SICILE
dant encore quelque activité, toute la Grande Grèce avait partagé le sort de sa métropole , « elle autrefois si riche et si vivante, dit quelque part Cicéron , et maintenant si désolée ! »
En Sicile, les courses des Carthaginois avaient tellemeiïl ruiné la côte qui regarde l'Afrique, que du cap Pachynum au promontoire de Lilybée on ne rencontrait plus qu'une seule cité , Agrigente. La côte orientale avait beaucoup souffert durant les guerres contre Sextus : Naxos, Mégare, Eubée, Callipolis, n'existaient plus. Elles avaient eu le sort d'Himère, de Sélinonte et de Gela, Syracuse avait été à demi ruinée • ; Catane , Cenluripes étaient dans le même état. Tauromenium s'était tout récemment défendue contre les troupes d'Octave avec une énergie qui avait mis en péril la fortune du triumvir; et Messine avait vu les huit légions, abandonnées par Sextus Pompée-, se réunir dans ses murs, traiter avec Lépide, en ne lui demandant pour passer sous ses drapeaux que de les laisser piller, de compte à demi avec ses propres soldats , la ville qui leur avait donné un refuge. Mais, grâce à son heureuse position, Messine allait effacer bien vite les traces de cette trahi^oïï odieuse.
La côte du nord regardant l'Italie était , comme à présent, mieux peuplée, Lilybée, Panorme, Ségeste qui se disait parente de Rome, y tenaient le premier rang; mais l'intérieur de l'île se ressentait encore des fureurs des guerres serviles. Enna était presque déserte , malgré son temple de Cérès ; et la célébrité de celui de Vénus à Ërix ne l'avait pas sauvé de l'indifférence et de l'oubli. La déesse n'y avait rien perdu, il esl vrai ; pour se dispenser d'un