H. Oppenheim. Op. cit.^ 3. — Jolly. Op, cit
ces phénomènes de conscience ont disparu très vite et que, actuellement, ils n'existent plus.
2" L'hystérique ne présente pas uniquement des accidents permanents de ce genre, elle présente un phénomène beaucoup plus fréquent et beaucoup plus connu, c'est l'attaque. Or, cette attaque n'est pas un acte simple comme une contraction de la main, c'est un ensemble très complexe de convulsions, de cris, de paroles. Le sujet n'a pas dans l'esprit la représentation de toute cette série de phénomènes, il les ignore même, puisque dans la majorité des cas, il se réveille de l'attaque sans bien savoir ce qui vient de se passer. Ces attaques, qui se reproduisent avec une régularité monotone, semblent dépendre de quelque phénomène physique, car elles sont indépendantes de la .pensée du sujet, et il suffit quelquefois pour les provoquer, non pas d'éveiller les idées du sujet, mais de presser un point du corps, l'ovaire ou l'épigastre, pour que la décharge se produise. .
5° Considérons des accidents plus précisément moraux, des délires, des somnambulismes qui appartiennent incontestablement à l'hystérie; nous ne nous trouvons pas davantage en présence d'une idée fixe, claire et simple. Le sujet ne sait pas ce qui se passe pendant son somnambuhsme ou son délire, et il n'y pense pas. Quand l'accident arrive, il est composé par toute une longue suite de sensations et de pensées très variées qui n'avaient aucunement été prévues par la malade.
En un mot, même en laissant de côté les stigmates, en ne considérant que les accidents, il est impossible de les ramener tous à des modifications corporelles produites par des représentations conscientes.
Essayons donc de changer de point de vue et de prendre un autre phénomène comme centre de la définition. Ce sont encore les éludes de M. Charcot et de ses élèves qui ont montré combien le somnambulisme jouait un grand rôle dans l'hystérie. Ce phénomène se présente d'abord spontanément .chez ces malades dans bien des circjon-
stances, et ensuite il peut être provoqué artificiellement sinon chez toutes, au moins chez la plupart des hystériques. L*oubli de tout ce qui s*est passé pendant le somnambulisme quand le sujet revient à l'état normal, nous a paru le seul caractère constant et essentiel du somnambulisme, et cette amnésie, suivie d*un retour périodique des souvenirs, établit une sorte de scission entre les deux états. Un individu qui est vraiment somnambule vit de deux manières différentes, il a « deux existences psychologiques alternant successivement* »; il a dans l'une des sensations, des souvenirs, des mouvements qu'il n'a pas dans l'autre, et par conséquent il présente d'une manière plus ou moins nette, suivant les cas, deux caractères et en quelque sorte deux personnalités. Le somnambulisme le plus simple doit être considéré comme identique à ces grands pJiénomènes de double existence qui sont quelquefois si manifestes ; il est toujours le résultat, la manifestation d'un dédoublement de la personnalité.
Si l'on comprend de cette manière le somnambulisme, il est facile de remarquer qu'un grand nombre d*acci dents hystériques peuvent s'y rattacher. Non seulement les longues périodes de la double existence, mais des états de durée très courte pendant lesquels le malade paraît marcher ou agir automatiquement, des fugues, des rêveries, des extases, etc.
Nous avons essayé de montrer qu'à l'exemple de M. Charcot, on peut établir les liens les plus étroits entre le somnambulisme et l'attaque ; ces deux phénomènes sont provoqués de la même manière, amènent la même amnésie suivie de mémoire alternante, donnent naissance au même dédoublement de la personnalité*. La régularité automatique caractérise également tous ces états, car la seconde existence est souvent une existence psychologique rudimentaire dans laquelle les sensations et les idées, peu nombreuses, ne se contrôlent pas et ne se modifient pas