Ibid., 291. J
LES ANESÏHÉSIES.
avoir perdu tous les autres, une malade ne savait plus reconnaître que le goût du jus d'oignons
Dans tous ces cas, il semble que la sensibilité et 1 insensibilité soient reparties non pas d'après des modifications physiques du sens lui-même, mais d après de certaines idées du malade qui déterminent le choix des impressions senties ou non senties.
Anesthésies localisées. — On donne ce nom à des insensibilités complètes siégeant sur une région particulière du corps; aucune excitation faite sur cette région ne produit une sensation dans la conscience, tandis que les mêmes excitations faites à côté sur une région voisine sont parfaitement senties. La plus fréquente et la plus curieuse de ces localisations mérite bien le nom d'hémianesthésie, car elle occupe l'une des moitiés latérales du corps et s'arrête assez exactement à la ligne médiane. Quand elle est complète, aucune impression douloureuse, tactile, thermique ou musculaire provoquée sur ce côté, qui est le plus souvent le côté gauche^, ne provoque une sensation consciente. L'anesthésie des sens spéciaux du môme côté n'acconipagne pas nécessairement cette hémianesthésie, mais elle s'y joint souvent. La répartition de la sensibilité n'est pas toujours aussi simple. On peut voir une sorte de croisement, l'hémianesthésie qui siège sur la face, le bras et le tronc du côté gauche, passe à la jambe du côté droit, tandis que la jambe gauche reste sensible =>. J'ai vu plus souvent des malades ayant la face anesthésique d'un côté et le corps de l'autre. Enfin des plaques, des îlots d'anesthésie peuvent être déterminés irrégulièrement sur le corps sans ordre bien apparent.
Parmi ces anesthésies localisées, les plus curieuses ont été autrefois décrites par M. Charcot sous le nom