‹ Etat mental des hystériques: les stigmates mentauxChapitre 59 sur 133 · hksÈGVE. Études, 11^ Ib · texte numérisé non relu

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instantanée des muscles au moment où Ton essaye, ou bien quand le sujet essaye lui-même de déplacer le membre^ Il y a là comme une obstination à maintenir le membre dans une position déterminée; quelquefois cette idée fixe est consciente, et il faut tromper le sujet pour <|ue le phénomène cesse de se produire. Lucie avait un spasme des mâchoires que nous ne pouvions défaire; on lui donne Tidée de tirer la langue quand nous entrerons. Cette pensée l'amuse et la voilà qui oublie de tenir la bouche fermée et qui nous tire la langue. M. Gilles de la Tourette rapporte un curieux exemple du même genre. « Strau- ))ridge, dit-il, obtint la guérison d'un blépharospasme hystérique, par l'élévation forcée des paupières au moyen de bandes de sparadrap. L'eifet moral fut aussi grand que l'effet physique ; plusieurs fois quand le pansement s'était détflclié à l'insu du malade, l'œil restait ouvert, tandis que, après l'enlèvement voulu du sparadrap, le spasme se rétablissait inunédiatement*. o

3^ Mais le plus souvent, l'idée est subconsciente et le sujet est tout élonné de cet entêtement de ses membres. Il faut alors tâcher de pénétrer dans la connaissance de ces phénomènes psychologiques ignorés par le malade luimême. Dans les rêves', dans les attaques, dans les somnambulismes, on retrouve la tendeur initiale, la répétition du même accident, la même attitude du membre. Alz. a été blessé à l'épaule gauche par la chute d'un ascenseur et il a le bras paralysé ; mais il a en outre des attaques terribles dans lesquelles il maintient son bras gauche appuyé contre le sol, tandis qu'il se défend du bras droit et lance des yeux terrifiés du côté gauche, il garde exactement l'attitude dans laquelle on l'a ramassé après sa chute. Pasq. a présenté pour la première fois du mutisme hystérique à la suite d'une scène de ménage avec sa femme ; son mutisme est intermittent, se prolonge pendant quelques jours, puis dis-

i. Cf. P. RicHER. Op. cit,, 87.

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