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En comparant l'état de l'éducation dans le Haut Canada

dans les années 1847 et 1853, on obtient les résultats suivants :

Population de 5 à 16 ans :

Total des écoles communes :

Total des élèves qui les fréquentent :

Total des étudiants et élèves fréquentant les universités, collèges, académies, écoles de grammaire, écoles privées el communes :

Montant total disponible pour les salaires des instituteurs des écoles communes :

Montant total disponible pour les salaires des instituteurs,

maisons d'école, bibliothèques, instruments :

1847 Point de rapport

Moyenne du nombre de mois pendant lesquels chaque école a

été tenue ouverte par un instituteur compétent :

1S47 8| mois

1853 10 mois

Ces chiffres ne représentent cependant pas d'une manière correcte le progrès que le système des écoles communes a fait, car la politique du département a plutôt été d'encourager l'agrandissement des arrondissements actuels d'écoles, que d'en créer de nouveaux ; et durant toute celte période de temps, les écoles normales et modèles ont eu constamment l'effet d'élever le caractère des instituteurs des écoles communes. On voit encore augmenter rapidement les écoles gratuites, telles qu'elles se distinguent des écoles en parties supportées par les contributions des élèves. Avant 1850, il n'était pas fait de rapport sur cette description particulière d'écoles. Dans cette année il en fut rapporlé 252, et en 18q3 ce nombre s'élait monté à 1052. A propos de ces faits et d'autres faits de même nature, le surintendant en chef des écoles pour le Haut Canada, en terminant son rapport pour l'année dernière, lequel a été mis devant le parlement et n'est pas encore imprimé, résume ainsi sommairement le résultat en fait d'éducation obtenu depuis ces quelques dernières années : " Ce sera toujours une source de satisfaction pour votre excellence de penser que c'est sous votre administration qu'ont été passées les lois qui ont organisé tout notre système d'éducation, — que nos écoles normales et modèles ont été établies et ont produit tant de fruits, — que le nombre des élèves de nos écoles, que les sommes volontairement fournies par le peuple pour les soutenir, que le perfectionnement dans le mode d'enseignement, dans la construction des maisons d'écoles comme dans les ameublements et autres commodités ont été portés à un point sans exemple jusqu'ici, — qu'un système général de bibliothèques publiques d'écoles a été établi avec succès, et que toutes les pensées du peuple sont tournées vers le progrès de L'éducation et des lumières de même que vers le développement des chemina de fer, des manufactures, du commerce et de l'agriculture."

38. Dans le cours de la présente session, la législature pourvoira de nouveau aux besoins des bibliothèques d'écoles et elle doit voter une somme qui sera spécialement appropriée à l'établissement d'une école modèle de grammaire qui se rattachera à l'école normale à Toronto. Les écoles de grammaire occupent le rang intermédiaire entre l'université et les autres institutions collégiales de la province et les écoles communes. L'école modèle de grammaire relèvera l'instruction que ces institutions donnent et lui donnera un certain caractère d'uniformité. Quand ce but sera atteint, ce ne sera point trop oser que de dire que l'on aura mis à la portée des enfants de toutes les classes dans le Haut Canada, des moyens d'éducation qui ne sont surpassés en aucune partie du monde.

39. La position de la province inférieure sous le rapport de l'éducation n'est pas aussi satisfaisante. L'on n'a encore dans celte partie du pays ni école normale ni bibliothèques d'écoles, bien que l'on ait déjà fait quelque chose pour les établir. Les commissaires d'écoles sont encore en trop de cas des gens sans instruction,et les instituteurs ne sont point trop compétents à remplir leur charge ; et l'on voit des paroisses dans lesquelles sous un prétexte ou sous un autre, la contribution locale destinée au soutien des écoles n'a pas encore été prélevée. Mais il est juste de dire que dans quelques districts du Bas Canada éloignés des villes et dans lesquels l'hiver est bien long et bien dur, les habitants y souffrent beaucoup de la pauvreté. Néanmoins, il y a eu progrès dans ces dernières années, et l'on remarque des indices de progrès encore plus grands. Peu de temps après l'établissement des écoles communes dans le Bas Canada, l'on crut nécessaire par suite en partie de la manière imparfaite dont fonctionnait le système municipal et partie par suite de la mauvaise volonté que montraient les habitants à s'imposer ce devoir, de rendre la taxe des écoles obligatoire au lieu de laisser aux municipalités, comme dans le Haut Canada, la liberté de se taxer, à la condition toujours qu'aucun arrondissement d'écoles ne recevrait sa part dans la libéralité du gouvernement, s'il n'était prélevé un montant égal dans la localité. Durant les premières années de mon administration, les adversaires de la taxe onéreuse commirent de temps en temps des actes de violence. Cette espèce de résistance à la loi a maintenant cessé, et l'on voit aujourd'hui dans la population des

dispositions générales à s'y soumettre. Le nombre total des institutions d'éducation dans le Bas Canada s'est porté de 1,827 qu'il était en 1847 à 2,352 en 1S53, et les élèves qui ne se montaient qu'à 68,133 à cette époque, se montaient l'année dernière à 10S,2S4. Ce dernier chiffre comprend 3,32 1 jeunes tilles instruites dans 53 écoles de filles supérieures et 2,786 qui sont instruites dans 44 couvents, 4,923 élèves qui fréquentent 83 écoles indépendantes, 1,169 qui fréquentent 19 écoles classiques préparatoires, et 2,110 étudiants qui sont instruits dans 1 1 collèges catholiques romains. Les termes de ces dernières institutions, pour ce que l'on donne comme éducation de première ordre, sont excessivement modérés. Toutes les dépenses d'un étudiant, y compris son logement, sa pension, sont de £14 à £18 par année. Ces institutions peuvent donner l'éducation à ce prix bien bas, parce qu'en partie elles sont généralement bien dotées et en partie parce que les professeurs étant des ecclésiastiques, ne reçoivent pour leurs services d'autre rémunération que le vêtement et la nouriture.

40. Il est pénible d'avoir à détourner les yeux du progrès constant de la population européenne et de ses descendants qui se sont établis dans cette partie de l'Amérique, pour envisager la condition et l'avenir des tribus aborigènes. On n'a pas raison de dire, je crains, que l'on a réussi sur ce continent à résoudre d'une manière satisfaisante le problême difficile qui se présentait de réconcilier les intérêts de la race native et inférieure des aborigènes, avec ceux d'une race intruse et supérieure. Dans les Etats-Unis, la marche que l'on a généralement suivie dans cette question, a été de forcer par l'influence de la persuasion ou de la force, l'homme rouge à céder sa place à l'homme blanc, en retraitant de plus en plus dans le désert : mode d'agir qui nécessairement mène quelques fois à l'adoption de mesures cruelles et qui cesse d'être praticable lorsque la civilisation approche des limites du territoire que l'on veut occuper. En Canada, on a permis aux tribus de continuel à vivre au milieu des scènes de leurs premiers souvenirs, de leurs plus chères traditions, sur des terres enlevées au flot envahissant de la population blanche, et réservées pour les aborigènes. Maïs ce système, bien que plus humain que l'autre dans sa manière de fonctionner, nVst pas s:ms ses difficulté!. Les lois que l'on a passées pour les protéger, et dans

l'absence des quelles ils deviennent la proie facile de quelques uns de leurs voisins plus énergiques mais moins scrupuleux, n'ont l'effet que de les garder dans un élat de tutelle continuelle, et les rapports qui existent entre eux et le gouvernement qui les traite en partie comme des peuples indépendants et partie comme des enfants confiés à sa tutelle, entraînent bien des anomalies, bien des contradictions. A moins qu'il n'y ait quelques bonnes raisons d'espérer qu'à la fin ces tribus seront absorbées dans la population générale du pays, le système que l'on suit en Canada est probablement destiné à devenir aussi désastreux pour elles que l'est celui des Etats-Unis. En 1846 et en 1847 — l'on essaya pour la première fois à établir parmi eux des pensionnats d'industrie, supportés en partie à même leurs propres moyens. Si des écoles de cette espèce étaient bien conduites, je pense que l'on pourrait espérer que parmi les jeunes gens qui y seraient élevés, il en sortirait un certain nombre qui seraient assez civilisés pour pouvoir se frayer un chemin dans la vie, sans avoir besoin de privilèges ou de restrictions exceptionnelles. Il serait bon, je suis porté à le croire, que tout sauvage qui montrerait cette aptitude pût, après une épreuve raisonnable, recevoir à même les biens communs de la tribu à laquelle il appartient (à condition toutefois que ni lui ni ses descendants n'auraient pour cela des réclamations sur les deniers,) une somme équivalente à l'intérêt qu'il y possède, afin de le mettre en état de commencer une vie indépendante. Un plan de cette nature, s'il était mis à effet avec discrétion, ne pourrait guère manquer de devenir un moyen de transition qui les ferait sortir de l'état demi barbare dans lequel ils se trouvent. Dans l'intervalle, il a été réglé d'une manière satisfaisante depuis quelques années des questions qui avaient soulevé les réclamations des sauvages à certains territoires vers lesquels le flot de la population canadienne se dirigeait, et qui pouvaient devenir plus tard une source de grands embarras. En 1850, les districts à mines, sur la rive nord des lacs Huron et Supérieur, furent cédés à la Couronne en considération d'une annuité pour les tribus qui étaient censées y posséder des intérêts ; et M. Oliphant, le surintendant général actuel des affaires des sauvages, a récemment conclu un arrangement qui jette immédiatement sur le marché la Péninsule de Saugeen, — réserve des sauvages d'une grande étendue et d'un grand prix, et qui se trouve située

dans le cœur du Haut Canada, — et cela au grand avantage des tribus et de la population en général.

41. En 1830, la législature canadienne passa un acte qui accordait une annuité de £821 18s. 6d. aux tribus sauvages du Bas Canada qui jusque-là avaient été sans terres ou sans fonds à eux appartenant, et réservant à leur profit, une étendue de 230,000 acres de terre. Ces mesures et d'autres mesures qui ont. été adoptées ont tellement amélioré la position des sauvages sous le rapport des ressources, que le gouvernement de Sa Majesté a senti que l'époque était arrivée où il était justifiable d'adopter des mesures définitives pour éteindre la charge qui depuis un si grand nombre d'années pesait sur le trésor anglais à leur profit. Les présents annuels qui constituent l'item le plus important, ont déjà considérablement été réduits, et dans peu seront tout-à-fait discontinués ; et il est probable que le jour n'est pas éloigné où l'on pourra transférer aux fonds des sauvages ou de la province toutes les dépenses que le département entraîne pour le gouvernement impérial. Je joins un état indiquant le chiffre de la population actuelle .des diverses tribus sauvages en Canada, le montant de leurs fonds et les charges qui pèsent sur ces fonds. Les sommes portées dans la cédule suivante sont en argent courant ; toutes les autres sommes mentionnées dans ce rapport sont en sterling.

42. Il ne sera peut-être pas sans avantage dans le moment actuel d'examiner quelque peu attentivement ces tableaux, dans la vue de constater si l'on y peut trouver des faits qui puissent servir à démontrer l'influence que le traité récemment conclu entre Sa Majesté et les Etats-Unis au sujet des pêcheries et du commerce et de la navigation, exercera sur les intérêts généraux de ces provinces.

43. Les principaux avantages que les provinces ont concédé aux Etats-Unis par le traité en question, se trouvent compris sous les trois chefs suivants : Premièrement, l'abolition de droits qui pesaient sur certains articles delà provenance des Etats-Unis, introduits dans la province pour la consommation intérieure ; secondement, l'admission des citoyens de ce pays à l'exploitation des pêcheries sur le rivage ;et troisièmement, la libre navigation dn St. Laurent et des canaux qui s'y rattachent.

44. Quant au premier de ces avantages, il semble d'après l'état transmis ci-joint, que le montant total du revenu prélevé

cedule. HAUT CANADA 1854.

Les sommes suivantes sont au courant sur le pied de £1 4s. 4d. au £1 Sterling.

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