‹ État mental des hysteriquesChapitre 24 sur 112 · Autom. psycli · texte numérisé non relu

Autom. psycli

3. J. B. Chacot, Sur un appareil destiné à évoquer les images motrices graphiques. Proqrôs médical, 18 juin 1892, 478.

■jo tStaï mental des hystériques.

lige suspendue à la Cardan et mobile dans tous les sens. Le sujet tient la tige par son milieu, comme il tiendrait un porte-plume, et après lui avoir détourné la tête, je prends cette même tige par la partie inférieure, et je suis, avec la pointe, un mot tracé sur le papier. La main du sujet, si elle était sensible, aurait senti tous les mouvements délicats nécessaires pour écrire ce mot; l'appareil m'a permis de lui faire éprouver avec précision toutes ces petites sensations délicates et d'en conserver pour ainsi dire le graphique dans le mot que j'ai écrit. Mais Marguerite nous déclare qu'elle n'a rien senti du tout. Nous savons ce que cela veut dire, elle n'a eu la perception personnelle de rien; n'a-t-elle eu aucune sensation élémentaire? Pour le vérifier, je mets un crayon dans la main droite complètement insensible, et je détourne la tête du sujet. On voit les doigts entourer le crayon, comme nous l'avons déjà remarqué, et la main écrire. Gomment ce mouvement délicat peut-il se faire, tandis que tout k l'heure le sujet ne pouvait pas remuer sans regarder. Ce phénomène ne peut être étudié maintenant, il suffit de constater les résultats. La main a écrit le nom de Jean, et c'était ce même mot avec les mêmes formes de lettres que j'avais écrit moi-même. N'est-ce pas une bonne preuve de la persistance du souvenir, et ce souvenir lui-même ne montre-t-il pas que la sensation musculaire avait existé réellement ?

Ce souvenir peut réapparaître autrement : il suffit quelquefois de suggérer au sujet de se souvenir, de le forcer à faire grande attention aux impressions qu'il a éprouvées pour qu'il retrouve quelquefois le souvenir de ces sensations qu'il n'avait pas éprouvées consciemment. C'est un des points que M. Onanoff, dont nous regrettons la mort si cruelle, avait bien mis en lumière dans un travail sur la perception inconsciente * ». Quand

1. Onanoff, La perception inconsciente. Archiv. de neuroloqie, 1890, 373. ' ^ '

LES ANESTHÉSIES.

le souvenir ne peut pas réapparaître par ce procédé, ce qui est très fréquent, on peut endormir le sujet, le mettre dans un de ces étals où, comme je l'ai montré, l'anesthésie disparaît. Le retour de la sensibilité amène le retour de la mémoire et non seulement le sujet sent actuellement ce qui est mis dans sa main, mais il se souvient de ce qui y a été mis pendant la veille à un moment où il était en apparence anesthésique. Il est inutile de continuer l'énumération de ces expériences que l'on peut varier indéfiniment, mais qui se ramènent toujours h l'un des trois types précédents. Concluons sur le premier point avec Herzen : « Une idée qui disparaît de la conscience ne cesse pas pour cela d'exister, elle peut continuer à agir à l'état latent et pour ainsi dire sous l'horizon de la conscience... dans cet état subconscient, elle peut avoir encore des effets moteurs et influer sur d'autres idées K »

Pour étudier maintenant la façon dont le sujet laisse de côté ces sensations parfaitement réelles, il faut faire quelques remarques sur le développement de l'hystérie. Cette maladie n'est pas toujours la même à tous les moments, ni à tous les âges, et l'hystérie d'une petite fille de 12 ans n'est pas celle d'une femme de AO ans. Je crois que l'on peut distinguer trois formes de la maladie dont la distinction se manifestera de plus en plus dans cet ouvrage : 1° V hystérie en formation; 1° Y hystérie en éuolulion; 3" V hystérie constituée.

i° Pour étudier l'hystérie en formation, je me suis attaché cette année surtout, dans le service de M. Gharcot, à étudier les malades très jeunes qui commencent leur maladie. J'ai observé sur elles bien des troubles mentaux qui seront exposés successivement, il ne s'agit ici que de la sensation. Les malades, au début, n'ont pas d'anesthésie, cela a été remarqué par tous les auteurs^. Il est toujours assez facile, en attirant leur attention

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