‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 51 sur 191 · Strab.,XVI, 7U · texte numérisé non relu

Strab.,XVI, 7U

08 g I. LORDRE RÉTABLI EN SYRIE.

les légions, proposa ses conditions et fit son prix, que Bassus fut seul assez riche pour payer ^ Autrefois, clu

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moins, c'étaient les étrangers qui achetaient les secours des proconsuls, et les voici qui vendent aux Romains leuis armes et du courage ! Ce n^est pas tout; Bassus appela encore les Parthes. Qu'il était temps que Rome recouvrât

sa dignité et sa force ! .,

"a l'arrivée de Cassius, toute la Syrie, qu'il avait autrefois sauvée, se raniçea sous son obéissance. Mais Dolabella vint

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la lui disputer, comme le frère d'Antoine disputait dân^ lemémeïemps la Macédoine à Brutus; nouveaux désordres i' nouveaux combats. Doiatiella^ assiégé dans Laodicee; fut contraint de se tuer, et Cassius courut à Philippes. Pendant que la querelle s'y vidait entre la républiqu^ el l'empire, la Syrie était conquise tout entière P^^Jf Parthes; Tyr seule leur échappait; et des tyrans s'élevaieh| dans toutes les villes. Vei)tidius, Saxa, Sosius, lieutenants d'Antoine, y ramenèrent quelque ordre, sans mettre beaucoup d'unité dans le gouvernement de cette province, ou subsisteront longtemps encore une foule de petits chefs ^. Cependant dès que la paix sera affermie , la prospérité renaîtra dans cette région si bien située entre l'Enphrate et la mer de Cypre, où les ramifications du Taurus et du Liban forment de délicieuses vallées, et qui, si elle touche au désert, a aussi ces plaines fertiles qu'on trouve toujours au pied des grandes montagnes. C'est la porte de l'Orient: fôut passera par la grande cité d'Antioche, que Pompée a

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I. Dion Cass., XLVII, 28, A AntisUus succédèrent M. Crispus et L. Statius Marins qui assiégèrent une seconde fois Bassus dans Apaniéo. Mais il leur résista par les mômes moyens à l'aide des phylarques des en- ▼irons (Cf. Joseph, A. /., XIlI, 12, 8, et Strab., XVI, ih2}. .hm.i. ^^ 2. Voyez pour tous ces détails Dion, XLVli, et App. , B. C , IV et V paS' sim ; Cic. , ad ^ f e. , X 1 V , 9 ; ati /aw. , XII, 1 2, 1 4 . nmwi

AMIOCHE, UELIOPOLIS, LES ARABES.

laissée hbre, de même que Séleucie*. Dans quelques années Straboii dira que cette ville est presque aussi grande qu'Alexandrie ^ Un peu plus tard Uéliopolis élèvera son t|împle du Soleil , une des plus belles et des plus imposantes ruines que l'antiquité nous ait laissées, et avant trente ans Apamée comptera cent treize mille citoyens '. Pour Laodicee, à moitié détruite dans k guerre récente fie |]assius et çle Dolabella*, elle sortira vite de ses ruines, grâce à son port, à son con^merce ^ et à la hberté avec immunUe d impots qu Antoine lui a donnée®. Mais lintérieur du pays, même la vallée de TOronte, ne seront pas débarrassés des brigandages des montagnards et des Arabes. ChalciS|y( le phylarqiie d'Epièse , Jamblique , et lés habitants de Damas peuvent quelquefois les arrêter, mais non les détruire, car le calcaire poreux des roches de l'Ânti- Liban, Dercé partout de cavernes profondes , leur offrait d'inexpugnables retraites. Prés de Damas il s'en trouvait une où quatre mille hommes se cachaient aisément ". L ennjemi le plus a craindre pour les Syriens était toujours

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1. De môme aussi; Epiphanie, peut-être Apamée, et presque toutes les villes de la Décajiole , savoir, Abila , Antioche aà // îppum, Canatha, Diuni, Gadara, Pella, IMilladclpIiie (Eckliel, T). A., 111, p. 2C8 et ;{07, 3 13, 3ï?7,3i6-351, 372-;n7]. Ces villes n'en payaient pas moius tribut aux Ro^ Uiains, voy. ci-dessous p. 193, lOi et notes.

2. Slrabon, XVI, 751 . 11 n'alla pas lui-mOme en Syrie. ^'^ %, Si toutefois linscriplfon n" 623 d'Orelli est authentique, elle se

rapporte au cens fait par Quiiinius dont parle saint Luc, H, 1.3Iarini,

AU. II, p. 787, a quelques doutes et Orelli la croit apocryphe, fictilium

censeo.

~~ 4." Appion, 7?. €., IV, 62.

5. Strabon,XVI, 751 et Arrien, PeripL Erythr.mar.^pA. Elleappro- Tisionnail de ses vins TÉgypte et toutes les villes des boixls de la mer Ronge. ■•..- ,:'i!j.; lii'i'-r:,-:/'-:^-;: ju;} j.,

-trC. Appien, B. C, V, 7. ;- ,. j/

7. Strabon, XVÏ,756. Joseph, A. J.,XV, 10,1. « 11 y a moins do brigandages maintenant que la bande de Z<énodore a été anéantie grâce à la bonne administralion des Romains et aux garnisons établies daus la Syrie. » Strab., ibid.

70 § l- PHÉNICIE.

les Parthes. César avait promis de délivrer la province de cette inquiétude ; Auguste remplira celte promesse d'une façon moins héroïque , mais peut-être plus sûre.

La côte de Phénicie, que Strabon prolonge jusqu'à Péluse , avait moins souffert qu'on ne le dit de la rivalité d'Alexandrie. Ara^ius et Tyr avaient toujours une population surabondante qui était obligée de bâtir des maisons à six et huit étages; et la pourpre tyrienne, célèbre dans tout Tempire, alimentait une industrie chaque jour plus riche. Sidon, libre comme Tyr et aussi peuplée, était le centre de la fabrication du verre *. Ce que les Grecs avaient sourdement miné , ce n'était donc ni le commerce ni l'industrie de leurs anciens rivaux, mais leur langue et leurciviUsalion. On ne trouvait plus guère de Phéniciens à Tyr et à Sidon; par contre, beaucoup d'astronomes et de mathématiciens , de rhéteurs et de philosophes , d'écoles enfin où étaient enseignées toutes les branches des connaissances humaines *. Même d'Ascalon et de Gadara sortaient Philodème l'épicurien, Ménippele satirique, et Théodore le rhéteur \ Les catégories d'Aristote et les idées de Platon effaçaient dans ces villes des patriarches le souvenir des légendes bibliques.

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