BYZANCE
ses grands hommes, malgré sa mauvaise réputation à l'endroit de l'esprit •, de Maronée, de Doriscos et d'.Enos, placées sur l'ancienne route qu'on suivait pour passeren Asie, enfin de Cardie et de Lysimachie, qui fermaient l'entrée de la Chersonèse. Mais ces villes n'étaient plus que l'ombiv • d'elleâ-mémes. Et comment se seraienl-elles relevées? Les Romains n'ayant pas organisé la Thrace, le désordre y régnait comme dans les âges antérieurs. Quand la Macédoine sera redevenue une florissante province, et qu'à l'autre extrémité du pays, s'élèvera la nouvelle capitale de l'empire, laThrace placée au milieu, aura à son tour des cités riches et peuplées. Pour l'heure, le commerce et les voyageurs l'évitent ; ceux qui vont de Grèce en Asie prennent une route plus commode et plus courte, à travers la mer Egée ou les Cyclades ^
Les rives de la Propontide étaient plus animées, Sestos, Héraclée, Périnthe, Sélymbrie, et plus loin Byzance, conservaient une importance que leur position explique. Byzance, dans une des plus admirables situations du monde, au bout de l'Europe et en face de l'Asie , entre la Méditerranée et le Pont Exin, était maîtresse du commerce de la mer Noir« qui s'arrêtait dans son port, quand il ne passait pas tout entier par ses mains. Elle s'enrichissait encore par les pêches abondantes de lEuxin, bien que les Romains, tout en la laissant libre, exigeassent qu'elle partageât avec eux les revenus qu'elle en tirait. Cette liberté, dont ils avaient le bon sens de ne se montrer point jaloux, était pour euxmêmes un avantage. Elle les dispensait des embarras de l'occupation sans donner aux Byzantins une indépendance dont ils pussent jamais abuser. Les gouverneurs de Bithy-
l.Liv. XLm,4. PI., IV, 18.
2. Dans Tacite, inn., 11, 53 et 54, Germanicus va de TEubée à Lesbos et de là en Troade; Pison d'Athènes à Rhodes, par les lies.
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ifie étaient d'nilleurs tout particulièrement chargés de veiller 8iir eux>.<On ïes tenait encore par lies propriétés 'qu'ails raient en Mysie,et qur se trouvaient îà placées sous la main
de Rome ^. ■-.-■■■-■.'rr^ •-■ '
Le commerce de l'Orient suit généralement deux routes, celle du midi par mer, arrivant au golfe Persique ou à la mer Rouge, celle du nord par terre, arrivant par l'Oxus à la Caspienne et à l'isthme caucasique. Les Phéniciens fétalent saisià 'cle? la première, les Grecs avaient pris la secoMe. Toiite ïa mer Noit*e était couverte de leurs colonies, dont quelques-unes étaient devenues métropoles à leur tour, Milet avait ainsi fondé, disait-on, trqis cents èiîi#iptoihs. Enlot:iÉ^'ile''i)ë'iï|)1es et de royaumes 'b^'rtare^ qui les mêlaient à leurs querelles, ou les tenaient sous le coup d'un perpétuel danger, ces établissements lojnT tliife 'avaient eu bieèditi pour se soutenir, d'entretenir d'activés relations avec la mère patrie; celle-ci déchue, il^ tombèrent, ou perdirent leur liberté. Des îles Çyanée?' afôc bouc^hes de Tlster on trouvait encore cinq villes, qui pour se défendre s'étaient unies et reconnaissaient un chef de leur pentapole, mais n'en vivaient pas moins misérablement ^ Dans la colonie milésienne d'Apollonie, Lucullus avaîf pris naguère une statue colossale d'Apollon, à laquelle il avait au reste accordé l'honneur d'une place au Capitole. Au-dessous du vaste territoire de cette ville, une tribu Ihrace, les Asti, ne se faisait jamais faute de piller ou de tuer les naufragés. Aussi les navigateurs arrivant des Palus Ma^otides, et que la
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2. Ils avaient la moitié (lu lac Dascylilis. Strab., XU, 576.
3. Ces cinq villes élaleiu Odessos, Mesenibria, Xomi, Istiiopolis et Apollonia. Bœckli, lnsc.\ ir 20oG, où il est question U'un àp/tov tov xoivbù Trjç TtevxauoXHto;.
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