‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 118 sur 191 · IV. PRODUITS ITALIENS · texte numérisé non relu

IV. PRODUITS ITALIENS

le manque d'ouvrage comme ayant fait d'une disette une famine *.

Rome, avec ses quinze cent mille habitants, formait le principal marché, celui vers lequel convergeaient tous les produits des provinces et de l'étranger. Comme il y avait là une grande accumulation de métaux précieux, il y avait une consommation énorme, car la population des grandes villes consomme beaucoup plus, à nombre égal, que la population des campagnes. Mais l'Italie produisait peu : du vin, dont on n'exportait que les qualités inférieures, de l'huile, et d'excellent blé, mais en quantité insuffisantes des laines, dont quelques-unes, celles de Tarente et de la Cisalpine, étaient les plus belles qu'on connût l Elle avait des manufactures de drap et des fabriques de poteries, du soufre, du safran, du miel , mais tout cela ne suffisait pas à solder le prix des importations qu'elle recevait S et il lui

torûm!'^' ^' ^^* ^'*'"'' ''' ''"^^'''' '"'^''' ^"'^''"' '^ ^'""^^'^ «^^^^"- 2. Strabon, V, p. 238, d'accord avec Pline, XV, 2, place l'huile de Vénafre au Preauer rang, au second celle de la Bétique et de l'Istrie. Pansan.as X 32, préfère à toutes cellede Tiihorée en Phocide,qui était servie sur la table des empereurs. Les meilleurs vins étaient ceux d'Annninée et de Nomente, le Falerne, le Massique, le Cécube, tant de fois chantés par Horace, celui de Sétia digne de Bacchus ( Silius Italicus VIII 375), etc., etc. ' '

3t Colum., VU, 2. Strab.,V, p. 218.

4.. Rome recevait du marbre de la Grèce, de l'Asie Mineure, de I Egypte et de la Numidie, le nard des Indes et celui de Syrie le baume de Jéricho, les perles, les pierres précieuses dont l'usage ne devint fréquent que sous Auguste, la pourpre, les étoffes de Cos , celles d'Attale Attalica restis, tissues d'or, l'ivoire, l'ébène d'Ethiopie, le cristal de l'Inde' Sur les tables on servait le paoft de Samos, la grue de Mélos, le faisan dé Colclnde, la lamproie de Tartessus, le merlus de Pcssinonte, l'ellops de Rhodes, le scarus de Cilicie, la pétoncle de Chios , la pintade et la poule de Num.die, les oies de la Gaule, dont on faisait grossir le foie dans le lait et dans le miel, invention dont un consulaire et un chevalier se disputèrent la gloire; les oies de Germanie dont le duvet se vendait cinq deniers

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fallait payer la différence en numéraire, de sorte que par l'industrie et le commerce, les provinces reprenaient à Rome ce qu'elles lui avaient donné en tributs. Les seules denrées de la Sérique, de l'Inde et de l'Arabie coûtaient annuellement à l'empire vingt et un millions». Mais déjà il n'y avait plus de repas sans parfums, et « une matrone ne pouvait pas plus se montrer sans perles qu'un magistrat sans licteurs. » Bientôt il faudra joindre aux perles toutes les espèces de pierres précieuses.

Il y avait cependant en Italie quelques grandes foires annuelles; la plus célèbre ^e tenait à Féronia, où les possédés de la déesse traversaient à certains jours de l'année nupieds et sans souffrances un lit fort étendu de cendres chaudes et de charbons ardents*. Notre géographe parle aussi de denrées italiennes, mais peut-être d'origine espagnole ou gauloise, entreposées à Éphèse^ et des vins dita-

la livre, l'aveline de Thasos, les dattes d'Egypte, la noisette d'Espagne, les vins de tout le rivage de la Méditerranée, de l'huile de l'Afrique, d'Espagne et de Grèce, des esclaves de toutes les régions. Cf., 3" méni. de M. de Pastorel, p. lOl-llG.

1. Je pourrais presque dire à Rome, car c'était là surtout qu^était la consommation de ces denrée s. Les marchands d'aromates formaient tout un quartier, Hor., liv. II, £p., I. N(<ron briila aux funérailles de Poppée plus d'encens que -toute l'Arabie Heureuse n'en donnait en une année. Pline ajoute (//. iV., XII, 41) Tanto nohis deliciœet feminœ constant I Que dirait-il aujourd'hui que le commerce avec l'Inde, seulement d'une des plus petites et de la plus pauvre province de l'empire est annuelle, ment de cent millions? Il est vrai que les vieilles déclamations contre le luxe ne sont plus de mise, maintenant que l'industrie et le connnerce se proposent, non d'assurer la jouissance de quelques-uns, mais d'accroître le bien-être de tous. La richesse, fruit des rapines, comme c'était le cas à Rome, est un mal, car, née de la violence, elle ne nourrit que le vice et la corruption. La richesse, fruit du travail, comme dans nos sociétés modernes est un bien, car elle excite l'industrie, développe l'intelligence

et force ceux qui la consomment à partager avec ceux qui la produisent.

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