Aulom. psijch
mule simplo esl celle-ci : « Tu lèveras le bras droit quand je pincerai le bras gauche. » La plupart des sujets que j'ai étudiés exécutent très régulièrement une suggestion de ce genre, môme quand ils ne peuvent pas voir que l'on touche leur main gauche. J'ai dit à Berthe, pendant un étal somnambulique, qu'au moment oii je toucherai son pouce, elle verra devant elle un papillon, et qu'au moment où je toucherai son petit doigt, elle verra un oiseau bleu. Après le réveil, l'une ou l'autre de ces deux hallucinations se produit régulièrement quand je touche le pouce ou le petit doigt de la main gauche. De la même manière, je dis à Isabelle qui est aveugle de l'œil gauche : «. Quand je te montrerai une couleur bleue tu entendras sonner des cloches. » Fermons-lui bien l'œil et montrons à son œil gauche aveugle des laines de couleur. Aux premières laines elle ne dit rien, sinon qu'elle est dans l'obscurité complète, si une laine bleue passe devant l'œil, elle s'écrie : « Ah! j'entends des cloches. »
Ce genre d'expériences qui. est très intéressant et très démonstratif présente une grande difficulté. Il faut commencer par réunir dans l'esprit du sujet les deux phénomènes; il faut le forcer à faire au moins une fois la synthèse de la sensation de pincement et du mouvement ou de l'hallucination. On y parvient fort bien quand on dispose d'un état somnambulique ou autre, dans lequel le sujet récupère pour un moment ses sensibilités. La suggestion doit être faite dans cet état ; plus tard, l'association étant organisée, le pincement amènera l'hallucination, même après le retour de l'anesthésie. Quand un état de ce genre ne peut pas être produit, cette suggestion est plus difficile ; quoique elle puisse réussir encore, elle échoue souvent. C'est pourquoi il est très intéressant de se servir, pour cette expérience, des associations anciennes déjà organisées dans l'esprit du sujet avant la maladie. Or, il existe, comme
Va montré M. BinetS une association naturelle et très fréquente entre certaines sensations tactiles et musculaires de nos membres et des images visuelles. Si on essayer de toucher un objet dans l'obscurité, on se convaincra qiie l'on n'a pas seulement dans l'esprit la sensation tactile, mais encore que l'on croit voir devant soi la l'orme que prend notre main et l'objet qu'elle tient. Or, cette association existe chez les hystériques comme chez nous; et on constate qu'elle se produit encore, même quand l'anesthésie leur a enlevé la perception personnelle des sensations tactiles. Quelquesunes savent, par exemple, les mouvements imprimés à leurs membres anesthésiques : « Je ne sens pas, mais je crois voir mon bras devant moi avec telle position. » Justine, anesthésique h droite, peut écrire, quoique assez mal, les yeux fermés : «Je vois, dit-elle, ma main qui écrit. « L'image visuelle est ici, comme dans les hallucinations précédentes, déterminée par l'association préétablie avec la sensation tactile. Mais pour que ce mécanisme fonctionne il faut bien que la sensation tactile soit réelle de quelque façon.
Enfin, les sensations se manifestent aussi par des souvemrs, et l'on peut se servir encore de cette nouvelle manifestation pour montrer l'existence des sensations sur les régions anesthésiques ^ Voici une expérience de ce genre effectuée sur Marguerite qui a perdu complètement toute sensibilité tactile et musculaire du côté droit; elle est tellement anesthésique qu'elle est incapable d'effectuer aucun mouvement volontaire avec son bras droit quand elle ne le regarde pas. Pour étudier les sensations musculaires, M. Jean Charcot, interne des hôpitaux ^ a construit un petit appareil que l'on peut employer ici. C'est surtout une longue
1. BiNET, Sur les altcralions de la conscience chez les hystériques. Revue philosophique, 1889, 1, 162.