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160 g IV. EXPORTATIONS d'iT.VÏ.IE.
lie, qui, avec ceux de Laodicée et de Syrie, servaient comme d'objets d'échange dans les villes des bords de ia nier Rouge \ Horace montre, du reste, que Rome faisait un commerce d'exportation, puisqu'il menace son livre de servir un jour d'enveloppe à des marchandises destinées à Utique ou à Ilerda«. Comme à Paris, et par les mêmes causes, l'industrie de Rome était surtout une industrie de luxe. On y trouvait grand nombre de ciseleurs, fondeurs, teinturiers, brodeurs, passementiers, ébénistes, ouvriers en stuc, en bronze, en or, etc. Le commerce des livres y était très-considérable, car, chez Atrectus, un Martial relié en pourpre et bien passé à la pierre ponce ne se vendait que cinq deniers^ On y fidîriquait beaucoup de papier^ et beaucoup de verre. On avait imaginé plusieurs méhinges pour varier les couleurs de ce produit et on était arrivé à pouvoir livrer des verres à aussi bas prix que chez nous , à un demi-as la pièce ^
La Cisalpine exportait une grande quantité de millet, genre de récolte, dit Slrabon, qui met à l'abri de la famine, parce qu'il ne manque jamais; de la poix, du vin , qu'on renfermait dans des tonneaux hauts comme des maisons, les laines douces de Modène, les laines rudes de la Ligurie et du Milanais, dont la plupart des Italiens habillaient leurs esclaves, enfhi d'immenses troupeaux de porcs qui allaient
\. Slrabon, XVI, 751. Horace, Of/., I, 38, dit la même chose. ?. Epit. XX, V. J.
3. M. Walckcnaër, vie d'Horace, dit qu'on avait un Cicéron complot pour une somme modique; mais le passage de Sénèque auqu.el il renvoie [de Bencf., VU, G) n'indique nullement cela.
4. Auguste et Livie avaient donné leur<iom i\ deux qualités de papier. Voy. la longue énumération de M. de Pastoret [ibid., t. V, 2'' partie', p. 85) des diverses professions alors en honneur à Rome.
5. Un chalque, ditStrabon,XVI,p.7G:i, c'est-à-dire un sixième d'obole, un trente-sixième de drachme.
PRODUITS DE LA SICILE Et îM tiA GAÎLE. IGl
nourrir RomeV Padoue était le centre d'une grande fahrication de manteaux et de tapis à longs poils.
La Sicile donnait (îii blé, du bétail , de Ik îaîtfè ël fë Wiiel d'Hybla*, rival de celui de l'Hymette, de belles ciselures et les précieuses étoffes fabriquées à Malte, où se trouvaient des tisseranderies qui dataient dès Phénicien^' La Sardaigne n'avait que ses moissons^.
La Gaule était trop récemment entrée dans les voies de la civilisation poiir qiïô ses exportations fii^èîiï ëtendues : mais la Narbonaise produisait tous les fruits de l'Italie, de l'huile, du vin en quantité et de fort belles laines; la Gaule chevelue, beaucoup de blé, qu'ori emportait en Italie, beaucoup de millet, de glands et du bétail de toute espèce. « Aucun terrain n'y est en friche, ajoute Strabon*, pour une époque plus récenfe * ef TadhiîWiblë Éfe|)6sStîbii'aë'se fleuves permet de transporter aisément les marchandises, soit dans l'intérieur du pays, soit de l'Océan dans la Méditerranée, et réciproquement. » Marseille et Narboïfné (liaient les deux ports d'exportation pour les saies gauloises, dont on habillait les esclaves italiens, les étoffés de hn des Cadurques, le porC salé'de^ Séquanes, le meilleuf'pfe'teî^e connût, les saies militaires d'Arrfis et des draps rouges dont les qualités supérieures égalaient, dit-on, la pourpre d'Orient l Ces detîx" grandes vîlTes communiquaient avec l'intérieur par d'autres places faisant déjà un commerce actif: sui- la Garonne, Toulouse et Bordeaux; dans la vallée de la Saône et du Rhône, Nîmes, Vienne, Lyon, qui s'é-
** 1. Strabon, \\ 218.
I 2. Strabon, VI, 2G8-273. Pline, H. N., XXI, 17; XXXI, 41. Cicéron,
in Verr., III, 7 ; lY, 2C, 46 ; V, 56. 3. Hor.; Od., l, 38.