la même année , de 3, 196^000 dollars ;

Des provisions navales , goudron, etc. , de 345,000 dollars;

Ecorce de bois de chêne et de teinture, 3o8,ooo dollars (en 1816);

Ginseng, 10,000 dollars (en 1816) ;

Potasse, perlasse (en 1817), exportation, 1,967,000 dollars;

> Époque de la guerre avec TAngleterre, terminée par le traité de Gand en i8i4«

n5o ÉTAT ACTUEL DlJ COMMERCE

fourrures et peaux , même année , 790,000 dollars.

Total de la ta leur des exportatiotis du produit des forêts en 1817 , 6,298,000 dollars '.

L'exportation des grains et farines a été, en 1816, de 7,712,000 dollars, consistant en cinquantedeux mille trois cent vingt-un boisseaux de froment, et sept cent vingt-neuf mille cinquantetrois barils de farine.

La quantité de maïs exportée la mênie année 1816 a été d'un million soixante-dix-sept mille six cent quatorze boisseaux, et quatre-vingt-neuf mille cent dix-neuf boisseaux de farine de la même graine , valeur, 1 ,646,00a dollars.

Le riz exporté en 1816, cent trente-sept mille huit cent quarante-trois tierces , valeur , 3 ,555 ,000 dollars.

Graine de lin exportée (i8i6) , six cent trentesix mille quatre cent soixante-sept boisseaux ^.

Tabac exporté en 1817, soixante-deux mille trois cent soixante-cinq barils , brut; un million cent quatre-vingt-seize mille six cent trente livres pesant , manufacturé ; quatorze millions neuf cent vingt - huit livres pesant , en poudre. Valeur , 9,23o,ooo dollars.

Coton exporté en 1817 , quatre-vingt-cinq millions six cent quarante-neuf mille trois cent

' Non compris les deux articles de 1816.

* Le boisseau américaio > bushel, de trente-deux çiiafft , contient quarante-quatre litrons et demi de Paris. ( fVardsn )^ t. i, p. i5*

DES DEUX INDES. ^5l

vingt -huit livres pesant : valeur, 22,628,000 dollars.

Poisson exporté en 1 8 1 6 : sec , deux cent dixneuf mille neuf cent quatre-vingt-on^e quintaux ; mariné, trente-huit mille deux cent vingt -huit barils ' ; mariné en caques , six mille neuf cent quatre-vingt trois barils« Vateur totale de la morue ou poisson sec et poisson mariné, 1 , i56,ooo doU.

Huile et côtes de baleine exportées en 1816, valeur, 116,000 dollars; huile de spermaceti et bougies , valeur , 69^000 dollars. Valeur totale des productions de la mer exportées en 1816, 1,33 1,000 dollars.

Bœufs , cuirs , suif et bestiaux exportés en 1 81 6, valeur, 738,000 dollars.

Beurre et fromage, même année, valeur 223,000 dollars ; porcs , lard , saindoux , et porcs vivans , 719,000 dollars ; chevaux et mules v364)000 dollars; moutons, 49,oo<> dollars; totaux de l'exportation des productions animales, en 1816, 2,093,000 dollars.

L'exportation , ou plutôt la réexportation des productions étrangères par les vaisseaux et le commerce des Etats-Unis, a été ainsi qu'il suit en 1816 : sucre, dix -sept millions cinq cent trente^six mille quatre cent seize livres pesant; café , huit millions neuf cent quarante-huit mille sept cent treize livres pesant; poivre, sept cent soixante-neuf mille trois cent vingt-neuf livres

' De cent douze livres pesant.

pesant ; cacao , cinq cent trente-un mille cinq cent soixanteH)nze livres pesant ; autres marchandises étrangères réexportées et payant un droit ad vabrem 8fio5 ^'j?iJ^ dollars.

De ces différentes valeurs il a été exporté en 1816, en Europe, pour 499872,716 dollars en productions des Etats-Unis; et pour 10,042,665 dollars de productions étrangères.

En Asie , pendant la même année , il a été exporté pour 504)856 doU. en productions indigènes, et pour 1 ,970, 167 doU. en productions étrangères.

En Afrique, pour 29^,759 dollars de productions indigènes^ 343,485 doU. en productions étrangères.

Aux Indes occidentales et sur le continent américain, en productions indigènes, pour 13,964» n^ doll. ; en productions étrangères, 5,075,416 doll.

Nous avons vu qu'en 1817 les Etats-Unis ont exporté en Europe pour une valeur de 87,671^568 dollars, dont 68,3i3,5oo en productions indigènes, et 19,358,068 en productions étrangères.

Sur le total de 87,67 1 ,568 dollars les pays septentrionaux de l'Europe ont reçu pour une valeur de 6,618,971 dollars; le royaume des Pays-Bas, 5,785,318 dollars ; l'Angleterre , 43,468,242 dollars ' ; la France , 12,434,818 dollars; l'Espagne, 8,423,936 dollars; le Portugal, 1,834)823 dollars; les autres états, tels que Naples, la Sicile, le Levant, etc., 9,105,460 dollars.

1 Dans ce nombre les productions indigènes sont comprises pour 4 1,43 1,168 dollars.

En 1818 , le montant de ces exportations dans les atêmes contrées a été de 92,739, 1 1 9 dollars ; les exportations en Angleterre ont été de 3,ooo,ooo de dolL de plus ; en France , de près de 2,000,000 de doU. ; au royaume des Pays-Bas de 1 ,5oo,ooo doll. ; mais il y a eu une diminution deprèsde4îOoo,ooo de dollars dans les envois aux états du nord.

Les Anaéricains fréquentent beaucoup les mers de la Chine, et font le commerce du thé à Canton.

On voit qu'en 1810 ils avaient vingt-neuf vaisseaux employés à ce commerce , et qu'ils apportèrent de Canton neuf millions sept cent trentesept mille soixante-six livres pesant de thé ; en 1811 ils n'y employèrent que douze vaisseaux, dont les cargaisons ne furent que de deux millions huit cent quatre-vingt-quatre mille quatre cents livres pesant.

Un état authentique du tonnage des États- Unis porte qu'en 1816 ils avaient une navigation marchande d'un million trois cent soixantedouze mille deux cent dix -huit tonneaux ainsi répartis :

Huit cent mille sept cent cinquante-neuf tonneaux sur les bâtimens enregistrés pour le commerce étranger, quatre cent soixante-dix-neuf mille neuf cent soixante-dix-neuf pour le cabotage, onze cent soixante -huit pour la pêche de la baleine, trente -sept mille huit cent soixante -dixneuf poyr celle de la morue , quarante-deux naille cent quatre-yingt-cinq tonneaux sur des barques,

de vingt tonneaux chacune, employées au cabotage ; dix-mille deux cent quarante-six sur des barques de même tonnage pour la pêche de la morue. Total égal des* tonneaux de la marine marchande et de la pêche , un million trois cent soixantedouze mille deux cent dix-huit tonneaux.

L'abondance du numéraire ne répond pas, dans les états de l'Union, à la grande quantité des transactions et aux besoins du commerce; de là le nombre de banques qui , à l'imitation de celles que Ton trouve dans les contrées de l'Angleterre, se sont formées dans les divers états de l'Union. Leur papier éprouve quelquefois un discrédit qui tient aux circonstances; celui de la banque générale est plus solide , et place cette banque au rang des établissemens les mieux conçus de cette espèce.

D'apr«s l'acte de sa formation , donné par le Congrès, le lo avril i8i6, le C9pital est de 35,000,000 de dollars , divisés en trois cent cinquante mille actions, de loo dollars chacune; soixante-dix mille actions ( 7,000,000 de dollars) appartiennent aux Etats-Unis, et deux cent quatrevingt mille actions ( 28,000,000 de dollars ) à des individus, compagnies ou corporations.

La conscription se fait sous l'inspection de cinq commissaires à Philadelphie , et de trois au cheflieu de chaque état. Tout individu , compagnie , corporation des états , peut souscrire pour un nombre d'actions qui ne dépasse pas trois mille.

DES DEUX INDESi ^55

7,000,000 de dollars doivent être payés en monnaie d'or ou d'argent des Etats-Unis, ou en monnaie d'or d'Espagne, et 21,000,000 de dollars en papier monnaie ou billets de la dette contractée par les Etats-Unis au moment de la souscription. Les billets qui portent intérêt de six pour cent par an n'ont que leur valeur nominale ; ceux qui portent intérêt de trois pour cent sont au taux de €5 dollars par chaque centaine de dollars de leur valeur nominale ; ceux qui portent intérêt de sept pour cent sont au taux de 106 dollars 5i cents par chaque centaine de dollars de leur valeur nominale, avec le montant des intérêts, au temps de la souscription. Au moment de la souscriplion , il faut payer 5 dollars en or ou en argent monnayé, sur chaque action , et 26 dollars en argent ou en papier monnaie. Au bout de six mois , 10 dollars en monnaie sur chaque action, et 25 dollars en monnaie ou en papier ; au bout de douze mois, à dater de la souscription, 10 dollars en monnaie , et 26 dollars en monnaie ou en papier, ce qui complète la somme. Les commissaires sont autorisés, par les souscripteurs, à transférer leurs fonds, avec les formalités prescrites, au président, aux directeurs et à la compagnie de la banque , aussitôt l'organisation.

Les États-Unis ont la faculté de payer et dje racheter les billets delà dette souscrite aux taux détaillés ci -dessus, avec telle monnaie et à telle époque qu'ili» jugent convenable Le président ,

les directeurs et la compagnie peuvent vendre et transférer en échange d'argent monnayé les billets de la dette, pourvu qu'ils n'en vendent pas pour plus de 2,000,000 de dollars par an, et qu'ils n'en vendent aucune partie en aucun temps, dans les limites du territoire des Etats-Unis, sans les avoir offerts pendant quinze jours au prix courant par la voie du secrétaiice du trésor.

Les souscripteurs de la banque, leurs successeurs et leurs substituts sont formés en corps politiques, sous la dénomination de président, directeurs et compagnie de la banque des Etats- Unis. Ils ont la faculté de continuer leur association jusqu'au 3 mars i836, et de posséder 59,000,000 de dollars au phis, y compris leur capital. Les affaires de cette compagnie sont confiées à vingt-cinq directeurs, dont cinq, étant actionnaires, sont désignés annuellement par le président des Etats-Unis d'après l'avis du sénat. On ne peut en désigner plus de trois en résidence dans le même état , et vingt doivent être élus le 1*" janvier de chaque année à la bourse de Philadelphie , à la pluralité des votes , par des capitalistes souscripteurs , mais autres que les Etats^ Unis eux-mêmes. Un directeur de cette banque ou de l'une de ses subdivisions ne peut être directeur d'aucune autre banque '. Le président doit être élu par les directeurs dans leur assemblée

* Les directeurs n'ont point d'appbîntemens , excepte le présidcnr, qui a 7»5oo dollars par, an , et le caissier, qui en a autant.

DES DEUX INDES. "tSi

annuelle. Lorsqu'un emploi devient vacant, on y pourvoit par une autre élection ; quand il manque un directeur, son successeur est' nommé par le président des États-Unis, ou par les actionnaires , et nul ne peut être refusé , excepté ceux qui sont désignés par le président des Etats-Unis.

Les directeurs nomment les chef$ > les commis et les agens secondaires , auxquels ils sont autorisés d'allouer des appointemens convenables.

En vertu de l'acte du Congrès du i" mars 1S17, qui a dû avoir force de loi à dater du 1" octobre suivant : « i* Aucune marchandise ne doit être importée dans les Etats-Unis d'un port ou d'un pays étranger dans d'autres bâtimens que ceux des Etats-Unis, ou dans des vaisseaux appartenant en entier aux citoyens, ou sujets du pays dont ces marchandises sont les produits de l'agriculture et de l'industrie. Ces règlemiens ne concerneront cependant pas les nations étrangères qui n'en auraient pas fait de semblables. Toute infraction à cet, acte entraîne la confiscation du vaisseau et de la cargaison, a* Les primes et les allocations accordées aux propriétaires de bateau^c et de bâtimens qui suivent les pêches doivent être payées à ceux dont les officiers et les trois quarts do l'équipage seraient citoyens des Etats-Unis, ou ne seraient pas sujets d'un prince ou d'un état étranger. Le certificat en sera présenté au collecteur du district auquel le bateau ou le vaisseau appartient. 3* 11 ne sera permis à aucun bâtiment

758 ÉTAT ACTIÎEI. DU CÔMMEKCE

étranger de transporter des marchandises d'un port des Etats-Unis à un autre. 4" Un droit de 5o cents par tonneau sera payé par tout bâtiment ou vaisseau des Etats-Unis qui quitterait un état pour se faire enregistrer dans un autre. On excepte : i" ceux des états qui sont voisins de la côte, ou séparés par un lac ou une rivière navigable ; 2* les bâtimens qui font le cabotage entre Long-Island, dans 1 état de New-Yorck et le Rhode- Island , lesquels prennent une cargaison dans l'un de ces états pour la débarquer dans Tautre ; 3" les vaisseaux qui ont là liberté de trafiquev avec les différens districts , qui suivent la pêche du banc de Terre-Neuve, ou celle de la baleine t plus d'une fois par an ; 4"* si Ton peut prouver au collecteur que les trois quarts de l'équipage se composent de citoyens américains , ou d'hommes qui ne sont pas sujets d un prince ou d*un état étranger, les droits d'entrée ne seront que de 6 cenU par tonneau ; 5" tout bâtiment ou vaisseau appartenant à un port ou à un état étranger dont les officiers et les trois quarts au moins de l'équipage ne seromt pas Américains, ou des individus qui ne seraient assujettis à aucun état ou prince étranger, paiera 5o cents par tonneau plour se faire enregistrer dans les États-Unis ^ »

' Uo acte du Congrès > du i5 mai i8ig, avait assujetti les navires français arrivant dans un des ports de rUnion, à un droit de 90 fr. par tonnenu ; c'était une véritable prohibition. En conséquence , une ordonnanrc du roi , 4u a6 juillet 1820^ avait imposé le même droit

Nous venons de parcourir rapidement Timmense tableau d'un des plus puissans états du monde par sa position , par ses richesses territoriales , par l'activité de ses habitans ; voyons ce que lui promet la sagesse de ses institutions politiques ; nous terminerons par ces importantes réflexions l'intéressant chapitre qui fixe aussi la limite de notre travail. Nous empruntons encore de l'écrivain qui nous a si souvent servi de guide les solides réflexions que lui a suggérées le sujet qui nous occupe.

« Le gouvernement de l'Union , dit M. Wardeiï^ repose sur la seule base qui convenait à un sys^ tème régulier d'indépendance, c'est-à-dire sur une représentation complète, irnposante, égale de la nation ; tous les intérêts y sont assurés , parce qu'ils sont tous représentés ; la liberté des élections est presque universelle, et il ne se trouve point de classe condamnée à l'exclusion , et qui, par ressentiihent , tende à détruire le système qui la dégrade ou l'asservit. Le gouvernement est puissant sans force militaire, parce que la nation qu'il gouverne est intéressée à sa conservation. Il est impossible qu*il existe des froîssemens entre le peuple et ses administrateurs, le premier ayant

sur les DaTÎres appartenant aux Elats-Unis , qui arriveraient dans hs ports de France; mais , le Congrès ayantrévoqué son décret du i5 mai, une nouvelle ordonnance du roi , du 25 avril 1821 , a rapporté celle du 26 juillet , et les choses ont été remises sur le pied établi par là loi des dotKines des États-Unis, du 20 avi'il 181&.

yÔO ÉTAT ACTUEL DU COHVEKCE

des organes qui expriment fidèlement sa volonté ; et le gouvernement devant , par sa nature , obéissance à cette volonté. La chambre basse du congrès, choisie tous les deux ans , peut être appelée, suivant l'expression de Burke, l'image parfaite des sentimens du peuple. Le sénat, dont rélection a lieu tous les six ans , moins soumis aux désirs inconstans de ce peuple , peut être considéré comme représentant d'une manière plus vraie et plus exacte sa volonté raisonnée et ses intérêts permanens. L'influence que le sénat exerce sur les actes de la chambre des représentans n'est pas l'action d'un corps indépendant de la volonté de la nation; elle doit plutôt être comparée au contrôle que la raison et l'expérience d'une nation éclairée exercent sur les explosions spontanées de ses sentimens et de ses désirs.

« La liberté renferme à elle seule tous les autres avantages ; et, heureusement pour les Etats-Unis, leur indépendance paraît reposer sur les bases les plus durables. Tant que subsistera l'égalité actuelle des conditions, le gouvernement sera essentiellement républicain. S'il est vrai qu'il soit impossible , comme quelques publicîstes le pensent , d'établir une démocratie en Europe ', il est également vrai qu'une aristocratie ne peut s'établir en Amérique. Une classe démocratique, et non privilégiée , existe dans tous les pays ; mais nulle

' L'auteur oublie les Sui«seit , chez qui Ton a vu les cantons démocratiques prospérer et être heureux à une époque déjà éloignée.

DES DEUX INDES. ^6l

classe ne se trouve aujourdliuî aux États-Unis , et aucune ne peut exister de long -temps qui pourrait soutenir rétablissement d'une aristocratie. Avant qu'une aristocratie puisse s'élever , les principes de liberté auront pris un tel empire sur les habitudes sur tout ce qui attache un peuple, qu'on tenterait vainement de lui ravir ses droits. Les Etats-Unis sont garantis de ce danger par leur situation , qui \e$ affranchit de la nécessité de maintenir une puissante armée ' ; leur destinée est assurée. L'Amérique du nord n'a point et n'aura jamais , si elle reste unie , de rival redoutable sur le continent qu'elle occupe. Outre ces raisons de sécurité pour leur indépendance, les Etats-Unis possèdent la liberté de la presse , et leur population est intelligente et éclairée : sous ce double point de vue ils jouissent d'une prééminence redoutable. La circulation des journaux y est plus étendue que dails aucun pays, et la classe qui

■ Le tableau oflBciel de la milice des États-Unis^ rapporté à la suite du message du président, le ii mars 1816, en porte le montant à sept cent quarante-huit mille cinq cent soizanle-hix hommes.

L'effectif de cette milice, commandée pour le service des Etats- Unis en 1794» fut de quatre-vingt mille hommes : il était de cent mille en ï8u6; de six cent quatre-vingt-quatorze mille sept cent trentci-trois en 1811 ; et de sept cent dix-neuf mille quatre cent quarante-neuf en i8i5^ époque de la dernière guerre entre l'Union et l'Angleterre.

Le tableau de Teffectif de l'armée en 1817 était de dix mille vingt-quatre hommes sous les armes , dont sept cent viagt-sîx officiers.

La marine militaire consistait en vingt-huit vaisseaux de guerre de dix à soixante-quatorze canons, dont sept avaient été pri» sur les Anglais en 181 5.

76a ÉTAT ACTOEL DU COMMERCE

s'intéresse aux matières politiques comprend le peuple tout entier. On peut dire qu'il n'est pas d'acte du gouvernement qui ne s'accomplisse sous les yeux d'une population intelligente , continuellement exercée à raisonner sur les affaires publiques, et qui ne manque jamais de censurer de son propre mouvement tous les abus de confiance qui pourraient venir des fonctionnaires publics. ' Tout individu qui serait tenté de jouer dans les État-Unis le rôle d'usurpateur , ne réussirait pas comme chez les autres peuples, par cela seu> qu'il pourrait entraîner dans sa cause quelques Kommes d'une grande influence ; il faut tromper le jugement de la nation tout entière, appelée â prononcer sur la conduite des hommes publics: c'est un obstacle qu'aucun usurpateur n*a rencontré jusqu'ici. Les imposteurs politiques ne doivent leurs succès qu'à l'ignorance et à l'apathie du peuple '. »

C'est ici le lieu de placer quelques considérations sur les intérêts du commerce français relativement à celui que nous pouvons faire avec les États-Unis : plus cet état prendra de développement, plus l'importance de nos relations avec lui méritera de fixer notre attention.

Pour arrêter nos idées à cet égard , nous nous reporterons à une époque antérieure de quelques années , et nous partirons de là pour établir les données qui doivent nous servir de guides; su

* Ward. ,t. I, p. 66^ de V Introduction,

comme on l'assure, un traité de commerce avec la république est dans les intentions du gouvernement français , les notions recueillies ici pourront également servir et aux négociateurs et aux Français qui s'intéresseraient à cette importante transaction.

Par tout ce que nous avons dit jusqu'ici , on a pu voir que le commerce des États-Unis a fait de rapides progrès depuis la révolution française , et que ces progrès sont dus en partie aux guerres qui ont désolé l'Europe. Les Américains se sont enrichis des pertes comme des émigrations de tous les peuples, et ils ont remplacé les Hollandais dans le commerce de transport , et les Français dans celui des colonies. Ils ont été favorisés dans ce genre d'industrie par leur situation géographique. Placés entre l'Europe et les Antilles sur la route du Mexique et de l'Inde , leur pays a été comme un pont qui a lié TEurope aux autres parties du monde , et qui est devenu l'entrepôt du commerce de toutes les nations.

Il y aurait deux manières de rétablir ^ dans le commerce de la France avec les Etats-Unis, l'équilibre entre les ventes et les achats : là première serait de réduire nos achats au niveau de nos ventes; la seconde, d'élever nos ventes au niveau de nos achats.

Rien ne serait plus aisé que de réduire nos achats au niveau de nos ventes : il suffirait d'un simple règlement de douane.

'jS^ ÉTAT ACTCEL DU COMMERCE

La France échange principalement aux Etats- Unis ses vins, ses eaux-de-vie et ses soieries, contre du coton , du tabac et des marchandises coloniales. Deux sortes de négocians s'entremettent dans ces échanges : les négocians qui font aussi concurremment le commerce d'Angleterre, et ceux qui font exclusivement le commerce de France. Les premiers achetant plus aux Anglais qu'ils ne leur vendent, ont toujours une solde à leur payer; et comme il leur convient mieux de payer cette solde en marchandises qu'en argent, ils font directement leurs envois en France pour en faire remettre le produit à Londres dans des maisons de banque , et ils chargent ainsi les négocians français de solder leurs comptes avec les négocians d'Angleterre.

« Les négocians américains qui font exclusivement le commerce de France , n'ayant aucun compte à solder en Angleterre, dit M. deBeaujour, fout tous leurs retours en marchandises françaises, pour balancer ainsi leurs envois. Ces négocians sont presque tous des Français d'origine, qui, n'ayant guère de relations commerciales qu'en France, négligent tout commerce circuiteux, et ne cherchent qu'à ouvrir aux marchandises françaises des (Jébouchés aux Etats-Unis , pour augmenter les profits de leur commerce ou ceux de leur commission. « Ces derniers négocians méritent d'être favorisés ; les autres , qui , faisant le commerce d'Angleterre concurremment avec celui de France , ne

vont faire leurs ventes en France que pour en remettre le produit en Angleterre , doivent être écartés. Un simple règlement de douane , qui obligerait les bâtimens américains à prendre en retour tourte la valeur de leurs cargaisons en marchandises françaises 9 serait la meilleure- mesure que Ton pût adopter à cet égard. Le négociant français paiera alors aux Américains toutes leurs marchandises avec les nôtres, et il ne sera plus obligé d'envoyer son argent en Angleterre pour y payer l'industrie de nos rivaux.

«La seconde manière, qui serait d'élever nos ventes au niveau de nos achats , présente plus de difficultés. Il ne dépend pas de nous d'augmenter la vente des productions de notre sol , parce que ces productions données par là nature ne peuvent guère être modifiées par l'art ; mais nous pouvons augmenter la vente des productions de notre industrie , si nous voulons nous prêter dans nos manufactures aux goûts des Américains , qui veulent des étoffes légères et à bas prix , et imiter les Anglais qui fabriquent de mauvaises marchandises aussi-bien que de bonnes , pour pouvoir fournir tous les marchés et satisfaire tous les goûts. Il faudrait surtout que nous fabriquassions à l'instar des Anglais des draps légers , qui finiraient par supplanter ceux d'Angleterre , à cause de la supériorité de nos couleurs. L'article des draps est , dans le commerce des États-Unis, l'article le plus important , parce qu'en raison de

Taisance répandue dans le pays, tout le monde) jusqu'au simple ouvrier, est vêtu de cette étoffe.

« Nos soieries ont besoin de plus de légèreté, et que nous leur donnions les couleurs qui plaisent le plus aux Américains. {1 faut répandre parmi eux le goût de notre bijouterie, de nos toileries , et surtout de nos toiles de lin , qui valent mieux pour Tusage du corps que celles de coton.

« Il ne faut pas seulement consulter le goût des acheteurs ; il faut encore chercher à leur vendre meilleur et à plus bas prix , parce que la meilleure qualité et le meilleur marché sont dans tous les pays les deux grandes raisons de préférence.

« Le marchand français veut en général gagner trop vite , comme si son métier l'ennuyait. S'il savait, comme l'Anglais , se contenter d'un profit modéré , mais continu , il écarterait aisément la concurrence , parce que la main-d'œuvre est moins coûteuse en'France , et même meilleure.

i Le marchand anglais, meilleur calculateur, vend au prix le plus juste , pour pouvoir vendre davantage , et il gagne plus par l'étendue de son débit qu'il ne pourrait gagner par des prix trop élevés. C'est là le système de cette nation éminemment marchande , qui est aux autres nations commerçantes ce que sont aux autres boutiques celles que l'on nomme à Paris gagne-petit

« INous surpassons les Anglais dans tous les genres de haute industrie , et nous les égalons dans tous les autres : ils n'ont jamais pu imiter notre

draperie fine , dos brillantes soieries , nos belles toiles de lin , nos riches dentelles , notre élégante argenterie , nos porcelaines de Sèvre , nos tapisseries des Gobelins , nos meubles somptueux et commodes , la magnificence de nos glaces , de nos bronzes, de nos dorures, et nous les avons égalés dans ce qu'ils ont produit de plus parfait , dans leurs tissus légers de laine et de coton , dans 4eur bonneterie et dans leur quincaillerie. Ils ont reconnu eux-mêmes leur infériorité dans tous les objets de magnificence et de luxe ; et, désespérant de nous égaler dans le beau , ils nous ont imités dans le commun , et ils nous ont supplantés chez toutes les nations , parce qu'ils les ont toutes séduites par leur bon marché : voilà tout le secret de la prospérité de leurs manufactures. Si donc ils conservent encore sur nous la supériorité dans le marché des États-Unis , ils ne la doivent qu'à leurs prix modérés et à leur esprit mercantile.

«Les Français peuvent donc , avec la supériorité de leur main-d'œuvre , supplanter les Anglais dans le commerce des Etats-Unis , en se pliant oomme eux aux goûts des acheteurs.

« M«is un avantage qu'ils ne peuvent leur ravir qu'avec le temps , continue le même auteur, est celui qui 4érive du préjugé des Américains. La nation américaine est un amalgame de toutes tes autres nations , mais plus particulièrement d'Anglais , et elle conserve à l'égard dç la France toutes

les préyentions de la vieille Angleterre. Les Français auront donc encore long-temps à lutter, dans ce pays , contre le préjugé national en faveur des Anglais , préj ugé bizarre , qui veut qu'il ne se fasse rien de bon qu'en Angleterre ; mais ce préjugé , tout fort qu'il est, ne peut tenir contre l'expérience et la raison.

« Le seul avantage réel que nous ne puissions pas maintenant contester aux Anglais dans le commerce des Etats-Unis , provient de la supériorité de leurs capitaux et de leurs machines ; maïs une partie des capitaux européens ayant reflué d'Europe aux États-Unis depuis les dernières guerres , les Américains n'ont plus aujourd'hui le même besoin des crédits étrangers ; et ce motif de préférence en faveur de l'Angleterre n'en sera bientôt plus un d'exclusion pour les autres nations. Quant aux machines qui abrègent et économisent le travail des manufactures , et qui donnent aux Anglais la préférence dans tous les marchés étrangers , l'usage commence à s'en introduire dans tous les pays , et cet usage deviendra de jour en jour plus commun en France.

« Un autre point important est le débit des productions de notre sol. Nos vins sont de toutes ces productions la plus recherchée : or le seul moyen d'en augmenter la consommation aux Etats-Unis comme en Angleterre , serait d'écarter la cohcurrence des vins du Portugal ; ce qu'on ne peut faire tant qu'il y aura dés vignes à Oporto et à

Madère. Les Américains, avec leurs palais émousses, aiment les vins forts du Portugal, et il ne dépend pas de nous de leur donner d'autres habitudes et d'autres sens. Ce qui en dépend , c'est d'éloigaer tous les obstacles qui s'opposent au commerce de la France avec les Etats-Unis, et de bien régler ce commerce.

« Pour bien régler le commerce delà France avec les Etats-Unis , il ne s'agit que de restreindre les importations américaines qui , par leur concur-^ rence , pourraient faire tort à notre industrie , et de favoriser toutes les autres. Par exemple , restreindre l'importation des productions coloniales, et surtout des sucres et des cafés , consommations de luxe qu'il ne faut pas recevoir , autant qu'on peut, de la seconde main , ni par un circuit aussi coûteux que celui des Etats-Unis. Restreindre l'importation des salaisons et de la morue , pour ne pas nuire à notre propre pêche , qui est la meilleure école de nos matelots ; mais il faut favoriser l'importation des huiles de baleine et des autres poissons que notre navigation ne nous saurait fournir, et dont l'entrepôt en France peut être utile à notre industrie et à notre commerce extérieur.

« Si la France a besoin pour le mélange de ses tabacs de ceux des Et^ts-^Unis, il lui convient d'en favoriser l'importation, pour ne pas diminuer les profits de ses fabriques : sinon il lui convieat

mieux de donaei la préférence aux tabacs du Levant » parce que la France fait avec le Levant un commerce plu8 avantageux qu'avec les États- Unis.

c II faut favoriser l'importation des potasses , des bois de construction et de toutes les munitions navales , d'abord pour payer ces produits moins cher, en les mettant dans notre marché en concurrence avec ceux des autres pays , et ensuite pour aménager nos bois et nos forêts ; favoriser l'importation des cotons tant que nous ne pourrons pas produire nous-mêmes ce lainage , ou que nous ne pourrons pas le tirer de nos propres colonies.

« Mais surtout il faut favoriser l'importation des pelleteries et des fourrures , afm de ne pas rompre nos liaisons avec les traitans du nord de l'Amérique , et pour assortir nos cargaisons destinées pour l'Inde et le Levant. En un mot , la France doit favoriser, mais ne favoriser que l'importation des produits américains qui peuvent alimenter son commerce et ses manufactures.

« Mais il ne suffît pas de favoriser quelques branches du commerce américain , il faut les dégager toutes des entraves inutiles.

« Une des principales entraves est la multiplicité et la variatiotn des règlemens de douane. Il faut adopter à cet égard un système , et surtout des formes très-simples , et ne pas les changer lé-

gèrement. U importe peu que lès tarifs soient plus ou moins élevés ; mais il importe qu'ils soient fixes , pour que les négocians puissent régler leurs opérations : on ne peut pas ajuster sur une mire toujours flottante.

« Les autres ol>stacle6 qui peuvent s'opposer au développement du commerce français aux Etats-Unis dérivent du traité de 1 800 , moins favorable pour la France que ne l'était pour l'Angleterre son traité avec les Américains. Le principe reconnu dans le traité français , que le pavillon couvre la marchandise , serait bon à admettre si toutes les nations l'admettaient ; mais dès que les Américains l'ont abandonné dans leur traité avec les Anglais , nous n'aurions pas dû nous-mêmes le maintenir dans le nôtre , parce qu'en temps de guerre entre la France et l'Angleterre , les Anglais peuvent confisquer notre propriété sous le pa« villon américain, tandis que nous sommes obligés nous-mêmes de respecter la propriété anglaise sous le même pavillon : d'où il résulte que nous nous trouvons alors dans l'alternative fâcheuâe de violer nos engagemens , ou d'en être lésés si nous les respectons ^.

« Nous aurions donc dû traiter avec les Américains sur le même pied que les Anglais , si nous

' Voyez , sur ces questions de dfoit mantime, le livre intitul^^ : X)f» convmerce des^nevires en tertvps de guerre ^ traduit de l'Italien de Lainpiedi, par M. Peuchet , i vol. în 8* ( i8o5 ).

•Jfja ÉTAT ACTUEL DU COMMERCE

avions veulu retirer de dos traités les mêmes avantages qu eux.

« Les Américains sont bien plus intéressés à favoriser les Français que les Anglais, puisqu'ils reçoivent des premiers une balance de 49000,000 de dollars , tandis qu'ils en paient aux autres une qui a été jusqu'à présent de iâ,ooo,ooo de dollars.

« Les Américains ont pour principe , dans leurs traités commerciaux , de ne pas favoriser une nation plus qu'une autre , mais de les traiter toutes sur le même pied. Mais qui ne voit que des traités fondés sur un tel principe sont inutiles , puisque les faveurs accordées à une nation deviennent bientôt communes à toutes les autres ? Les faveurs commerciales , devant toujours être le prix de quelque bienfait politique , doivent par la même raison être toujours des privilèges : or, un privilège n'en est plus un dès qu'il devient un droit commun.

« Si nous pouvions faire admettre par toutes les nations le principe que le pavillon couyre la marchandise , il nous conviendrait aussi de l'admettre nous-mêmes pour détruire le germe de toutes les guerres maritimes. Alors ces guerres , funestes à l'industrie de toutes les nations , n'offrant plus l'appât d'un gain facile et honteux , ne seraient plus entreprises et poursuivies avec tant d'ardeur, et le commerce, libre sur toutes les

mers , enrichirait toutes les nations au Keu d'en enrichir une seule ^ »

Telles sont les considérations qui peuvent servir de règles pour nos rapports commerciaux avec les Américains. Il en est d'autres qui pourraient également guider les Etats-Unis dans leur conduite avec la France. San« cette puissance, en effet, la lutte qu'ils ont soutenue si heureusement pour établir et affermir leur indépendance eût été plus longue et plus périlleuse. Le secours de nos armées, de notre argent ^5 de nos officiers, de notre influence, qui était grande et décisive alors , ont promptement déterminé à leur avantage les chances de la guerre ; la France a intéressé l'Europe en leur faveur, et n'a revendiqué que de faibles avantages pourprixde sa généreuse intervention , ou plutôt des avantages nuls. Ainsi les Etats-Unis ne peuvent, dans les transactions commerciales, traiter la France sur le oiéme pied que les autres nations sans une réelle ingratitude ; il y a une sorte de confraternité politique entre ces

' Aperçu des États - Unis au eommenœfnent du diœ - neuvième siéeU» depuis .1800 jusqu'en 1810, par M. le chevalier Félix de Beaujour, ancien consul -général à Salonique et aux États-Unis, pages 19-20.

iNous avons eu déjà occasion de parler avec éloge de cet ouvrage ; nous ne devons pas laisser ignorer que M. de Beaujour e^t également auteur du Ta44eau du commerce de la Grèce imprimé en 1800. Aucun livre ne fait mieux connaître l'état de ces belles provinces, soulevées aujourd'hui contre le gouvernement barbare des Turcs.

* Il fut transporté 6^000,000 en espèces monnayées aux États-Unis pour leur service particulier.

deux grands états, confraternité qui doit être d'autant plus durable que la paix la maintiendra entre Tud et l'autre , et au besoin par le secours réciproque de tous les deux : mais il n'était pas de notre sujet de traiter ici les questions de cette nature , et de donner les déyeloppemens qu'auraient exigés ces grayes considérations. Il nous suffit de les ayoir indiquées à l'attention du lecteur.

DES DBUX INDES. 7^5

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