‹ État général des forces militaires et maritimes de la ChineChapitre 45 sur 50 · FORMOSE · texte numérisé non relu

FORMOSE

Cette tle^ .npmmée en chinois Taï-toan, ^ environ 90 lieues sur .25; ua canal la sépare de la proyiiH^e de POb-kien. £lle est comme divisée en d^x partis» par une chaîne de montagnes, pu bg trouant plusieurs volcans éteints. Le climat'en est sain et les productions fort riches; on y trouve en alx^ndajdce le riz, le sucre et le tabac. On peut dire que, par la beauté de sa configuration et par sa végétation luxuriante et à peu près perpétuelle, die justifie son nom.

C'est vers 1430 que, pour la première fois, les Chinois s'établirent dans cette île ; et ce n'est qu'eu

1G24, et sur la côte Sud-Ouest, que le premier établissement hollandais y fut fondé, et appuyé d'un fort qui fut appelé le fort Zélande. Peu peuplée d'abord, elle a reçu dans la seconde moitié du dixseptième siècle un accroissement notable d'émigrants chinois : ce fut probablement la conséquence de la conquête tartare.

Après divers engagements qui eurent lieu entre les Hollandais et la petite colonie, à la tète de laquelle s'était mis le pirate chinois Ko-tchiuga, les Hollandais se virent expulsés de Formose.

Plus tard, en 1670, les Anglais obtinrent l'autorisation d'établir une factorerie dans cette lie, à la condition de payer au souverain un droit de 3 0;o sur l'entrée des marchandises, toutefois avec f ran* chise de tous droits d'exportation sur les produite exportés de la Chine. Mais, cette station n'offrant aux nouveaux colons que des résultats négatifs, ils durent bientôt l'abandonner.

En 1672, Formose fut conquise par les Tartares, aidés par les Hollandais. Les Japonais ont fondé quelques colonies dans la partie septentrionale; mais, depuis 1672, les Chinois ont conservé, sauf dans ces derniers temps, la souveraine autorité sur rUe. On prétend, en effet, que TEmpereur de la

Chine l'aurait cédée au prix de 100,000 dollars (c'est-à-dire pour la xnilliènie partie de sa valeur réelle) , à la condition que les nouveaux propriétaires se chargeraient de chasser les ladrones et pi« rates qui infestent la province de Foh-kien (dont dépend Formose).

D'après ce qui nous a été dit par un officier de marine, et nous avons tout lieu de le croire bien informé, Formose serait en effet devenue une possession fort embarrassante pour le gouvernement chinois. Une partie de l'Ile appartient à quelques riches familles qui se livrent en grand à la culture de la terre, à l'exploitation du sel et du soufrel Ce sont en général des hommes laborieux et intelligents; mais ils se sont presque complètement affranchis de l'autorité de la Métropole, après avoir plusieurs fois tenté des soulèvements qui furent d*abord sans résultats. Ils se sont enfin donné une constitution républicaine, et, jusqu'à ce jour, tous les efforts tentés pour les ramener à l'obéissance de l'Empereur, sont restés infructueux. L'autre partie de rtle est habitée par des tribus sauvages, qui ne vivent que de pillage et de rapines. Elles sont toujours armées et toujours prêtes à résister à toute attaque de la part de la marine de l'Empire. Il est

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vrai que cette marine n'est gifere redoutaUa, Les ports de l'Ile, qui étaient autrefois nombreux §i profondément creusés « ne sont plus d'usajg^ pour Jes grands vaisseaux ; à peine s'ils penveiil recevoir aujourd'liui des jonques du plus faible tonnage. Ce changement est attribué, avec raison, J6 crois, h la retraite des eaux de la mer. Maintenant Formose n'a plus guère qu'une ville ^ T^jfpon^ sa capitale, et un port, qui mérita vraiment la nom de port, c'est celui de Kelung, qui est fiîtué à rextrémité septentrionale de Ttle,

Dans un temps assez rapproché, U9 officier de la marina anglaise qui allait dans ces paragi^à laie* dierche de quelques naufragés, ayant pâiétré dans i mtérieur de Tile, dans les régions habitées plus particulièrement par les tribus sauvages, fut obligé de nenoncer à son eolri^rise. Ces hordes barbares, non-seulement ne voulurent pas entrer en pourparlers avec les hommes qu'il leur envoya, mais encore ell^ les poursuivirent h coups de fusils* Force fut au capitaine, pour repousser cette inqualifiable agnessîon , et pour protéger la retraite précipitée de ses envoyés, de faire tirer quelque coups de canons.

Cette île avait été visitée par rinforluné La Pey-

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rouBe , en 1787, ainsi que plusieurs parties des côtes orientales de la Chine. La richesse de ses productions devait en faire un objet d envie pour les Européens; un seul point laisse à désirer, c'est que la nature volcanique de Tile est cause qu*on y trouve peu d'eau bonne à boire, du moins pour les étrangers, sur lesquels celle des sources et des rivières a un effet dangereux et quelquefois mortel.

Dans un projet de conquête de Tlle de Formose, présenté au gouvernement anglais, on lisait : « La possession de Formose et des Pescadares^ ou iles des pêcheurs (Pheng-Aou)^ parait devoir assurer à ceux qui l'obtiendront, le commerce de la Chine. Celte lie est située sur une partie vulnérable' de l'Empire, et sa position insulaire la met à l'abri de toutes les tentatives de ce pays»

« Le commerce de Formose est nécessaire à la Chine, car cette Ue fournit à deux des provinces de cette contrée une grande partie de leurs subsistuoes; elle e^ à 30 lieues de Foh-kieo, province qui (êH tout le commerce extérieur de la Chine, excq^avec les Européens, et la plus grande partie du commerce de cabotage de l'Empire,

« Ainsi, ééml mtMris de Pommas mmsiêuréms aussi directement ou indirectement d'une gme4f

partie du commerce du isif on, de la Corée, de la Cochinchine, de Siam, et des îles de rArcbipel indien ; et même l'avantage décidé de la position pour le commerce de la Chine, nous mettant en état de vendre meilleur marché, nous* en aurions, par conséquent, un plus grand débouché, et nous obtiendrions le thé et les autres objets à plus bas prix. . . // n'y a pas dam tout le monde jun point à occuper qui^ sous le rapport des entreprises commerciales, offre un champ si vaste el si important. Formose possède tant d'autres avantages, que Ton a peine à concevoir comment les idées ont pu se porter sur un autre endroit, etc. »

Il faut bien que le gouvernement anglais (qui, Ion doit lui rendre cette justice, soccupe assesc bien de Tintérôt de sa nation), n*ait pas trouvé la réalisation du projet, exposé ci-dessus, sans inconvénients, puisqu'il ne Ta pas mis encoreà exécution. Il est probable toutefois qu'il n'est pas resté complètement dans Toubli ; mais il est probable aussi que le gouvernement chinois, qui a su se faire rendre Tcheou-chan (rcAoti-wn) /malgré les journaux anglais qui voulaient conserver cette lie, en dépit du traité de Nàn-king, a aussi l'œil ouvert sur For^ mose.

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