Térence, VIvnnnque. acl. I, se. ii
EXPORTATIONS d'aFUIQUE. 169
population carthaginoise, mais je n'assurerais point que les six villes fondées par ce général, à l'ouesl des colonnes d'Hercule eussent déjà disparu, car il n'y avait pas bien longtemps que Sertorius\ d'après les rapports de plusieurs patrons de navires, proposait à ses soldats d'aller s'établir aux îles Fortunées, preuve que les relations avec les Canaries duraient encore. La poudre d'or que les marchands romains trouvaient en Mauritanie pouvait bien y être apportée par la voie de mer plutôt que par la route si dangereuse et si longue des oasis du Sahara. Carthage expédiait pour Rome des bêtes féroces destinées à l'amphiihéâtre, des bois précieux, de la poudre d'or, de l'ivoire, des nègres, du marbre de Numidie, et ces pierres qu'on appelait de son nom grec calcédoines, et dont on faisait des vases et des coupes de prix-.
On a vu plus haut (p. 8-i) ce que donnait la Cyrénaïque. Derrière cette province passait la route commerciale qui uniîrsait l'est, le sud et l'ouest de l'Afrique. La grande caravane partie de la haute Egypte traversait les oasis d'Ammon (Syouah), d'Augila (Audjelah), et des Garamantes, où elle rencontrait les marchands de Leptis, puis descendait au sud par le pays des Alaraiites (Tegerry) et des Atlantes (lîilma) pour rencontrer ceux de la Nigritie. Cette route, décrite par Hérodote Ml y a deux mille trois cents ans, est encore celle que suivent les caravanes du Caire, jusqu'aux frontières du Bournou, car la nature n'en a point tracé d'autre. Après la ruine de Carthage, Leptis avait hérité seule de ce commerce qu'elle sera contrainte