‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 92 sur 191 · DANGERS SUR !.K DANUBE · texte numérisé non relu

DANGERS SUR !.K DANUBE

dent des Germains, mais seulement que le principe essentiel du système féodal, le dévouement de riiommc àriiommeel uon comme dans la société gréco-romaine le dévouement du citoyen à la cité fut apporté par les Germains,

guerrière; où, son œuvre achevée, elle ne demande qu'à ]^'endormip doucement dans la paix et le plaisir ! Voilà le

grand péril d^ Pempire. C'est de 'ëi côté que l'avenir vien-

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On ne voit ordinairement le danger que sur le Rhin, parce que ce sont là que ter cèups les plus retentissants ont été frappés, mais il était aussi sur le Danube, et la barbarie faisait eflbrt déjà pour sortir par ces deux portes à la fois. Même avant Actium, les légions avaient dû accourir sur les deux frontières de la Germanie. Agrippa livaît pacifié le Rhin, et Octave avait pénétré dans la vallée du Danube, à travers rillyrie conquise -et la Pannonie efi'rayée. Nous l'avons vu laisser dans la plus forte place de cette province une garnison nombreuse. Mais l'expédition de Ségeste n'était qu'une pointe audacieuse, qu'un avant-poste jeté hardiment loin du corps de bataille. Tout atltour de cette ville, et de l'autre côté du fleuve, habitaient des tribus belliqueuses, mélange d« G«ulois, d'Illyriens, de Thraces et de Germains, avec lesquelles il fallait toujouti s^ttendrë'l de l'imprévu. Les Bastarnes, réfugiés maintenant au milieu des Gètes, n'avaient-ils pas un jour pris lu route de l'Italie, et les Scordisques n'diaienl-ils pas dominé plus fàr* des bords de la Save au cœur de la Thrace, et jusque sur les rives de - f Adriatique*, dans laquelle ils lançaient leurs flèches de dépit de ne les pouvoir lancer sur Rome même? Au milieu de leurs déserts, ces hordes à demi nomades

1. Pour les questions se rapportant aux Germains, voir Touvragc de

M. Ozanam.

2. Les Triballes, dit Strabon, 1. VII, p. 31 8, occupaient entre les Agrianes et rlster un territoire de quinze journées de chemin. Les Autariates les ayant sulijugués devinrent en môme temps les maîtres des autres peuples Thraces et Illyrlens, mais ils furent à leur tour domptés par les Sçordisques.

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128 g m. LES GÈTES ET LES DACES.

sont comme les (lots qui dans le calme courent capricieusement le long du rivage, mais que les vents amoncelant en masses furieuses. A lavoix d'un homme habile etrésolu, souvent ces tribus se rapprochent et élèvent pour quelque temps des empires formidables. Un Gète,Bœbistas, avait ainsi, récemment, placé tout son peuple sous son commandement, par les mêmes moyens dont se servit plus tard Attila, en exaltant le fanatisme religieux et guerrier. Aidé d'un magicien qui avait vu de près les jongleries des prêtres d'Egypte, et dont les Gètes frappés d'admiration voulaient faire un Dieu , il accomplit parmi eux de sévères réformes, fit arracher les vignes, pour les ramener à la sobriété ; les soumit à des exercices militaires, et se forma une armée permanente. Alors le chef, auparavant peu obéi, devint monarque absolu, et tout plia devant ses deux cent mille guerriers, depuis le Pont- Euxin jusqu'au pays des Noriques^ Les Boies chassés d'Italie avaient trouvé asile parmi ces peuples, Bœbistas les força de fuir encore vers les Vindéliciens et fit de leur pays un désert. Les Taurisques eurent le même sort, représailles inattendues des excursions que faisaient ces tribus pillardes dans la haute Italie; la Thrace jusqu'aux frontières de la Macédoine, avec une partie de l'Illyrie fut ravagée ^ Toute la vallée du Danube était soumise au conquérant barbare, et déjà les Romains concevaient les plus sérieuses alarmes, lorsque ce grand chef périt dans une sédition. Avec lui, son empire tomba; les Gèles et les Daces qu'il avait réunis se séparèrent, et n'osèrent plus franchir le fleuve, au moins dans la partie moyenne de son cours.

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