I. PRINCIPALES VALLÉES
C'est dans la région montagneuse que sont les plus belles parties de la péninsule. La cime des montagnes se couronne, surtout dans le sud, d'immenses forêts, et à leur pied s'étendent de riches plaines oii se succèdent les cultures tes plus variées. Çà et là leurs flancs se creusent en larges et profondes vallées, ou s'entr'ouvrent , pour laisser passer quelque fleuve qui descend de l'intérieur, comme l'ÏTalys, l'Iris, et le Sangarios qui vont à l'Euxin ; le Méandre, le Caystre, l'Hermos et le Caïque, qui se retident à la mer Egée; enfin le Calycadnos dans la Cilicie Pétr^yT^ûi traverse une vallée oti règne un printemps perpétuel. La fécondité de ces terres est telle qu'elles n'ont jamais bèsoin de fùmùre, et que chaque année cette partie de Tehipire dès Turcs exporte pour l'Europe au moins cent millions de kilogrammes de grains. Qu'était-ce donc lorsque l'Asie Mineure était aux mains de la race active et industrieuse qui dans l'antiquité avait pris possession de toutes ces côtes, déposé une ville au bord de chaque fleuve, en face de chaque port, dans toutes les îles qui forment comme un pont jeté par la nature entre la Grèce et l'Asie?
L'Halys, aujourd'hui Kizil-Irmak, le plus grand fleuve de l'Asie Mineure, marquait dans cette péninsule la limite de deux races. Les populations établies à l'ouest de ses rives, Lydiens, Phrygiens, Mysiens, Bithyniens, Cariens, étaient en général de même sang que les Thraces d'Europe; celles de lest, Cappadociens, Ciliciens, Pamphyliens et Solymes appartenaient à la souche syro-arabe*# L'Halys séparait donc deux groupes de langues, les unes d'origine sémi-
1. Ces Solymes, anciens habitants de la Lycie et de la Pisidie , furent cependant si mêlés d'Hellènes que les Lyciens passaient pour être un peuple grec.