‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 167 sur 191 · W § V. GÉMISSEMENTS DES PROVINCES · texte numérisé non relu

W § V. GÉMISSEMENTS DES PROVINCES

Par ce que le plus honnête homme put faire sans blesser les lois, et par ce qu'il excuse, jugeons de ce que les peuples souffraient : « Il demande de l'argent au magistrat de Sicyone ; je ne lui en fais pas un crime, d'autres en ont demandé comme lui. Le magistrat n'en donnant pas, il le punit, cela est odieux; mais cela n'est point sans exemple *. Vous avez affiché dans votre province que vous étiez à vendre, et ceux-là l'ont emporté sur vous qui vous ont le mieux payé. Eh bien , je vous le passe. Peut-être quelque autre a-t-il fait comme vous *. Vous avez condamné à Syracuse un homme qui était à Rome ; mais je ne m'arrête pas à cela, car on peut recevoir une déclaration contre un absent, aucune loi, dans les provinces, ue s'y oppose '\ » Ailleurs aussi, il accepte sans trop se plaindre les exactions que les préteurs commettent sous prétexte du blé qui leur est dû; pratique, ajoute-t-il, fort en usage en Espagne et en Asie, que l'on peut blâmer, mais que Ton ne saurait punir. Cependant, à force d'énumérer ces crimes et d'entendre le consul Hortensius répéter qu'ils ne sont pas nouveaux, que d'autres ont agi ainsi , ont fait pis encore*, il s'anime luimême et trouve ces belles paroles: « Nos provinces gémissent, les peuples libres se plaignent , les rois crient contre noire avidité et nos injustices. Jusqu'aux rives lointaines de l'Océan , il n'y a pas un lieu si obscur, si caché qu'il soit, où n'aient pénétré les dérèglements et l'iniquité de nos concitoyens. Ce n'est plus la force, ce ne sont plus les armes,

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