‹ Etat mental des hystériques: les stigmates mentauxChapitre 40 sur 133 · Autom, psychologique j · texte numérisé non relu

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n'ont pas perdu complètement tous les mouvements d*un membre; elles ont perdu simplement le pouvoir d*effect\ier telle ou telle catégorie de mouvements, tandis qu^elles ont conservé à peu près complètement les autres. Sans doute, on peut quelquefois constater, dans des cas de ce genre, un affaiblissement général de tous les mouvements, même de ceux qui sont conservés. Cet affaiblissement qui, d*ai]leurs, n*existe pas dans tous les cas, se rapporte à Tamyostliénie commune des hystériques. Mais il n*y en a pas moins une différence très appréciable entre les mouvements conservés et les mouvements perdus,^ puisque les premiers, quoique affaiblis, existent encore et que les seconds nexistent plus du tout. Cette perte de certains mouvements ne lient pas à la paralysie complète de tel ou tel muscle, car tous les muscles sont capables de fonctionner dans d'autres mouvements. Ce sont certaines combinaisons, certains systèmes de contractions musculaires qui ont disparu. C'est pourquoi de telles paralysies ont été souvent décritçs sous le nom de systématisées. M. Babinski, en publiant des exemples très intéressants de ces phénomènes, fait observer que le mot « systématique » serait plus justes II rappelle que systématiser désigne un acte, « ramener des faits à un système », et que systématique s'appUque simplement à des choses qui appartiennent, qui se rapportent à un système. Quoiqu'il n'y ait pas une grande différence entre les deux termes, nous reconnaissons la justesse de cette observation, et nous désignons ces phénomènes sous le nom de paralysies systématiques. Les plus connues et les plus nettes, parmi ces paralysies systématiques, sont les troubles de la marche signalés par M. Charcot et M. Paul Richer en 1883*, et décrits en 1888

1. Babinski. Paralysies hystériques systématiques. Bulletins de la Société médicale des hôpitaux, 28 oct. 1892.

2. Pour la bibliographie et la description complète de ce syndrome. Cf. Paui. Richer. Op. cit., 48. — Paul Blocq. Les troubles de la vtarc/ie dans les maladies nerveuses, 1892, 55, et la thèse récente de M. Pierre Jollt. Contribution à l'étude de Vastasie-abasie, Lyon, 1892, 0.

i06 ACCIDEKTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES.

par M. Blocq sous le nom « d*astasie-abasie ». M. Blocq réunit aujourd'hui sous le nom de dysbasies un ensemble de troubles de la marche dont Tastasie-abasie est le type. w C'est, dit cet auteur, un état morbide dans lequel Timpossibilité de la station verticale et de la marche normale contraste avec l'intégrité de la sensibilité, de la force musculaire et d« ia coordination des autres mouvements des membres inférieurs*- » Le malade, étendu sur son lit, peut lever les jambes, plier les genoux, résister aux mouvements communiqués d'une façon en apparence absolument normale ; mais essaye-t-il de se lever, de se tenir debout, de marcher, ses jambes s'affaissent et se dérobent sous lui.

Dans quelques cas particulièrement curieux, le sujet conserve le pouvoir de sauter, de danser, de marcher à quatre pattes ou à cloche-pied, etc. ; il n'est paralysé que pour un seul acte, la marche normale*. Ce syndrome, comme on le comprend, peut être très varié : tantôt il est pur, comme dans la forme paralytique précédente ; quelquefois il s'accompagne d'autres phénomènes. Cette incoordination motrice accompagnée de douleurs vives peut, dans des cas très rares, simuler le tabès'. Quelquefois on constate que le sujet, au moment où il essaye de marcher, éprouve une émotion, une angoisse analogue à celle que détermine pour un agoraphobe l'acte de traverser une place et donne au syndrome un aspect clinique comparable à celui des idées obsédantes, c'est la dysbasie émotive de Dmswanger et Séglas*. Dans d'autres cas, on observe des phénomènes d'aboulie signalés par M. Régis. 11 n'est pas rare d'aile leurs de voir la dysbasie s'accompagner de chorée systématisée que l'on peut considérer, ainsi que nous l'avons montré dans le paragraphe précédent, comme une véri-

1. Paul Blocq. Archives de neurologie^ 1888, et op. cit., 56.

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