‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 13 sur 191 · Tacite, Agric · texte numérisé non relu

Tacite, Agric

18 § I. LA NAHBONAiSE.

à un poète épique , Varro Atacimis , et le Yucouco Tiogu.' Pompée écrit ou prépare sa grande histoire universelle.

Regardée connue l'avant-poste de l'Italie et la gardieniu; des communications avec TEspagne, lu Narbonaisc, laiiaule qui porte la toge, comme on l'appelle, passait, môme M^Wt César, pour une des plus importantes possessions de la ^çîpublique. Depuis la conquête de la Gaule Chevelue, la sécurité dont on y jouissait çt le voisinage de la nouvelle province à exploiter, avaient attiré la foule des spéculateurs. Elle sera bientôt comme le jardin de l'Italie, et, malbeureusement pour elle, tous les riches Romains yawdiunt y avoir un domaine. . i,, i, „ * :? j . 1 1 . ■' m | ; 1 1

Après la rupture de César et du sénat , une partie de |a Narbonaise s'était montrée toute pompéienne. Atiii de changer ou de contenir ces dispositions hostiles, César avait fondé Forum Juin qui devait faire à Marseille, sur la c6le de l'est, la môme concurrence que lui faisait Narbonne sur celle de l'ouest ^ Puis il avait établi trois colonies de ses vétérans à Béziers, Narbonne et Ailes ; Arles, grande ville, jalouse des Massaliotes, et qui, pour aider à leur ruine, avait en trente jours équipé douze galères. Les Arécomiques et surtout lesAllobroges, sous prétexte de fidélité au sénats avaient saisi cette occasion de la guerre civile, pour tirer encore une fois l'épée contre une domination odieuse, mais le dictateur les avait punis sévèrement , et Nîmes garda longtemps sur une de ses places une inscription qui rappelait leur châtiment.

On a trop exagéré la docilité des Gaulois à recevoir le joug, en opposant à leur facile résignation la constance e^;pagnole. Huit années, dit-on, avaient sufti pour mettre -la

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1. Tacite l'appelle Navale Augusti et colonia velux u illiMiis. Ann., 11, 03, IV, 6. Agric, I.

i, Hovisque rébus inftdelis Allobrox, Hor., Epod. XVI, v. (i.

MODÉRATION DE CÉSAR. ^(j

«ianl.. n,.y plfds tfe Gësar. Kst ce donc qu'il v nvait pliK ,1^ courag,. rtu su,?, qd'aii n-mt flos Pyrc.iccs? Non, fAm,\onU: et je ne fais ici (Jue réprHor ce que Strabon disait, il y a dix-huit cents ans : les Ibères avaient Aèi'Hîsi^'W' 'guerre en ■Umm]m',\h n'avaient pas livré une seule balaille mais mille combats. La Gaule qui s'était lovée tout entière, avait fte aussi tout entière abatlue. Les deux nations {)réSentaïertt déjà ces éevà cArnëtkfes, l'un d'isolement , l'autre do facil,. association , qu'elles tenaient du sol natal , et qu'elles oAt toujours gardé. Jetons encore dans Ja balance l'épée eu (tonquérant. L'Kspagne eut Viriafbe de plus et César iîe moins. Ce peuple, d'ailleurs, protesta plus d'une f.iis contre la servitude. A chaque guerre civile qui éclatait .-n Italie répondait datts la Narbonaîst une levée àe boucliers Quils eussent pris les armes au nom do Sylla ou do Lénide, de Serlorius ou de Calilina, de César ou de Pomp<<è"'i'és Gaulois, comme les Espagnols auxiliaires du .wconi Aviiibàl, se battaient surtout pour eux-mêmes. ' ' •■*'

•'César s'était aussi sei-vi contre eux d'une arrtc cpie n'employaient guère les protioniuls.^Apr*^ fa victoire il se montra clément et doux. Point de confiscations qui livrassent dos terres à ses soldats, car il ne les avaient pas achetés {iAr dix ans de victoires et de bùtîii poiir en faire, à la veille de Pharsale de pacifiques lalwurours. Point de loufd tribut, seulement celui que la province avait consenti elle-même à payer durant la guerre'. Kncbre les exemptions étaient-

i'(Juadringenfiesmsmgitiosannosnominestipendii imposuit Suet ter*., 25. qnarante uiiHIons de sesterces vafcm. suivant M. bureau d^ ï*-,' Malie, 7 TGaooolr. Quant au mot stipendium on s'est trompé en v voyant une flaltcrio de César, cachant le tribut, signe de servitude, sous le non. honorable de solde niillaire. Stipendium était le terme général dont on usait pour désigner l'impôt qui frappait les vaincus le plus dureineiil traités • fmposîtum rectigal est certum, quod stipendiarium dicitur ut Hhpams et plerisfiue Pœnorum, quasi vietoriœ pr^emium ac pWHa beîH. Cic, m Verr., lU, 6. / •:

elles nombreuses pour les alliés et les villes qui avaient su friériler ce privilège, surtout pour les nobles Gaulois ,- jqiM devaient former dans cliaque cité une faction dévouée ,6^ comme tout un peuple de clients ^ Bibracte prit même son nom. A ces faveurs il ajoutait ce que les sujets de B,Qipe connaissaient moins encore , le respect pour les vainci^, pour leur gloire, pour les trophées, même élevés à ses dé 7 pens. 11 avait perdu son épée dans \ine bataille ; ses SQl4ftltS la trouvèrent un jour suspendue dans un temple gaulois» ;et voulurent l'arracher. «Qu'elle leur reste, dit-il, elle est -sacrée ^» H leur laissait bien autre chose, leurs pi]çti;ç^, îeur religion, leurs lois, et il semblait n'être venu que pour leur apporter la paix, les associer à la grandeur romaine et ouvrir à leurs nobles les portes du sénats Aussi la GaMle Chevelue lui donnait ses plus braves enfants , ses arçheips ruthènes, ses fantassins légers de rAquitaine et de l'Arvernie, son infanterie pesante de la Belgique et ces hardis cavaliers, dont trente suffisaient pour mettre en fuite def|x mille Numides, dont quatre cents paraissaient à Cléopâtre et à Hérode valoir une armée*. Et pendant qu'ils combattaient pour le dictateur en Grèce, en Afrique, en Espagne, leurs pères, leurs frères labouraient, trafiquaient, avec cette ardeur pour les travaux de la paix qui éclate toujours au sortir des longues guerres. « Cette Gaule , disait Marc-Antoine, qui nous envoyait les Ambrons et les Cimbres, elle est soumise maintenant et aussi bien cultivée, dans toutes ' ses parties, qWe l'Italie même. Ses fleuves se couvrent de navires, non-seulement le Bhôneou la Saône, mais la Meuse, mais là Loire, mais le Rhin lui-même et l'Océan. » Antoine

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I 1. Suétone, C, J. Cses., 26. HirUus, B, G., VIU, k% 2. Plutarque, Cxsar^ 26. ; ,i(fi;

.HM4. I(J.,i5td.,76et 80. Cicéron, J?p. /aw., IX, 15, 4. Cœsar, B. ^., 6, et Joseph, B, J., 1, 20, 3.

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