‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 58 sur 191 · LE BLED EL DJEKID ET LE TELL · texte numérisé non relu

LE BLED EL DJEKID ET LE TELL

ri\ré^<;; nous en avons eu plusieurs fois déjà la preuve dou- '^'loureiise. Ce plateau a deux terrasses : Tune qui descend '^'aii Sahara'; i^êit^ le commencement du désert, le Bled el Djéfid, le pays des dattes, où les troupeaux trouvent encore assez de sources et de pâturages pour y multiplier aisé- ■^taent; Tautrfe ta à la Méditerranée; c'est le Tell, la plaine à blé, la région des villes et des ports \ Le Tell ne touche pas lui-même partout à la mer; il en est séparé par un boiirrelët de montagnes qui forment une côte épaisse et esoa^JJée contre laquelle les flots brisent avec fureur et qu'éntf'ouvre de loin en loin une vallée arrosée par un fleuve. •w'îA ces trois zones répondent trois sortes d'habitants : les Nomades difficiles à sfïîsîrdu Bled eî Djérid, mais tenus dans la dépendance du Tell pour leur approvisionnement en grains ; les Berbères ou Kabyles du plateau, race à part, * aux formes athlétiques, industrieux, actifs, trfe-braves et restant volontiers en paix tant qu'on ne touche pas à l'indépendance de leurs montagnes; enfin, le laboureur du Tell et leà feabitant^ sédentaires des villes de llntérfetir et i de la côte. Ceux-ci, placés en face de l'Europe, ont toujours été en relations avec elle, par le commerce ou par la î>irkterie, par la aè^|ttêtil' 6tl par l'iîivasion. Ces' trois régions, comme ces trois populations, sont bien distinctes dans le Maroc, l'Algérie et Tuuis *. Ici déjà elles se con-

1. Il y a cependant aussi, au sud de l'AUas quelques points labourables^le Tell n'est donc pas tout entier au nord de ces montagnes.

5. La question des races de l'Afrique septentrionale est encore bien obscure. Tout semble indiquer que les nombreuses tribus d'une race antU|ue couvrirent cette côte, ici nomades, là sédentaires et tenant refoulées véi-s le sud les populations noires ou éthiopiennes. Nous ne savons rien de ceà anciens Libyens; leur langue mCnie a presque disparu, sauf quelques rares inscriptions tumulaircs jusqu'à présent sans importance, une seule exceptée, découverte en 1631 à Tliougga, l'ancienne Tucca, à six journées àil sud de Carthagc. Encore n'a-t-elle que sept lignes, elle est double ou bilingue, un côté est phénicien , l'autre libyen. Le dernier interprète

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fondent; dans la régence de Tripoli, le Sahara péiièUe jusqu'à la mer partout où ses bords ne sont pas couvert8 par les derniers chaînons de l'Atlas, Sauf quelques îlots de verdure, il n'y a plus, depuis la petite Syrte jusqu'à l'Egypte, que l'empire de Typhon, l'océan des gables. Sur cette longue cote, où la mer et la terre sont également inhospitiilières , Tune à cause de ses bas-fonds, l'autre par ses sables mouvants ; la route n'est indiquée que par des amas de pitres formés de loin en loin; chaque pèlerin qui passe n'oubUejamais d'ajouter la sienne : ce sont les pharefe

du désert. / ^ ^i«' '

Un merveilleux spectacle attend cependant le voyageur au sortir des affreuses solitudes de Paraîtonium ou de la grande Syrte, une des régions les plus désolées de la terre. Le sol qui de loin se confondait avec le niveau de la Méditerranée, se relève jusqu'à cinq cents mètres 'âe hauteur moyenne, et le plateau de Barca, Tancienne Cyrénaïque, s^aN^ncè dans la naer comme un haut et large prpmon^ toire , chargé de forêts séculaires et coupé de fraîches vallées où l'eau sourd de toutes parts '. Des ruines innom-

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tfe cette inscription, M. Judas, a reconnu des similitudes frappantes entre son texte et ^ancien égyptien. Voyez dans le Journal asiatique d'avril 184 1 , de mars et mai 1847 et de février 1848, diverses notes de MM. Judas, Bai-gès et de Saulcy. Hérodote avait déjà dit que la langue des Libyens d'Ammon parUcipait de l'idiome parlé au bord du Nil. Ces antiques Libyens ont très-probablement pour descendants les Berbères actuels qui s'étendent sur tout le nord de l'Afrique, de l'Egypte jusqu'aux Canaries cl dont la langue, dans son fonds propre, a tous les caractères d'un idioino

1. Voyez pour tout cela le curieux récit de Délia Cella , niédccin du second fils du pacha deîripeli, qui, en 1819 partit de celte ville avec une armée de dix mille hommes pour chasser son frère aîné de la CyrénaKpie où il s'était révolté. Délia Celta l'accompagna. Viaggio da Tripoli di BarhariaaUe frontière occidentali dell'Egitto. Le docteur Russell a réuni de précieux renseignements dans son Hisiory of the harhary States, Edinburgh, 1835.

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