Gilles de la Toukette. Op. cit
sensibles et deviennent très facilement le point de départ de douleurs, comme l'estomac, les testicules, les ovaires. Ces derniers organes sont presque toujours douloureux pendant la grossesse, ils le sont fréquemment pendant les règles, est-il invraisemblable qu'une de ces douleurs plus ou moins passagère ait frappé l'esprit de la malade comme un accident sérieux? Ajoutons d'ailleurs, comme M. Chàrcot l'a remarqué autrefois*, qu'il y a souvent dans l'hystérie une congestion, une turgescence de beaucoup d'organes vasculaires qui peut augmenter la sensibilité de l'ovaire. Nous avons plusieurs fois observé ce fait sur le corps thyroïde, beaucoup d'hystériques ont un goitre qui augmente dans les émotions et les attaques, et dont la surface est particulièrement sensible. Enfin, il ne faut pas oublier combien sont fréquentes chez les hystériques les associations d'idées etde sensations même les plus étranges. MM. Breuer et Freud qui ont constaté comme nous le rôle des idées fixes dans les phénomènes hystériques, remarquent que la plus petite douleur tout à fait insignifiante et accidentelle survenant pendant le repas peut être le point de départ d'une gastralgie tenace, que « le rapport entre la provocation et l'accident peut être symbolique; une douleur morale peut donner naissance à une névralgie, un dégoût moral, à un vomissement* ». Ces auteurs citent comme exemple l'observation d'un homme très intelligent qui assiste à une opération faite sur la hanche ankylosée de son frère. Au moment où l'articulation craque, il ressent une violente douleur dans sa propre hanche, douleur qui persiste depuis un an. Je citerai dans le même sens l'observation suivante que j'ai prise sur une malade du service de M. Charcot. Faidh. se plaint d'une douleur dans les jambes et je constate une hyperesthésie cutanée intense à la face interne des cuisses. Cette hyperesthésie se greffait sur un état hystérique indiscutable, mais semblait difficile à expHquer en elle-même. En interrogeant