Saint-Bourdin. Traité de cataJLepsie, 1841, 29 et f
LES TROUBLES DU MOUVEMENT
que le sujet ne regarde pas. On a vu que le bras droit de Marguerite semble incapable d'effectuer aucun mouvement quand elle ne le regarde pas et que les muscles paraissent extrêmement flasques, il suffit cependant que je lui prenne ce bras à son insu et que je le mette en l'air dans une position quelconque, le bras reste immobile dans la position où je l'ai mis et les muscles se contractent pour conserver au membre cette attitude. Si je touche le bras de nouveau, je puis très facilement le mettre dans une position nouvelle, il y restera également ' .
Le caractère le plus important de ces poses cataleptiques, c'est leur persistance, leur durée. Le bras ne change pas spontanément la position oii on l'a mis et si on n'intervient pas pour la modifier, il la conserve indéfiniment. J'ai vu souvent de telles attitudes persister sans changement bien appréciable vingt minutes, une demi-heure. MM. Binet et Féré en décrivent qui ont duré une heure'-. Pendant tout ce temps, le bras n'oscille pas, ne tremble pas, ne semble pas modifié par la fatigue. Au bout d'un certain temps, un quart d'heure le plus souvent dans nos expériences, on voit les muscles se relâcher peu à peu et le bras descendre lentement, sans secousse, et en conservant assez régulièrement l'attitude primitive jusqu'à ce qu'il soit tombé complètement, ce qui est fort long. Pendant tout ce temps, le sujet parle d'autre chose, remue à son gré les autres membres et ne se préoccupe pas du tout de ce qui se passe dans son bras suspendu en l'air. Le plus souvent, il n'éprouve aucune fatigue, aucun sentiment désagréable; quelquefois il se plaint d'éprouver une sorte de tension pénible dans les muscles du côté opposé resté sensible. Quand on lui parle de son membre cataleptique, sans lui permettre de le regarder, il ignore absolument oij est son
• 1. Aulom. psycliol., 228.