‹ État Fédéral et Confédération d'ÉtatsChapitre 101 sur 311 · CF. supra, p · texte numérisé non relu

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portée de cette différence : ce sont des philosophes, non des jurisconsultes, qui nous donnent cette définition de l'Etat; leur point de vue et leur langage sont donc un peu différents des nôtres, mais au fond l’idée ne varie guère, et telle définition de l’Etat donnée par un philosophe grec pourrait être acceptée par les jurisconsultes modernes. Je fais allusion à la définition d’Aristote, d’après lequel lEtat est la réunion d’un peuple en une. société qui s’est élevée jusqu’à la conscience d’elle-même, et qui possède avec cela la capacité de vouloir et d’agir (1). Bien que le mot de souveraineté ne se trouve pas dans cette définition, l’on arrive à peu près aux mêmes résultats que s’il y était : si la société est parfaite, elle n’exclut du cercle de ses attributions aucun des buts de l'Etat, soit nécessaires, soit même simplement utiles ; et quant à la capacité de vouloir et d’agir, sans qu'aucune limite soit fixée en principe à cette capacité, ce sont [à précisément les deux éléments de la souveraineté, les deux modes par lesquels elle se manifeste extérieurement. Ainsi les Grecs ne voyaient pas dans la souveraineté le trait caractéristique de l'Etat, parce qu'ils ne se sont jamais posé la question sous cette forme, mais ils étaient loin de vouloir exclure cette notion de leurs définitions de l’Etai, et certaines d’entre elles la contiennent même implicitement.

Les Romains se sont approchés davantage encore de la notion de souveraineté. Leurs jurisconsultes se sont peu occupés, il est vrai, des grandes questions de droit public; mais quand ils le faisaient, ils savaient les étudier à un point de vue vraiment juridique, en établissant entre le droit d’un côté, la philosophie et la morale de l’autre, les distinctions nécessaires. L’on peut dire qu’au point de vue interne, c’est-à-dire quant aux rapports existant entre

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