‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 159 sur 191 · VÉNALITÉ DU GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

VÉNALITÉ DU GOUVERNEUR

couverte d'or, il l'arrache; Milet lui donne pour l'escorter un de ses plus beaux navires, l'un des dix qu'elle devait à la république, il le garde et le vend. A Lamsaïque , il veut ravir la fille du premier citoyen de la ville; son père , son frère osent la défendre; dans la lutte un licteur est tué. Licinius se saisit de ce prétexte, les accuse tous deux d'attentat à sa vie , les cite tous deux devant le gouverneur, intervient au procès, à la fois comme témoin et comme juge, et le père et le fils ont la tête tranchée sur la place publique de Laodicée. Cependant il n'avait encore aucune charge publique; que fut-ce quand Dolabella l'eut pris pour proquesteur! La Milyade, la Pamphylie, la Lycie, la Pisidie, furent accablées de réquisitions de blé, de cuirs, de sacs , d'habits de matelots : il est vrai qu'il avait des dispenses pour tous ceux qui les pouvaient payer. Dolabella lui-même accusa son proquesteur d'avoir réalisé un bénéfice de 2 507 000 sesterces; aussi fut il en état d'acheter la préture.

Après avoir pendant une année vendu à Home la justice, il partit pour la Sicile, la province la plus voisine et d'ordinaire la plus doucement traitée, parce qu'elle était remplie de citoyens. Avant môme de débarquer, il cite un habitant d'Halésa pour une succession, et celui-ci ne se lire de ses mains qu'au prix de 1 100 000 sesterces, de ses plus beaux chevaux et de tout ce qu'il avait d'argenterie et de tapis précieux. D'autres affaires semblables lui rapportèrent jusqu'à quarante millions de sesterces. 11 vendait tout, la justice, les charges; se jouant des lois, de ses propres édits , de la religion , de la vie , de la fortune , et surtout de la résignation des provinciaux. Pendant trois ans, pas un sénateur des soixante-cinq villes de la Sicile ne fut élu gratuitement. Une fois, pour un mince profil, il retrancha un mois et demi de l*année, déclarant que le jour des ides de janvier était le jour des calendes de mars.

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