‹ État mental des hysteriquesChapitre 51 sur 112 · D'après Taine, Régime moderne, 1891, I · texte numérisé non relu

D'après Taine, Régime moderne, 1891, I

remarque vient se joindre à celle-ci : La plupart des | anciens magnétiseurs comme Bertrand, Gharpignon, Ordinaire et surtout le général Noizet ' insistent sur ce fait, c'est que l'on suggère le sommeil comme un acte quelconque. M. Bernheim a reproduit souvent cette ancienne remarque ^ et avec raison, car le fait est | incontestable. Cela ne prouve en aucune manière que I le sommeil doive être confondu avec le somnambulisme, tous les phénomènes que l'on suggère ne se confondent pas forcément entre eux; mais cela montre que le sommeil dépend de nos idées comme une espèce d'action. Ces remarques nous préparent à comprendre un fait que j'ai remarqué si souvent : les abouliques ne savent pas vouloir dormir et ils ne savent pas davantage vouloir se réveiller. Berthe, après avoir passé la journée à ne rien faire, pense à jouer ou se demande s'il ne serait pas temps de travailler un peu, quand arrive le moment de dormir. Quand on la gronde, elle pleure et dit qu'elle va essayer de dormir, mais elle essaye très mal et, en réalité, ne sait plus s'y prendre pour se décider à dormir. Quand l'aboulie augmente ! chez elle, à la suite de fatigues, par exemple, l'insomnie ' augmente également au moment où il faudrait précisément savoir dormir. On l'endort par suggestion, comme je le dirai, mais alors elle ne sait plus se réveiller ou se réveille à moitié sans se décider à être dans un état ou dans l'autre. Ce phénomène est très fréquent, et le sommeil est une chose si grave dans les maladies nerveuses que l'on peut excuser ces quelques remarques sur l'aboulie systématisée du sommeil.

On pourrait employer le mot d'aboulie localisée pour désigner plusieurs faits. Certains sujets, comme Marguerite, ont des états d'aboulie momentanés et périodiques dans la journée qui précède l'attaque : toutes

Page 1