‹ État Fédéral et Confédération d'ÉtatsChapitre 13 sur 311 · PAT RS · texte numérisé non relu

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tion est impossible en Grèce; tant que la cité antique est gouvernée suivant les principes de l'esprit municipal, seules des associations passagères sont possibles (1). Mais Philippe et Alexandre surviennent, détruisent les

constitutions fédératives des temps modernes (les Provinces- Unies de Hollande, par exemple, bien que ce soit précisément à ce pays que Montesquieu croie devoir comparer la Lycie), où chaque province, quelle que soit son importance, a un même nombre de voix dans l’assemblée fédérale. Dans la constitution Lycienne, au contraire, les différences de puissance entre les divers membres se retrouvaient, plutôt exagérées, dans la répartition des voix. D'abord, les cités n'étaient même pas toutes représentées : vingt-trois seulement avaient un droit de suffrage; les six plus grandes (d’après Artémidore, c’étaient : Xanthus, Palare, Pinare, Olympe, Myra et Tlon), avaient chacune trois voix, les autres deux ou même une seule voix. Cette exclusion de plusieurs villes fut sans doute la cause des graves dissensions qui éclatèrent entre les diverses cités ; sous Claude, quelques citoyens romains ayant été massacrés dans une de ces émeutes, la constitution Lycienne fut abolie et la Lycie réunie à la Pamphylie.

Strabon (livre XII, p. 390), nous donne également quelques détails sur un autre peuple qui offre avec les Lyciens cette double ressemblance que lui aussi n’est pas d’origine grecque, mais qu’il fut soumis de bonne heure à l'influence de la Grèce, dont il finit par adopter les mœurs, la langue et la religion. Je veux parler des Galates, dont la constitution est curieuse en ce qu’elle offre une sorte de compromis entre la forme de gouvernement qu'ils avaient importée de leur pays d’origine et les constitutions fédératives grecques. V. quelques détails sur la Galatie dans Sainte-Croix, Des anciens gouvernements fédératifs, p. 229.

1. « Les peuples se réunirent souvent autour d’un sanctuaire, établirent des Amphictionies, mais ne se liguèrent jamais dans un intérêt commun d'une manière permanente. A Delphes même, où les peuples envoyaient des représentants, il n'y eut pas d'association réelle. Le plus fort y fit prédominer :son avis en modifiant à son gré la distribution des suffrages, et la Pythie eut toujours un inspirateur et un maître » (Marcel Dubois, Les igues achéenne el étolienne, p. 415),

PRE a anciennes traditions, brisent les barrières qui séparaient les Grecs de chaque cité, et font naître l’idée d” « hellénisme. » Le patriotisme local s’atténue et disparait ; dès lors le régime fédératif devient possible en Grèce. Evidemment, « la transformation ne pouvait pas être complète. Mais en somme les Grecs avaient appris à l’école de la servitude macédonienne, l’art de s’unir et de s’associer dans un intérêt commun, de se mieux comprendre, de se faire mutuellement des concessions pour le bien général » (1). Je me bornerai donc à l’étude du mouvement fédératif en Grèce après la conquête macédonienne, mouvement qui se résume dans la fondation de deux grandes ligues souvent rivales, les ligues achéenne et étolienne.

I. — Ligue achéenne. — Le pouvoir central, dans cette ligue, est permanent et fortement organisé. La souveraineté appartient au Congrès ou assemblée générale des peuples confédérés. Il y a deux sortes d’assemblées : les unes, les assemblées régulières, se réunissent à dates fixes, d’abord à Ægium, plus tard, à la suite d’un décret que fit adopter Philopæmen, tour à tour dans chacune des villes confédérées (2). L’on peut dans ces assemblées

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