MO ÉTAT GÉNÉRAL
hieh Lung-mun, dans le commandement Hàînan, àlahauteurdeWeichau. Dans les deux courses occidentales, il y a aussi 3 croisières subordonnéesi Dans les eaux orientales de l'Ouest supérieur, les ying à Nàuchau, Wtichuen et Tungshau, doivent chacune faire leurs deux croisières de demie-année sans revenir au rendez-vous des divisions supérieures. Dans le circuit occidental inférieur, la force du fà tsiàng lungmun fait aussi 2 croisières séparées de demieannée , et, outre qu'ils se rencontrent tous ensemble en vue de Weichàu, elle inspecte la mer jusqu'au cap Pehlung, sur la limite des eaux étrangères, ou partie occidentale du golfe de Tonquin, dans lequel le pirate Shap'ng tsai a été défait par les troupes anglaises en septembre 1849. Le tituh shwuisz^ ou commandant en chef naval doit faire une croisière Est ou Ouest, au printemps et à l'automne, Les croisières [siun) sont divisées en fung-siun sous les ordres d'un tsungping; en isung-stun, sous ceux d'un fùtsiang^ tsàntsiang ou yukih ; en fun-siun, sous les ordres d'un tùsz^oxx shmpi ; et en hieh'Siun, sous ceux d'un sientsung ou pa-tsung ; les dénominations accessoires fung et tsung peuvent être rendues toutes deux par général, ou en chef; fun veut dire divisionnaire, et hieh auxi-
liaire. Si le tmngping a encore quelque excuse à apporter pour affaire, il peut envoyer un fù^-tsiàng à la croisière t'«fi^->nfin; ou, à son défaut, unl^ànfsiàng; mais ni un yùkih, avec un l^^, ni le dernier avec un shaupi ne peuvent commander une croisière tsung-Hùn^ ni un tsientsung, ou un pà^Uungnne croisière fun-siun. Cette classification a rapport probablement au nombre d'embarcations que chaque officier peut commander pour une croisière ; je ne puis trouver à assigner de cause à de telles distinctions. D'après un ouvrage local, le Hwang^ ttmg hàt fàng hwuûkm, ou tableau synoptique de ia défense des côtes de Kwangtung, il ressort que ie circuit le plus oriental expédie 15 vaisseaux montés par 750 hommes ; le suivant, 10 vaisseaux montés par 500 hommes ; le Centre, 15 par 750 ; l'Ouest supérieur, 10 avec 500, et l'inférieur 16 avec 850 hommes. Dans Shingicing en Mantchourie, où les oflîciers de marioa sont autrement désignés que dans le reste de l'Empire, le tsiàngkiun détache un officier du 3* grade pour une croisière Uung-rifmy et 3 ou 4 du 4* ou 5' grade pow une croisière hieh^ûun. Dans ghàn tung, les Hun sont divisées ^1 siwa Nord, Sud et Bst ; mais le petit noml)re d^offiders qu'il a dans sa marine le force à un
système différent de commandement des croisières, qu'il confie à des officiers subalternes. En tous cas, le isungfring fait rapport par trimestre au Conseil de Guerre sur les officiers qu'il emploie dans son
service, et sur les infractions au règlement qu'il
peut avoir eu à commettre. Semblable rapport est envoyé au gouverneur-général et à l'amiral du territoire ou de la station.
§• 9. MARINB.
Les vaisseauz.de la marine chinoise sont divisés en vaisseaux des eaux intérieures et des eaux extérieures. Plusieurs de leurs nombreuses dénominations sont intraduisibles, sauf par les personnes bien informées sur les lieux ; le nombre fixé par le Conseil des Travaux, comme le complément de chaque province possédant une marine, est donné dans le tableau suivant. On a établi, pour la construction et la réparation des vaisseaux, des arsenaux, savoir : un à Shàntung, 5 dans Kiàn-gnàn, 3 dans Chehkiàng, 4 dans Fùhkien et 5 dans Kvvangtung. Les bâtiments des eaux extérieures sont radoubés légèrement au bout de trois ans, réparés complètement au bout de 6 ans et condam*
DES FORGES DE LA CHINE. 39Jt
nés au bout de 9 ans, à moins qu'on ne les trouve encore en état de tenir la mer, auquel cas le gouvernement les fait encore réparer à fond. Ceux des eaux intérieures reçoivent une réparation légère 3 ans après leur construction, une réparation générale dans \es^ 5 ans, et une autre réparation l^ère 3 ans plus tard. Dans Chehkiang, Fuhkien et Kwangtung, les voiles et agrès de la marine extérieure sont réparés tous les ans ; en d'autres provinces, tous les 3 ans; ceux des embarcations fluviales, tous les 5 ans.
Voici le contingent détaillé des navires, pour chacune des treize provinces maritimes :
1* SHIN6KING extérieur, iO Chm ck'ueïï ou vaisseaux de combats.
2* sHAimTNG extérieur, 12 navires: 4 Kàn4tang chien, pour la chasse?— S Shordmen, k fond plat. —2 Shwtmçpmig cftaeii, à 2 m&ts.
3* KiANGNAN extérieuT, 158 navires : 2 Kàn-timig dtaM» pour la chasse? — 17 Shorélmen, à fond plat — 38 Tàrkà. — 2 Shwimg pmg fcrî, à 2 m&ts. — > ZlSiàu t^'nen^ pour les courses particulières. — 4 Tm^g-^igàn cftiiM, à rames. — iattUdmoL —>5 Shn-cJktMii, croiseurs. —2 Kw*àiritiim9km, croiseurs rapides. — 4 Hairtsiàn lim, allant à la mer.
S"" lUNGNAN intérieur, 498 navires : 14 Skthdmen , à fond plat. — 12 Td-te. — 27 Tsiàiê-Muei^ pour les courses particulières. — 40 ^àurch'uen, petits. — 10 Si^lu c»ii«i, à 4 rames. — 16 iroî-fnâtt, à 4 rames, allant à la mer. — 4 Làmim, à ramesL — 52 BiHshM. ^ 2 Tà-hà. — 53 ^àurhù*
— 218 Sm^huen, croiseurs. — 42 Tstang^huen^ àayirom.
— 20 Kiv'al ehuêiif vaisseaux rapides. — Ta-Wài^ grands vaisseaux rapides. — 20 Sfàu^bv^aU petits vaisseaux rapi* des. — 22 Tsiang lu-kw'ai, à rames et avirons.
S*" FUHKJEN extérieur, 267 navires : 10 Kàn-isang chueti, pour la chasse? ^ 9 ^wàng pîtng, à 2 mâts.— 1 Shwèiuj'ftmg kà^ à 2 mats. — 222 Twng-ngàn chuen , à rames. — 30 Mi-tUigf bateaux à grains. — 1 Chàn-pàn chuen, vaisseau en sapin. 1 Hang-yang chuen, vaisseau passeur.
0* FUHKisN intérieur» ih^ navires : 03 THàfhch'uen^ pour lea courses particulières. — 40 Siàihch'uen, petits. — 1 1 Hài" tnàu, à 4 rames, allant à la mer. — 48 ^àursim, petits croiseurs. — 35 Pàh-tsiê^, à 8 avirons. — 8 Lnh'imiaigf k 6 avirons. — S Sz'tmng, à 4 avirons» — 2 Pung chuen, A grosses poutres. — 3 Hwà-tso, bateaux flottants.
7* cHEHKi/LNG extérleuT, 156 navires : 2 Kàn-tsang chrnn^ pour la chasse? — 49 Kw*ài eknen^ bons marcheurs A4 rames.— 139 Tung-ngàn chuen, à rames. — 4 Hù-chueru — 24 Pàhtsiang mn, croiseurs à 8 avirons. — 30 Miriing, bateaux A grains. — 56 Tiàu-chuen , vaisseaux de pêche. — 4 Yàng poh chuen, mouillage en mer. — 2 Fung hw'ài, vaisseaux rapides à grosses poutres.
8*" cHEHKiANG Intérieur» 170 navires : 6 Sha-<ihuen , A fond plat.
— 14 îsiàu ch'uen, pour les courses particulières. — 48 Kw'ài ^. — io Smhchuen^ croiseurs. — 57 SiàUrnàn^ petits croiseurs. — 2 Pàh -tsiang sUm, vaisseau A 8 avirons.
— 40 Chiaig-siùUy à 8 avirons , moyenne classe. — 18 Kw'ài chuen, vaisseaux rapides.
9^ KWÂNTUNG extérieur, 150 navires : 2 Tsang chUnen, vaisseaux A filets. — 5 icô chuen. — 13o Mi-titig, bateaux à grains.— 12 Pung hai , petits vaisseaux à grosses poutres. — 2 Pnng WcÂ, vaisseaux rapides à grosses poutres.
iiy xwANGTUNG Intérieur, 275 navires : 4 £«-tràci. — 426^»»chuen, croiseurs. — 54 T^ang-chuen , vaisseaux A avirons.
— 48 iMhrtdêmg^ A 6 avironsL — 26 Kufài'tnn^, bateaux
DES F0RGB8 DU LA CBIIfË. 395
rapide! à avirons. — 3S Kih-tiàu^ bateaux bondissants. — 6
iA ch'uMf vaisseaux à rames. — 7 kw'M ckuen^ vaisseaux à
rames.
ti» xuNGsi intérieari 49 navires : 39 Hùrchum. — 10 ^un-ehuei^
croiseurs.
I2« nxjptA intérieur, M navires t 68 Chen th'uéti, vaisseaux de
combats. — 18 Siun chuen.
13* BTJNAJN intérieur, 50 Chen eh'uen, vaisseaux de combats.
La marine a pour mission d empêcher les lies de devenir le refuge des pirates ou des gens sans aveu, et le peuple de venir s y établir ou d'abandonner la terre-fefrae en nombre important. Des rapports annuels spéciaùJE sont faits à l'Empereur sur ces escadres croisières qui s'ocseupent de Tac-, croiisément de kjKypulation deTlIe. Pour prévenir la contrebande, la piraterie et l«s autres crimes, il y a de sévères règlement* sur Féquipement et Tarmement des vaisseaux marchands de différentes classes, et aussi sur leur peifrture, leur gréement, etc. , et la nature de toutes ces particularités peut se lire dans leur registre de bord on leurs lettres de navigation. A Macao, dit le Codifde$ Lois, en 1812, S ne* doit pess y avovr ^ius de 25 vaisseaux d'hommes de rOuest, et ils doivent être enregistrés par les (^liciers locaux. Les marins ou militaires des diffiéreate» stations ont l'ordre après d'assister les nvchands m détréssa ; et la Recherche sur I^Aémi^
nistraiicn (1825) reproduit un vieux décret du règne de Kiàking par lequel les officiers sont paiement responsables des méfaits commis par les piraies sur les vaisseaux des étrangers dans les eaux chinoises.
«L'état des forces navales du Céleste-Empire est encore plus misérable, si c'est possible , que celui de ses troupes de terre.
« Les jonques de l'Etat sont de lourdes masses à fond plat, à faible tirant d'eau, ayant des ancres
, en bois, des câbles en rotin, des étraves plates et droites, un arrière démesurément élevé et percé d'un grand trou par lequel on rentre le gouvernail dans les très-mauvais temps, des voiles le plus souvent en nattes, quelques mauvaises pièces de canon sur des afTûts mal amarrés. L'équipage de la plupart de ces bâtiments est de 40 à 60 hommes, sans
, discipline et sans instruction militaire, mais fort habiles à la manœuvre du bord, et qui, sous de bons officiers, feraient probablement des marins excellents. - .
c L'uniforme des troupes de'marinene diffère pas de celui des troupes déterre. Leurs armes les plus ordinaires sont la lance, Tépée et le bouclier. Tous
les naidres de guerre chinois sont organisés de manière à pouvoir marcher à la rame.
« Les grades des officiers de Tannée navale paraissent être les mêmes que ceux de Tannée de terre, et, comme nousTavons dit, la plupart des généraux commandent à la fois des divisions de jonques et des régiments d'infanterie dans les provinces du Uttoral(l).»
«L'Empereur de Chine entretient dans les différents ports de son empire des bâtiments de guerre, des champang, qui ne diffèrent point des jonques marchandes, quant à la construction. Seulement ils sont armés de quelques mauvaises pièces d'artillerie, et montés, outre les matelots, par des soldats qui en composent la garnison. Nous avons été à même de visiter ces deux sortes de navires ; ce que nous avons remarqué nous a paru aussi susceptible d'exciter la curiosité que les édifices les plus extraordinaires qu'il soit possible de rencontrer sur terre en voyageant beaucoup.
<( Lorsqu'on arrive, pour la première fois, sur le pont d'une jonquje ou d'un champang, on a peine à se rendre compte de ce qu'on voit, et Ton a besoin
(i) Voyage en Chine, Cochinchine, Inde et Malaisie, par Auguste Hauasman, tome II, p. 152 et soiv.
d'un moamnt (la réflexion pour praoé<kr à rouiow des objets dont on est entouré. -^ De rarrière^ une dunette à trois étages envahit une grande partie de l'espace, et, sur l'avant, s'élève une seconde dunette qui n'a qu'un étage, mais qui est surmontée d'une galerie entourée de balustrades. Le pont, proprement dit, est donc resserré entre ces deux chÀteaux d'arrière e( d'avant, et, en somme, il ne lui reste qu'une vingtaine de pieds de longueur sur quinze ou seize de largeur. Au centlre sont placées deux écoutilles par lesquelles on puise avec des seaux l'eau que peut faire le navire. Le puits pour l'eau douce, placé sur l'arrière à tribord , n'est autre qu'une citerne carrée, construite en briques sur le vaigrage. U serait possible que cet appareil, si impar£sdt qu'il mi^ eùX cependant doané aux Anglais, qui ont été les premiers à imiover sous ce rapport, les caisses cubiques en i6le, au moyen desquelles on conserve si bien m«intenant l'eau qu'on raibarque. c Le pont d une jonque chinoise se trouve aviron à troi^ lûeda au-dessus de la Sottaison, Iwsque le navire est en ehavge; mais il est défendu par un vir bord dedoq pieds de haut et d'écbsuiitillcaL proportionné. Du gaillard d'arrière on monte sur un tillac long de viçgt pieds comwa la pwji^ et II V«S**^
DBS FORCES I^E hk CHUNE. 299
mité duquel s'élèvent trois étages de dunette qui ont, en profondeur, environ quinze pieds. Le premier étage est distribué en chambres tribord et bâbord, avec un espace réservé au milieu pour la manœuvre de la barre, qui n a qu'un angle de 45 à 50 degrés à parcourir. La boussole, placée dans le môme endroit, est divisée seulement en 24 rhombs. Les Chinois, lorsqu'ils sont sur rade, démontent leur gouvernail, en le faisant basculer par une ou-* verture pratiquée à cet effet, et de manière à ce qu'il soit suspendu moitié en dehors et moitié en dedans. Les deux étages supérieurs contiennent des chambres comme le premier; on y remarque celle du capitaine, et une autre plus spacieuse qui renferme un autel et l'idole de Confucius, ou de quelque divinité vénérée des marins chinois (1).
(1) « Devant cette idole , rencens brûle perpétuellement ; on tire en son honneur de nombreuses pièces d'artifice, on la traite enfin avec beaucoup de respect tant que dure le beau temps. Mais si, par malheur, une tempête vient à se déclarer, et si Tidole, sourde aux prières des matelots, ne calme pas la guerre des éléments, alors on lui adresse toutes les insultes imaginables, souvent môme on la jette à l'eau * et ensuite les Chinois, satisfaits, se mettent à attendre leur sort avec une merveilleuse résignation (4). d
(I) Seconde campagne de Chine, par K. S. Ifackenûe, traduit par Xiviir RayaMii*
Du fronteau de la dunette, deux forts grelins descendent sur Tarrière pour servir de sauvegardes an gouvernail et le soutenir verticalement lorsqu'il est en place.
«Le château d'avant renferme le logement des matelots et plusieurs soutes pour les vivres et les marchandises. Le pont de ce gaillard peut avoir trente pieds de longueur ; il se termine carrément par une forte pièce de bois qui joint les murailles du navire en faisant saillie à l'extérieur. Cette partie saillante fait l'office de bossoir ; elle supporte les ancres à !a hauteur de leur croisée, tandis qu'une autre pièce moins forte, qui dépasse également le vibord, les soutient auprès de l'organeau. — Les ancres sont faites de bois dur et n'ont point de joal ; on emploie pour les manœuvrer deux vireveaux établis l'un audessus de l'autre, et sur Tavant desquels sont placées les balustrades dont nous avons parlé.
« La cale est partagée en soutes indépendantes les unes des autres, et construites de telle manière que, dans un échouage, l'eau ne pourrait les envahir toutes à la fois. La matière que les Chinois emploient pour le calfatage est regardée comme des plus solides et des mieux en état de résister à l'humidité. Le creux d'une jonque, àen juger par la pro-
fondeur du puits qui est au centre, doit être environ de douze pieds entre le pont du navire et le carlingue.
a La place qu'occupe le grand mât est un peu sur l'avant du point où se trouverait le maître ban pour l'un de nos navires. Ce mât se compose d'une pièce longue de cinquante à cinquante-cinq pieds, et d'un diamètre de trente-KÛnq à trente-six pouces à la hauteur du pont. Il se termine, à sa partie supérieure, par deux flasques de dix pieds, roustées de distance en distance, et qui contiennent plusieurs nouets de poulie pour les drisses. Le grand mât est perpendiculaire aux lignes d'eau; il n'a «point de haubans ni d'étai ; mais, pour l'appuyer dans son étambrai, on place, tribord et bâbord, deux coins qui se prolongent comme des jumelles. Les règlements de la navigation en Chine interdisent l'usage des haubans aux jonques, et, en général, à tous les bâtiments susceptibles de prendre la mer pour une course un peu lointaine. Cette ordonnance a pour but de les empêcher de s'écarter trop des mers de l'Empire. Aussi ne dépassent-ils point le détroit de Malacca dans leurs plus longs voyages, et se bornent-ils ordinairement à aller aux Philippines, dans les ports de la Cochinchine et du royaume de Gam-
boge. et en un mot à parcourir l'intérieur de la mer de Chine. Le mât de l'avant, de même que celui de l'arrière, est semblable au grand mât; mais ils sont établis sur des proportions beaucoup moindres, et principalement le mât deTarrière qui s'élèwpeu au-dessus de la dunette. Les Yoiles, disposées comme celles des bateaux de pêche, sont en nattes ; celle du milieu repose sur un chandelier placé par tribord au pied du grand mât, lorsqu'elle est amenée et roulée sur elle-même, ^
«Une jonque, vue îirextérieur, présente par son travers une muraille très-arquée et relevée en croissant vers ses estrémités. Des caissons en bois, avec des barreaux pareils à ceux de nos cages à poules, sont placés le long de cette muraille sur l'arrière, et servent encore de soutes pour les provisions. La dunette forme en dehors un tableau qui atteint en élévation les deux étages supérieurs, et qui porte assœ ordinairement une peinture de dragon ailé avec le nom du navire. L'arcasse présente dans la verticale un ungle rentrant de 90 à !<K) degrés qui descend jusqu'à la quille. C'est au soimnet de cet angle que le gouvernail se trouve fixé sans aiguillots ni fémeîots] les grelins qui descendent au fron-
DES FORCre DR LA CHINE. 303
teâu delà dunette le soutiennent de bas en haut, tandis que deux autres cordages semblaMes, passés horizohtàienient, l'assujettissent parnn moyen analogue à celui que nous employons pcMir nos gouvernails de fortune.
« Nous n'aidons point eu occasion de voir de jonques sur les chantiers ; mais un marin chinois nous a montré un modèle assez régulièrement exécuté, quoiqu'on petit. Nous remarquâmes, en l'examinant, que l'angle rentrant de l'arcasse existait de même en-dessous du navire et dans toute sa longueur. Ainsi les flancs d'une jonque chinoise s'enfoncent à deux pieds plus bas que la quille ellenvême ; en sorte qu'ils doivent produire à peu près l'effet des ailes de dérive de certaines barques hollandaises. Il est probable aussi que les sauvegardes horizontales du gouvernail passent dans cette double rainure formée par la quille au sommet de l'angle, et qu'ils vont se roidir sur l'un des vireveaux du gaillard d'avant. Ce dernier ne s'élève pasàplud de huit pieds au-dessus de la ligne de flottaison.
« De nombreuses bannières, des pavillons , des flammes et des guidoos^ de diverses couleurs, flottent sur les champang de ÏEtufwrevr; le gnnà
mât porte entre autres un pavillon blanc, orné de dessins rouges et jaunes (1 ) . »
Si, à ces dii^ers jugements, nous ajoutons en* core les réflexions que l'abbé Hue a consignées dans un de ses ouvrages sur le même sujet, nous croirons avoir donné une idée suffisante de Tétat de la marine chinoise.
« On voit que la marine de l'empire chinois, dit-il , est de niveau avec son armée de terre ; elle se compose à peu près de 30,000 marins, distribués sur une quantité considérable de jonques de guerre. Ces bâtiments, très-élevés à la poupe et à la proue, d une construction grossière et portant une voilure en nattes de bambou, manœuvrent très-difficilement; incapables d'entreprendre des voyages de long cours, ils se contentent de parcourir les côtes et les grands fleuves, pour donner la chasse aux pirates qui paraissent fort peu les redouter.
c Les pirates paraissent être, pour la marine chinoise, un véritable objet de terreur. Leurs petits bâtiments, généralement mieux armés que les jon-
(1) Journal de la navigation autour du globe de la frégate LÀ Thétis et de la corvette L'EspfaANCB. pendant les années 1824, 4825, et 1826, par M. le baron de Boa- «ainviQe ; éditioa in-i"*, p. 287.
ques mandarines, et légères comme une vipara.^. leur donne sur leurs ennemis de grands avantages. À ces avantages viennent encore se joindre lappât du gain et la certitude de l'impunité.
«Aussi, la plupart du temps, les jonques mandarines se contentent-elles de faire une simple démonstration.
(i Les formesdes jonques de guerre, de celles sur ^ tout qui naviguent dans Tintérieur de l'Empire, sont très-variées. Il esta remarquer que, à quelques rares exceptions près, le fleuve Bleu a été, dans toutes les époques, le principal théâtre des batailles navales que les Chinois ont eu à soutenir. Elles étaient très-fréquentes dans le temps où l'Empire était divisé en deux. Les noms que portent les jonques servent quelquefois à donner une idée de leur forme. Ainsi , par exemple, on distingue le Centipède à cause de ses trois rangées de rames représentant les nombreuses pattes de ce hideux insecte ; le Bec^ d'Epervier, dont les deux extrémités, également recourbées et possédant chacune un gouvernail, lui permettent d'aller en avant et en arrière, sans virer de bord; la jonque à quatre roues, deux à la proue et deux à la poupe, que des hommes font aller en tournant une manivelle. Ces b&timents à roues re-
FORCn mUTAlKBS DC LA GHIMI . tO
SÛ6 ÉTAff éixéUL
maatmki k une tiès^aute «uiti^iié, et îl u'u inaii** que à ee peuple mveiitif que l'appiieatioa de i« {Miîttanee âe l^ Tapeur pour avoir ^i entier k àér couverte de Fullaii«
mIm biwname éeê peîotuMSTkpKt ea^one le plus fiouvenl ajoiUar à ïéinu§Bté ém fionttes des jeu* ques. On cherche à leur donner Taspect d un poîs* MU, d W M^tiie ou d'mLmsm/d, OrdûiasiemeiLt on voit à ifl pntut deux yeux énormes, ebargâs sut dmito d'ipoiiv^oitor i'Mnemi par Tetradté de levr Mgpard.
jk lialgfé toutes ^esa»OMtiiiositéf,eeiqiii frappe encore ie pins un étranger , e'est le désordre et b confusion qui régnent à rintérieur. On y rencontra souvent pUiaieufs QiéMges réunis, et il n'est pas mm de voir sur le fent des nâaitf ognettjis «onstruite^ tout fconsenient en «Afomi^ne. Les ^lanns euro'» péana ont pourtant toujcHirs admiré l'ingéaieusa idée qu'ont eue les (Chinois de diviser ie fond de leirn jonques en divers compartiments séparés 1 ua di^ji'aulw, dtesortequniieYoied'eaiieiapeiitjamaia entrataer (in^n â(mm»gfi paHiel* C'est fmifaable-
f» jugé nàfiemÊàm d'étaWir des pompes à liord. ê Le fwtifiiimnt mîtitairt de chaque province,
DES FOlUXS BE U CHINE. )07
placé, comme rachEoiiiirtration civile, «m l'auto*rite dtt vice-roi, compreiië à la fois les forces de terreet 4e mer. En i^éiml, les Chinois font peu de dîffémiceeirtre ces deuK 0Mres4« ibroes miiitaiiw^ et les graéds dM deux MrwM wtt lesadteies noms* Les généraux des troupes sont appelés ti-tuh; ils sont au nombre de seize, dont deux seulement appartiennent à la marine exclusivement. Ces officiers supérieurs ont chacun ud quartier-général où ils réunissent la plus grande partie de leur brigade, et répartissent le reste dans les différentes places de leur commandement. Il y a, en outre, comme nous lavons déjà fait remarquer, plusieurs places fortes occupées par des troupes tartares et commandées par un kiang-kiun tariare, qui n'obéit qu'à l'Empereur. Les amiraux {ti-tuA) et les vice-amiraux (tsung-ping) résident habituellement à terre, et laissent le commandement des escadres à des officiers secondaires. »
§ 10. SZ'CHUEN.
Ce qui distingue particulièrement l'établissement Sz'chuen de Luhying, comme nous l'avons déjà remarqué, c'est qu'il y a une Kiun-piàu, ou division
du Vert-Étendard, placée sous le commandement unique du tsiàng-kinn de la garnison de Bannière de Cbingtù fù. Il y a, en outre, une division de gouverneur-^général, une de gouverneur, une de général en chef et une sous des Uung^ng.