CARIENS, MYSIENS, PHRYGIENS
tiquç, les autres d'origine indo-germanique. La parenté des idiomes parlés à l'ouest de l'Ualys était reconnue par les populations. Les Cariens, les Lydiens et les Mysiens se disaient c^^ même sang et off'raient ensemble des sacrifices à Zeus Karios dans la ville de Mylasa*. Les Bithvniens, les Mariandyniens et les Paphlagoniens formaient un second ^fff}fpf i^ l'origij^p ihrace était plus frappante, car on retrouvait chez les populations des deux rives du Bosphore, non-seulement une langue identique, mais les mêmes mœufs^ le même goût pour le sang et le pillage.
Des Cariens et des Lydiens, aux Bithyniens et aux Paphlagoniens, la différence était grande; les Mysiens et les Phrygiens formaient la transition et nouaient le lien de parenté qui unissait tous ces peuples. C'était avec raison que Je nœud gordien se trouvait en Phrygie.
Les traditions , d'accord avj^ijî les langues, mêlaient tous ces peuples, leurs noms, leur légendes. Ainsi les Phrygiens, dont le nom en langue lydienne signifiait hommes libres, s'appelaient Bryges en Europe, quand ils habitaient au pied du mont Bermios*; et on retrouve à la fois en Europe et en Asie la légende de Midas, comme on y retrouve deux Mygdonie, deux ïi|ppt^ Olympe, et le nom
1. Strabon, XIV, p. C59. Les Cauniens, de môme race pourtant que les Cariens, n'y prenaient pas part.
2. 'O ti.£v yào Sâvôoç 6 Auôo; (lexà xà Tpwïxà çyi<TV éXôeiv toùç *l>puYa^ èx TTj; Eùpanir,;. Strab., p. G80. Cf. Didot, Fragm. des Hist. Grecs, 1. 1; Xanthi fragm., 5. Hérodote parle de Mysiens et de Teucriens qui, avant la guerre de Troie , conquirent la Thrace et pénétrèrent jusqu'au Pénée. vil, 20, et de Thraces qui passèrent en Bilbynie, VU, 75. Il dit aussi que les Phrygieiis s'appelaient Bryges quand ils habitaient en Europe. Cf. Slrab., Vil, p. 2U5; XI 1, p. 550. Hérodote fait des Mysiens une colonie de Lydiens. Xanthus et Ménécrale disaient de la langue des Mysiens {it?oX>:tov elvat xat (xiEo^puyiov. Hisf, grœc. fragm. , II, p. 342, § 2. Edit. Didot, Ibid, Invasions et établissements des Thraces en Troade,
$ I. PHRVdlENS.
d'Odryses donné en Thrace à une peuplade puissante, dans la Bilbynie, à un afriueîil du Rhyntlacos*. ^
Les Phrygiens qui viennent de nous apparaître, dans les traditions, comme le lien de tous ces peuples, ont peutêtre joué un rôle plus considérable. Le peu qu'où sait de leur histoire montre qu'anciennement ils ont exercé utie influence étendue. Un des modes' de la musique grecque , qui tenait le milieu entre le mode lydien, plus aigu, et le mode dorien, plus grave, portait leur nom. La flûte est originaire de Phrygie, comme IIyagni^^,^q^f. l'inventa, et Marsyas qui osa lutter, disaient les Grecs , avec Apollon. Le culte de Cybèle, avec ses prêtres nommés galles, voués au célibat , et qui , comme ceux de la grande déesse syr rienne, gagnaient sur le peuple un ascendant d'autant pfus sûr qu'ils l'effrayaient davantage par leurs danses frénétiques et leurs mutilations volontaires, pénétra dans la colonie grecque de Cyzique, et, dès le temps de la seconde guerre punique, Rome leur empruntait leur idole la plus vénérée , la pierre noire de Pessinunte ^ Ce ne serait pas aller trop loin que de penser qu'ils précéfl^|j*^||J|f, l^^ Lydiens dans la domination de l'Asie Mineure et que peut-être ils servirent d'intermédiaires entre les civilisations de la haute Asie et ceii^s de la Lydie > dô Ja Troafle vl de la Grèce. Malheureusement il ne reste de toute cette prospérité que quelques légendes suspectes et des monuments couverts d'inscriptions encore inexpliquées ^
j'^'i. 'illi'inl MU M
1. Voy. la carte n" 19 du Topographisch-Historischer Allas vonjlellas und der Hellenischen Colonieuy von H. Kiepert. Berlin, 1851.
2. T. Live, XXIX, 14; XXXVI, .3G. Cf. Creuzer, Religions de l'Antiquité^ ch. m, art. m, p. 56-75, et notes de M. Guigniaut, U IT, )ii* partie, p. 944-951.
3. « Ces monuments, que l'on trouve surtout dans la vallée supérieure du Sangarius,sont, dit M. Texier, Description de VAsi^ Mineure^ p. 15^, d'une époque inconnue , mais de beaucoup antérieure à la dominaiioji