‹ État général des forces militaires et maritimes de la ChineChapitre 46 sur 50 · HAI-NAN · texte numérisé non relu

HAI-NAN

C'est une lie de la mer de Chine dont le nom signifie Mer du Midi ou Sud de la mer ; elle est à TEst du golfe du Tonking et n'est guère séparée du continent que par un canal de 17 kilomètres. Elle est située entre le 18* et 21* degrés de latitude par lOG* et 108* de longitude. Sa largeur est d'environ \ 30 kilomètres, sa longueur de 270. Cette tle est a 900 lieues de Péking, et elle comprend trois arrondissements et dix cantons.

Le climat de cette lie est très-chaud, et l'on y récolte en abondance tous les produits des Tropiques : les montagnes fournissent, pour la construction, des bois durs fort estimés. On trouve à Hai-nan des mines d'or et d'argent, des pierjres précieuses, du sucre et du tabac en abondance. I^es fruits sont exportés pour le continent chinois.

11 y a au moins deux mille ans que File fut soumise à l'Empire par Wou-ti, de la dynastie des Han. Celte dépendance de Haï-nan n'empêche pas qu'il n'y ait eu des luttes fort nombreuses entre lesChinois et les habitants primitifs. Sur une population d'un million d'âmes, on ne compte guère que 120,000 âmes de population chinoise ; les aborigènes ont

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souvent donné bien du mal aux conquérants. Et, sans remonter plus haut qu'en 1831, le gouverneur-général de Canton a échoué complètement dans une expédition qu'il commandait en personne contre les nationaux : ces derniers sont maîtres de la partie des montagnes; ils y trouvent un refuge naturel et un point de ralliement pour recommencer les hostilités.

Le préfet chinois réside au chef-lieu, Kioutcheoug-fou, et il a sous lui dix mandarins, qui gouvernent chacun un district. Cette ville est fortifiée et entourée d'un fossé de 14 mètres, toujours rempli d*eau ; elle est bâtie sur un promontoire, au N. de Ttle et son port est fort actif.

L'avantage qui pourrait résulter pour la France de la possession de ce port (port militaire), ce serait d'être toujours à proximité de la Chine et de la Gochinchine. Il faudrait commencer sans doute par réformer le penchant marqu&des habitants à la piraterie ,-et leur funeste habitude de ne respecter aucun des navires échoués sur leurs rivages.

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