Babinski. Op. cit
2<» Les phénomènes psychologiques dont dépendent ces accidents sont des amnésies, — Clierchons maintenant à préciser la nature de ces altérations mentales. Beaucoup d'auteurs sont disposés à voir dans les paralysies des troubles de la volonté et de Fattention. « Dans les paralysies hystériques, disait déjà Brodie, ce ne sont pas les muscles qui n'obéissent pas à la volonté, mais c'est la volonté elle-même qui n'entre pas en action *. » Nous avons assez insisté sur l'importance des troubles de la volonté et de l'attention dans l'hystérie pour admettre sans hésitation que des troubles de ce genre jouent encore ici un grand rôle. Mais nous ne croyons pas que cette formule soit suffisamment précise ; l'aboulie même la plus intense, comme était celle de Marcelle, n'est pas une paralysie, elle trouble surtout les mouvements nouveaux, mais permet au sujet de reproduire sans difficulté et même avec conscience les mouvements ancijens. Or les malades paralysés ne peuvent reproduire aucun mouvement même ancien. Une lacune de ce genre dans la conscience, ainsi que l'avait remarqaé Rey Uégis en 1781>*, nous semble se rapprocher beaucoup plutôt des amnésies, « La paralysie, disions-nous autrefois, doit être, en effet, une amnésie ; le mouvement des membres étant, comme nous l'avons vu, déterminé p£^r la succession de certaines images dans la conscience, il sulfit,pour perdre le mouvement, d'oublier ces images motrices. En réalité, ces deux choses, l'oubH et la paralysie, ne sont qu'un seul el même phénomène considéré de deux côtés différents, .... Une hystérique paralysée comme V..., par exemple, ne peut plus arriver à se représenter l'image visuelle ou musculaire de la jambe en mouvement'. » « Après avoir fermé les yeux de la malade, dit aussi M. Féré; je la prie de chercher à se représenter sa main gauche (la main
4. D'après Gilles de la Touhettk. 0/7. cit., 285. — Cf. Séglas. Abasie et asiasie émotives. Af^rfcciMewîôdernc, 1891, n® 24.
2. Rkt Regw. Histoire. naturelle de l'âme, 1789. — D'après Chabcot. Op. cit., III, 464.