‹ État des colonies et du commerce des Européens dans les deux IndesChapitre 27 sur 27 · OC · texte numérisé non relu

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Ce tableau , rédigé sur des documens oflScîels , fixe un point de comparaison de la situation de l'Europe. On y trouvera quelques légères différences avec ce que nous avons dît du. nombre des habitans des colonies nationales ou étrangères. Mais, outre que ces différences sont peu considérables, il faut remarquer qu'elles se rapportent à une époque plus rapprochée de nous de plusieurs années que celle où nous sommes arrêté.

On voit figurer ici la population de l'empire turc pour vingt-quatre millions d'habitans à peu près ; mais ce n'est guère que par approximation que ce nombre est indiqué. Comment avoir des données certaines sur des pays désolés plutôt que gouvernés par le farouche Ottoman. De longtemps encore la libe'rté , les arts et la civilisation ne pourront faire germer en Turquie les connaissances qui font la base de l'économie politique ^ , et rendent nécessaires les recherches de la statistique. Obéir, ramper, payer les impôts, subir la mort au gré d'un pouvoir cimenté du sang des

* Quelques -unes de« nombreuses naiions qui gëmjsseDt sous le joug du Sérail font dans ce moment des efforts pour briser leurs chaînes. Le reste du monde semble voir avec trop d'indifféreoce cette lutte en faveur du christianisme et de la plus sainte des causes. De froids diplomates n'y aperçoivent qu'une révolte. Ils ignorent sans doute que le droit du sabre seul fait la base de la puissance qui règne sur l'empire de Constantin, et que des chrétiens ne peuvent que faire des vœux en faveur de l'étendard de la croix , qui doit être en même temps ici celui de la liberté.

peuples, tels sont les résultats du régime sous lequel gémissent les peuples de la Turquie. Peuton en attendre des dénombremens exacts , des calculs semblables à ceux qu'on trouve chez les autres nations ?

La population totale de l'Angleterre est établie ici d'après l'état des conquêtes britanniques et les derniers calculs faits sur le Royaume-uni en Europe. Quant aux Etats de l'Union américaine, pour lesquels le tableau donne onze millions d'individus , quatre millions par conséquent au-delà de ce que nous avons fixé d'après M. Warden , pour 1810, il faut se souvenir que , le nombre des mariages, la proportion des femmes aux hommes, plus grande que dans les autres pays ; la vie active, l'aisance, les bonnes lois , favorisant la population dans cette immense république, elle a dû, d'après les rapports de sa progression annuelle, s'élever facilement à onze millions en 1818 , de sept millions qu'elle était en 1810.

Le dernier recensement de la Russie, effectuéen 1818, porte sa population un peu au-dessus de ce qu'on voit ici, c'est-à-dire à cinquante-trois millions trois cent seize mille sept cent sept habiians , parmi lesquels on en compte trente-huit millions deux cent soixante mille profesjsant la religion chrétienne du rit grec '.

' La population doit marcher rapidement en Russie à oause i« de la proportion des femmes aux hommes et de leur fécondité ; a° de la vitalité des eufans» dont il meurt moins en bas âge qu'on ne

Le même dénombrement donnait deux millions sept cent trente-deux mille cinq cent vingtquatre habitans pour la Pologne ; ce qui met à la disposition de la Russie une population de cinquante-six millions d'individus.

La confédération germanique est ici un nom collectif qui désigne trente-quatre états ou souverainetés représentés à la diète de Francfort, jouissant de l'indépendance politique, et parmi lesquels sont deux grandes puissances , la Prusse et l'Autriche , et une moyenne , la Bavière.

Bientôt peut-être il faudra diviser les grands états policés en états libres ou constitutionnels, et en états despotiques ou soumis au pouvoir absolu.

Peut-être aussi les révolutions, ou plutôt les agitations dont l'Amérique est le théâtre , nous donneroût-elles une autre division en puissances indépendantes du Nouveau et de l'Ancien-Monde. Mais quelles que soient les causes et le titre de ces distinctions , c'est de la liberté , de l'essor des talens et de l'esprit public qu'elle fart naître qu'il faut que les peuples attendent désormais leur gloire et leur prospérité. Ces élémens sont devenus ceux de la puissance publique, comme Vindustrie, le travail, sont les élémens des richesses et des revenus nationaux. La contrainte , la force

pourrait le croire chez un peuple en grande partie encore esclave ; 3° en6n à cause des soins qu'en général le gouvernement donne à la classe pauvre et cultivatrice de l'empire.

peuvent dominer, contenir , mais elles ne créent pas, et doivent laisser bien en arrière des états libres , celles des nations qui voudraient en faire un appui de conduite et de système. Enfin , si ces considérations ont quelque vérité de fait, c'est surtout aux colonies qu'on peut l'appliquer; et nous croyons en avoir offert quelques preuves dans cet ouvrage.

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