‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 172 sur 191 · V. LOIS EN FAVEUR DES PROVINCIAUX · texte numérisé non relu

V. LOIS EN FAVEUR DES PROVINCIAUX

de cité à quiconque pourrait convaincre un magistrat romain de concussions*. La prime offerte était brillante, mais que de dangers si on ne réussissait pas , que de dangers encore si on réussissait !

Sylla, qui avait accablé FAsie des plus cruelles exactions et qui était sorti de son gouvernement pour rentrer en maître dans Rome, voulut empêcher les autres de recommencer ce quMl avait fait, comme si l'exemple qu'il avait donné ne tuait pas d'avance sa loi ^ Il défendit aux gouverneurs de rien exiger au delà de ce qui leur était accordé par les règlements, de sortir de leur province, de déclarer la guerre, sans l'ordre exprès du sénat et du peuple ^ il les obligea de rester dans leur gouvernement tant qu'il plairait au sénat*, mais de le quitter dans les trente jours, dès que leur successeur serait arrivé'; enfin il limita les dépenses souvent excessives que faisaient les alliés pour envoyer à Rome des ambassadeurs chargés de louer le gouverneur sortant ou de gagner d'avance leur nouveau maître K

César, esprit plus libéral , qui avait compris que Rome

1. Cicéron {pro Balbo, 24) ne parle que des habitants d'une ville fédérée. M. Klenze , l'habile éditeur de la loi Servilia, Walter et M. Laboulaye pensent (lue ce privilège était assuré à tous les provinciaux. « C'était tout à la fois une magnifique indemnité pour les fatigues et les périls de l'accusation et un préservatif certain contre les vengeances du successeur dans la province ; jaloux de punir l'injure faite à un collègue et de prévenir, en les étouffant par la terreur, les plaintes même les plus légitimes. •> Laboulaye, Essai sur les lois criminelles des Romains ^ p. 241.

2. Ernesti parle d'une loi Cornélienne, de Provinciis ordinandis..., mais M. Laboulaye prouve (p. 267) que les fragments rapprochés par Ernesti appartiennent à des lois différentes.

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