Odes
2. Quanto quis serviiio promptior, opibus et honorihus exlollereniur. Tac , Ann.^ I, 2. .,
3. Suél., Oct., 71, 84; Dion., LVni, 2; Sen., de Clem.,], 9. Caligula
RÉSUMÉ. . i57
caractère, d'indiquer jusqu'à qpel point ils s'étaient avancés dans la civilisation romaine, jf|tfP j*ose dire,. te degré de vitalité de chacun d'eux. J'ai trouvé dans leur état social de bien grandes différences. Les peuples de l'Orient se sont montrés tels, à peu près, qu'ils resteront pendant trois siècles; ceux de l'Occident, du Nord et du Sud ont apparu, sauf en trois points , dans l'Egypte et à Cyrène , dans la Bélique et dans la Narbonaise, barbares encore, èiemi domptés, ou tout à fait libres.
L'Italie péninsulaire décline comme la Grèce ; et la vie , jadis si énergique à ces deux foyers, semble s'y éteindre, pour se porter à la circonférence. La Gaule, l'Espagne, sont pleines de sève , et l'avenir leur appartient pour deux siècles. Mais les régions illyriennes d'où sortiront les empereurs qui arrêteront une première fois l'invasion , la Thrace qui recueillera l'héritage du Latium , sont encore à peu près indépendantes, et les nomades errenliin' liberté aux lieux où l'Église d'Afrique comptera un jour quatre cents sièges épiscopaux. i * • «^
S'il reste beaucoup à faire pour répandre au Nord et sur tout rOccident ce régime municipal à l'aide duquel la civilisation prend racine dans les sols les plus rebelles, il y aura
i'ti
appelait Livie un Ulysse en femme, Uhjssem stolatum (Suet., Caius., 23); mais pour Sénèque [Consol, ad Mare., 4), elle était femina opinionis sux custos diligentissima, Macrobe la montre {Saturn., Il, 5) toujours entourée de graves personnages, et Tacite dit {Ann., V, 1) : SanctUate domus priscum ad morem , comis ultra quam antiquis feminis prohatum^ mater impotens^ uxor facilis. Auguste ne portait d'autres vêtements que ceux qu'avaient tissés sa femme et sa fille. (Suél., Oct.^ 74). Elle était fort belle, selon Ovide [Font,^ 111, J?p. I, v. 115).
Quae Veneris formam, mores Jnnonis habendo.... îJ'i''
Nous pourrions douter de la sincérité du poëte. Mais Octave la prit à Néron, dit Tacite, cupidine formœ [Ann., V, 1), ttses bustes ne démenlent ni le poëte ni l'historien. La dissertation de Lolz de Livia Auguata (lîatisi)., 1715) n'est qu'un mauvais pamphlet rétrospectif.
aussi de nouveaux combats à livrer pour rectifier la ligne des frontières , et il faudra régulariser l'administration des provinces lointaines. Au temps de la bataille d'Actlum, les domaines de la république n'étaient pas nettement limités ; c'était un empire mal fait, parce qu'il n'avait pas ses barrières naturelles, parce qu'il présentait un enchevêtrement de peuples soumis et de peuples indépendants qui rendait la police difficile. Ces rois alliés étaient des instruments utiles, mais il eût mieux valu s'en pouvoir passer. L'empire redressera ces frontières, fera disparaître ces inégalités et étendra sans interruption, sans lacune, la domination romaine de TAtlantique à l'Euphrate et du Danube à l'Atlas. La république avait su conquérir des pays peuplés , peutêtre de soixante-dix millions d'hommes, elle ne sut pas les administrer. De belles règles sont posées , mais l'exécution n'y répond pas, fempire rapprochera le fait et le droit que les proconsuls républicains ont séparés *.
La république avait assuré son pouvoir en faisant partout des conditions différentes; les empereurs, en favorisant l'extension de la langue , de la religion , des mœurs et des lois romaines, donneront à l'empire une formidable unité qui lui permettra de résister quatre siècles aux furieux assauts des barbares, et facilitera la rapide propagation d'une religion nouvelle et pure.
1. M. Naudet a lu, à l'Acadéaiie des sciences morales et poliliques, en août 1849, un mémoire sur la police de l'empire romain, dont voici les conclusions : « L'avènement de l'empire avec tous les inconvénients et les maux que les vices des hommes pouvaient y mêler fut cependant un immense bienfait pour les pays soumis à la domination romaine : jamais, ni nulle part, ne s'était établi un système si vaste et si bien combiné d'une force armée pour la conservation de la paix publique, pour la sécurité des personnes et des propriétés. Dans aucune législation la politique des États n'avait professé plus savamment et d'une manière plus pratique les principes d'équité ; dans aucune elle n'avait paru plus généralement animée des sentiments d'humanité. — Imperatorum tempore provinciœ meliore çonditione gaudehanf. Ahrens^ de Statu Athenarum^ p. 23.
JRÉSUMÉ. 259
L'ordre, la paix, la sécurité , voilà ce qu'allait donner le pouveau régime que l'immense étendue des provinces et les vices du gouvernement précédent ont rendu nécessaire. Oublions le cirque avec ses gladiateurs et ses bêtes féroces , et les festins de Trimalcion avec les mœurs que Pétrone et Apulée nous montrent , et ces représentations de batailles navales pour lesquelles Claude trouva aisément trente mille cvndamnés à mort , et les sanglantes tragédies du palais où tant d'empereurs entrèrent par la violence et le crime, où si peu vieillirent que sur soixante-dix on en compterait bien de dix à douze qui sont morts naturellement, preuve que le despotisme est d'abord fatal à lui-même. Oublions tout cela ; ne voyons que le bien-être dont le monde va jouir. Mais est-ce qu'il ne manque pas quelque chose à cette société si heureuse? Comment se fait-il que, même sous les meilleurs princes, cet âge de félicité soit un âge de décadence; que tout ce qui faitfhonneur de l'existence humaine s'affaisse et tombe; que les lettres, les arts se dégradent; que la vie morale disparaisse, ou se réfugie au cœur de quelques hommes persécutés? Au milieu de toutes ces joies du corps, pourquoi toutes ces misères de l'âme ? C'est qu'au-dessus de sa tête cette société folle , couronnée de roses , ivre de vin et de plaisirs, voit toujours suspendu le glaive du despotisme; c'est que la liberté , en se retirant de la loi , s'est retirée aussi des âmes et y a laissé un vide immense , que la corruption seule maintenant remplit. Au lieu du sentiment du devoir et du droit qui fortifie et qui élève, il y a la peur et la servilité qui brisent les caractères , qui avilissent les âmes, qui ôtent à l'homme sa meilleure défense contre le vice, à défaut de croyance religieuse , le respect de soi-même.
Que les administrateurs étudient cette puissante machine, la plus colossale que l'histoire leur montre; que les légistes admirent ces lois si savantes, le plus grand effort que l'esprit humain ait fait pour régler les rapports des hommes
entre eux; que les économistes calculent l'activité du commerce et de la production, au sein de « cette immense paixromaine, « le philosophe verra toujours à quel prix ces biens ont été achetés, la dégradation des âmes ; et ces âmes sans ressort se trouveront aux jours des dangers de l'empire, sans élan et sans force pour le défendre. Semez le vent, a-t-il été dit, vous recueillerez la tempête; les empereurs romains semèrent la bassesse) el (ii^is le péril , ils ne trouvèrent que la lâcheté.
il i i!