CANTON
La ville de Canton (Kouang-tcheou-fou) est une ville forte et un port, situés à 3,200 kilomètres Sud dePéking et à 100 kilomètres environ de la côte de l'Océan Pacifique, sur le fleuve Pé-kiang. Elle est par 1 10' 53' de longitude Est, et 23' T de latitude Nord. Elle est la capitale de la province Kouang-toung, la plus importante des provinces méridionales de la Chine, dont la superficie égale celle de la moitié de la France. Elle se divise comme en deux villes : la ville chinoise et la ville tartare, qui est la plus belle. L'ancienne ville, séparée de la nouvelle par un de ces gros murs comme il s'en fait en Chine, avec quelques baies de portes de distance en distance, est longtemps restée fermée aux étrangers ; elle a des rues très-** tortueuses, très-éti*oites, mais d^une exquise propreté, iusqu^en i 8^3, la nouvelle ville n'oITrait rien déplus riche ni de plus élégant que l'ancienne; mais rincendie, qui, à cette époque, brûla environ dix mille maisons, força les habitants et l«s n^o-
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ciants surtout, à la rebâtir; les rues élargies, les constructions mieux entendues en font une ville presque européenne , surtout dans le quartier où se trouvent les factoreries européennes.
L'ancienne ville est à peu près toujours restée fermée à toute industrie : il n*en est pas de même de la nouvelle. La reconstruction semble n'y avoir été inspirée que par le besoin d'y établir des comptoirs et des magasins. On sait du reste quelle quantité de bois précieux, de métaux, de soies et de thés Canton exporte chaque année; et aussi quelle est la mesure de ses importations. Les quatre nouveaux ports, ouverts au commerce, n'ont diminué en rien Timportance des échanges qui se font à Canton : cette ville est toujours, comme auparavant, le grand entrepôt pour l'étranger et pour l'inté-^ rieur. Pourquoi n'y trouve^t-on pas de comptoirs ' français, où l'expédition puisse se renseigner sur , les cours des marchés du Nord?
Cette ville qui a environ 10 kilomètres de circuit, et qui est entourée de 4 forts, dont les Anglais s'tmr parèrent le 25 mai i 84 1 , est située à environ 840 my« riamètres de Péking. La communication entre ces deux grands centres se fait par un canal, modèle de magnificence et de travail. La population de Canton
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est, pour la yîUc, d'environ 600,000 âmes ; il y faut ajouter celle qui vit sur la rivière, où elle a son habitation perpétuelle, et qui monte à près de 100,000.
Les 60 millions de droits d'entrée perçus par le gouvernement peuvent donner une idée de Timportance du commerce ; que serait-ce sans la contrebande qui s'j fait sur la plus lai^e échelle? On sait que 70 millions d opium y furent introduits, en 1830, par les Anglais, malgré les plus énei^ques prohibitions de l'Empire. La colère finit par éclater en 1837 ; les Chinois conGsquèrent tout ce poison, et la guerre s'en suivit.
Le profit réel pour les Européens que cette lutte amena, ce fut de trouver d'autres ports ouverts que celui de Canton. Jusqu'à présent, comme nous le disions tout à l'heure, le mouvement commercial de ce port n'en a pas été sensiblement ralenti. Mais, il y a bien des probabilités pour croire qu'il n'en sera pas longtemps ainsi. Qui sait si bientôt cette ville ne verra pas disparaître les derniers vestiges de sa grandeur commerciale?
CHUSAN (Kiou-Chai).
C est une lie de la Chine, dans la mer Bleue, par H9* de longitude Est, et 31 degr^îs de latitude Nord. Elle est situéesurla côtedeTche-kiangetà l'Est de Niug-po. Elle a pour chef-lieu Ting-haï.
Cette lie est considérée comme un des points stratégiques les plus importants de la Chine. Placée près de Tembouchure du fleuve Tahia et du Yangtsé-kiang ( fleuve , fils de TÔcéan), que les grandes jonques remontent jusqu'à quelques centaines de lieues dans l'intérieur , voisin du canal impérial qui mène à Péking, et du Hoang-ho ou fleuve Jaune, qui ne le cède guère en étendue au fils de l'Océan, elle doit servir de base d'opération à toute armée ennemie qui, de là, peut fondre rapidement , par eau, sur les puissantes cités situées à l'est de l'Empire, sur Hang-tchou-fou, sur Nanking où Ion arrive en trois jours, sur Fou-tchaou-fou, la ville la plus riche, la plus industrieuse, la plus commerçante de la Chine. C'est ce que les Anglais comprirent parfaitement à l'époque de la guerre. Aussi s'em* parèrent-Us, à deux reprises, de Gbusan ; cepen-