‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 157 sur 191 · V. CARACTÈRE DE CES ASSEMBLÉES · texte numérisé non relu

V. CARACTÈRE DE CES ASSEMBLÉES

nissait régulièrement chaque amice les étals généraux du pays, et Auguste, à son exemple, appela plus d'une fois autour de lui les députés des provinces qu'il traversait^

Nous ignorons les droits de ces assemblées. Dans l'occident. César et Auguste leur donnèrent un caractère politique en les consultant sur les plus importantes affaires ; en Orient, elles ne paraissent avoir eu que des attributions religieuses. On voit celle de TAsie proconsulaire, tenue en 165, dans la haute Phrygie, nommer les asiarques, parmi lesquels le gouverneur romain choisissait celui qui devait remplir les fonctions honorables , mais ruineuses , de suprême pontife pour toute la province ; un passage de Strabon prouve que cette coutume existait déjà du temps de Pompée ^

i| y avait là certainement un germe qu'on aurait pu développer au grand profit des provinces et de l'empire.

1. Caesar, B. G., passim, et B. C, II, 19 ; B. H., 42. L'assemblée générale de Cordoue se saisit du droit de commander dans la place, de retenir pour sa défense les troupes qui passaient, etc. — Auguste réunit en l'an 28 à Narbonne rassemblée générale des cités transalpines ; Drusus réunit fi Lyon une assemblée générale des quatre provinces pour la consécration du temple d'Auguste (Strab., IV, p. 192). Sur les assemblées provinciales des Gaules, voy. Laferrière , Hist. du droit civil de Rome et du dri>il français f t. ll,ip. 311 et sqq. ; Améd. Thierry , Hist. des Gaulois , t. Il , p. 109; Uist. de la Gaule sous l'admin. romaine, t. H, 354 ; et un savant mémoire lu à llnstitut sur les assemblées provinciales, — On trouve dans les inscriptions d'Orelli, n" 3149, un prxtor Hetrurisf xv populorum. Il est question au n? 2182 des sacra Elruriiv ; et les fériés latines dureront jusqu'au iv* siècle. Lactance, Div. Inst.^ 1 , 21. — Pacarius^ vocatis privcipibus insulœ[Corsicœ]. consiliurn apcriLTac.,/iùf.,ll, iG. Unsénalusconsulte défend ne quis ad conciiium sociorum referret , agendas apud senatum pro prœtoribus... grates. Id. , Ann. , XV, 22. La Sicile entièr<>^ communis Sicilia., décrète que des statues seront élevées à Verres. Cic, in Verr,,n, 69,63.

,2. Masson, deAristid. Vita, p. 95; Aristide lui-même, le (>a)v, IV, vol. 1 , p. 531 ;el Strab., XIV, p. 049,651. C'est une dignité très-haute, dit Philos, trate {Sophùt, Vitœ, llb. I, § 21), mais très-coûteuse, Oitèp 7îo>))(ôv

ELLES RBSTBN'l INUTILES. iOT

iMais, pour être juste, reconnaissons que si , dans le immde grec et jusque parmi les barbares , surtout parmi ceux des Gaules, ces idées avaient cfeurs , à Rome, elles n'étaient ni dans les esprits ni dans les mœurs, les droits politiques y ayant toujours été directement et personnellement exercés sans délégation. Le gouvernement provincial manquait donc d'un contre-poids utile, car le sénat n'avait point vu que! puissant instrument il négligeait, en ne tirant point parti de ces assemblées, qui existaientà peu près partout, pour placer le conseil à côté de l'action, une assemblée délibérante à côté du pouvoir exécutif. Et cependant la question en valait la peine, car l'empire mieux organisé, c'était le moyen âge de moins îfc

Ces assemblées provinciales, dont nous avons péniblement cherché les traces dans le monde romain, ou disparurent, ou subsistèrent obscures et inutiles; tout au plu« furent-elles acceptées et développées par l'Église, si l'on peut faire remonter jusqu'à elles l'origine des synodes provinciaux des évéques, de sorte que, si elles n'ont pas mis le régime représentatif dans l'État, elles l'auraient du moins mis dans l'Église.

Remarquons encore que leur action fut si faible (ju'elles ne parvinrent même pas à faire de la province une personnel publique, capable d'agir et de posséder. La province resta une simple division territoriale, et les gouverneurs, ces nobles personnages, si fiers, si impérieux, qui regardaient leur

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1. Le désir de s'organiser manquait si peu aux Grecs d' Asie, qu'ils avaietit donné des numéros d'ordre à leurs villes ; les unes étaient métropoles et premières , les autres secondes , septièmes , etc. Ainsi Éphèse était irpaj-rr, Tïaaôiv. Lckhel, D. iV., U, p. 521. Magnésie était éêô6[JLr) Tf,ç 'Ania;. ld.,t7;/(/, p. 527 ; Aspende, zpixt] tù>v èxeï ^la Cilicie). Philostr., Vita Apoll.j [, 15. Malheureusement tout cela n'était qu'une affaire de vanité, et cette organisation ne réglait que les droits de préséance aux jeux et aux fêtes de la* province. Cf. Eckhel, P. A'., IV, p. 288.

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208 § y. É(iALITK DANS l'oBÉISSANCE.

commandement comme un exil *, quand ils ne le regardaient pas comme un moyen de refaire leur fortune ruinée par les plaisirs ou l'achat d'une charge', ne trouvèrent autour d'eux que faiblesse et servilité , parce qu'il n'y avait nulle part l'union qui donne la force, ni la dignité qui naît du sentiment du droit qu'on veut et qu'on peut faire respecter.

Il y a quelque part dans Plutarque un mot énergique : parlant des Asiatiques, il les appelle les peuples qui jamais ne savent dire non. D'un bout à l'autre des vastes domaines

. ^, de la république, si ce n'est dans les gorges inaccessibles où quelques montagnards abritent encore leur liberté, il ne se voit plus de nation qui sache prononcer ce mot-là. Aussi, ; n)algré ces formules et ces traités, malgré tous ces privilèges que j'ai si longuement énumérés, il n'existe, à vrai

j dire, qu'mie condition dans les provinces, celle de sujets, i,j mais couverte par un beau nom, celui de justice, ./ms, qui domine toutes les relations de Rome avec les provinciaux. Quand Pline parle d'une ville, il ne dit rien de plus que le tribunal d'où elle relève, où elle vient demander le droit, jurapetere. Il y en a un autre encore qui exprime le grand bienfait de celte domination et qui l'excuse, pax romana; ,. cette paix romaine, qui rapproche les nations et confond les langages, véritable divinité de l'empire, à laquelle les plus grands princes, Auguste, Yespasien, Trajan, élèveront des temples, et dont les peuples honoreront par de sincères hommages l'immense majesté, immensa romanœ pacis majp.stas^.

1. Cic, ad ^ff., Il, 16 et toutes ses leUrcs datées de Cilicie.

.. 5. Egere, foris esse Gabinium; sineprovincia stare non posse. Cic, in Pis., 6.

. 3. Pline, H. AT., XXVII, 1. Sous l'empire, maintenir l'ordre public fut la grande préoccupation des gouverneurs. Tibère ne voulait entendre parler d'aucun désordre. Voyez aux Actes des apôtres l'elTroi des gens d'È-

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' IN nox GOUVEKî^Et;ri. . 209

J'ai dit quel était le dioit : voyons le fait.

Appien , rappelant le trait*'; favorable accordé par Grncchus aux Celtibérions, ajoute : .. Mais quand îe sénat accorde des privilèges à quelque peuple, il y met toujours cette condition, que ces privilèges n'auront de force qii'àùlant qu'il plaira âtî peuple romain*. « En d'àubèfe tëirnës,' malgré les distinctions que nous avons établies, il n*y avait qu'une chose dont les provinciaux ne pouvaient jamais douteii ;Cî'était de l'autorité absoltie de Rome et de l'omnipotence du proconsul, son représentant'; de sorte que leur condition dépendait bien moins des lois que du caractère de l'homme qui venait cheîz eux exerciér le dro?! du' glaive. Était-il intelligent, honnête et bon? la province prospérait; dur, avide? elle gémissait sous la plus révoltante oppression.

« Les villes, écrit Cicéron^àlson frère, gouvëfneuV de la province d'Asie, ne contractent plus de dettes. Plusieurs se sont vues par vos soins soulagées de Ténorme fardeau des anciennes; nombre de cités presque déseï^tefe'Vo^ doivent leur renaissance. Plus deséditions, plus de ^discordes populaires. L'administration revient aux mains de la classe éclairée ^ La Mysie est purgée de brigands; j^ar tôh'te la province les meurtres sont réprimés et la paix est aftermie; la sécurité est ramenée sur les chemins et dans les campagnes, et qui plus est dans les villes er dans les len^pèi?, où le vol et le pillage s'exerçaient avec plus d'audace encore

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phèse à la suite d'un tumulte excité par les prédications de saint Paul Sous Néron une émeute ayant eu lieu à Pouzzoles inter ordinem plebemque. Une cohorte prétorienne y fut envoyée, cujus terrore et paucorum supplicio, rediit oppidanis concordia. lac. ^ Ann., XHÏ, 48.

1. Aiôwai Ô' rj ^ovay) Tàç xoîacÔE ôwpEà;, àtl •JTpo(ïTt9eî(Ta , xvpfa; l<TeaOai (xéxpiç àv aùxti xai xw ôrjjjLw ôcxf,. App., H., XLIV. •" "'

. i 2. Prwtor irnprobus cui îiemo intercedete possit. Cic '^n Verr f II, 12. ' '

»rti ât Ut civitatfs optijnatmm consiliis adminisfrarenlur.

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