‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 160 sur 191 · S ^- EXACTIONS · texte numérisé non relu

S ^- EXACTIONS

Vn juge th; Centuripa avait prononcé contrairement à-fos désirs; il cassa son jugement, lui défendit de siéger au sénat de sa vilkî, de paraître dans les lieux publics, et déclara qu'il ne lui donnerait action pour aucune affaire , qu'il ne l'autoriserait pas à poursuivre pour injure quiconque l'aurait frappé. I^es, habitants d'Argyra, trop lourdement imposés, osèrent réclamer ; leurs députés manquèrent périr sous les verges, et la ville paya au préteur, en outre de ses dîmes, quatre cent mille boisseaux d^,W^ et soixante mille sesterces. A Etna, ses agents arrachèrent aux laboureurs, en outre de la dîme, trois cent mille boisseaux; à Léontium, à Herbite, quatre cent mille*. Comme Darius ou Xerxès, il donnait des villes à ses amis : Lipari à un compargnon de table, Ségeste à la comédienne Tertia , Herbite à Pippa, le scandale de Syracuse. Aussi ces exactions dépeuplèrent les campagnes. A son arrivée, il y avait sur le territoire de Léontium quatre-vingt-trois fermes; la troisième année de sa prélure, il n'y en avait plus que trente-deux ; à Motyca, le nombre était tombé de cent quatre-vingt-huit à cent un; à Herbite, de deux cent cinquante-sept à cent vingt; à Argyronç,,^ deux cent cinquante à quatre-vingts. Dans toute la province, plus de la moitié des terres labourables furent abandonnées; il semblait que la guerre et la peste, tous les fléaux réunis, avaient passé sur l'ile. Et lui, couché dans sa litière sur des roses de Malte, une couronne de fleurs sur la tête, une autre au cou , il traversait, au milieu de muettes malédictions, ces campagnes désolées *.

RAPlNtS.

1. Pison renouvela dans la Macédoine, la Béotie , la Chersonèse et à Byzance, les exactions de Verres au sujet des blés: Unus û^stimator , unus venditor, totain provincia^per trienniiim^ frumenti omnisfuisti. Cic, in Pis,, 35.

2. La Sicile échappa celte fois î\ un impôt dont Fonléius frappasa pro-

Pour les approvisionnements de Rome, il avait reçu du trésor trente-sept milUons de sesterces; il garda l'argent et envoyai lé^ Câlins qu'il avait volés. Pôûk* ^A'maïsbnvî^Sf 'provinciaux devaient lui fournir des vivres, que le sénat payait*. Le blé valait* deux ou trois sesterces, il en fixe le prix à dbu^e, ekige cinq Mi lïltis^qu on né llii én'Wë^îr^rpiiîk s'en fait donner la valeur en argent ®. ' ' ' ' ' ' ' i * * ' ' Un autre fléau pour les provinces, c'est que Licinius était artiste, antîtiûaîWrïirïialeiir idëlMilè (*ôi*îoiîté et *fe%tile belle chose. Malheur à l'hfMe qui le recevait; il était déva*lisé. Un jour il passe près d'une ville située sur une hauteur èf qWli^it' Jusque- là échappé à' ^ë¥rapS¥ibt*il' arrêté «a litière au pied de la montagne, se fait apporter toute l'argenterie du lieu , choisit ce qui lui plait, l'emporte, et charge le magistrat de donner a^eûi''qli'n^d^|f)(^feitîi'péllîi^^^^^^^^ nue monnaie qu'il ne lui rendit même pas. Le roi de Syrie, Antiochus, traverse sa province avec de magnifiques présèM' qii'îl destinait au Gipitble, il les Itiî ifflèVfef lélW'iè plaint, proteste, mais n'obtient pas plus justice que le ilernier des provinciaux. Pendant huit mois, nombre d'orfèvres travaillèrent dans le palais d'Hiéron, seulement pour rajuster et repolir les ouvrages d'or qu'il avait volés, et la douane de Syracuse constata que, par ce seul port, il avait, en quelques semaines , fait sortir de l'ile des objets vaîknt douze cent mille sesterces. Notre préteur faisait aussi line collec-

Page 1