Briquet. Op. cit.y
2Ô4 ACCIDEKTS MENTAUX DES HYSTÉIlIQUES.
M. Gilles de laTourette', M. Babinski^M.Blocq^ M. Laurent*, développant l'enseignement de M. Charcot, ont énuméré tous les symptômes hystériques que Ton rencontrait chez les somnambules. Beaucoup d'auteurs étrangers arrivent aujourd'hui à la même conclusion : d'après M. Strumpell, « les états hypnotiques et les manifestations hystériques sont au fond étroitement unis^ ». Pour MM. Breuer et h'reud « les états hypnoïdes et les phénomènes hystériques sont unis par un lien étroit • » . « C'est parmi les hystériques, écrit M. Donkin, que Ton trouve le plus d'exemples du somnambulisme...; il est certain, d'après une expérience générale, que les êtres humains sont hypnotisables en proportion directe de leur instabilité nerveuse'. » Nous devons ajouter, si notre petite expérience peut avoir quelque intérêt, que nous n'avons jamais vu un somnambulisme même incomplet sans être contraint de constater tôt ou tard tout un ensemble de symptômes hystériques.
Nous avons insisté autrefois* sur une autre considération qui vient encore fortifier ce rapprochement, c'est que, chez beaucoup de malades, le somnambulisme naturel ou artificiel disparait quand la maladie hystérique se guérit. Despine remarque chez Estelle que « la fusion des deux, étais de crise et de non crise (somnambulisme et veille) s'est opérée insensiblement tous les jours davantage* ». La plupart des auteurs qui ont décrit des cas de double existence constatent qu'à la fin de la vie des malades la
1. Gilles de la Toubette. Hypnotisme et étals analogues ^ 1887, 55.
2. Babinski. Hystérie et hypnotisme, Gazelle hebdomadaire, juillet 1891, 15.