In Verr., I
2. Forsitan aliquis aliquando ejus modi quippiam fecerit, Verr,^ 11, 32.
3. Ibid.^ II, \l. Tels étaient l'incertitude des règles et l'arbitraire laissé aux gouverneurs, que leurs édits pouvaient varier, même sur cette importante question : les Grecs pourrout-ils être jugés d'après leurs lois ou d'après la loi romaine ? . (ti *
*4. Fecisse alios,.., fecerunt alii alia quam multa, Verr., 111, 88.
LES LIEUTENANTS, LIS SUBALTERîiES. 219
ni les guerres des nations qui pèsent aujourd'hui sur nous , mais leur deuil, mais leurs larmes et leurs gémissements.... Qu'on dise encore ([ue cet homme a fait comme d'autris: sans doute il ne manquera pas d'exemples; mais si les méchants s'appuient sur les méchants poui* ^çbapper |i la justice, je dis qu'à la fin la république aussi trouvera sa ruine. »
Les gouverneurs volaient en grand, et dans cette curéç des provinces, ils laissaient à leurs subalternes bien des pro: lits encore honnêtes. Celui-ci abandonnait à ses lieutenants le choix des quartiers d'hiver, doïit les villes achetaient, fi grands frais l'exemption^; tel autre, à ses tribuns, le soin de veiller aux réparations des routes qu'on ne réparait pas, ou qu'on réparait mal, si Ton savait s'entendre avec les inspecteurs des travaux. Il n'y avait pas jusqu'aux affranchis, jusqu'aux esclaves du préteur, devant lesquels il ne fallût s'humilier et dont on n'achetât b\m cher la faveur. Quand Verres eut jeté en prison les capitaines syracusains, leurs parents accoururent pour recueillir au moins leur dernier soupir; mais Seslius le licteur était là, raettapt 4ip prix à chaque larme, tarifant chaque douleur. Pour entrer, il fiuit tant; pour introduire des vivres, tant. Personne ne refusait. « Mais combien donneras-tu pour que, du premier coup, j'abatte la tète de ton fils, pour qu'il ne sente pas la hache, pour que je ne le fasse pas souffrir? Combien pour ensevelir son cadavre, au lieu de le jeter aux bêtes? »» Ou payait encore l
Après le gouverneur et les agents venaient les publicains, autre tyrannie plus dure que la première. Celle-ci, en gé-
1. Magnas pecunias dahanL... Cypre donnait annuellement, pour cela seul, deux cents talents alliques. Cic, ad AU., V, 21.
2. Voyez l'effroyable situation de l'Asie pendant la dernière guerre coiilre Milhridalc : xry ÎTioL^y^ifxy,,,. àp^riToi xai ôcTtKTTOi ôu(TTU/jai xa-
§ V. Lts l*lîBLlCAINS.
lierai, ne frappait que les communautés ; la seconde atteignait les individus, même les plus obscurs. *^^''*"' '"' ^'* "*' Si du moins elles se fussent Tune l'autre combattues! Mais presque toujours il y avait accord entre elles. Quand, par miracle, les publicains ne demandaient rien au delà de ce qui leur était dû, un gouverneur cupide leur forçait la main, et les associait à ses rapines, afin d'augmenter ses chances d'impunité*. Si le gouverneur était intègre, c*élaîent les publicains, surtout depuis qu'ils étaient juges à Rome, qui menaçaient, qui entraînaient. La probité devenait un crime. En l'année 92, le stoïcien Rutilius, ancien consul, et l'un des plus vertueiix'citoyens de ce temps, osa prendre, contre les publicains, la défense de la province d'Asie, où il avait été questeur sous Mucîus Scaevola. Son administration et celle de son général y avaient laissé de tels souvenirs que tous les ans on célébrait en leur honneur une fête 3Iucia, la féfe de l'intégrité et de la sagesse, fkpublicains, ofÏBrisfés de ceffe'iiiM lui inten-
tèrent aussitôt une action de péculat et furent à la fois accuk'ateurs, témoins et juges. Malgré Mucius Scaevola, malgré CrasSiis et Antoine, malgré tout ce qu'il y avait encore de citoyens honnêtes, il fut condamné, et mourut à Smyrne, en exil ^
Dès le temps de la seconde guerre punique, les publicains se faisaient craindre du sénat. Un siècle avant Verres , ç'émit une opinion reçue que, là où ils étaient, le trésor
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Teïyov uTcô Twv xsXwvtov xai twv ôavctTTôiv 7io(>6ou{jlsvyiv y.ai àvôpa tto- GiCo[xévr,v mTrpâi/eiv iôîa [jl£v vioùç eOitpsiïsï; ÔuYaTÉpa; xa Ttapôe'v&u; , ôr,|xci(T{a ô' àva6r.|i.aTa , ypa^à; , icpo'j; àvopiàvxaç àvaYy.aJ;o.u£v(ov. Plut., LuculL,20.
i. Voyez l'accord eiure Verres et les fermiers de la douane et de la dliin-, dans les Terrines, in Verr.^ II, *0, 75.
2. Diodore, XXXVII, 5. Val. Max., VI, 4,4,. Liv,, fe>., 70. Vell. Pal , II, 13,
LES P|:HIJC\INS.
était lésé ou les sujets opprimés'. Cicéroii, leur grandjami, (lisait lui-même: « Si on ne leur résiste, il faudra voir périr ceux, que nous devons défendre » ; et il montre cet esprit de corps allant jusqu'à former une conjuration permanente : a C'était pour eux, disait-il, une règle invariable que celui gjiij^^vait jugé un chevalier digne d'essuyer un affront, devait être jugé par tout l'ordre digne d'éprouver une disgrâce \ » Et ailleurs: « Pour contenter les publicains sans ruiner les alliés, il faut une vertu toute divine'* »». Il est eurieux de trouver les publicains faisant servir à leur intér^ les idées nouvelles, et niant, au nom des doctrines d'Evhémère, la divinité des dieux, pour se donner le droit, de lever l'impôt sur les terres consacrées. Un prêtre dAmphiaraùs réclamait l'immunité : « Paye, dit le publicain, ton dieu n'est qu'un homme*. »
» J, II' jii ,iHl ,nl il' il^ iiMi' 'I' lli. 'iiii II i'i "i ** 1" ||"' '"'
Quand les provinciaux avaient répondu à toutes les exigences des gouverneurs, de leurs agents et des publicains; auaad ils avaient payé tous les impôts, fourni toutes le^ corvées, satisfait à toutes les réquisitions*, ils n*en av^lçi^l pas fini avec l'avarice romaine; il fallait encore recevoir avec de ciands et coûteux honneurs les nobles qui traveiY saicnt leurs villes; entretenir par des dons renouvelés le
1. Uhi puUicanus est , ihi aut jus pnhliam mnum, aut Uberfatcm ^ociis miUam esse. T. Liv., XLV, 18.
2. Retinchalur hoc tum, nescio quomndo, quasi commtini consilio ah illis diliiienlery ut, qui unum equitem romanum contumelia dlgnum pntasset ah unîverso ordine malo dignum judicaretur. In Vrrr.,
•-3. Lettre à Quint., I, I, H. ■'"■''- " ■•'"'■■''""•'" "'■ ''
4. Cic, de Nat. Deor., III , 19 : Negahnnt inimortaîes esse uîîos qui aïiquandn homines fuissent.
5. l/État fournissait les chevaux et les tonlos; mais les villes devaient rhospitalîté. Il leur fallait aussi fournir des moyens de transport aux lieulenanis soudainement envoyés par le général, aux sénateurs en légations libres, etc. r.r. Liv.,XMl, 1. ''-^-^
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