GRAND COMMERCE DES ROMAINS
comme ils avaient une autre origine el d'autres mœurs. Que faisaient en Asie, plus d'un demi-siècle avant Actium , les quatre-vingt mille Italiens que Mithridate y trouva*, et à Utique, ces trois cents gros négociants romains dont les esclaves suffirent à la garde de la ville? a Dans la Nai*bonaise, dit CicéronS il ne se remue pas un écu qu'il ne passe par les mains d'un Romain. » Est-ce que les provinces seraient devenues si vite romaines sans le commerce, et sans le commerce fait par des Italiens résidents^?
conquise qu'on y voit aussitôt accourir les négociants romains. Avec leur avidité accoutumée, dit Diodore, V, 26, TioXXoi tÙ)> 'ItaXîxwv Ijjluôpwv ôià rriv ervivr^OiQ çiXapyupîav.... Voy. les notes qui suivent. Une autre preuve indirecte, mais curieuse, de l'attention donnée par l'administration romaine aux affaires commerciales, c'est que chaque ville, chaque quartier avait des étalons de poids et mesures conservés par les magistrats et placés dans un temple sous la garde d'un dieu. Ce dieu, dans une inscription, n'est pas le facile Mercure , mais Hercule. Orelli Corp. Insc. n» 1530. Cf. code Théodos. XII, G, 19 et 21 ; Amni. Marcell. XX Vil, 9 ; Dureau de La Malle, Écon. pol. des Rom. I, tJ. Egger, Examen des hist. d'Aug., p. 371. Les Romains avaient même mesuré la densité de l'eau, du vin, de l'huile, du miel, et, pour prévenir toute erreur, ils avaient pris pour unité de poids une certaine quantité d'eau de pluie. Dureau de La Malle, ibid. 1, p. 14. Dans le passage tant cité de Cicéron, de Off. I, 42 , il y aurait bien des choses à remarquer, ces portitores, ces fœneratores, que, dans ce livre tout stoïcien, il appelle sordidi, sont par lui traités ailleurs tout autrement. Pompée, Rrutus n'étaient-ils pas fœneratores, et le vieux Caton? Cependant j'accorde qu'il trouve méprisable le commerce de détail, connue nous trouvions naguère avilissante la condition d'acteur, ce qui n'empêchait pas nos théâtres de prospérer ; mais quel portrait fait-il du négociant enrichi qui ex alto in porlum, ex ipso portu se in agros possessionesque contulit, et videtur jure optimo posse laudari, et toutes ses recommandations en faveur de négociants romains, Épist. XI, 24, XUl, 26, 43, etc. Voir un savant Méra. de M. Lebas, Ihsc. gr. el lat., t. I,p. 202, n" 60.
U Ap. Milhr. 6i, Val. Max. IX, 2. Cicéron, dans le pro lege Manil.^ 7, montre les immenses capitaux engagés par les Romains en Asie et le bouleversement des fortunes à Rome , si on ne prévient pas la ruine des citoyens qui trafiquent dans cette province. Voy. dans ses lettres datées de Cilicie , combien il y est question de ces négociants ou usuriers romains , et parmi les (leruiQrs Brutuset Pompée.