À XV
AGRIPPA EN GXUUi,
M dit tr'Op sans dbute ^ ; il est certain, cependant , que la tràlîsformation qui allait fiiire de la Gaule la plus riclie prc- Vince du nouvel empire, commençait déjà.
Cette activité féconde et M prospérité qui en était la suite, résultaient de l'oubli où Rome laissait sa conquête. De trop graves intérêts s'agitaient ailleurs, pour qu'on demandât autre chose à ïïi Gaule cfue de fournir son contrri^ént et son tribut. Mise d'abord dans le lot d'Antoine, %lle s'aperçut à peine de la trahison de Calénus qui la Kvraît à l'autre triumvir. Mais qttend' M tmiê de Misène ièùt donné quelque répit à Octave , le nouveau maître des
'Gaules voulut leur faire sentir de plus près l'action de %ome, car déjà il renonçait aux violences triunivi raies, 'pôtti^ commencer ce quî fut la grande affaire de sa vie, la ''■réorganisation de l'empire. Aussitôt la guerre éclata partout ; l'Aquitaine tout entière se souleva, et des Gerniaios, secrètement a^^èlé^ })îlt ibs Belges, franchirent le Rhin. 'Heureusement Agrippa était là, 11 battit les révoltés, et
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1. Ou plutôt Dion qui a fait ce discours, XLIV , 45. Cf. Strabon, IV, p. f80. « Partout, dit-il, on cultive, on défriche ; pas de terres en friche et une population féconde. » Mais Stralion parle de ce qu'il avait vucini^uante ar)s plus tard. C'est dans ce même chapitre, p. 190, qu'il se montre si Trappe de l'heurouse disposition du territoire gauloisqu'il y voit une preuve lévidente de ia Providence. Celte activilé de la race gauloise se jetant avidement dans la civilisation, comme elle se jetait jadis dans les combats, fut si grande, que ses villes seront Tes premières dans l'empire à établir des cours
i|)ublics par dos professeurs salariés. Strab., IV. p. I8J. M. Walckenaër, s'appnyant d'un texte d'Ammicii Marcellin , suppose que César divisa la Caule en i gouvernements: I" Narbonaise et Celtique; f A(iiiîia!ne ; ^ h** Belgique occidentale; 4» Belgi(fue riveraine du Rhin. Mais il reconnaît que celle di\ision ne dura que trois ans. Gcog. anc. des Gaules, *1î, p. 3. Une chose certaine c'est qu'en l'année 44, Lépide gouvernait la Narbonaise, Hirtius la Belgique, et Munatius Plancus le reste de la Gaule. Voy. Drumann,ni, p. 685. C'est ce Munatius Plancus qui venait de fonder, dans une admirable position, la colonie de Lugdunum,sur le territoire des Segusiavi et non Segusiani; Mérn. de la Soc, des Antiq. de Fr,^ t. XVllI, V.Mb.
2a^ § I. BESOIN d'une Al»llMSTKAÏl(» lEUME.
faisant une ressource de ce qui semblait un péril, il établit d^x'ttib^' germaniques, les Ubienè et les Tongres, en^ nemis acharnés des Suèves et des Catles, sur la rive gauche du Rhin, à la hauteur de Cologne, pour garder les passages du fleuve, repeupler le pays laissé désert par la ruine des Èburons , séparer les Belges des Germains et former entre les deux peuples qui, trop souvent, s'appelaient, une colonie sur laquelle Rorftë 'pût (*onipter (37 avant J.-C). Mais déjà la guerm avait reconmiencé en Italie, et Octave rap{)elait son habile général pour qu'il l'aidât à vaincre Seottus.
Il y a pour les peuples des maux qui ne peuvent être prouiptement guéris que par une main étrangère. Le mal endémique dans la Gaule , c'étaient les divisions intestines. Écoutons César, car nul n'a mieux jugé les Gaulois que celui qui les a vaincus. .< En ce pays, dit-ii, ce n'est pas seiilement dans chaque cité , dans chaque canton , dans chaque bourg, qu'il existe des factions, mais presque dans chaque famille. Ces tactions ont pour chefs ceux qu'on estime les plus puissants. C'est à leur volonté et «^ leur jugement que tout est remis, décision h prendre, œuvre à accomplir. La raison de cet antique usage paraît être d'assumer au peuple une protection contre les grands ; car personne ne souffre que l'on opprime ses clients. Le chef qui agirait autrement perdrait aussitôt tout crédit. Ce principe régit la Gaule entière, car toutes les cités sont divisées en deux parties. » Et plus loin : « Avant l'arrivée de César, il y avait guerre presque tous les ans dans la Gaule, soit pour faire, soit pour repousser des incursions. » La Gaule était donc encore comme le cheval indompté que nous voyons empreint sur les monnaies nerviennes*, libre et
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emportée dau^ 8*îs allures ^ Augustii ut chargera de lui mettre le frein dès qu'il sera débarrassé d'Antoine. En attendant, pour les Gaulois, comme pour les autres provinoJaii;^ d(^ l'Occident, cette demi-liberté durera, à lafevmr des troubles de Rome, jusqu'à Âctium , et avec elle , le règne, que rien encore n'avait ébranlé, des croyances druidiques,, 4o l|i langue et teuice|urs nationales.
Pour peindre ces mœurs, il faudrait copier k tableau que César en a tracé, et qui était vrai après comme avant Actium, car Strabon ^t Dioc^ore 4e Sicile, &<?ui Auguste ôt Tibère, nous les montrent toutes vivantes encore K Dans ces deux écrivains, les Gaulois, surtout ceux du Nord, siiut toujours ces lioittwes mîioufeu;| du danger, qui, par ostentation de courage, marchent sans arme défensive audevant de l'ennemi et provoquent en combat singulier les plus biaves de leurs advfrsaires; si habiles à manier leurs armes qu'ils chassent aux oiseaux avec des traits lancés à la main; si pleins de respect pour leurs prêtres que les druides sont restés en possession de juger tous les procès publics et particuliers; mais aussi tant éloignés encore de toute culture raffinée qu'on les voit dans leurs festins couchés sur des peaux de. loups , à cdté de foyers llaraboyants où cuisent d'énormes quartiers de viande, honorant, comme les héi'os d'Homère, le plus brave de la plus grosse part, comme eux aussi, faisant asseoir l'étrapger à leur tabJb rustique, et ne »|iii' demandant qu'après le repas (fui il est et ce qui l'amène •. « Les Romains, dit Strabon, eurent beaucoup de peine à les foire renoncer à l'usa^*^ de port<^'