EGYPTE
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La Palestine, redevenue un royaume, nous occupera plus tard; nous arrivons donc à l'Egypte* ^nt Octave venait de faire une province . ' '
1. Strab., ibid., 757. Joç., i. J., XV, 4 , 1. Tripolis aussi était libre. Eckhcl, Ul, p. S72. **
2. Strabon, XVI, 757. H ajoute: « De nos jours, Sidon a produit des philosophes distingués, tels que Boelhus, notre condisciple, et Diodote , son père. Tyr a produit Antipatcr et, \in peu avant notre temps , Apollonius qiù a dressé le tableau des philosophes de la secte de Zenon et de leurs ouvrages. »
3 Strabon, Ihid , 769.
|.e 15 î\Q\ït de l'an 30, avant notre ère , la, race des lagides g'était éteinte , après avoir régné près de trois siècles, d'abord avec éclat, puis avec faiblesse et opprobre. Tombée comme tous les États d'Orient , dans cette demi-servitude où le sénat se plaisait à tenir les plus puissantes monarchies, l'Egypte ne s'appartenait plus, depuis le jour où il avait suffi pour la sauver q^'un ambassadeur, romain étendît sa baguette entre elle et Tarmée d'Antiochus Epiphanie. Il y avait de cela près d'un siècle et demi; mais les Uomaiq.s ainiaient à voir mourir lentement; à l'amphitliéàtfj^ ils auraient mis en pièces le gladiateur qui eût frappé trop vite. L'£gypte vécut donc au milieu des guéries civiles et dçs incestes, des exactions et de§ massacre^, voyant ses rois tour à tour persécuteur^ et victimes, ne s'inquiéter que d'une chose, amasser l'or dont ils achar taient à Rome quelque tribun ou consul.
De plu^ en plus l'histoire de ce grand empire était devenue celle des révolutions du palais, et à ses derniers jours il n'en eut plus d'autre que les aventures de cette femme an||)itieuse et passionnée , qui par sa grâce et son esprit , par son fol abandon au plaisir et sa mort courageuse, forme un incident, malgré vous, plein de ch aime et d'intérêt, dans la triste et sanglante tragédie du second triumvirat. L'amour de César absout Cléopâtre de la passion d'Antoine* Si la femme a été faible d'ailleurs, la reine fut grande, graudii au,ijçioini^4la,(açQn de rOw«i^|^ c'§ê|-à-|li^§ f^»^- , tueuse et cruelle, mais habile et fière jusque dans la mort. Avec elle la vieille Egypte descendit au tombeau. Elle avait
adopté ses rois nMcédopiens €l inscrit 1( ceux de ses vieilles dynasties *. Mais la
leurs noms à côté de
parole prophétique
1 . Elle avait conservé pour les Ptoleniées l'antique usage de compter par années de roi, elle fit de même pour les empereurs. Une inscriplion gravée sur la statue de Memnon porte: '^Audimu^ Memnonem anno Xt'
72 >. § L PKOSPÉRITÉ DE l/ÉGVPTE.
d'Ézéchiel va maintenant s'aecomplir. L'Egypte n'aura plus m que des maîtres étrangers, et aux de terra Egyptt nan •■; erit amplins. Dieu veuille pour la paix du monde retireiiéq aujourd'hui l'oracle fatal ! i ! * rcj^i!? htî trin irip ?*vn!>
Une société antique sur un sol préparé pour elle eet bii;n forte contre le temps et les hommes. Il est difficile de \to\x^ ver un gouvernement pire que celui des derniers Ptolé-. mées. Cependant, malgré les émeutes continuelles etjles massacres périodiques d'Alexandrie, l'Égx^pte prospérait, c'était encore la terre chantée par Théocrite , car le ml y i était toujours fécond, les villes innombrables et le lleuveî ' bienfaisant*. C'était aussi toujours la grande route du con^^mt
Al
Neronis. » Cf. Letronne, Recherches pour servir àl'histoire de VÉgypte, p. 355 et 472. Eckhel, f), iV. V., p, 45G, et BaouJ RoçUfiUe Journal du Savants^ avril 1824.
1. Loin de diminuer comme on l'a dit par l'envahisseinent dessables du désert, le sol cultivable de l'Egypte s'accroît sans cesse, parce que l'inondation du fleuve s'étend davantage. L'exliausseaient progivcssif produit par les dépôts annuels, et qu'on estime à 0'", 12 par siècle (Cari Ritter dit, Géogr. de lÀfr., III, p. 97, 0'",132 d'après le Nilomètre d'EIe^ phanlijie et Û'°,120 d'après la meqyas du Caire; ce qui donne en nipyen^ie pour toute la vallée O^JSG), a en effet amené ce résultat singulier qu'au lieu d'être concave comme toutes les vallées, l'Egypte présente nrie surface convexe dont le point le pins élevé est sur la ligne que trace le cours du fleuve. De là la facilité que les eaux ont à se répandre sur tout le pays et à atteindre de jour en jour plus loin. Ainsi tel point de la plaine do Thèbes que couvrait, au temps d'AménophIs IH, le sable du désert est cacliée aujourd'liui sous deux mètres de limon. Une nature bienfaisante réparait donc sans cesse ce que détruisait rimpériti« des honmies, et malgré les fautes, les crimes, et l'incurie des Ptolémées, l'Égyple était encore florissante. Les prêtres d'Amasîs vantaient à Hérodote (JI, 177, i les 20000 villes de son royaume (les livres sacrés disaient: plus de 18 000, w; £v Taï; Upav; àvayp^aoat ç ôpàv ïtrxi. Diod., I, 31). Théocrite (fdy^/. XVII, V. 81-83) en donnait 33 333 à Ptolémée Philadelphe. Diodore (I, ai) en compte plus de 30 000 sous le premier Ptolémée a dont le pJus grand nombre subsiste encore. » Que parmi ces villes on ait compté les villages, les hameaux, cela est évident (Diodore dit xwfjocc; à^toXoYOu^ xat tcoXê*.:, ■ibid.), Mas ces chiffres, lors même qu'ils seraient exagér<5s, peuvent nous faire accepter ceux qui nous restent sur la population du pays. Elle était autrefois de 7 millions d'âmes, au ténmtgnage de Diodore (ihid.) et, ajouie-t-il, elle n'est pas moindre aujourd'hui. Autrefois c'était
Luhd
OCTAVE' KN èGVPTB. 73 S"
mer«bf todien , et €<inlme la forteresse ê'ksù l'oii pouvait teuir en bride TÂfrique et l'Arabie. Tant d'avantages frappèrent l'œil claïr\x>yant d'Octave, et il prit toutes le« mesures que put lui suggérer la prudence , afin d'etiipêcher une'#i'èlte"c}tii"'semblait prdbahie, dans un pays si bien constitué pour vivre à l'écart , si bien défendu contre letl • t agressions du dehors par le désert qui l'enveloppe, par !a côte inhospitalièiieqûi le borde. Cambyse avait tué le bonif , Apis, égorgé les prêtres et pmfané les monuments. G^te poHti€|ue eut les condéciuenpes qu'elle. «iéïitakjvdtavoirv * ■ L'ÉgyptJè; feôtis Ws Pbrses, fut fi peu pbèsenî ré wltê' continuelle. Octave respecUi totil, la religion , la langue, IoskI haliitudes de ce peuple ^ La race des Plolémée& -était ^ éteint^; il prit leur plac^ et gouverna comme eux. Seule- / ment il y eut de moihs leS étneutes périodiques d'Alexan^^- -«i
^^%.ffliic.Plws. dei;9rdi;p^,A?i 'f Prévoyance days,|^^ministration du pay«. Dès l'abord , les soldats qui avtibiil uh vaincu Antoine furent employés à nettoyer les canaux en- '^ gorges du NU V ! - .. in
L'Egypte avait «ept millions d'hommes et de grandes ri- i chesses; Octave ne voulut confier tant de forces qu'à d'ob-