AulomatUme psychologique
2. Automatisme psychot.; 450. — DnEtER et Freud. Op^cit., 1895, II.
les unes les autres. Les idées fixes que nous avons vues jouer un si grand rôle pendant la veille des hystériques, sont ici bien plus puissantes encore et se développent avec plus de régularité. La plupart des attaques ont pu être interprétées comme la reproduction plus ou moins complète d'une émotion, d'une action, d'une idée ancienne dans une seconde existence, qui est comparable à un somnambulisme plus ou moins rudimentaire.
Ces études sur les attaques et les somnambulismes semblaient rapprocher et réunir une catégorie importante de symptômes hystériques, les accidents périodiques, mais semblaient laisser de côté les accidents permanents, ces troubles du mouvement si bien résumés d'autre part par les théories de M. Charcot et de M. Mœbius. Cette séparation de ces deux groupes de faits est-elle aussi absolue? C'est ce que nous n'avons pas pensé ; nous avons cherché leur réunion en étudiant les manifestations de la seconde personnalité dans l'intervalle des somnambulismes et des attaques.
L'étude des suggestions à effet post-hypnotique exécutées d'une manière intelligente, quoique en apparence à l'insu du sujet 'et sans conscience, l'analyse des actes dits inconscients et de l'écriture automatique des médiums, nous ont montré de nouveau le même dédoublement de la conscience. Mais maintenant le second groupe de phénomènes psychologiques, au lieu d'alterner avec le premier, se développait simultanément au-dessous et en dehors de la pensée normale du sujet. En un mot, tous les phénomènes psychologiques qui se produisent dans le cerveau ne sont pas réunis dans une même perception personnelle, une partie reste indépendante sous forme de sensations ou d'images élémentaires, ou bien s'agrège plus ou moins complètement et tend à former un nouveau système, une personnalité indépendante de la première. Ces deux personnalités ne se bornent pas à alterner, à se succéder Tune à l'autre, elles peuvent coexister d'une façon plus ou moins complète. Dn grand nombre d'accidents hystériques
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se rattachent à ce type de rhémi-somnambulisme comme les attaques se rattachent au type du somnambulisme*. Nous avons été forcé de reconnaître que dans beaucoup d'accidents, ridée fixe qui devait les provoquer et les entretenir, d'après la théorie de M. Charcot, ne pouvait être exprimée par le malade, car il l'ignorait complètement. Nous comprenons maintenant que ces idées peuvent exister en lui, bien qu il n'en ait pas conscience. Et ce n'est pas là une simple supposition vraisemblable, c'est un fait que l'on peut démontrer cliniquement. Combien de fois n'avonsnous pas montré que le sujet, par l'écriture automatique pendant la veille, pouvait exprimer ces idées fixes? Plus souvent encore nous avons constaté que le sujet, dans tel ou tel état hypnotique, retrouvait complètement la mémoire de ces idées fixes subconscientes.
De semblables idées fixes, existant en dehors de la perception personnelle, jouent dans l'hystérie un rôle capital: elles peuvent déterminer des troubles du mouvement les plus variés; elles donnent lieu à des hypereslhésies, elles amènent même des hallucinations, car la séparation des deux consciences est loin d'être absolue, et un phénomène qui a été provoqué dans l'une par toute une série d'associations d'idées peut apparaître brusquement dans l'autre ; elles peuvent troubler et obnubiler l'esprit, provoquer les oublis les plus étranges, et môme des sortes de délires. La puissance de semblables idées dépend de leur isolement; elles grandissent, « s'installent dans l'esprit à la manière d'un parasite* », et ne peuvent être arrêtées dans leur développement par les efforts du sujet, parce qu'elles sont ignorées, qu'elles existent à part dans une seconde pensée séparée de la première.
Deux psychologues anglais, MM. Gurney et Fr. W. Myers, qui ont beaucoup contribué aux progrès de ces études et par leurs propres travaux et par l'impulsion qu'ils ont donnée à la Society for psychical research, ont exprimé
1. Actes inconscients.... Revue philosophique^ 1886, II, 577.