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FÉRÉ, Sensation et mouvement

LES ABOULIES.

amnésique, l'autre un aboulique : au point de vue du pronostic ce n'est pas indifférent. Pour prendre un exemple, l'astasie-abasie me paraît une forme de l'amnésie des images motrices et non de l'aboulie proprement dite. Cette distinction est particulièrement embarrassante quand il s'agit d'actions isolées ; je crois, avec M. Rivière que le non-vouloir se rencontre plus fréquemment dans les aboulies généralisées et le non-pouvoir dans les formes systématiques. Cela revient à dire que ces dernières sont le plus souvent des amnésies.

Quoi qu'il en soit, certaines de ces aboulies systématisées sont intéressantes : beaucoup de malades cessent momentanément de pouvoir parler, ou manger, ou se lever de leur chaise, ou bien elles ne peuvent plus se décider à faire les actes de leur profession (impuissance professionnelle de Levillain). J'insisterai seulement sur l'une de ces impuissances qui m'a vivement intéressé et qui me paraît plus nettement que les autres devoir être rattachée à l'aboulie. Je veux parler de Vaboulie du sommeil.

Cette expression semble bizarre, caries psychologues ne sont pas habitués à considérer le sommeil comme une action et à le rattacher d'une manière quelconque à la volonté. Si l'on veut y réfléchir, on remarquera cependant que la volonté joue un grand rôle dans ce phénomène. Certaines personnes qui jouissent d'un grand pouvoir de volonté sur elles-mêmes s'endorment quand elles veulent à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. On connaît bien la phrase célèbre de Napoléon : « Quand je veux interrompre une affaire, je ferme son tiroir et j'ouvre celui d'une autre. Elles ne se mêlent point l'une avec l'autre et jamais ne me gênent ni ne me fatiguent. Si je veux dormir, je ferme tous les tiroirs et me voilà en sommeil ^ » Une autre

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