Charcot. Leçons du mardis I
mais elle nous paraît encore aujourd'hui la plus vraie et la plus générale. Nous allons tâcher démettre en évidence l'existence de ces idées fixes.
4® Ces accidents, comme on Ta vu, ont un début bien net; ils datent d'un accident, d'une émotion qui peut être nettement représentée dans l'esprit du malade. Le plus souvent, il y a eu au début une contusion ou même un véritable épuisement nerveux par surmenage. Mais l'épuisement nerveux local ne se prolonge pas indéfiniment; s'il se prolonge, il faut une explication de cette durée anormale et l'idée fixe, provoquée peut-être par cet épuisement momentané, intervient pour jouer un rôle prédominant. Pour certains cas même, on peut démontrer qu'il y a eu une petite lésion cérébrale au début de la paralysie. Si l'hystérie est la grande simulatrice, elle est aussi la grande exagératrice, et l'idée fixe se développe à propos du trouble moteur et de la gêne apportés par la lésion. C'est une idée très féconde en clinique que celle des associations de l'hystérie et des petites lésions encéphaliques. 2** Cette idée ii\e dont on a vu le ppint de départ, on en constate souvent la permanence. Elle explique comment la paralysie ou le spasme peut continuer alors que « tout signe de l'irritation primitive a disparu* » ; elle donne aux paralysies et surtout aux contractures leur aspect systématique. Quel phénomène, sinon une idée, pourrait déterminer ces attitudes bizarres de la main, du ironc qui semblent la continuation d'une action? Quand Lem. est toujours courbé en avant, ne gardet-il pas l'attitude qu'il avait quand une barrique lui a frappé le thorax? Dans certains cas, on peut surprendre encore mieux l'action d'une idée ûxe. Les contractures semblent des contractions absolument permanentes des muscles, en réalité il n'en est rien. Le plus souvent, à notre avis, quand la jambe est étendue sur le lit, quand personne n'y touche, quand le sujet n'essaye pas de la mouvoir, les muscles se reposent et sont parfaitement relâchés. On peut voir et même sentir sous la main la contraction