Ségus. Langage j
stigmates classiques. Je considère cependant Vel. comme lij'stérique, car on constate chez lui un somnambulisme très net, bien distinct de l'état de veille, des actes subconscients f t même de récriture automatique ; or ce dédoublement de . la personnalité, ainsi qu'on le verra dans la conclusion de ce livre, nous paraît constituer essentiellement ce qu'on appelle l'hystérie. Vel. est un jeune homme âgé de '24! ans, assez intelligent mais nerveux, impressionnable, sans volonté, il a déjà eu des idées fixes de différentes espèces. A la suite d'une fièvre typhoïde survenue à l'âge de 16 ans, il a présenté un tic extrêmement désagréable du visage. Il contorsionnait la figure pour souffler violemment par la narine droite; la grimace, d'abord très forte et générale, s'est peu à peu précisée, et, au bout de cinq à six semaines, le tic s'est borné à un souffle bruyant et saccadé par le noz avec une contraction de la joue droite. Tous les traitements imaginables ont été essayés, et cependant le tic ne s'est plus modifié. Depuis huit ans, il est resté le même et aujourd'hui il s'exécute h peu près toutes les cinq minutes pendant la journée et souvent même la nuit pendant le sommeil du malade. Le tic persiste malgré toutes les distractions et le malade ne peut pas l'expliquer; il croit, d'après les récits de ses parents, que de forts saignements de nez ont eu de l'influence sur la formation de ce tic, mais il n'a sur ce point aucune opinion personnelle. Le malade est très facilement hypnotisable, il est très vite dans un état second, dont il ne gardera plus lard aucun souvenir. Et le voici immédiatement qui affirme comme la chose du monde la plus certaine et la plus naturelle : 'A J'ai une croûte dans le nez, elle me gêne. » N'importe à quel moment on fendort, il affirme la même chose : il est probable que cette idée plus ou moins nette, en tout cas ignorée par le malade, existe dans l'esprit depuis huit ans. Ce rêve a été modifié et môme supprimé très facilement pendant cet état somnambulîque ; ce succès facile est singulier pour une idée fixe d'une durée aussi longue et le tic a complètement disparu.
Aux idées fixes se rattachent donc des phénomènes moteurs comme des phénomènes sensitifs; les tics, les tremblements, les chorées hystériques nous semblent un autre aspect des idées fixes.
g 4. — Les paralysies et les co.ntuactorfs.
« Il y aura paralyne. dit M. Paul Richer, toutes les fois que les fibres musculaires auront perdu la faculté de se raccourcir sous Tinfinence des excitants ordinaires de leurs contractions.... La contracture sera définie : une impuissance motrice s*accoinpagnant d'un état de rigidité persistante et involontaire du muscle, sans modification notable des réactions électriques et sans altération de texture de la fibre musculaire elle-même*. » En un mot, dans la paralysie, les membres retombent flasques, les muscles sont mous et relâchés; dans la contracture, les membres gardent une position fixe qu'il est, difficile de modifier, les muscles sont durs et contractés, mais dans lune comme dans l'autre, le sujet a perdu également le pouvoir de mouvoir ses membres par un effort de sa volonté. Ces deux phénomènes se ressemblent donc par un caractère principal; ils alternent d'ailleurs et se mélangent intimement; ils se produisent dans les mêmes conditions, présentent les mêmes variétés et soulèvent les mêmes problèmes. Sans doute, dans une étude clinique complète, ces deux accidents devraient être distingués et analysés séparément, mais, puisque nous désirons simplement faire ici une revue générale des phénomènes psychologiques, qui accompagnent les accidents hystériques, nous avons cru pouvoir réunir les paralysies et les contractures dans une môme étude.
Les paralysies et les contractures sont, parmi les accidents, les plus intéressants de l'hystérie ; ils constituent souvent par eux-mêmes des infirmités fort pénibles et 1res
1. Paul Richer. Paralysies et conlractures hystériques^ 1892, 1,
durables ; ils donnent souvent lieu à des erreurs de diagnostic et à des interventions chirurgicales au moins fâcheuses*, ils se mêlent à beaucoup d'autres phénomènes de la maladie. Quand un hystérique se plaint de douleurs, de difficultés dans les mouvements, dans la parole, dans la déglutition, de troubles digestifs ou même respiratoires, il n'est pas rare de rencontrer ici ou là un muscle contracture qui provoque et entretient tous les accidents. D'aulrc part, Tétude de ces faits a eu une grande importance historique, car elle a donné naissance aux premiers travaux définitifs sur les accidents psychiques de la névrose, les ^«çons de M. Gharcot en 1884-85. Cette étude est encore ^aujourd'hui très loin d'être achevée, et elle soulève de curieux problèmes psychologiques qui sont loin d'être résolus. Nous n'avons donc aucunement la prétention d'expliquer toutes les paralysies hystériques, nous laissons de côté, ainsi que nous l'avons toujours fait, les phénomènes simplement organiques qui peuvent intervenir et nous ne parlons que d'un groupe de paralysies, celles que Ton peut justement considérer comme cérébrales, c'est-à-dire comme psychologiques; même pour ces dernières, nous nous bornons à résumer quelques descriptions et quelques hypothèses qui nous semblent s'appliquer légitimement, non pas à tous, mais à quelques-uns des faits observés.
Les paralysies et les contractures sont très variées, mais il est intéressant de remarquer qu'elles rentrent presque toujours dans des groupes déjà connus; elles présentent les mômes variétés et peuvent être rangées dans les mêmes classifications que tous les autres phénomènes déjà décrits, que les anesthésies et les amnésies '. Elles peuvent être systématiqvesy localisées ou générales; nous insisterons surtout sur les premières, qui sont particulièrement importantes à notre point de vue.
1° Examinons d'abord les paralysies systématiques, 11 nous parait certain que, dans bien des cas, les malades